FEMME DE CHAMBRE (Une) [Henri de Pêne
Mémoires d'une—. Paris, 1861, in-12.
Ainsi que des « Mémoires de Mme Du Barry », le manuscrit de ces quatre ouvrages a été entièrement écrit par le baron de Lamothe-Langon , mais avec tant de précipitation et si peu de soin, que les libraires furent obligés, avant de mettre sous presse, d'en confier la révision à M. Ainédée Pichot; ce dernier parait avoir écrit quelques chapitres dans les deux premiers volumes des « Mémoires sur Louis XVTH ». Ch. Nodier, d'après la demande des libraires-éditeurs, rédigea aussi quelques chapitres pour ces deux volumes. De l'aveu de M. de Lamothe-Langon, deux morceaux, dont une * Conversation avec le duc de Reichstadt » , lui sont étrangers, et ont été insérés contre son gré. La tâche de- refondre les Mémoires écrits par le baron de Lamothe-Langon fut confiée plus tard à MM. Hinard, Grimaud et Henri Ferrier. qui la remplirent. On cite comme refaits par le dernier les chapitres qui concernent le divorce de Napoléon et le séjour de Mœ« de Staël à Coppel dans le premier de ces ouvrages. M. Ferrier est aussi presque unique auteur des Mémoires... depuis la mort de Louis XY111. M. Amédée Pichot a revu le tout pour le style, qu'il a poli et semé de piquant. En tête du troisième volume des Mémoires sur Louis XV111, on a imprimé une Lettre du duc Je Rovigo, dans laquelle il se plaint de ce qu'on a inventé tout ce qui lo concerne personnellement. Celte Lettre nous apprend que le personnage de la femme de qualité n'est point idéal, et que les notes dont s'est servi le rédacteur primitif ont été fournies, selon toute vraisemblance, par une dame nommée 0.... D. N.... ouO... D... N... (et non 0.... D.... G...., comme la préface est signée), laquelle dame « après avoir vécu assez légèrement à Paris, imagina d'aller utiliser les restes de sa jeunesse en Angleterre. » En partant, elle offrit ses services au duc de Rovigo, qui lui donna la mission d'espionner la famille des Bourbons ; un rapport qu'elle adressa à ce ministre sur une visite à Hartwell a été inséré très-fidèlement dans les * Mémoires d'une femme de qualité ». Cette dame rentra en France après la Restauration, et, voulant exploiter les événements à son profit, elle eut l'adresse de présenter aux Bourbons sa mission comme très-honorable dans son but.
On peut se procurer chacune de ces quatre parties séparément : prix, 7 fr. 50 c. le volume. La seconde partie, contenant les « Mémoires sur Louis XVIII », et la première dans l'ordre de la publication, a eu une seconde édition en 1830.
On assure qu'il y a des exemplaires des c Mémoires sur Louis XVIII», sans les carions exigés par M. de Dreux-Brezé pour les pages où il était question de lui.
(1) Voy. aussi 0* D. (la comtesse).