ORIENT
ouvrages de quatre membres de cette famille, voy. « la Frante lUléraîrc • , à Ordre,
OREB (Pierre), pseudon, [M*"« Leluault-MamC£L1ère]. Abel de Laflaie. Pans, Reoduel, 1838, in-8, 7 fr. 50 c. [5Zlh]
Roman imprimé pour le compte de Tauteur, et que la médioerité B*a pas permis à Tédiieur de mettre en vente* Deux seuls[exemplaires ont été bro* chés pour le dép6t à la direction de la librairie.
ORESME (INicoIai), episcopus, apocryphe (Guillelmi de Sancto** A more]*
Liber magistri Nicolai Oresme « episcopi de AiUi-Christo et fjna
minislris^ ac de ejus, advenlu, sigois^ propinqais simal remolis^ a
diversis sacraram scripturarum testimoniis elegantisBimè compib-
lus. [5375]
Imprimé dans le t. 9 de VAmplissima Collectio de D. Martène. Rondet, dans le Mercure de France , octobre 1750, p. 61.
Cet ouvrage, plein de réflexions sensées, solides et judicieuses, a été composé entre 1260 et 1270, dans le temps de la vacance de l'Empire, après la déposition de Frédéric II. Il n*est donc pas de Nicolas Oresme, qui ne naquit qu'en 1377. {Article de M. Bouillot,)
ORFEUIL (Wolf), pseudon. [Nie. LE CàMUS DE MÊZiÈBi^s].
Esprit ([') des almanachs. Analyse critique et curieuse des alma-
nacbs, taut anciens que modernes Paris, 1782, 2 vol. in-12. [5276]
ORIENT (A. D. et A d\), pseudonyme [ViAL, ancien négociaiu].
L Peste de Paris (la). Avril 1832. Paris, de I*imp. de Ledère,
1832, in-8 de 32 pages. 50 c. [5377]
En vers alexandrins.
Celte pièce, anonyme, a été reproduite à la lin de Touvrage suivant.
II. Révélations (les) de Saint- Jean, histoire prophétique de l'Église, depuis Jésus-Christ jusqu'à la consommation des siècles, mise en discours mesuré. Paris, Jeanlhon, 1839, in-8, 6 fr. 50 c.
Les lignes sont mesurées, inégales pour leur longueur, comme pour leurs pieds et non rimées.
On a broché à la suite le numéro précédent.
III. Destinées (des) de Tâme, ou de la Résurrection, delà prescience et de la métempsycose, avec un Précis des prophéties qui
ORIVE S83
r^ardent TÉglise, pour rcconnaîlre le temps présent et les signes de l'approche des derniers jours. Paris, au comptoir des imprl-« meurs-unis (Comon), 1846, in-12, U fr. [5379]
IV. Accomplissement des prophéties, faisant suite au livre des m Destinées de Tâme » .TomeP% contenant l'Histoire abrégée de TÉglise jusqu'à la fin des temps; THlxplication complète de l'Apocalypse, et une Réfutation du litre de « l'Origine des cultes » de Dnpuis. Tome II, contenant les prédictions sur Tavenir de l'Église et l'explication véritable du magnétisme animal. Tome III, la Philosophie du magnétisme, ou les Rapports de Tâme humaine avec les esprits invisibles. Paris, même adresse, 1847-50, k vol. in-i2y lu fr. [5380]
L*onvrage doit avoir un quatrième volume.
ORIGINAL (UN), pseudonyme [A.-M. Lottin]. Recueil de chansons faites par — . Lotinopolis (Paris)» 1781, 2 vol. in-12. [5381]
Ce Recueil n'a pas été mis en vente. Feu Merlin, libraire, en possédait un exemplaire où toutes les lettres initiales ont été remplies par Tauteur.
ORIGENES, pseudonyme [Richardus Simon] .
Novorum bibliorum polygloltorum synopsis. Ultrajecti, 168^.in-8.
Sous un autre pseudonyme. Rich. Simon a publié un autre ouvrage sur le même sujet. Yoy. le no 139.
ORILE, pseudonyme [GOMBERVILLÊ].
