XXVII. Lettre du duc de Normandie au
LOUlS-GltAftLES
LOUlS-CHAftLËS
F.-. Dechevaux-Dumesnil (horloger-bijoutier, quai des Orfèvres, n. 58, à Paris). Paris,leir3«j.-.du5M.\dela]uneabi8l9.
Imprimée pages 354 et 355 du « Franc- Maçon », revue mensuelle.
Nouvelle imposture du soi-disant duc de Normandie, en avançant, dans cette lettre, avoir été admis an premier grade maçonnique, avec dispense d'âge, à quatorze ans, lorsqu'il était «n Egypte I où, nous l'avons déjà dit, il n'a jamais été.
XXVIII. L'ex-baron de Richemont, fils de Louis XVI. A M. le rédacteur de « l'Inflexible » ; par J. Arnold.
Impr. dans le journal « l'Inflexible, journal des intérêt* de tous », n° 2 (novembre 4849). Cet article, sans nul doute, a été écrit pour provoquer une polémique en faveur de M. Henri Hébert, et doit être d'un de ses partisans, ou peut-être de lui-même.
-4- LOUIS XVII (les faux).
Quérard avait réuni quelques additions destinées à compléter le long article qu'il a consacré aux imposteurs qui ont voulu se foire accepter comme fils de l'infortuné Louis XVI. Nous les plaçons ici dans l'ordre de date des ouvrages indiqués.
I. L'Avenir prochain de la France, entrevu dans les vrais principes de la société, de la liberté, de la souveraineté, soit populaire, soit nationale, et dans la révolution de 1789. Ouvrage philosophique, politique et religieux, par l'abbé C.-F. Nicod, cure de la Croix-Rousse. Lyon, Dumoulin, et Paris, Gaume frères, 1830, in-8.
II. Deux Lettres de l'abbé C.-F. Nicod, contre la condamnation de son « Avenir prochain de la France » par Mgr l'évoque de Nantes. — Impr. dans le journal de la coterie, intitulé « l'Inflexible ».
III. Vie de Son Altesse Royale Monseile duc de Normandie, fils de Louis XVI. Lyon, Rodanet, 1850, in-8 de 552 pag.
IV. Fils de Louis XVI. Rectification d'erreurs répandues par les journaux sur la mémoire de feu M. le baron de Richemont. Imprimé par suite de refus d'insertion.
Paris, imp. Laeour, in-8 de 4 pag.
Paris, janvier 1855. Signé : Suvigny, avocat; Foyatier, Pascal, médecin.
Il est bien regrettable qu'un homme de la valeur de M. Poyatier ait pu être un instant la dupe d'un aussi audacieux imposteur que celui qui se faisait passer pour le fils de Louis XVI ; il est encore plus triste que même après la mort de l'imposteur, M. Foyalier persiste dans ses croyances.
L'imposteur en question avait pris successivement les titres et les noms de colonel Saint-Julien, colonel Le Maître, Picted, Legros, Benard, Hébert, Henri de Transtamare, prince Gustave, baron de Richemont, afin de cacher à ses ennemis, disait -il, son titre véritable de fils de Louis XVI. Après 1848, il se* faisait appeler M. de France.
Il fut condamné à Rouen, en 4833, comme banqueroutier simple, sous le nom de Louis Hébert. Traduit devant la Cour d'assises, en 4834, la Cour, ne pouvant
découvrir parmi une douzaine de noms qu'il avait tories quel était le véritable, le condamna sous le neua aie Loots-Hector-Henri-EUtelbert Hébert, d'aprèa le Jugement de Rouen, à doue années de détention, auxquelles il parvint à se soustraire par la fuite.
Le véritable nom de cet imposteur était Clamée Psiuti*. né à Lagnieu (Ain), le 7 septembre 1786. de Jean Perrin, boucher de cette ville, et de Marie Mastl,
ta femme.
Voyez sur ce personnage la série de feuilletons publiés dans « l'Univers », par M. le marquis 1. Baies de Mirville, en 1649, et nos « Supercheries littéraires dévoilées », 1. 10, pag. 69-424.
