SCÈNE m
PROSPER, DESILLES, LOUISE, enfronf avec un ouvrage de broderie à la main.
dbsilles, à part.
Elle est réellement fort jolie.
locise va pour s’asseoir, elle aperçoit Desilles. » Pardon, je me retire.
dbsilles.
Pourquoi donc? Est-ce que je vous gène?
LOUISE
Vous, monsieur? Je craignais, au contraire, quo ma présence...
desilles, avec intention.
Je n’ai pas de secrets à cacher, moi.
LOCISE.
Je n’en ai pas non plus, monsieur, desilles, de même.
Vraiment? vous n’avez pas des confidences à faire, à recevoir? il n’y a ici personne qui vous cherche et que vous cherchiez de préférence?
LOUISE
Personne.
desilles, de même.
Prenez garde, mon enfant; ricu n’est plus dan-
gerenx et plus sot qu’un mensonge qui ne trompe pas. Si je savais tout?
LOUISE
Monsieur...
desilles, à part.
Elle s’est troublée. ( Haut , mon treuil Prosper.) Voilà l’indiscret.
LOUISE
Que vous a-t-il dit?
desilles, à Prosper.
Tu n’as donc pas avoué?
PROSPER
Je n’ai pas encore osé ; et puis monsieur qui m’interrompt toujours.
desilles.
Aussi timides l’un que l’autre 1 Pauvre ingénue qui ne sait pas qu'on l’aime parce qu’on ne le lui a pas dit. Elle ignore peut-être aussi qu'elle est jolie, qu’cllo a la tournure distinguée, une certaine élégance de manières, et que le travail n’a altéré en rien la blancheur et la délicatesse de ses doigts effilés. ( A Prosper.) A U place, jo ferais tout pour recevoir bien vite un soufflet do cette main-là.
raospsa.
Merci; j’aimerais mieux...
Louise reut retirer sa main que Desilles a prise.
DESILLES
En attendant...
Il lui baise la main. ,
PROSPER
Ah ça , par exemple . ça fait plus de plaisir. (Loutre a retiré sa main et baisse la tête.) Oh! vous pleurez, mamselle Louise?
LOCISE.
Non. (A Desilles.) Je sais, monsieur, que dans ma condition on n’a le droit d’imposer silence à personne. Peut-être, pcrmctlcz-moi de vous le dire, est-ce vous abaisser beaucoup trop quo de vous occuper ainsi do moi, qui ne dois voir dans vos éloges qu’une intention de raillerie.
DESILLES
De mieux en mieux ; c’est très-digne.
PROSPER
Eh bien! oui, mamselle Louise, monsieur a dit la vérité, et si vous consentez à m’entendre...