LAMB
LA MENNAIS
Réimprimé à Parit en 1855, avec le nom de M1** la vicomtesse d'Arliucourt.
LAMB.... (l'abbé), nom abrév. [l'abbé Lambert, dernier confesseur du duc de Penthièvre],
Mémoires de famille, historiques, littéraires et religieux. Paris, Ch. Painparré, 1822. in-8.
LAMB (Félix), ps. pa comtesse Jenny
d'HÉRICOURT].
Le Fils du Réprouvé. Paris, Pétion, 1844,2 vol. in-8.
Un nouveau roman de celte dame était prêt à paraître en feuilleton dans c l'Assemblée constituante » (du in an 15 mai 1848), lorsque ce journal a cessé de paraître.
LAMBALLE [Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan , princesse de], auteur supposé.
Mémoires historiques de —, une des premières victimes immolées dans les horribles journées des 2 et 3 septembre 1792. (Composés par M"* Guénard, baronne de Méré.) Parts, Lerouge, 1801,4 vol. in-12, fig.,et4 vol. in-18,fig.
-f- LAMBER (Juliette) [Juliette La Mkssixb].
I. Mon village, par—. Collection Hetzel. Paris, Michel Lévy frères, 1860, in-18.
II. Idées anti-proudhonniennes sur l'amour, la femme et le mariage, par — . Paris, 1858. in-12.
Une seconde édition augmentée, 1862, in-12, est signée Juliette Lamber. Cette dame a époujé M. Edmond Adam. Le Catalogue général de M. Otto Lorenz, indique d'elle divere ouvrages, au mot Lamber.
LAMBERT L., auL dég. [Lambert Lallemaxd].
Voyez PIRON (Alex.)
LAMBERT (Emile), ps. [Anatole Saulnier], auteur d'articles dans le «Courrier de la Montagne » et dans la « Revue nationale ».
Le nom pris par M. Anatole Saulnier se trouvant être celui d'un publiciste, il y eut réclamation de la part de celui -ci. H. Anatole Saulnier s'empressa de publier, dans quelques journaux, la lettre suivante au véritable M. Emile Lambert (1) :
• Ayant rédigé « le Courrier de la Montagne » sous le pseudonyme d'Emile Lambert, j'ai cru pouvoir conserver ce nom pour faire faire quelques insertions dans Totre journal pendant mon séjour provisoire à Paris ; ■ais un malheureux hasard a voulu qu'il existât une personne portant véritablement ce nom, et dont vous ■vci inséré la réclamation dans votre journal du 15 août
(1) M. Emile Lambert dont il est ici question est celui qui s'est présenté comme candidat à la représentation pour Paris, en 1848. Sa profession de foi, que avons sou» les yeux porte la date du 2 avril.
dernier, lion nom suffira, j'espère, pour repousser les insinuations que cette personne a cru devoir élever contre les compagnies d'assurances en général, à l'occasion d'une demande d'employés § .
« Je m'empresse donc de renoncer à ce nom, pour des motifs particuliers, le restituant avec sa responsabilité au véritable Emile Lambert, directeur de la « Revue nationale », demeurant rue Lavoisier, 22.
« Agréez, etc. Anatole Saulnibr.
LAMBERT (Francis), MARC-AURÈLE et JOSEPH DESTIENNE.
Causeries du « Tintamarre » du 1er septembre 1846 au mois de mai 4847.
.Ces causeries sont dues à la collaboration de trois écrivains, A. Vitu, Ch. Baudelaire et Th. de Banville.
-h LAMBERT [Pierre-Antoine-Auguste Thiboust],
Cet auteur dramatique débuta sous le pseudonyme de Lambert, qu'il a depuis joint à son nom de famille.
LAMBIN DE SAINT-FÉLIX, ps. [Ant.- Prosper LottinI.
Essai sur la mendicité. Amsterdam, M. M. Bey, 1779, in-8.
-h LAMENAIRE \Mjjlle aîné].