V. Non! Louis XVII n'est pas mort au Temple. Réfutation de l'ouvrage de H. de Beauchesne : Louis XVII, sa vie, son agonie, sa mort, par Gruau de la Barre. 1857, in-8.
M. de Larochefoucauld, duc de DoudeasviUe, t. XII de ses c Mémoires » (4853), parle des taux Louis XVII. 11 en est question longuement dans c l'Inflexible, journal des intérêts de tous », paraissant les 45 et 20 de chaque mois. Voir les n« 49-20, juillet 4950.
Pour en finir avec les faux Louis XVII, mous dirons qu'en l'année 4854, ils ont a trois reprises occupé les tribunaux.
On lisait dans le journal « le Pays », 9 juin 4854 : Les héritiers kaundorff et lb duc de nomutok. — Il n'est personne qui ne se rappelle les efforts faits en 1835 par un Prussien du son de Nauoderff ptuv se faire reconnaître comme étant le Dauphin Louas XVB, dont on avait, à tort, disait-il, et par «es motifs politiques, faussement annoncé la mort.
Naundorff avait réussi auprès d'un'assex grand nombre de personnes, qui lui avaient même ouvert leur bourse. Enhardi par ce premier succès, il saisit les tribunaux de sa prétention et voulut faire reconnaître judiciairement sa royale généalogie, mais il succomba, n eu appela alors à l'opinion publique dans un journal intitulé la c Voix du Proscrit ».
Mais obligé de quitter la France par suite d'un ordre d'expulsion prononcé administrativement. il se ritngia en Angleterre, où il fit encore parler de lui sous le num de duc de Normandie, qu'il persistait à porter.
En 4845, il est mort àBreda (Hollande), et voici qu'aujourd'hui sa femme et ses enfants devant les tribunaux sa prétention de le Caire naître comme le véritable Dauphin.
M* Jules Favre a plaidé pour les héritiers Ni M. le substitut Dupré-Lasalle a porté la parole au eem du ministère public, et le tribunal, conformément à ses conclusions, a débouté les héritiers Naundorff de leur demande.
Voici le jugement qui a été rendu :
i Attendu qu'il est constant, en fait, que, depuis le 40 août 4792 jusqu'au 9 thermidor 4794. la surveillance dn Temple a été l'objet des précautions les plus minutieuses, et que, depuis le 9 thermidor, ta ria^hince de ces précautions n'a pas diminué ;
t Attendu que l'acte de décès dn fils de Louis XVI. du 12 juin 4795, le procès-verbal de son autopsie, ont été environnés d'une publicité incontestable «ai nu permet pas d'admettre une supposition de personne; que les actes sont confirmés surabondamment par Isa dépositions des sieurs Lasne et Gomain, judidsiiuiunt recueillies en 4847, et contre lesquelles ou ne peut élever aucune présomption sérieuse ;
t Attendu que, sans rechercher les antécédent* de
LOUIS-CHARLES
LOmS-JOSEPH-XAVŒR 938
Naundorff, le seul bit de son ignorance presque eom- 1 plète de It langue française jusqu'en 1832 suffit pour ' repousser l'origine qui lui est attribuée ;
« Qu'enfin on ne peut expliquer le silence constamment gardé avant, pendant et après la restauration de 1814, par toutes les personnes qui auraient participé à la prétendue évasion dn Temple ;
« Attendu qu'en cet étal les faits articulés par les demandeurs sont dès i présent réfutés, le tribunal denoute tes demandeurs de leurs conclusions tant principales que subsidiaires et les condamne aux dépens. » Empruntons au c Constitutionnel » du 19 avril 1851 les détails suivants :
Un incident fort singulier s'est passé aujourd'hui devant le premier conseil de guerre, présidé par le lieutenant-colonel Blondeau, du 69* régiment de ligne. Un invalide accusé d'avoir donné des coups et lait des blessures à un sous-officier de l'hôtel, a essayé de décliner la compétence de la juridiction militaire sous le prétexte qu'il est le fils légitime de Louis XVI.
Son raisonnement est celui-ci : Fils d'un roi, il ne saurait être jugé par un tribunal, et s'il acceptait la compétence, ce serait à condition que le conseil reconnaîtrait ses droits légitimes.
