‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 522 sur 1082 · CXXXIX. Sur un ouvrage intitulé · texte numérisé non relu

CXXXIX. Sur un ouvrage intitulé

« De la nouvelle Eglise de France » (par le président Joly de Bévy). (1816).

Réimprimé dans le premier recueil des < Mélanges religieux et philosophiques» de l'auteur, 4819, aux pages 218-29.

CXL. Sur un ouvrage intitulé : « Principes sur la distinction du contrat et du sacrement de mariage, sur le pouvoir d'opposer des empêchements dirimants, et sur le droit d'accorder des dispenses matrimoniales » (de M. Tabaraud). (1816).

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques », de l'auteur, 1819, pages 273-98.

CXLI. Sur les «Vies des justes», de M. l'abbé Carron. (1818).

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 4849, aux pages 365-75.

CXLI1. A l'occasion de l'ouvrage intitulé : « La Manifestation de l'Esprit de vérité» (de M. Alexis Dumesnil). Paris, Plancher, 1819, in-8. — Article imprimé dans le t. II du «Conservateur », p. 238 et suiv.

Cet article, aujourd'hui si curieux, si décisif, et don t la présence seule eût peut-être arrêté la plume et la main de l'auteur, lorsqu'elles allaient se salir dans les « Paroles d'un croyant » parut dans la seizième livraison, et se trouve aux pages 358 et suivantes du tome deuxième, dans la collection du « Conservateur ». Nous affirmons, car nous le savons de science certaine, que l'article signé seulement de l'initiale F., est bien de l'abbé de La Mennais ; nous le lui avons entendu avouera lui-même; et M. Rives, aujourd'hui conseiller à la Cour de cassation, qui était à cette époque le secrétaire du comité de rédaction du journal, est là pour affirmer le fait, si l'abbé osait aujourd'hui ne pas le reconnaître (1). A.-M. Madrolle.

Cet article est effectivement assez curieux pour se pu nous borner à en donner simplement l'indication. Nous le reproduisons ici, afin qu'on puisse en covparer l'esprit avec celui des « Paroles d'un croyant *.

* La Manifestation de l'Esprit de vérité ». Tel est le titre d'un écrit publié récemment, sans nom de lies, ni d'imprimeur. Il se compose de différentes parties intitulées * l'Esprit de vérité ; — le vrai Disciple ; le vrai Disciple à ses amis ; — les Ecritures ; — le vrai Disciple aux nations chrétiennes ; — l'accomplissement de l'Evangile ; — l'Esprit de vérité aux hommes frères -, — l'Esprit de vérité aux politiques ; — li Communauté ; — l'Esprit enseigne un nouveau temps : chacun de ces discours est signé Alexis Dumesnil.

(1) Cet écrit a été réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, pag. 468-72.

LA MENNAIS

LA MENNAIS

« M. Dumesnil enseigne une doctrine si étrange, qu'à moins d'une mission particulière, il serait difficile d'excuser le zèle qu'il met à la répandre ; aussi se déclare-t-il inspiré. « Après m'avoir ôté du monde, ditil, l'Esprit m'a conduit dans toute la vérité, afin que je paisse appeler les hommes à leur enseigner ce que j'ai appris moi-même. Je dis ce que l'Esprit me révèle, et je ne dis pas mire chose » .

« Or, l'Esprit lui a révélé que « les riches et les grands sont en abomination devant Dieu » ; que le Christ était pénétré d'une profonde horreur pour les riches et les prêtres ; que la parole de Dieu, en abolissait l'esclavage, a anéanti le principe même de la propriété. Là où l'on peut se dire, ce champ est à moi, la terre m'appartient, l'homme n'est-il pas toujours l'ennemi de l'homme, son mal ire et son tyran? L'indépendance et l'égalité en sont bannies, et par conséquent, la justice. Il n'y a ni maître ni pontife, ni ordonnances humaines, ni cérémonies pour le disciple de la vérité. Ne vous étonnez donc point de la haine que manifestent actuellement les peuples contre les mœurs et les institutions anciennes, puisque c'est l'effet même de la parole de vérité et l'accomplissement de l'Evangile. Peuples I ne craignez pas d'entendre toute la vérité ; la vérité n'est-ce pas Dieu même ? Ah ! redoutez plutôt cet esprit d'erreur qui a fait les riches, et les puissants, et les prêtres, et qui mène à la suite le fanatisme et la servitude. Que sert d'attaquer un mensonge, quand tout est mensonge ; un vice, quand tout est vice et corruption? Ce sont les riches et les superbes, c'est le sacerdoce, c'est la justice du monde, c'est le monde tout entier que l'éternelle vérité promet d'anéantir. Dieu a condamné le monde, et moi, je vous le montre où il est, dans vos lois, dans vos institutions. Toute richesse, toute puissance individuelle est contraire à la loi de Dieu. Gouverner, c'est détruire. Si vous demandez que les riches et les grands soient détruits, ils le seront.... » Alexis Dumesnil.

« Je me lasse de transcrire ces abominables folies. 11 est bon cependant de montrer jusqu'où les esprits s'emportent, quand ils ont brisé leur frein, et qu'ils ne connaissent plus de règles hors d'eux-mêmes. Renversez l'autorité, aussitôt la raison s'éteint; il no reste qu'un aveugle et sombre fanatisme. Les uns, en rejetant l'autorité divine, détruisent la Société et l'Homme même : les autres, sous prétexte de rejeter l'autorité humaine, anéantissent la Religion, et finissent par nier tout, même Dieu. I<es doctrines les plus opposées en apparence se confondent dans leurs effets, elles s'allient pour dévaster, et marchent ensemble contre la vérité qui les repousse également. Ainsi la communauté des biens, ou l'abolition de la propriété, que Diderot et Babeuf prêchaient au nom de l'athéisme, M. Dumesnil les réclame an nom de l'Evangile et de Jésus-Christ » .