Exil (r) de Polexandre et d'Ericlée. Paris, 1619, 1629, în-8.
[5383] On attribue ce livre à Gomberville. {Note manuse, de t^nglet du Premoy).
ORIVAL (le baron d'}, pseudonyme [l'abbé Saas).
Atîs du — au comte de Varack sur ses Mémoires (Mémoires composés par de Croismare, conseiller au parlement de Houen), Gambray, aux dépens du public, 1751, in-12 de 15 pages [538^]
ORIVE (d'), pseudonyme [Prospcr-Parfait GOUBAUXJ.
Avec M. Gustave Lemoine : Une femme malheureuse, drame en cinq actes, précédé d*un prologue. Représenté sur le théâtre de la GaUé, le 2 mai 1837. Paris, Morain, 1837, in-8, 60 c.
isk ORsmi
ORLÉANAIS (UN), auteur déguisé [Garnier DU BAEDIL]«
Voyage historique, statistique et descriptions pittoresques dans le département de Loir-et-Cher. Orléans, Coignei-Darnault, 1835, in-8. [5386]
Au verso de la page 63 Ton annonce la prochaine publication d'un ouvrage du même auteur, un « Voyage à Cbantilly, fait en 1788 », donnaot la descriptiou du cli&teau détruit en 1793, ouvrage qui n*a peut-être pas été imprimé.
OKLÉANOIS (UNj, auteur déguisé [JOUSSE, conseille^ au pré-
sldial d'Orléans].
Lettre d' — h un de ses amis, sur la nouvelle a Histoire de TOrléanois », par le marquis de Luchet. Bruxelles, Emm. Flon.et Paris, De Bnre, 1766, in-12. [5387]
ORLÉANS (Lonis-Antoine-Phiiippe d'), duc de Montpcnsier. Voy. MONTPENSIER.
ORLIX (D*) et PLEMPIUS, professeurs en médecine à Loûvain, pseudon, [de Rouvière].
Physique (la) d*uzagè, contenant, avec un discours sur la mé* decine, la description du corps humain, par M. Arderius, puis Texplication des maladies, et de leurs remèdes, tirée des principes de la méclianique et de la philosophie de M. Descartes. PariSj Auboin, 1664, in-12. [5388]
ORMKGIGNY (L'). Voy. L*0R>1EGREGNY.
ORNOY (d*), pseudonyme [Alexandre Bassèt].
Mort (la) du roi de Rome. Drame en un acte. Paris, Marchant, 1832, in-8 de 2ti pages, 1 fr. 50 c. [5389]
Représenlé sur le théâtre du Panthéon, le 2G août 1852.
ORSINI (Julia), sibylic du faubourg St^Germain , pseudon. [Simon Blocquel?]
Grand (le) Esteilla (1), ouTArt de tirer les cartes, contenant, etc., le tout recueilli, et mis dans un nouvel ordre et corrigé par — . Lille, de Timprimcrie deBloquel. Paris, lesmarch. denouv., 1838, ia-12 avec grav. et un tableau, 3 fr. ; et in-18* [5390]
(i) Etteila ei non Esteilla esl l'anagramme d'Aliette auquel on doit plusieurs ouvrages sur la cartonomancie.
OSGÂR 385
ORSINI (M"** Virginie), pseudonyme [M'*'' Virginie Baudouin, née Mortemart-Boisse, femme du propriétaire da « Moniteur parisien »].
Heures de l'enfance, poésies. Paris, Delloye, 1839, in-8, avec
32 fronti8|»ces, 8 fr. [5391]
Cette dame a fourni, sous ce nom d^emprunt, des articles à divers recueils.
ORTIS (Jacopo), pseudonyme [Ugo Fosgolo, littérateur italien, condamné à mort par rÂutricho, et qui parvint à se réfugier à Londres].
Ultime Lettere di — , tratte dagli autografi. (Nuova ediz.) Parigi, Teof. Barrois figlio, 1815, 1824, in-12; — Parigi. Dufour e C»; Baudry, 1825, in-12, con rame. [5392]
— Lettres de — , traduites de Fitalien sur la seconde édition, par M. de S*** {de Senonnes). Paris, Pillet, 1814, 2 vol. in-12, 4fr.
