Essai snr la Certitude, où l'on simplifie enfin
la question de la vraie source des connaissances humaines ; par l'abbé Rozaven. Avignon, Seguin atné..., in-8.
Cité par Madrolle.
Nous craignons que M. Madrolle n'ait fait une confusion. M. l'abbé J.-L. Rozaven, D. L. C. D. J., a bien publié l'Examen d'un ouvrage intitulé * des Doctrines philosophiques sur la Certitude, dans leurs rapports avec les fondements de la Théologie », par l'abbé Gerbet, et dont une seconde édition, augmentée, a été imprimée à Avignon, chez Seguin aîné, en 1833, in-8 ; mais, ainsi qu'on le voit, c'est un examen d'un livre de M. l'abbé Gerbet, et non de M. l'abbé de La Mennais. Pourtant, M. Gerbet étant alors de l'école Lamennaisienne, M. Rozaven a pu s'occuper dn maître et du disciple, surtout à l'occasion de la doctrine sur la Certitude.
62. Le Sens commun de M. Gerbet, ou Examen de ses doctrines philosophiques dans ses rapports avec les fondements de la Théologie; suivi de deux appendices sur le Sens commun de M. de La Mennais et de M. Laurentie ; par M*** (l'abbé Jammes, alors aumônier de l'Ecole polytechnique). Paris, Brunot-Labbé , 1827, in-8 de 277 pages.
Voy. la Rev. encycl., tome XXXIX, pag. 202, article signé J. L.
Le c Sens commun » de M. Gerbet remplit les pages 2 à 186 ; un « Appendice sur le Sens commun de M. de La Mennais », remplit les pages 187 à 269; enfin c l'Appendice sur le Sens commun de M. Laurentie », remplit celles de 270 à 273. La c Table des matières contenues dans ce volume » forme les trois dernières pages.
63. Complément de la circulaire du 26 décembre f<;1826. relative aux conférences ecclésiastiques de la
ville de Gap. Gap, J. Allier, 1828, in-4 de 36 pages.
Cet opuscnle signé Gaillard, prêtre, secrétaire, est réellement de M. Arnaud, évèque de Gap.
11 se divise en deux parties. Dans la première, l'auteur réfute, en dix propositions, la brochure de M. La Mennais, intitulée « Doctrine du Sens commun, » ou plutôt un chapitre de « l'Essai sur l'indifférence », portant ce titre. La deuxième partie a pour titre : Courtes observations sur l'écrit intitulé «r des Progrès de la Révolution ». M. de La Mennais y a répondu, je crois, dans « l'Ami delà religion ».
{Note de feu M. Lerouge.)
64. Observations sur le principe philosophique de M. de La Mennais, touchant le fondement de la Certitude; par G -M. Raymond. In-8.
Extrait du tome des < Mémoires de la So-
ciété royale académique de Savoie.
65. Nouvel Essai sur la Certitude, où l'on simplifie enfin la question fondamentale de la certitude humaine, agitée en particulier dans * l'Essai sur l'indifférence en
f matière de Religion»; par M. l'abbé Wrindts. Lyon et 1 Paris, Rusand, 1828, in-8 de 408 pages.
66. Essai historique et critique snr la suprématie temporelle du Pape et de l'Eglise, etc.; par M. Affre, alors vicaire-général du diocèse d'Amiens, depuis archevêque de Paris. Amiens, Caron-Vitet, 1829, in-8 de 32 feuilles 3(4, 6 fr.
M. l'abbé de \a Mennais venait de publier son « Essai sur l'indifférence », et il cherchait a propager, a répandre sa doctrine du sens commun, qu'on accueillait assez froidement. M. Affre, alors vicaire-général du diocèse d'Amiens, depuis archevêque de Ëaris, te
LA MENNAIS
LA MENNAIS
décida, en 1829, à lancer son « Essai historique et critique sur la suprématie temporelle du Pape et de l'Eglise > , en le Taisant précéder de cet avertissement: « Il y a trois ans que M. de La Mennais essaya de ressusciter au milieu de nous les opinions factieuses de la Ligue ; malgré le talent de l'auteur, les prestiges de son style, sa brillante réputation et les efforts de ses disciples, il ne parvint qu'à produire une sensation momentanée. "Nous composâmes à cette époque l'écrit que nous publions aujourd'hui ; à peine était-il terminé, que la discussion qui l'avait provoqué commença à s'affaiblir. 11 nous parut plus sage de ne pas ranimer une ,
controverse que nous espérions voir tomber dans l'oubli " quences et les méprises de l'auteur qu'il avait i cou-
équivoque. * L'Ami de la religion » (t. LX, p. 447) en porte le jugement suivant : « Le grand nombre de faits qu'embrasse l'anteur, les discussions qu'il y mêle, k soin qu'il prend de réfuter ce qu'il y a de plus important et de plus spécieux dans les écrit* de ses adversaires, ses jugements sur les hommes et les choses, tout annonce une marche ferme, de vastes recherches et l'habitude de traiter ces sortes de matières. L'auteur venge l'Eglise de France d'une injuste agressiou : il a même au milieu de ses raisonnements des morceaax écrits avec chaleur. Enfin, dans un post-scrjptam plein de force, il résume les contradictions, les ineonsé-
d'où elle n'aurait jamais dû sortir. M. de La Mennais vient de la reproduire dans un ouvrage qui ne contient m des faits nouveaux, ni des raisonnements pins concluants. Il parait cependant dans un moment moins opportun ; il vient diviser, par une guerre domestique, les défenseurs de la Religion, qui auraient besoin plus que jamais d'union et de concorde. C'est dans l'intérêt de celte cause sacrée, c'est pour ôter à ses ennemis les prétextes d'opposition et de haine, qu'ils ne sont que trop habiles à saisir, que nous venons protester au nom du corps auquel nous avons l'honneur d'appartenir, que M. de La Mennais n'a professé que des doctrines qui lui sont exclusivement propres ; que, loin d'être l'organe avoué du Clergé, il n'a fait que dénaturer ses sentiments les plus connus, altérer ses plus constantes opinions. Pénétré de la première de nos obligations, celle de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu, nous le sommes aussi de nos devoirs envers le trône et le gouvernement du pays. Nous pensons que si c'est un crime aux partisans de l'anarchie, de mettre le pouvoir a la discrétion de la multitude, pour qu'elle en dispose en maître souverain, c'est un excès non moins réel de dire, avec M. de La Mennais, que l'autorité ecclésiastique a le droit d'émanciper une nation et de l'autoriser à changer ses maîtres ».
