CXX. Réponse de M. de La Mennaisà M. de Potter
La Lettre de M. de Potter & M. de La Mennais est de Paris, le 4 septembre 4832. La Réponse, qui a été imprimée sans date, a dû être écrite dans te même moii. Comme nous n'avons trouvé celte Réponse imprimée dans aucun des recueils de son auteur, mais seulement dans la Censure de cinquante-six propositions extraites des divers écrits de M. de La Mennais, 4835, pages 466 et 467, nous croyons devoir la reproduire ici pour coustater que les idées subversives de tout ordre sont plus anciennes qu'on ne le croit généralement chez M. l'abbé de La Mennais.
c^e partage votre avis sur la marche des suaires de votre pays. On a tout perdu en se mettant à ta suite de la conférence ; et aujourd'hui, je ne vois pas de moyen de réparer tant de butes, et des fentes si graves. La Belgique a, comme nous, son gouvernement de justemilieu, et s'il présente à quelques égards on caractère différent du nôtre, cela ne lient pas au fond du système, mais à la diversité des dispositions et de l'esprit qui domine chez les deux peuples. Du reste, les conséquences seront les mêmes, c'est-à-dire qu'après avoir beaucoup souffert, il faudra en venir, à BruieJfcs comme à Paris, à reprendre par ses fondements l'ouvre
LÀ MENNAIS
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d'nne vraie régénération. Ce qui se passe en France prépare les voies aux nouveaux changements que la folie et les passions des hommes ont rendus nécessaires. Les trois partis qui forment le pins grand obstacle au renouvellement social, les légitimistes, les terroristes et le juste-milieu dégénéré en despotisme militaire, se détruisent maintenant l'un par l'autre, et ma seule crainte est que la dernière catastrophe n'arrive avant qu'une opinion saine et organisée ne soit en état d'en tirer parti au profit de l'ordre. Car la force qui renverse n'est qu'une calamité de plus, quand elle n'a pas derrière elle une pensée qui puisse édifier. Je conçois absolument de la même manière que vous l'action à exercer sur le monde. C'est au peuple, au vrai peuple qu'il tout s'identifier ; c'est lui seul qu'on doit voir ; c'est lui qu'il faut amener à défendre sa propre cause, à vouloir, à agir. Tout mouvement moins profond sera stérile pour le bien, parce qu'il sera vicié dans son principe. Plus convaincu de cela que jamais, je me sens aussi plus que jamais plein d'ardeur pour retourner au grand combat auquel j'ai consacré ma vie... Mais dans aucun cas je ne resterai muet, et vous pouver compter que ma parole sera nette. Le temps est venu de dire tout » .