GONZAGA
GORDON DE PERCEL 196
pagnie de Jésus. Nanti, J.-B.Cusson, 1712, ïn-lî.
Première édition de la traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, par Cusson, retouchée par J.-B. Cusson, son fils, avec les pratiques et prières du P. 4e Gonnelieu, très-souvent réimprimée.
Le P. Gonnelieu n'y a d'autre part que d'avoir fourni les prières et pratiques. Cependant, dès 1713, le « Journal des savants » le présenta comme traducteur de l'ouvrage. Les jésuites savaient bien à quoi s'en tenir ; mais, par une fraude pieuse, ils se sont bien gardés de redresser l'erreur du journaliste.
Au commencement de l'année 1738, les jésuites auteurs du « Journal de Trévoux » reprochèrent aux jansénistes d'avoir altéré plusieurs ouvrages, entre autres la traduction du Nouveau-Testament par le P. Araelotte, et celle de « l'Imitation de Jésus-Christ » par le P. Gonnelieu. Ils s'exprimèrent ainsi au sujet de ce dernier ouvrage : « On ne se défie pas de « l'Imitation de Jésus-Christ > par le P. Gonnelieu. Sous ce nom, qui rassure les fidèles, la même cabale a fait passer des réflexions infusées de ses sentiments et de ses maximes. »
Il n'existe aucune traduction française de c l'Imitation » portant le nom de Gonnelieu, qui contienne d'autres pratiques et prières que celles qui ont été composées par ce jésuite. L'inculpation adressée ici aux jansénistes est donc dénuée de tout fondement. Voici probablement ce qu'a voulu dire le dénonciateur : L'abbé Le Duc, vicaire de Saint-Paul, à Paris, attaché aux principes de MM. de Port-Royal, avait publié en 1737 une traduction de « l'Imitation », accompagnée de réflexions, pratiques et prières dans le genre de celles du P. Gonnelieu. Le succès qu'obtint cette traduction excita sans doute la jalousie des jésuites rédacteurs du « Journal de Trévoux », et leur fit écrire une dénonciation mensongère, dénonciation néanmoins qui a été reproduite en 1752 par le P. Palouillet, dans son édition du « Dictionnaire des livres jansénistes ». Voyez la préface. A. A. B — r.
GONZAGA (LucreUa DU GAZUOLO) [Ortensio Lan do].
Lettere. Venise, 1552, in-8.
Ces lettres, que Bayle a crues authentiques, sont l'œuvre de Lando, lequel se plaisait à des supercheries de ce genre. Voir les articles ANONIMO et PHTLALETHES. 11 a publié également des • Lettere di moite valerose donne » (Venise, 1548), dont il est le seul auteur, et des « Ragionamenti familiari di diversi autori {Venise, 1550, in-8 ); ces soi-disants extraits sont tous sortis de la plume de Lando. Quelques extraits de ces correspondances apocryphes ayant paru dans d'anciens recueils français, nous sommes autorisés à en faire mention.
GONZAGUE (Anne de), princesse palatine, aut supp. [Sknac de Meilhan].
Ses Mémoires. Londres et Paris, 1786, in-8.
-|- Ces Mémoires eurent à leur apparition un grand succès de curiosité ; mais on reconnut bien vite qu'Us étaient supposés. Ils furent d'abord attribués à Rulhière.
-f- Lire ce que dit à cet égard 11. Sainte-Beuve (« Causeries du Lundi », t. X, p. 80). « Cette ingénieuse supercherie, début de Senac de Meilhan dans les lettres, parut en 1786 ; c'est quelque chose en prose comme la supercherie des poésies de Clotilde de Sur-
q ville en vers ; mais ici on met un ouvrage de fabriqua moderne sous un nom historique connu. Les gens de goût du xvni« siècle ne s'y laissèrent point prendre; l'ouvrage leur parut trop bien écrit pour être de la princesse Palatine. Ce n'était pas si mal juger : car il est évident, par les lettres et le peu d'écrits qu'on a d'elle, que la princesse n'avait tout son esprit qu'en conversation et non point plume en main. Le style net, coupé, courant, dégagé, était donc le plus grand des anachronismes ; il y en avait d'autres encore. M. de Meilhan avait beaucoup lu le cardinal de Retz et les auteurs di xvrr8 siècle ; il s'était amusé à tirer de là un pastiche qu'il ne s'était point attaché à rendre trop fidèle; il aurait été bien fâché que la petite fraude eut trop réussi et qu'on ne devinât point le nouvel auteur sous le masque. On hésita quelque temps ; les soupçons se portèrent entre autres sur Rulhière, sur l'abbé de Périgord (M. de Talleyrand) ; tout le monde sut bientôt quel était l'élégant coupable » .
GONZALES (Dominique), aventurier espagnol, autrement dit le Courrier, p$. [François Godwin].
L'Homme dans la Lune, ou le Voyage chimérique fait au monde de la Lune, nouvellement découvert par — , mis en notre langue par I.fi.D. (tradde Fangl.de François Godwin, par I. Baudoin). Paris, E.
Piot, 1648, in-8; Cochart, 1666, pet.in-11
Voy. F. B. D..H, col. 15 d (1).
GOODHEART (le docteur), ps. [Voltaire].
De la Paix perpétuelle, proposée par — , traduction de M . Chambon (autre masque de Voltaire). S. d. (1769), in-8.
Ecrit composé par Voltaire. Il a été condamné par décret de la cour de Rome, le 3 décembre 1770.
Cet écrit, dirigé contre celui de l'abbé de Saint- Pierre, doit avoir suivi de très-près ou précédé de trèspeu l'opuscule : « Tout en Dieu, commentaire sur Malebranche ». Les « Mémoires secrets > en parlent pour la première fois à la date du 17 septembre 1769; mais d'Alembert en parle dans une lettre à Frédéric, du 7 août, comme d'un ouvrage publié. Le nom de Goodheart est formé de deux mots anglais qui signifient c bon cœuf » .
GORALLUS (Theodorus), édit. sup. Noan.
Clericus], éditeur de C. Pedonis Aibinovani elegiae III, et fragmenta, cum interpretatione et notis Jos. Scaligeri, et variorum. Amstelodami, 1703, in-8.
GORDON (Thomas), apocr. [le baron d' Holbach].
f Voy. aux Anonymes « Contagion sacrée ».
GORDON DE'PERCEL (le C), jw. [l'abbé Lenglet du Fresnoy].
De l'Usage des romans, où Ton fait voir leur utilité et leurs différents caractères, aVec une Bibliothèque de romans, accom-
-(- (1) C'est par erreur que ce livre a été indiqué à 1 IF. B. D. Il porte sur le titre les initiales I.B. D.