Un rire général accueille ces conclusions écrites, que l'accusé veut développer à la barre.
M* Robert Dumesnil, avocat nommé d'office, engage l'accusé à garder le silence.
M. le commandant Delattre, de l'état-major. — Oui, d'autant mieux que nous nous proposons de demander l'acquittement pour cause de démence de Tacnraé. Cet homme a été traité i Bicèlre pour cause de folie.
L'arcMé. — Non, non, je ne suis pas fou ! Ah ! voilà, quand je prononce le nom de mon père Louis XVI, on me dit : Vous êtes fou I
Le conseil prononce l'acquittement de l'invalide Victor Persat.
Dans l'intérêt de la France, Persat a envoyé son abdication à Louis-Napoléon Bonaparte. Voiri cette pièce curieuse :
Art. 1er. Il me sera payé sur le Trésor public la solde de douse années de mon traitement, en qualité de prince royal. — Art. 2. J'abdique tous mes droits en faveur de Louis-Napoléon Bonaparte, dans la persuasion que c'est un acte nécessaire pour le bien de ma patrie. — Art. 3. n me sera délivré un passe-port pour me retirer en Autriche auprès de ma royale famille et de mes parents d'Autriche, et me rapprocher de ma chère soeur Marie-Tnerèse-Charlotte de Bourbon, duchesse d'Angomlême.
Fait et donné à Paru, le 12 février 1851.
Signé : LOUIS XVII, roi de France et de Navarre.
J\ S. Les lettres que j'ai eu l'honneur de vous écrire, ainsi qu'à M. le Ministre des finances, vous donnent la preuve de ma royale personne,
D'amitié, mon prince,
Louis XVII, roi de F. et de N.
Noos lisons dans la « Revue des questions historique* », !« Juillet 1869, t. .VII. p. 269 : « Voici qu'un Anglais, ou plutôt les deux fils d'un Anglais, se présentent devant le public, non plus pour réclamer la couronne de France, mais ponr établir leur identité en qualité de petit-fils de Louis XVH. Nous savions quels étaient les antécédents de M. Auguste Meves, et depuis longtemps nous avons pu juger la supercherie grossière laquelle il cherchait i fonder, de très-bonne foi du ses droits prétendus. Mais il restait à voir tonte cette curieuse histoire expliquée, développée et maintenue \
dans un ouvrage de longue haleine ; quels seraient les moyens de défense, de quelles pièces justificatives se réclamerait l'auteur? Grâce aux commentaires explicatifs ajoutés par hfM. Guillaume et Auguste Meves au mémoire de leur père, il sera désormais facile à chacun d'étudier à fond un des paradoxes historiques les plus extraordinaires qui aient jamais essayé de prendre place au soleil ». L'ouvrage dont il s'agit a pour titre : « The Aulhentic Historical Memoirs of Louis-Charles, prince royal, Dauphin of France,* second son of Louis XVI and Marie-Antoinette, who, subsequently to october 1793, personated through suppositions means Auguste Meves. The Mémoire written by the véritable Louis XVII and dedicated to the French Nation. The compilation and eommentary by hls two eldest sons. Londres, Rigdway, in-8.
-f-Nous trouvons dans les papiers de Quérard quelques indications qu'il se proposait de grouper au sujet d'autres imposteurs qui ont jadis voulu jouer un rôle analogue à celui des feux Louis XVII. Au commencement du xvn« siècle, plusieurs feux Demetrius excitèrent des troubles très-graves en Russie. Après la disparition du roi de Portugal dom Sébastien, dans un combat livré en Afiiqne, H surgit plusieurs pseudo-Sébastien qui excitèrent de vives sympathies et provoquèrent de chaleureux dévouements. Il faudrait un volume pour les citer tous, depuis celui qui vint loger à Paris, rue de La Harpe, jusqu'au pastelero de Madrigal. Voir d'ailleurs l'ouvrage de J.-B. de Rocoles, « les Imposteurs insignes ». Amsterdam, 1683, in-12; Bruxelles, 1739, 3 vol. in-12.