B. — CAUSE DÉTERMINANTE
C'est évidemment la streptomycine. Le fait que ces accidents réapparaissent rapidement après la reprise du traitement par la streptomycine, indique bien que ces stomatites sont causées par ce produit.
PATHOGENIE
Comme nous l'avons dit au début de notre travail, la pathogénie de ces stomatites n’est pas encore élucidée.
Aussi, nous nous contenterons d'exposer quelques théo-: ries possibles déjà envisagées :
1° Rôle de l'intoxication. — I] convient de signaler que les accidents dus à la streptomycine sont plus fréquents lors des traitements prolongés à doses fortes (1 à 3 gr. par Jour).
Ainsi, les Américains ont affirmé les faits suivants au sujet des troubles neurologiques liés à la streptomycothérapie : pour | gr. par jour pendant dix jours, la fréquence de ces troubles est de moins de 5 %. Pour | gr. par jour pendant cent vingt Jours, elle est de 25 %. Pour 2 gr. par jour pendant cent vingt jours, elle est de 96 %.
Ces stomatites apparaissent bien comme une réaction plutôt tardive, mais il n'est pas possible d'établir une corrélation entre les lésions et des facteurs tels que la dose quotidienne, la dose totale de streptomycine administrée, ou la durée du traitement.
20 Rôle du Biotropisme. — Comme pour les stomatites chimiothérapiques, la streptomycine serait peut-être susceptible d'agir par biotropisme.
Ce n’est pas un biotropisme direct car les lésions ne sont pas liées au germe de la maladie initiale et nous ne sommes pas en présence de lésions préexistantes.
Quant au biotropisme indirect, il pourrait intervenir pour réveiller des lésions latentes. Ce biotropisme semblerait pouvoir expliquer le lichen plan vrai.
Se
Les Américains affirment que l'examen bactériologique prouve qu'il n’y a pas d'agent pathogénique significatif.
30 Rôle de la sensibilisation. — L'élévation relative de l'éosinophilie sanguine dans plusieurs cas, pourrait faire penser à des réactions de sensibilisation. C'est là une hypothèse acceptable mais non encore prouvée.
La première apparition de lésions, plusieurs jours après le début du traitement, semblerait indiquer qu'un certain temps. est nécessaire pour que la sensibilisation se constitue. La réapparition rapide de phénomènes subjectifs et objectifs, lors de la reprise du traitement par la streptomycine, vient encore à l'appui de cette hypothèse.
Certains auteurs américains sont d'avis que ces accidents sont bien des manifestations de l’hypersensibilité au médicament.
Le fait que des thérapeutiques de désensibilisation, appliquées dans deux de nos cas, n'aient amené aucune régression des lésions buccales, n'infirme pas cette théorie.