I. Les Quinze Praslin, ou le Procès du dernier, et toutes les Lettres de la duchesse. Paris, 1846. in-8, 128 p.
II Vie, aventures, combats, amours et prise d'Abd-el-Kader. Paris, 1848, in-12,
LA MENNAIS (l'abbé F. de), nom seign.
p abbé Félicité Robert (1)], dit de La Mennais, d'une propriété appartenant au chef de la famille, négociant estimable de Saint- Malo , auquel des revers firent néanmoins faire banqueroute au commencement de ce siècle. Après ces revers, le chef de la famille quitta Saint-Malo, fut s'établir à Rennes, dans le môme département, et il se fit alors connaître sous le nom de La Mennais, que portèrent aussi ses deux fils et une fille. A notre épocrae, de tels changements de noms ont été si fréquents qu'en vérité on aurait mauvaise grâce à insister particulièrement sur celui qu'a pris la famille Robert, quand M. Prat a pris le nom de La Martine, et M. Samson celui de Pongerville, Tenaille celui de Vaulabelîe, etc., etc.: tandis que le vaillant maréchal Juchault de Lamoricière n'a voulu prendre qu'une partie du sien , ce qui le rend plus commun, mais que la propre gloire de celui qui le porte a rendu si illustre. Nous ne sommes surpris que d'une chose, c'est que les deux frères Robert, tous deux prêtres, n'aient pas suivi en cela l'exemple de deux ecclé-
(1) Né à St-Malo (llle-et-Vilaine), le 49 juin 1782 ordonné prêtre en 1817. '
LA MENNAIS
LA MENNAIS
siastiques célèbres du xviii* siècle, qui,
Eour se distinguer, prirent l'un le nom de ondillac, l'autre celui de Mably, pour ne point s'appeler MM. Bonnot, et que l'un d'eux ne se fût pas nommé de La Mennaiset l'autre de La Chênaie. Nous n'avons qu'une objection à faire : c'est que tant que M. Félicité Robert a rêvé la prélature, le nom de La Mennais était plus convenable que le véritable ; mais depuis que le prélat s'est évanoui pour faire place à un chef de démagogues, M. Félicité Robert eût dû renoncer à un nom aristocratique, et arriver à la Chambre des représentants, comme tel autre qui a pris par vanité la profession de portefaix, avec son véritable nom de famille.
Mais, ainsi que nous l'avons dit, il ne faut pas apporter plus d'importance qu'on ne le doit à ces ridicules anoblissements , faiblesses qu'on regrette de trouver chez un esprit supérieur, mais enfin , faiblesses ou ridicules si fréquents depuis la suppression des titres nobiliaires. (Voy. l'Introduction de ce livre, I, colonnes 43-55.) Disons-le de suite, nous n'avons inséré le nom de M. de La Mennais dans nos « Supercheries littéraires dévoilées » bien moins pour un reproche sur un fait futile, que pour donner une liste de ses ouvrages plus complète que celle que nous avons imprimée, en 1830, dans le tome IV de la « France littéraire». Sans ce fait, l'occasion nous échappait.
Si, en philosophie, M. de La Mennais n'a pas, à proprement parler, fondé une école, il est du moins avec le comte de Maistre, le vicomte de Bonald et quelques autres ultramontains, à la tête de ce qu'on appelle «l'Ecole catholique », école qui a pris pour devise : Dieu et la Liberté !