Cette traduction a été reproduite, la même année, sous le titre du f^roscrit, au Lettres de Jacopo Ortis^ Paris, Lefèvre; et, en 1820, sous celui û* Amour et Suicide, ou U Werther de Venise^ Paris, Dentu.
— Les mêmes, sous le titre de « Dernières Lettres de — (traduites par Id. Trognon), Paris, Delestre-Boulage, 1819, in-8, 5 fr.
— Les mêmes, sous le même titre, traduites... (par M. Mignot). Lyon, Kindelem, 1823, in-12.
— Jacopo Ortis, traduit de Titalien par M. G*** (Gosselin, archiviste du dépôt desfortiGcations). Paris, Dauthereau, 1829, 2 vol. in-32.
— » Jacques Ortis; par IVL Alex. Dumas. Paris, Dumont, 1839^
in-8. — Deuxième édition. Paris, Desessarts, 1846, in-8, 7 fr. 50 c.
C*est la même traduction que la précédente, retouchée par le fécond écrivain. Yoy. ce que nous en avons dit sous le n» S008.
— Le même ouvrage, de la même traduction, précédé d'un Essai sur la vie et les écrits d*Ugo Foscolo, par Eugène de Montlaur, et suivi d'une traduction inédite de ses œuvres choisies, par M. L. Delaire. Paris, Gh. Gosselin, 1842, iQ-12, format anglais, 3fr. 50 c.
ORTOFILO AUSONICO. Voy. àUSONICO (O).
OSCAR, auteur déguisé (Louis-Oscar Maillart, Gis naturel du frère de Pauteor de « Léonidas » (Pichat), dont il prend quelqueiiL 25
^Sù OSSIAN
M» le nom), aitistc et auteur dramatique, dircetenr du fhéâffe du PanibéoD, ensuite de celui de Beaumarchais (!)•
Avec M. E, Vanel : Dix-neuf coups de canon !!! à propol &Êùtk octe^ mêlé de coup)cts. Représenté sur le théâtre de la Porte^Sslkit- Antoine, le 29 août 1838. Paris, de Timpr. deI>ondey*Dnpré,4838, in-8. [5893]
OSIUS (Fr.), auteur déguisé [Fransc. ORius].
T. Dispunctor ad Merîlliam, seu de variantibiis CujaCif kiterpretatiûnibus in libris digestorum dispundiones 53, auctore O!^ Aorelio (Francisco Ory). Aureliae, 16ii2, in-8. [539A]
Réimpr. dans îe Trésor d'Ever. Otton.
II. Pactum renunciationîs, disserCatio de pacte dotalibns instnimentis adjecto, ne pueila quam pàter aut cognatus elocat, patri vel cognato succédât (auctore Fr. Osio, scilicet Fr. Ory). Aureliis, i6/i6, în-U; et dans le tome 7* du Meerman : Novus thésaurus juris. [5395]
Ory a changé IV en s par amour pour Tantiquité, parce que la lettre r n*a pas été inTentée ayec les autres lettres de Talphabet. (Ottonis TheêûuruSy t. 5.)
OSSâAN, barde du m« siècle, auteur supposé [James MâCPHER- SON, littérateur anglais du xviir siècle].
Ossian's ^orks, translated from the gallic lauguàge. (A Mw édition). Paris, Barrois, 1783, U toI. in-12. [5396]
Poems (the) of Ossian, translated by James Macpberaoïiy esq. A
new édition, carefully revised and corrected. Paris, Amable Costes,
1830, 2 vol. in-18, 2 fr. 50 c.
Ces deux volumes forment la première livraison d*une « Bibliothèque ehoisie des classiques anglais et italiens >, entreprise par MM. Giashin et Biagioli.
— Cartbon, poème, traduit de Ttinglais, par M""®*** (la duchesse d'Aiguillon, mère du ministre, et Marin). Londres, 1762, in-12.
