‹ Les statuettes de terre cuite dans l'antiquitéChapitre 87 sur 133 · Ndcropole de Myrina, p · texte numérisé non relu

Ndcropole de Myrina, p

l'antiquite. Fant-il croire aussi quo l’imitation des statues c61iM»res amenait las modeleurs a inscrire leurs noms sur lo socle, coniine le sculpteur placait le sien snr la base/ I'm diet, les signatures sont plus frequcnles an revers dcs ter res cuit.es inspirecs par les creations do la plastique, bien qu’en general ces amvres soient inferieures pom la finesse du rnodele aux sujels familiers : par exernple, les excmplaires du type tanagreen ne portent jamais aucune marque. D’outres indications reinvent de la technique : ce sont des points de rcpere a I usage de 1 ouvrier pour assembler les parties detachers d’un personnage. Ainsi les ailes d’un Kros porteront une letter qu’on retrouve gravee dans le milieu de son dos. Des grallites plus curieux encore designent la maquette a laquelle sont destinees les ailes par une allusion an caractere de la figurine, a son geste, a l*at trihut qu’clle tient; on lit en ecrilure line et cursive un memento de ce genre : l'ephebe, le porteur, collret a alabastres, cithare, etc. Ailleurs cost le possesseur de la figurine qui a inscrit son nom, mais dans ce cas sur le devant du socle et bien en vue.

De cot ensemble d’ohservations il resulte que 1 imitation des motifs illustres par la grande sculpture occupe une jdace de plus en plus considerable dans la fabrication des terres cuites. C’est la un des caracteres les plus interessants et les plus instructifs des antiquites recueillies a Myrina : riles nous renieltent sous les yeux une foule de types dont lesoriginaux sont aujourd’hui delruits et riles contrilment ainsi a eclairer l’bistoire obscure des chefs-d'oeuvre disparus. Kill's atlcslrnt en meme temps le gout Ires vit des gi'ns de toule condition pour les beaules de la plasli(|ue, leur admiration intelligenle et passionnee pour les creations des maitres anciens : le diletlanlisme en inatiere d’art n’est plus le privilege d’une elite raffinee, d une aristocrat ie de uaissance et de fortune; grace an commerce des terres

L’ART IIELLEMISTIQUE EN ASIE M1NEURE. 185

cuitea cl. sous le convert de la religion, il se repand pen $, pen dans la masse du public. Cette diffusion des connaissances estlietiques se joint au progres de l’enseignement litteraire, de la critique, et a l’erudition savante de la poiisie alexandrine pour l’aire des Grecs d Asie, pendant les trois premiers sieclcs avant notre ere, une des races les plus policees et les plus lei trees que le monde ail jamais vues. Aussi est-ce la que les Romains, epris sur le tard de beau langage et de culture intellectuelle, allaient de preference chercher des rheteurs et des professeurs pour les amener en Italic.

Au sud de la memo region nous rencontrons un centre aussi florissant et plus celebre, la ville de Tarse, en Cilicie. Elio etait situee dans une position admirable, adossee au Taurus, a cheval sur la riviere du Cydnus, fameuse par ses ondes glacAes oil Alexandre faillit perir. Les rives en etaient couvertes d'une vegetation luxurianle qui faisait comparer les habitants a des oiseaux aquatiques. groupes sur les deux bords dun cours d’eau et s’enivrant de la fraicheur de ses eaux. La fondation de Tarse remontait a une tres baute anliquite. Le roi assyrien Sennacherib en avail fait, des le vue siecle, une place forte de premier ordre : on y voyait un temple Mli par lui et sa propre image accompagnee d’une inscription cbaldeenne dans laquelle le monarque enumeraitses constructions et ses hauts fails. Le dieu protecteur de la ville etait Melkarth, 1 llercule syiien. G’est pres du mur d'enceinte qu’on decouvrit, vers 1845, uu depot important de terres cuitcs en fragments dont une partie alia enriebir le Musee Britannique. En 1852. un voyageur franeais, Victor Langlois, lit pratiquer des fondles sur cet, emplacement et reunit une remarquable collection qui ful oiler le au Musee du Louvre. Get ensemble a lourni a M. Heuzey la matiere d’une etude dont je ne lais (pie resumer ici les traits essentiels et ou il a combattu les

explications erronees que Ton donnait sur l’origine de ces debris ceramiques. II est remarquable, en efTet, qu’on ne trou ve dans ce tumulus que des figurines brisees : les teles, en particular, soul hors de proportion avec les autres fragments. Les premiers editeurs anglais avaicnt pense que ces idoles representaient les dieux penates des Tarsiens, detruits par eux lors de leur conversion au christianisme. D autres y voyaient le resultat d’accuinulations successives, formees par le rejet des ex-voto deposes dans les temples. Langlois supposait que l’on avait affaire a une necropole fouillee et bouleversee par les Musulmans, lors de la reconstruction des murailles au moven age. En examinant de pres les specimens du Louvre, M. Ileuzey a remarque sur un certain nombre de pieces des sections nettes au ras des epaules ou des jambes et, en outre, une quantite de membres detaches, bras et pieds, presentant le m6me plan de section. 11 en conclut que ce sont des rebuts de labrique, entasses pendant le cours des siecles sur le miime emplacement. Quand on mettait au four les figurines,

1 ardeur du feu faisaif parfois tomber les parlies insuffisamment rollers de la statuette : elles cuisaient separement et. comme il etait impossible de les faire adherer de nouveau A l’argile dureie, on les jetait au rebut. Aiusi s’est Inline sous le murs de la ville cette espece de Monte Testnccio, de\enu une mine precieuse de documents, non seulement pour 1 etude de l'art tarsien, mais encore pour la connaissance des procAdes techniques employes dans les ateliers de modeleurs1.

Le style des statuettes correspond au developpement de la sculpture hellenislique sous les successeurs d’Alexandre. Aphrodite et llacehus regnent en souverains dans ce petit

1. Les f ratjments de Tarse an .1 hisde 1;| (dnelle des Heaiu-Arls, novrmljrc tin- 4 a 0.

•tn Louvre, p. 11-10 (Exti-ait do 18,(1 . V(,v. cn parliculier les

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