Voici le jugement que porte sur M. de La Mennais, comme philosophe, un homme estimable qui s'est longtemps occupé de matières philosophiques, le baron Massias, dans son « Mouvement des idées dans les quatre derniers siècles, ou Coups de pinceau historiques » (Strasbourg, 1837, in-8, 4,9 pages) : « Prêtre paradoxal, dissemblable à lui-même ; philosophe- théologien, combattant la raison par la tradition, et prouvant la tradition par la raison (1), ré-
(1) n fait de la raison universelle le critérium de la certitude, ôlant à la raison individuelle le pouvoir et le droit de juger de la vérité. En affirmant ceci, il émet deux grands paralopismes : d'abord il compose le vrai et le faux, puisque la raison universelle ne peut être composée que des raisons individuelles ; en second lieu, il soumet sou critérium à un tribunal que lui-même a déclaré incapable de vérité ; dès lors, qui
publicain soumettant la souveraineté du peuple à un pontife par son propre droit souverain. Papiste, allant à Rome proposer un duel mystique au Pape . traducteur de « l'Imitation de Jésus-Christ », appelant les peuples à la révolte, et, pour en finir, Rousseau en soutane, simple, naïf, dialecticien, éloquent et sublime comme l'auteur des «Confessions», de la « Lettre à l'archevêque de Paris », « d'Héloïse » et «d'Emile ».
Voici un autre jugement porté sur M. de La Mennais, dès 1845, par un écrivain catholique (1) :
<r L'abbé de La Mennais... nous paraît avoir commis, de la meilleure et de la plus pure foi du monde, des fautes et même de très-grandes fautes. Elles sont d'autant plus dangereuses qu Viles portent : elles ont à la fois le privilège du talent et surtout celui de la vertu (nous pouvions alors dire ce mot que nous ne pouvons plus dire aujourd'hui). »
« Le fondement de toute sa doctrine, l'autorité universelle, est faux. »
« Le caractère de ses discussions politi-
3ues et religieuses ne l'est pas moins. C'est, 'une part, le désordre d'une imagination ardente et d'un cœur flatté et superbe ; et d'autre part, l'ironie, le sarcasme, non envers les choses, mais envers les personnes sociales : armes funestes, propris à la Philosophie, que les Pères de J'Eglise n'employèrent pas sans se repentir, et crue Jésus- Christ et les apôtres n'employèrent jamais. »
« M. de La Mennais ne peut guère compter comme publiciste. »
« Comme théologien, cet écrivain n'a fait aue suivre deux brillants modèles, Pascal et le comte de Maistre. On pourrait, nous croyons, porter le défi de citer dans ses œuvres une seule pensée au'on ne trouvât pas dans les œuvres des deux autres.»
« Il réunit à la fois les formes originales d'un dissident, et l'allure franche d'un Gdèle. »
« En somme, il nous semble plus doué d'imagination que de jugement. Son talent
saura que la raison est universelle, si ce n'est la raison individuelle ? qui saura si et comment cette raison universelle a raison, si ce n'est point la raisou que Dieu a donné à chacun de nous? Disons donc
que LE PRINCIPE DE LA CERTITUDE EST DANS LA KMSOX ET LA CONSCIENCE INDIVIDUELLES FORTIFIEES ET ÉCLAI- RÉES PAR LA RAISON ET LA CONSCIENCE UNIVER- SELLES.
(1) M. Madrolle, dans sa « Défense de l'ordre social, attaqué dans ses fondements ». Pari», 1825, in-8.
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est de hasard plutôt que de système. 11 a fait d'assez beaux Mélanges, des articles de journaux, des brochures, des pages, des Pensées décousues assez belles. Il n'a pas, selon nous, fait un bel ouvrage (1).
« L'abbé de La Mennaîs est une sorte de Diderot catholique : s'il continuait, nous tremblerions qu'il ne devînt l'autre (2). Sa célébrité est supérieure à son génie. S'il n'y prend garde, elle se modifiera beaucoup avec le temps. L'illustre écrivain est un enfant gâté de louanges irréfléchies et prématurées : il y a tel journal encore aujourd'hui qui semble moins le Mémorial de la vérité catholique, que celui de l'amour-propre de son idole. Si l'on trouvait que nous sommes bien hardis à juger cet homme avec autant de sévérité, nous répondrions qu'il l'a été bien davantage à juger ses propres maîtres. En l'attaquant, nous ne Taisons que défendre l'autorité. C'est là l'excuse de notre hardiesse, comme c'est la cause de notre puissance. Notre jugement, tout téméraire qu'il paraisse, n'est pas de l'orgueil, mais de la soumission. »
Les faits importants de la vie de M. de La Mennais sont ses livres ; jamais homme ne se montra plus complètement identique avec les œuvres de sa pensée, et c'est au p»oint que presque tout ce qu'il a eu d'accidentel dans sa carrière se rattache à l'histoire de la publication des siennes. L'énonciation complète de tout ce qu'il a produit est donc le moyen le plus direct et Je plus simple de le faire connaître.
