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La faveur qu'a obtenue la première édition des Supercheries ^ ce livre de révélations si piquantes, le seul, peut-Ôtre, en bibliographie qui ait été lu d*un bout jusqu'à Tautre, fait espérer à son auteur que la deuxième ne sera pas moins favorablement accueillie par les amis de notre histoire littéraire ; d'autant plus qu'elle ofi&ira d'importantes améliorations, et surtout de considérables additions.
La première édition ne contient que 9,430 numéros, la seconde en renferme bien au delà de 50,000. Ce n'est plus alors une réimpression, mais un livre nouveau.
Qu'est-ce que c'était que la première édition de ce livre? Sous le titre de Svpêrchtrtes littéraireê dhoiléet, c'était tout simplement un dictionnaire des auteurs (et non des ouvrages) pseudonymes, sur un plan et sous un titre nouveaux. Le fonds de cette monographie pseudonymique était tiré en petite partie de l'excellent ouvrage du bibliothécaire de Napoléon I^, mais corrigé dans un certain nombre d'indications, soit inexactes ou incomplètes, et surtout augmenté d'une masse de nouveaux articles appartenant aux années postérieures à la publication de la dernière édition du livre du savant bibliographe (1822-1827).
Les ouvrages anonymes et pseudonymes sont si considérables, que M. Quérard avait cru devoir en former deux monographies particulières, l'une, qui a été conmiencée, par ordre alphabétique de titres de livres, sous l'intitulé de Dictionnaire dis oworages anùmfmes et polyonymes, l'autre, par ordre alphabétique des pseudonymes, ainsi que le requérait le sujet, et sous le titre nouveau de Supercheries littéraires dévoilées.
Cette dernière monographie, d'après l'opinion de l'auteur des Superêheries, dépasse de beaucoup en nombre les ouvrages simplement anonymes, car, ainsi qu'il l'a dit quelque part tout livre sur lequel on lit au frontispice le mot par, qu'il soit suivi d'initialismes ou d'asté-
risques, ou mdme de la réclame par Vautewr de..., n'est à ses yeux qu'un livre dont l'écrivain a voulu se déguiser, un «emi-anonyme ou semi-pseudonyme, comme on voudra; il faut alors en enlever la mention des monographies des livres anonymes.
La première édition des Supercheries n'était qu'un livre de curiosité littéraire ; l'auteur, en le réimprimant, a la prétention d'en faire un ouvrage de bibliographie non moins instructif, par l'ensemble des notions qu'il présente, que piquant par ses actualités. Tout en conservant, et en étendant même, l'attrait de la première édition qui a fait son succès, il a voulu le rendre indispensable à toutes les personnes s'occupant de livres, selon leurs goûts ou leurs besoins, qui ne recherchent pas seulement des révélations plus ou moins inattendues. C'est pour arriver à ce but qu'au nombre des améliorations faites , il l'a enrichi de trois tables, dont tout le monde appréciera l'importance.
Classé dans le strict ordre alphabétique d'un dictionnaire de langue, et dans une non moins sévère chronologie pour les divers monogrammes cités, on en aurait pourtant quelquefois éprouvé des difficultés à trouver ce que l'on eût cherché parmi les nombreux initiaïismes et astéronymes qui remplissent les pages de ce livre. L'auteur a donc dressé une table alphabétique des titres des ouvrages cités au nombre de plus de 50,000, et c'est ainsi qu'en la combinant avec la partie principale, il est arrivé à présenter un nouveau Diction^ naire des ouvrages anonymes et pseudonymes beaucoup plus ample que celui de Barbier. La démonstration en est facile. En supputant, à la manière de M. Alexandre Dumas, le nombre de lignes et de numéros à produire, on trouvera que la page 5 de ce prospectus donnant 80 articles, en produit 1,280 à la feuille, et que si, selon toute apparence, cette table forme 50 feuilles, on arrivera au chiffre de 64,400 ! tandis que l'ouvrage de Barbier, dans la dernière édition, n'atteint que le chiffre 23,647, dans lequel figure la mention de beaucoup d'anonymes et de pseudonymes latins, étrangers à la France, tandis que celui-ci est particulier à la typographie et à la littérature françaises.
La deuxième table (page 6 de ce prospectus) résume la précédente en même temps que la partie principale de l'ouvrage, et fait connaître sous chaque nom véritable les divers masques dont chaque auteur s'est servi. Elle présente aussi un très-grand nombre de courtes indications biographiques sur les écrivains peu ou point connus qui y sont cités. Cette table existait déjà dans la première édition.
