‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 568 sur 1082 · LA PALME · texte numérisé non relu

LA PALME

LA PARAZ

LA PALME (do), nom patrim. [Aubriot de la Palme].

LAPANOUZE (Joseph de), ps. p'abbé P.-Denis Boyer, directeur du séminaire Saint-Sulpice, à Paris].

Le Duel jugé au tribunal de l'honneur et de la raison. 1802, in-8.

Cet outrage valût à l'auteur supposé une lettre de félicitations du général Bonaparte. On prétend que l'abbé Boyer a publié, en 1837, une 8e édition de son écrit.

LA PARAZ (l'abbé), ps. l'abbé Charvoz, curé de la paroisse ae Mont-Louis, au diocèse de Tours].

Les Prisons d'un prophète actuel (Pierre- Michel Vintras. ouvrier), poursuivi par tous les pouvoirs. Caen, th. Woinez, 1846, in-12, 342 pag.

Voici le court prospectus de cet ouvrage :

Les c Prisons d'un Prophète » sont un livre saisissant d'intérêt, qui fixera l'attention au plus haut degré. Rien ne lui manque, ni le fond, ni la forme, ni l'importance du sujet. Un prophète aux prises avec toute la hiérarchie gouvernementale et judiciaire qui s'efforce en vain d'étouffer sa voix ; un prophète que ses écrits placent, sans blasphème, à côté d'isaïe, puisqu'ils viennent du même inspirateur ; un homme, simple ouvrier, sans instruction, qui désespère les théologiens et les académiciens, et dont la sainteté désespère ses ennemis ; un prodige enfin dont on s'occupe aujourd'hui en hauts lieux, de Londres jusqu'à Rome, et que Ton cache soigneusement an public : voilà, certes , une histoire qui ne laissera pas de regrets à son acheteur.

Un bibliothécaire de nos amis nous fournit sur ce nouveau prophète et ses partisans des détails trop piquants pour qu'ils ne trouvent pas leur place ici.

Depuis 1839, un peUt moulin à papier, situé à Tillysur-Seulles, à quatre lieues de Caen, est devenu la crèche de Bethléem, la Jérusalem, le point unique enfin vers lequel se tournent les yeux d'une certaine secte de fanatiques. D'abord groupés eu petit nombre autour d'un contre-maître de la fabrique, nommé Pierre-Michel Vintras, sorte de convulsionnai re qui a des communications avec les puissances célestes et fait des miracles, les fripons et les dupes qui composent cette société firent, en prêchant leur nouvel Evangile, d'assez nombreux prosélytes parmi les esprits faibles, et surtout parmi ceux qui croient encore à l'existence du duc de Normandie, Louis XVII (le prétendu baron de Richemont) (1), car pour opérer on a réuni la foi politique à la croyance religieuse. On compte, dit-on, près de deux mille adeptes dans les villes de Caen, le Mans, Rouen, Elbeuf, Puis, Angers, Tours, Cahors et Albi. Caen, sans doute parce que nnl n'est prophète en son pays, en fournit très-peu.

Un des principaux apôtres des nouvelles doctrines fut an certain abbé Charvoi, qui fit paraître, vers 1841, une brochure anonyme imprimée chez Locquin, à Paris, et intitulée « Opuscules sur des communications annonçant l'œuvre de la Miséricorde » {tans date ni nom de vendeur). Ce fut la première publication des « Enfants de l'œuvre », ainsi qu'ils l'appellent. Quelque temps

(1) Voyez sur cet imposteur l'article « Louis-Charles de France » de ce livre.

p | après, Vintras fut arrêté et condamné avec un antre individu comme exploitant la crédulité des hommes simples, en un mot, pour escroquerie.

A partir de ce moment, les disciples de Vintras mirent au jour plusieurs brochures collectivement rédigées, qui se résumèrent à la fin de 1842 en nne publication périodique nommée la « Voix de la Septaine • , dont il parut 48 livraisons (4 vol. in-8), et qui ne cessa qu'en 184G. Le livre qui nous occupe, signé La Parai, termine la série des œuvres données par la secte ; il est le résumé de ses travaux, en même temps qu'il donne d'assez longs aperçus sur son chef principal, Pierre- Michel Vintras. Hélas! la gloire que l'écrivain promet à son héros a dû bientôt s'évanouir : le prophète, ee sortant de prison, a trouvé son troupeau dispersé ; ses agneaux étaient devenus des loups dévorants qui se déchiraient entre eux à belles dents, et il n'a pu réunir encore toutes ses brebis égarées. Cependant tout n'est pas désespéré. Vintras commence à s'entourer d'ouailles nouvelles ; le moulin a été transformé en nne jolie maison de plaisance, et la fortune du protégé du ciel va prendre une rondeur confortable pour la seconde fois, si la police, qui ne respecte pas même les prophètes, ne s'en mêle pas.

Mais revenons à l'auteur des « Prisons ». On lit page 10 et suiv. de ce livre, à propos de l'élévation du style des prétendues communications du ciel a l'inspiré : « Ce n'est point à l'ouvrier Pierre-Michel qu'on ea faisait honneur, c'est aux habiles qu'on supposait cachés derrière la toile, et notamment à un certain abbé Charvoz, curé d'une paroisse appelée Mont-Louis, u diocèse de Tours, connu par diverses publications, entre autres le t Précis d'antiquités liturgiques », et la « Fille du Mandarin ». C'est à cet ecclésiastique qu'on attribuait ces « Prétendues communications ■, pour employer le langage des opposants. C'était nne supposition à vérifier... Je voulus interroger l'abbé qui avait le bonheur d'être accusé d'écrire comme un ange du ciel. . . Déjà riche de renseignements, j'allai le trouver, j'eus avec cet ecclésiastique <de longs entretien», etc., etc. ê

Voici bien deux individus distincts, tous deux partisans de Vintras, M. Charvoz, auteur, interrogé par M. La Paras, auteur aussi, et dont l'un n'est pas pins pseudonyme que l'autre.

Mais voici aussi que nous trouvons dans 1a quatrième livraison, première année de la « Voix de la Septaine », page 144, une lettre datée du 10 novembre 1842, et signée Charvoz La Parax, curé de Mont-Louis, et cela nous dévoile un mystère facile à saisir. Dans ses divers écrits, M. Charvoz La Parai n'était connu que sous son premier nom. U était Maltraité par l'autorité ecclésiastique supérieure de son diocèse pour ses opinions religieuses; il n'était pas moins compromis dans les affaires diverses suscitée* par les autorités civiles du Calvados à V œuvre 4e la Miséricorde ; il avait donc besoin d'un avocat pour lai et pour son culte. M. Charvoz l'a trouvé dans La Parai, en partie son homonyme, et peut-être son parent, qui. converti par lui, lui a prêté par reconnaissance tua nom et sa plume. Ceci est une preuve de fraternité que nous sommes loin de blâmer ; nous trouvons seulement que le style des deux écrivains se ressemble singulièrement ; ce n'est pas à nous à expliquer cette ressemblance, c'est peut-être encore un miracle de Vtmrrt de la Miséricorde.

Maintenant, mon cher ami, si vous melles le La Paraz dans vos * Supercheries », je vous conseilla de mettre à la suite de votre article le renvoi : voyez

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