‹ Les supercheries littéraires dévoilées (volume 2)Chapitre 991 sur 1082 · NARP · texte numérisé non relu

NARP

Réponse à une lettre adressée par M . Henri Saint-Simon à MM. les ouvriers. Paris, tmpr. Crapelet, 1821, in-8, 12 p.

NAOGEORGUS (Thomas), ps. [Thomas Rirchmaier].

Voy. aux Anonymes le « Marchand converti ».

NAPOL LE PYRÉNÉEN, ps. [Napoléon Peybat].

La Mort de Roland, ou Roland à Ronce vaux. (En vers.)

-f- Trèt-bcaux vers insérés dans l'Anthologie des c Postes français » publiée par M. Eugène Crépet (tome IV), et réimprimés dans les c Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantique », par 11. Asselineau, p. 4 59. C'est la version primitive, car cette pièce a répara, mais avec de grands changements, dans * l'Alise », romancero, par 11. Nap. Peyrat. Paris, io-16 de 352 p.

NAPOLÉON, empereur des Français.

Ouvrages qui ont été faussement publiés sous son nom.

I. Confessions de Napoléon. Avec cette épigraphe : Un homme et toute l'Europe. (Par M. P.-G. S. Dufey, de l'Yonne) . Paris, au Temple de mémoireUhez Pillot, libraire), 1816,2 vol. in-12.

La police du temps ayant lait saisir ce mauvais roman, les exemplaires en sont devenus rares.

II. Quarante Lettres inédites de Napoléon, recueillies par L. F. (composées par M. Dourille de Crest). Paris, Ponthteu, Mongie, 1825, in-8, 68 p.

Lettres d'amour supposées écrites à une dame de Valence, lors d'an premier séjour de Napoléon dans cette ville, lorsqu'il n'était que lieutenant d'artillerie.

+ m. Manuscrit de Sainte-Hélène.

Londres, 1818, in-8.

Cet habile pastiche mystifia tout le monde; Napoléon le désavoua. On sait aujourd'hui que ce fut le genevois Lullin de Ch&teauvieux qui, dans l'automne de 4816, se trouvant à la campagne, s'amusa & écrire ce jeu d'esprit et l'envoya sans explication à Londres, an libraire Murray , qui s'empressa de l'imprimer. ( t Intermédiaire », tom. I, p. 280). Ce journal cite aussi les t Confessions de Napoléon, petit mémorial écrit de sa main à Sainte-Hélène, parvenu en Angleterre, traduit et publié à Londres (1848). Traduit sur le texte anglais, l'original ayant disparu, et augmenté de notes par Halbert d'Angers ». Met%, 1864, in-18, 166 pages.

Les ouvrages dictés a Sainte-Hélène ne méritent pas grande confiance ; ils ont été remaniés et arrangés. Le procédé habituel des arrangeurs s'est manifesté par un trait singulier. En vertu du testament de Napoléon, Saint-Denis, un de ses valets de chambre, hérita de 400 volumes ayant fait partie de la bibliothèque de Longwood ; il les a légués à la bibliothèque de Sens. C'est sur les marges d'un de ces volumes que se trouvent les notes autographes provoquées par la lecture de Fleury de Chaboulon. La comparaison de ces notes avec le texte publié en 1823 et en 1830 montre

les éditeurs amplifiant arbitrairement en plusieurs endroits la pensée de l'Empereur. Là où il y a trois lignes, ils en mettent vingt. Voir dans la c Revue critique » un article de M. H. Lot sur l'édition ( Parit, 1867, 6 vol. gr. in-8) des » Commentaires de Napoléon 1er ,.

-{-La Correspondance de l'Empereur, de 1 703 à 1 81 5 , dont la publication, entreprise en 1858, forme 24 vol. in-8 (il y a un tirage in-4), avait été l'objet d'une note que nous trouvons dans les papiers de Quérard, et qui relève les altérations volontairement introduites (et annoncées d'aillenrs) dans le texte réel des dépèches de Napoléon.

On sait que deux commissions ont successivement présidé à l'impression de ce recueil pour ainsi dire officiel. L'œuvre de la première commission s'étend d'octobre 1793 à septembre 1807; elle occupe 15 vol. La couleur historique n'y est pas altérée essentiellement. En janvier 1864, une décision impériale confia au prince Jérôme-Napoléon le soin de présider à l'achèvement de cette grande collection. Un rapport inséré dans le t. XVI et daté de 1864 expose les changements introduits dans les procédés de publication ; la suppression des répétitions et des noms de personnes ouvre un vaste champ à l'arbitraire; mais ce qu'il y a de pis, c'est que des modifications calculées, des retranchements, ont été systématiquement multipliés. Voir un article de M. Thomas de Gevrey dans la t Revue moderne », 95 novembre 1869, p. 352-374.

L'auteur de cette notice, après avoir lait remarquer que c ce recueil, donné dans des conditions défectueuses et fort mal distribué, coûte aujourd'hui au public quinze cent mille francs », cite la déclaration insérée dans le rapport que nous venons de citer, et qui mérite d'être méditée.

« Nous avons pris pour guide une idée bien simple, & savoir, que nous étions appelés à publier ce que l'Empereur aurait livré i la publicité si, 6e survivant à luimême, il avait voulu montrer à la postérité sa personne et son système. »

On comprend quelle liberté peut se donner un éditeur qui se pose une semblable règle. On aurait singulièrement pu altérer les écrits de Voltaire, par exemple, en disant qu'il fallait le publier tel qu'il aurait voulu se faire imprimer si, c se survivant à lui-même », il eût voulu exposer ses opinions aux yeux de la postérité.

11. Th. de G. indique, p. 366, un de ces étranges adoucissements. Nos lecteurs jugeront si Quérard avait eu tort de regarder la « Correspondance de Napoléon l*r » edmme faisant partie de son domaine.

Voy. Bonaparte.

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