« Et parce que cet homme est un insensé, il ne faut pu croire que ses maximes soient sans conséquences. D'autres insensés les répandent en Angleterre, où elles font des progrès parmi le peuple. Madame Krudner les sème en Allemagne; elles y germeront, qu'on n'en doute pas, et porteront un jour des fruits sanglants. Jamais on ne provoqua vainement les passions de la multitude ».

t Des fanatiques d'un autre genre se nourrissent d'idées semblables ; elles influent sur les gouvernements même, elles deviennent une partie de leur politique. L'Indifférence absolue des religions établie par les lois tend à détruire tout culte. Les principes démocratiques, introduits dans ces mêmes lois, tendent à détruire toute grandeur sociale. D'immenses confiscations ont ébranlé

le droit de propriété ; et, en favorisant à l'excès la * division des terres, on prépare le moment où, appartenant à tout le monde, elles n'appartiendront à personne. Plus les propriétés sont divisées, plus elles changent de mains, et peut-être ne faudrait-il pas morceler le sol beaucoup davantage, pour que, les droits de mutation et l'impôt foncier absorbant tous les revenus, l'Etat fût par le fait seul propriétaire. »

c Les passions les plus exaltées se joignant à tant de causes de désordre, personne ne peut dire quels destins Dieu réserve à la Société. Les doctrines religieuses, morales et politiques, les lois et les institutions qu'elles avaient consacrées, formaient comme un vaste édifice, demeure commune de la grande famille européenne. On a mis le feu à cet édifice. Les peuples s'entre-regardent à la lueur de l'incendie, et, agités d'un sentiment inconnu, attendent avec anxiété un avenir plus inconnu encore ». F. de La Mennais.

Ainsi s'exprimait M. de La Mennais, en 1849, à l'occasion d'un livre de socialiste précoce ; mais l'année 1834 n'était pas encore venue, et avec elle les fameuses c Paroles d'un croyant », dans lesquelles l'auteur devait renier ses opinions de 1819, et renchérir sur les abominables folies de M. Alexis Dumesnil.

« On conçoit qu'après avoir ainsi parlé, en 1819, l'abbé ait fait, six ans après, à l'occasion du 21 janvier, un article dans le c Drapeau blanc » (sitôt devenu le Drapeau rouge), que nous voudrions encore pouvoir reproduire tout entier, et où il s'écrie : « Qu'elle est haute la condition des rois l » Le souverain qui laisse mettre son autorité en litige l'abandonne... Ce n'est pas sous la Convention, mais sous les Etals-Généraux (beau titre pour les élections de 1834 1) que la monarchie périt en France Le Christianisme a créé

la Royauté, elle est un de ses bienfaits. Il a élevé le pouvoir, il l'a divinisé... Hors le Christianisme, il y a des maîtres que l'on hait. (A ce train, vous êtes assez hors le Christianisme aujourd'hui !) — La Royauté est le seul état durable, le seul même qui soit possible aujourd'hui. — La Société croule quand la Royauté est abattue. — La Royauté et le sacerdoce sont divins dans leur origine (c'est, ce me semble, le Droit divin, aujourd'hui abhorré, ou il n'en fut jamais)... L'on est roi, comme on est prêtre... Un roi est le ministre de Dieu... Et voilà ce qui fil de la mort de Louis XVI une calamité telle, qu'aucune nation n'en éprouva de semblable... (sauf la nation anglaise, pourtant, qui sacrifia Charles Ier). Les souverains, en abandonnant une partie (vous voulez aujourd'hui qu'ils abondonnent tout), ne réussissent qu'à irfiter des désirs à demi satisfaits, et à légitimer les factions.... Le pouvoir est tout ensemble la raison, la volonté, la force de la Société ; il est indivisible par son essence... Chefs de nations, c'est à vous que la voix du sang de Louis XVI s'adresse; et que dit-elle? Tout en un seul mol: Soyez rois I » Malheureux sujet, vous ne leur permettez même pas aujourd'hui d'être rois-citoyens 1 Et qui sait si vous ne direz pas un jour, comme nous ne savons quel régicide : t Un roi mort n'est pas un homme de moins... »

« A quelques pages de là enfin, nous lisons dans les < .Mélanges * que l'auteur a publiés en 1820, un article intitulé, à toutes pages : Liberté, lequel n'est autre chose qu'une philippique violente contre cette Liberté devenue aujourd'hui son Dieu, et dont nous ne voudrions que cette proposition pour pulvériser les « Paroles d'un croyant * : « Chacun n'étant libre que dans la Société, et nulle Société ne pouvant exister sans Pouvoir, il s'ensuit que le Pouvoir est la première

LA MENNAIS

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condition de la Liberté . » — « Or, dans l'état parfait de la Société, le Pourvoir est un. » — « Malheur aux nations divisées! » — * Nous dirons, nous, seulement, malheur aux diviseurs! (1) ».

CKLIII. Sur un ouvrage intitulé : « Réponse aux guatre Concordats », de M. de Pradt, ancien évoque de Mali nés, par M. l'abbé Clausel de Montais, prédicateur ordinaire du roi. (1819).

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux

CXLIV. Sur un ouvrage intitulé : «Exposition de la doctrine de Leibnitz sur la Religion, suivie de Pensées extraites du môme auteur »; par M. Emcry, ancien supérieur-général de Saint-Sulpice. (1819).

Réimprimé dans le premier recueil des. c Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1810, aux pages 483-95.

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