On a dit que M. de La Mennais avait changé, on a eu tort. Le tribun qui cherchait à diviser l'Eglise en 1821, est bien le même qui, démagogue de 1848, sème le désordre et l'anarchie dans « le Peuple constituant », pour aller mourir ignominieusement dans le plus plat libelle de ces temps- ci, dans « la Réforme ». Une puissance mystérieuse le pousse vers le mal, et il semble lié par un pacte à toutes les associations mystiques et malfaisantes de notre époque. — Voici le portrait que M. Affre traçait de ce fameux abbé en 1829; on verra combien il est encore ressemblant : « C'est ainsi que, dans son hnmeur guerroyante, M. de La Mennais s'attaque à toutes les positions, à tous les partis, à toutes les opinions; lance des traits contre ce qu'il y a de plus humble et de plus élevé, à droite et à gauche, dans les directions les plus contraires : rois, peuples, ministres, évèques, séminaires, libéraux et royalistes, jésuites et jacobins, tous sont rudoyés par cet inflexible censeur, attaqués par ce vigoureux athlète, qui frappe sur tous à coups redoublés, et qui, après avoir combattu tout le monde, finit par se combattre lui-même ».
Cet ouvrage fut donc destiné à combattre le système alors ultramonlain de M. de La Mennais. M. Affre y trace l'histoire complète de l'opinion si répandue dans le moyen âge du pouvoir du Pape de déposer les rois, et il mêle continuellement à sa controverse le récit et la critique des faits. 11 a préféré la forme de réfutation à une polémique théologiqne fort inutile pour repousser nue opinion surannée. Engagé à composer cet ouvrage par plusieurs prélats, il en reçut une approbation non
battre ». L'ouvrage reçut un accueil bien différent du parti, alors fort exalté, auquel il était adressé : Le Mémorial catholique l'attaqua avec une grande violence.
Un journal ultramontain de l'époqne, en annonçât quelques ouvrages qui venaient de paraître contre M. de La Mennais, s'exprimait ainsi sur celui de M. Affre : Ceci est plus sérieux, comme on voit ; l'ouvrage de M. Affre est un gros volume, et ici on prend décidément parti contre M. de La Mennais et tous ses écrits â la fois. Nous n'entrerous pas dans la discussion w s'engage M. Affre; nous lui demanderons seulement si sa conscience est bien tranquille, après la manière pleine de réserve et d'ambiguité dont il a parlé des feules ordonnances du 16 juin, de ces actes d'oppression par lesquels ou a prétendu acheter à prix d'argent la liberté de l'Eglise et son indépendance, de ces actes iniques qui font aujourd'hui rougir ceux même qui en furent d'abord les approbateurs, et sur lesquels <w connaît enfin le jugement sévère du grand Pape qui vient de mourir.
Quelques personnes prétendent que l'ouvrage de M. Affre lui vaudra une mitre : cela est possible; bobs sommes surs, do moins, qu'il ne l'a pas plus composé dans celte espérance, que M. de La Mennais n'a écrit le sien dans la pensée du chapeau de cardinal, cornue oa l'a dit si misérablement.
07. Sur l'étude des autorités et l'autorité unique ce M. de La Mennais... Voy. le n° 13.
68. De l'Enseignement philosophique de M. Bantaio. dans ses rapports avec la Certitude. Strasbourg, 1833, in-8.
69. De la Raison et de l'autorité en matière de Philosophie; par M. Nicolas. Met*, 1833, in-12(l).
70. Essai sur la nature de l'âme, sur l'origine des idées et le fondement de la Certitude; par l'abbé J.-r". Receveur. Paris, Gaume, Hachette, 1834, in-8. 6 fr. 50.