‹ Les Substances antithyroidiennes de synthèseChapitre 15 sur 37 · AIRE: DER · texte numérisé non relu

AIRE: DER

La continuation de l’administration du produit toxique n’a pas empêché la‘restauration épithéliale des vésicules thyroïdiennes lésées dans un premier temps.

Histologiquement, la thyroïde présente dans l’ensemble un aspect identique à celui d’acini salivaires mais on note, cà et là, de petites zones limitées, d’aspect nécrotique.

Au bout de dix jours, comme au bout d’un mois, la substance colloïde n’est pas réapparue, contrairement à ce qui s'était produit lors de l'injection unique.

Ces constatations histologiques, que l’on observe d’ailleurs, quels que soient les produits utilisés, nous mettent en présence d’un phénomène paradoxal : d’une part, cliniquement, les anti-thyroïdiens produisent la sédation des phénomènes dus à l’hyperthyroïdie (sédation du tremblement, diminution de la tachycardie, baisse du métabolisme basal) et, d'autre part, ils donnent à la glande un aspect histologique analogue à celui que l’on observe dans la maladie de Basedow.

On peut s’en rendre compte, en provoquant chez l’animal une activation thyroïdienne en utilisant l’action stimulante de l'hormone hypophysaire thynéotrope : on note la raréfaction de la colloïde, la formation des vacuoles de BENSLEY et ANDERSEN, l’allongement des cellules vésiculaires.

Il existe cependant de légères différences entre l’aspect observé dans la thyréotoxicose basedowienne, d'une part et dans l’intoxication par l’aminothiazol, d'autre part :

1°. — Dans l’hyperthyroïdie, il y a une augmentation des îlots interstitiels que l’on n’observe pas dans l’intoxication par les anti-thyroïdiens.

2°. — Sous l’action de ceux-ci, on note de la nécrose tissulaire consécutive à la desquamation épithéliale.

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Or, cette nécrose est absente dans l'activation thyroiïdienne.

Toutefois, ces différences minimes ne peuvent faire passer au deuxième plan la ressemblance prononcée qui existe entre les deux sortes de lésions.

En résumé, les substances anti-thyroïdiennes donnent à la glande un aspect que l’on rencontre toujours dans la thyréotoxicose, mais produisent un effet clinique diamétralement opposé, c’est-à-dire diminution de l’activité thyroïdienne.

Ce fait, outre qu’il a permis de bâtir une hypothèse sur le mécanisme d’action des anti-thyroïdiens de synthèse permettra peut-être de modifier et de compléter les théories actuellement admises sur le mécanisme de l’activité sécrétoire de la thyroïde.

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