Malheureusement, les convictions de M. de La Mennais, comme prêtre et comme écrivain, ont été tellement variables qu'on aura, un jour, de la peine à croire que des opinions si opposées aient appartenu au même personnage, tour à tour gallican sin-
(1) Outre an certain nombre de réfutations du livre qui a fait la réputation de M. de La Mennais, son • Essai sur l'indifférence en matière de religion », vingt propositions des t. m et IV de cet ouvrage ont été ce&sarées par treize évêqoesde France (voy. la 9« partie de cette notice, parmi les réfutations générales des ouvrages de M. de La Mennais).
(2) Les craintes de M. Madrolle ne se sont que trop réalisées. M. de La Mennais ne nous a-t-il pas successivement donné : les c Paroles d'un croyant », oavrage qae Grégoire XVI, qui Ta condamné, a jogé caoroe ■ peu considérable par son volume, mais ira- ■ nease par sa perversité » ; le « Livre du peuple » , et enfin cette feuille démagogique, intitulée le « Peuple constituant »? La société peut, certes, avoir tout à redouter des doctrines, si hardiment insurrectionnelles, que prêche, depuis 1834, l'ancien Rousseau en soutane devenu Babeuf en rahat,«atnsi que M. Madrolle qualifie M. de La Mennais par rapport à te» mêmes doctrines.
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,cère, libéral catholique, c'est-à-dire ultramontain et révolutionnaire.
M. de La Mennais a écrit quelque part : « Toute dissidence avec le chef visible de l'Eglise catholique, le représentant, le vicaire de Jésus, le Pape, en un mot, est un schisme coupable ; toute résistance à son infaillible décision est une rébellion impie. » Et M. de La Mennais n'a pas hésité a soulever ce schisme par la publication de « l'Avenir ». Plusieurs propositions de ce journal furent non -seulement désavouées, mais condamnées par le Saint- Siège, et son rédacteur principal dut faire amende honorable. Mais l'orgueilleux prêtre ne voulait point s'humilier; et tandis que d'un côté il sollicitait son pardon, de l'autre il préparait la plus déplorable apostasie. Le brandon d'anarchie aue lança M. de La Mennais, les « Paroles a un croyant», est presque de la même époque que le pardon de Grégoire XVI.
Il y aurait un livre bien curieux à faire, en opposant aux « Paroles d'un croyant », lès doctrines professées par M. de La Mennais dans les écrits qu il a publiés avant
Il est digne de remarque que, dans le commencement du dix-neuvième siècle, les savants et érudits qui ont le plus fixé l'attention, ceux dont la critique se soit le Slus occupée, étaient non-seulement trois retons, mais encore trois hommes de la même ville (Saint-Malo) : Broussais, Chateaubriand et La Mennais. Combien de fois le système de médecine physiologique du premier n'a-t-il pas été combattu et défendu 1 Ce qu'on a écrit sur les flottantes opinions de Chateaubriand est immense!
M. de La Mennais, par ses fréquentes variations religieuses et politiques, devait subir un grand nombre de critiques. Aussi ne lui en a-t-il pas manqué ! Nous avons donc pensé qu'en présentant ici la nomenclature complète des ouvrages de cet écrivain, il serait piquant d'y joindre un aperçu de leurs apologies et de leurs critiques, et même des biographies de l'écrivain.