Quant à la dernière table (des pages 7 et 8 du prospectus) , elle sera incontestablement la plus utile des trois. Il est fâcheux que les spécimens de ces tables, n'ayant été extraits que des six premières feuilles de l'ouvrage, cette dernière, par suite d'insuffisance de matières, n'ait pu être présentée ni typographiqaement ni bibîiographiquement sous l'aspect qu'elle doit avoir. C'est néanmoins une idée de cette table, quoique imparfaite. — Elle a été conçue en vue des travailleurs et des bibliophiles, qui étudient ou collectionnent sur telles sciences, telles nations, tels lieux, telles choses, tels hommes. A cette dernière table l'auteur a appliqué le plan qu'il avait arrêté pour un ouvrage qui eût été précieux pour nos établissements littéraires et en même temps un glorieux monument pour la France, son Encyclopédie du Bibliothécaire , qui ne verra probablement jamais le jour, par suite de l'indifférence de tous, et faute d'encouragements nécessaires. C'est une indifférence plus que blâmable, car chaque siècle ne produit pas beaucoup d'hommes persévéramment utiles de la force des anciens bénédictins, du P. Lelong et de ses continuateurs, de M. Jacq.-Ch. Brunet^ etc., etc., et beaucoup de grands travaux sont perdus pour les études sérieuses et la postérité, parce que leurs auteurs n'ont pas eu les moyens d'ajouter à leurs longues veilles des sacrifices pécuniaires. Le plan de VEncyclopédie du Bibliothécaire sera du moins sauvé.
Nous venons de dire ce que sera la seconde édition des Supercheries littéraires dévoilées. Qu'il nous soit permis d'ajouter :
La promptitude de l'impression d'un livre dépend souvent des souscripteurs, qui, par leur chiffre, donnent un encouragement à l'auteur pour marcher vite. Nous prions donc instamment MM. les amateurs de ne pas différer à nous adresser leurs souscriptions, sans rien payer à l'avance. La liste des souscripteurs sera imprimée en tête du premier volume.
Nous prions aussi MM. les bibliothécaires et bibliophiles que cette publication peut intéresser, et qui voudraient l'enrichir de quelques notes recueillies par eux, de vouloir bien nous les faire parvenir directement, le plus tôt possible, rue des Grandt-Augustins, n* 3, nous leur en serons extrêmement obligé ; mais leurs communications ne doivent présenter rien de conjectural.
ALCOPIDAS. — ALCRIPE. 3
ALG0PIDA8 (maître), abstracteur de quintessence, rue Trousse- Vache, maison du rataconneur de bobelins.
Mademoiselle Rose Permet, romance vertueuse et historique. Paris, de Timpr. de Poulet, 1818, in-18 de 4 pag. [070]
Rabelais, Tabstracteur de quintessence, a pris le nom d'AIcofribas et non d'Alcopidas.
A. L. C. P. [A. Leclerc, prédicateur à Dieppe].
Actes de la conférence entre le R. P. Véron de la comp. de Jésus et le sieur de la Balle, ministre de Luneréet Lindebeuf, en présence de plusieurs sgrs. catholiques.... Rouen, chez Nie. Le Prévost, 1618, pet. in-S de 72 pp. et 8 £f. prélim. [971]
ALGRIPE (Philippe), sieur de Neri en Verbos, anagr. [Philippe Le PiCABD, moine bernardin de l'abbaye de Mortemar, près de Lyonsla-Forét (Eure)].
Nouvelle (la) Fabriqué des excellents tracts de vérité, livre pour inciter les reueurs tristes et mélancholiques a viure de plaisir. Paris, Jean de Lastre . 1579, in-16. [972]
Les aventures qui y sont racontées se passent pour la plupart en Normandie.
Yoy., sur cet ouvrage, les «Mélanges d'une grande bibliothèque», par le marquis dePaulmy, t. XX, p. 1, et les « Mélanges tirés d'une petite bibliothèque », de Gh. Nodier, in-8, p. 365.
-^ Le même ouvrage. A Rouen, chez Thomas Mallard, libraire,
tenant sa boutique deuant la porte du Palais, à Thomme arme, sans
date, in-16 de 126 feuillets et 3 pour la table.
L'édition de 1579 est si rare que M. Brunet n'eu a jamais rencontré un exemplaire. La réimpression, qui paraît être de la fin du xvi* siècle^ pour n'être pas aussi rare, se trouve néanmoins très> difficilement. La Bibliothëqu* impériale la possède.
— Le même ouvrage. Rouen, chez Loys Coste, libraire, demeurant a la rue Ëscuyère a l'enseigne des Trois Croisettes, s. d.» in<-16 de 126 feuillets et 2 pour la table.
Mauvais papier, mauvaise impression. (Musée britannique.)
