V. Tablettes d'une révolution. Bruxelles, 1850, in
C'est la réimpression d'une série d'articles qui avaient paru dans le journal « l'Assemblée nationale », de janvier a la fin de mai 1849. Ce journal inséra avec la même signature, en novembre et décembre 1849, des articles sur les coups d'Etat.
HOMME D'ÉTAT (Un), ps. [le comte Armand-François d'Allonville, ancien colonel d'infanterie (1)J.
Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État, sur les causes qui ont déterminé la politique secrète des cabinets dans les euerres de la Révolution. Paris, Michaud, 1831-37, 13 vol. in-8.
Les deux premiers volumes avaient déjà en une première édition, publiée en 1888 par le libraire Ponthieu.
Les deux premiers volumes, sans contredit les plus intéressants, réimprimés en 1831 avec des corrections et des additions essentielles , et accompagnés d'une carte pour la campagne de 1799, révèlent les causes secrètes de la coalition contre la France, ainsi que les résultats des trois premières campagnes jusqu'anx préludes de la pacification de Bile. La seconde livraison, qui se compose des troisième et quatrième volumes, renferme toute l'histoire occulte de la politique de l'Europe, à partir de la paix de Baie jusqu'à celle de Campo-Formio. Celte époque de l'histoire contemporaine est aussi variée que fertile en opérations militaires, en révolutions politiques et en négociations du premier ordre. Les cinquième et sixième volumes, non moins importants, arrivent jusqu'à l'évacuation de Rome par les Français, et à l'occupation de Livourne par les flottes anglaise et napolitaine (novembre 1798). Le septième volume offre les secrets mobiles de la grande coalition de 1799, ceux du congrès de Rastadt et de la catastrophe qui le termina, enfin les causes, les moyens plus importants encore de l'avènement de Bonaparte an pouvoir, jusqu'à l'espèce de trêve qui suivit la bataille de Marengo. Le huitième volume présente tons les événements postérieurs à cette bataille jusqu'à celle d'Austerlilz, intervalle de cinq années qui comprend les deux paix de Lunéville et d'Amiens, ainsi que la dernière lutte de Pitt avec Napoléon. On trouve
les n** Il et m pour être de M. Capeftgue, aussi ne sont- ils pas à son article.
(1) Nous donnons ici à M. le comte d'Allonville, d'après une note, le titre d'ancien colonel ; mais nous craignons que ce ne soit une erreur. Avant la révolution, on ne pouvait être colonel avant l'âge de vingthuit ans, et après avoir été deux ans major ; or, le comte d'Allonville n'avait pas l'âge requis lorsque la Révolotion éclata. Pendant l'émigration, le comte d'Allonville fut secrétaire du duc de Serra-Capriolo, ambassadeur du roi des Deux-Siciles près la cour de Saint-Pétersbourg ; mais il rentra de bonne heure en France.
dans le neuvième volume les immenses résultats de la bataille d'Austerlitz. Les t. XI et XII renferment le précis des grands événements de 1807 à 1815. Le tome Xin est composé de « Notes et éclaircissements complémentaires » et d'une « Table générale, méthodique et analytique », laquelle remplit les pag. 341 à 484, c'est-à-dire le reste du volume.
Le nom de l'auteur de ces Mémoires a été longtemps un mystère.
Un an auparavant qn'on ne les publiât, on avait annoncé des « Mémoires d'un homme d'État prussien » , qui ne devaient former que trois volumes. Des personnes qui eurent connaissance des dix premières feuilles de cet ouvrage crurent qu'on avait l'intention de l'offrir comme les Mémoires du prince de Hardenberg, ministre de Prusse : elles en avertirent Fr. Schœll, Slrabourgeois, devenu conseiller intime de Prusse ; celui-ci se hâta de réclamer, avant même que les deux premiers volumes de ces Mémoires ne parussent, contre la busse attribution qui pourrait être faite. Sa réclamation est imprimée dans le « Journal de la librairie », année 1827, p. 543.
Aujourd'hui un nom d'auteur des * Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État » est connu de tout le monde, depuis que sur l'ouvrage publié en 4838, par le comte d'Allonville, cet écrivain s'en est avoué le père ; mais il n'est pas le seul qui ait travaillé à la composition de ce livre. La première idée appartient à Alphonse de Beauchamp, qui avait recueilli des matériaux pour la valeur de trois volumes in-8, qu'il proposa à la maison Ponthieu, comme des Mémoires du prince de Hardenberg. Alex. Schubart, l'un des soc» cesseurs de Ponthieu, homme de goût et écrivain, examina le manuscrit de Beauchamp, et ne trouva rien qui pût justifier le titre que le compilateur voulait donnei à son livre. Nonobstant cela, les Mémoires offrant de l'intérêt, et ce genre de publication étant de mode, l'impression en fut arrêtée. A. Schubart s'engagea à augmenter le travail d'un nombre de pièces tirées dei archives du ministère des affaires étrangères, engagement qu'il remplit. Pendant qu'on imprimait à Paris la première livraison des « Mémoires d'un homme d'État prussien », un libraire de Berlin, qui avait traité avec les successeurs de Ponthieu, faisait imprimer simultanément nne version allemande. Schœll eut connaissance de cette version, c'est alors qu'il signala l'abus qu'on voulait faire du nom du prince de Hardenberg. et c'est par suite de sa réclamation, dont nous avons parlé plus haut, que les auteurs et libraires se déterminèrent à modifier le titre de leurs Mémoires en publiant les deux premiers volumes, en 1828. Ces deux volumes sont de Beauchamp et de Schubart. Ces deux messieurs, quelque temps après, ne s'élant plus entendus, Beauchamp laboura seul ; mais survint sa mort, et le libraire Michaud ayant acquis ses manuscrits, chargea Schubart de la publication des volumes IH à V. A Schubart succéda M. le comte d'Allonville, qui utilisa encore les matériaux laissés par Beauchamp, et en compila de nouveaux pour la publication des t. VI à X, dont il est par conséquent le rédacteur. Alph. de Beauchamp est auteur du dixième volume. Une personne très-bien informée (M. Beuchot. bibliothécaire de la chambre des députés), nous a assuré que le manuscrit de ce volume a été trouvé parmi les papiers laissés par cet historien, et acheté de son héritière au prix de 1,000 fr. par le libraire-éditeur. Les XI à XIH volumes sont encore du comte d'Allonville.
Quant à la valeur historique que présente cette publication, il nous suffira de dire que ces Mémoires, compilés dans les ouvrages que les émigrés et les
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