— Le même ouvrage. Rouen, 1639, in-12.
-^ Le même ouvrage. Nouv. édition, reveue, corr. et augm. Imprimée cette année (Rouen, de Timpr. de Viret, vers 1730), pet. in-12 de220pag., 6à9fr.
Le catalogue de Bellanger, par Gabr, Martin, n" 2221*, en fixe la date à l'année 1732. On doit trouver entre les pages 14 et 15 un carton de 4 fiP. contenant un avis de l'éditeur au lecteur.
Cette édition est assez peu correcte, dit l'auteur du » Manuel du libraire » .
Lacroix du Maine, en indiquant la «Nouvelle Fabrique des excellents tracts de vérité » sous le titre de Nowatllt Fabriqué des excellents traités de vérité ^ a
4 ÀLCRIPl!:;
commis une erreur qa*il est d'antant plus à propos de signaler ioij qu'elle n'a été remarquée ni par de La Monnoye, dans sa note sur Philippe d'Aloripe^ ni par Rigoley de Jnvigny, dernier éditeur de la « Bibliothèque française ».
Ce recueil de facéties, que Ch. Nodier cite (« Mélanges tirés à^xme petite bibliothèque », p. 363] au nombre des livres les plus difficiles à trouver, et dont Fauteur^ qui s'est déguisé sous Tanagramme de son nom, s'appelait Lb PiOABD^ parut, pour la première fois, à Paris, en un volume in-16, chez Jean de Lastre, en 1579. La dernière réimpression a été faite à Rouen dans le cours du xvni* siècle. Elle est peu commune, n'ayant été imprimée qu'à un petit nombre d'exemplaires. On la doit aux soins d'Adrien I'Abchbyêqub ou Larchevesque, docteur en médecine, membre de l'Académie de Rouen, bibliothécaire de M. de Pontcarré^ premier président au parlement de Normandie, né à Gonneville en Caux, mort à Rouen, le 6 avril 1746, à l'ftge de soixante-quatre ans. Bibliophile passionné, il avait réuni une riche bibliothèque dont le catalogue a été imprimé à Rouen en 1740. Son goût pour les livres le porta à donner une nouvelle édition de la facétie publiée sous le nom de Philippe d' Alcripe ; mais Adr. 1^ Archevêque ne s'est pas borné au rôle d'éditeur : le volume se termine par onze contes de sa façon, à l'imitation de ceux de Le Picard^ et qu'il a publiés, comme pour y servir de suite, sous le titre d'Addition à la Nowoelle Fabrique.
n eldste une Notice sur Adrien l'Archevêque , par Guérin, dans les « Mémoires de l'Académie de Rouen », t. 1" (1744-50), p. 254.
La grande rareté des anciennes éditions de la Novmtlle Fabrique avait donné à celle publiée par Adr. l'Archevêque, en 1730 ou 1732, une importance qu'elle a perdue depuis la publication de la suivante^:
— Le même ouvrage. Nouv. édition, revue avec soin, et augmentées des Nouvelles de la terre de Prestre Jehanw (Publiée par les soins de Gratet'Duplessis. )'PB.nafiaxmeiy 1853, in-16, 4fr.
Faisant partie de la « Bibliothèque eizevirienne » , et dont il y a des exemplùres en papier fort et quelques-uns sur papier de Cliine.
Dans l'avant^propos de cette jolie réimpression , M. Gratet-Duplessis a signalé les emprunts que Monlhiet^ le compilateur du petit livre intitulé : M Facétieux Devis », a faits à la Nouvelle Fabrique.
Les Nouvelles de la terre de Prestre Jehan ajoutées à cette dernière édition ne seraient-elles pas les onze contes d'Adrien l'Archevêque ?
Le véritable nom de l'auteur de la Nouvelle Fabrique des excellents tracts de vMté a fini par être découvert; nous avons dit au commencement de cet article ce qu'était cet écrivain. Restait encore non expliquée la qualification que Le Picard a ajoutée à son pseudonyme : St«iir de Neri en Verbos^ qui jusqu'à ce jour a été traduite de deux diverses façons. Un bibliophile vient tout récemment d'en donner une traduction, qui nous semble très-rationnelle, par I. lettre suivante, qui a été imprimée dans le «Bibliophile belge», t. XIX (1863), p. 105-6.
Le pseudonyme Philippe Alcripe, seigneur de Neri en Verbos»
Bruxelles^ le 20 mars 1863.
Monsieur l'éditeur,
Je ne prétends pas me hausser au niveau des grands réformateurs. Pourtant, — je ne sais si je me flatte, mais je me flatte de ne pas descendre au