— Témora; poème épique d'Ossian, traduit d'après Fédition anglaise de MacphersoD, par le marq. de Saint-Simon, 177^, in-8«
— Ossian, fils de Fingai, poésies galllques, traduites de }*anglais de M. Macpherson, par Le Tourneur. Paris, Musier fils, 1777, 2 vol. in-8.
— Le même, sous ce titre : Ossian, fils de Fingal, barde du iir
» m ^-^^^^— ■ ■ ■ ■ I I 1 .■■■■■■ ■■■■■■Il ■»■ I ■ ■ I ^.^^-i^B . ■ ■ m^m^immm^Êm^Êm^mi^^^m^mm^m^m^m^m^
(i) Annuaire draraat. de Bruxelles, viii* année, p. 14*
siède. Poésies galtiques, traduites siir l'anglais de iMacpberson, par Le Tourneur. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée, ornée de gravures. Paris, Dentil, an viii (1799), 2 vol în-8, 8 fr., et sur pap. fin, 12 fr.
— Le même, de la môme traduction^ augmentée des poèmes d'Os-
sian et de quelques antres bardes, traduits de l'anglais de M. Smith,
pour servir de suite à FOssian de Le Tourneur, et précédée d'une
Notice sur l'état actuel de la question relative à l'authenticité des
poèmes d'Ossian , par M. de Ginguené, Paris, le même, 1810,
2 vol in-8, avec gravures, 12 fr., et sur pap. vélin superfin, 24 fr.
L*édition de 1810 est la meilleure de cette traduction : quelques incorrections en ont disparu, et l'on a mis plus de clarté dans les notes du Discours préliminaire de Le Tourneur.
— Poèmes d'Ossian et de quelques autres bardes, pour faire suite à rOssian de Le Tourneur^ traduits de l'angl. de Smith^ par Qill [masque de David de Saint-Georges et A.-G. Griffet-Lahaumé], Paris, 1795, 3 vol. in-18.
Traduction estimée. David de Saint-George Tavait revue avec le plus grand soin pour une nouvelle édition.
Cette traduction a été insérée dans la précédente édition de 1810.
— Les mêmes, traduits par Le Tourneur, David de Saint-Georges [et Griffei-Lahaume), Paris, Dufart, an VI (1798), 7 vol. in-18, flg. , 5 fr.
Cest la réunion des deux traductions précédentes.
— Chants (les) de Selma, poème imité d'Ossian, par P.-A.-M, Miger. Paris, 1798, in-18.
— Ossian, barde du ïiï' siècle. Poésies galliques, en vers français ; par Baour-Lormian. De l'irapr. de Didot l'aîné. — Paris, Didot l'aîné, an ix (1801), in-18 de 2QU pages, 1 fr. 50 c, et sur format in-12, pap. vélin, 6fr. — IV*" édition. Paris, L. Janet, 1818, in-18, fig., 5 fr., et sur pap, vélin, 10 fr. — Autre édition (5®), suivie des Veillées poétiques. Paris, Gayet, 1827, in-8.
Ces imitations furent faites sur l'invitation de Bonaparte qui aimait beaucoup les poésies qui portent le nom d'Ossian.
— Traductions et imitations de quelques poésies d'Ossian, ancien
poète celte; par Charles d^Arhaud de Jouques, Paris, Pougens,
an IX (1801), broch. in-8, 75 c.
L*auteur promettait une traduction complète en vers des poésies que nous avons sous le nom d'Ossian, mais il ne Ta jamais publiée.
— Cathélaîoa, oo les Amis rifaox, poème imité d'OwaB, et mb en Ters français, d'après la traduction eo prase de Letoanieiir, par le général D*** (Despinay), Paris, Dento, an a (1801), în-8 de 31 pages.
— Traduction libre, en vers, des chants de Sebna d'Oasian ; snifie des Dangers des règles dans les arts, poème, et de qœlqws antres poésies; par J.-J. Taiilasson. Paris, Aarran, 1802, în-8de 38 pages.
— Guerre (la) de Thura, poème imité d*Osâan, par Alexis Saint'MicheL Paris, de Timpr. de Valade, 1813, in-8 de 16 pag.
— Fingal, poème d*Ossian, et autres poésies gailiqoes en fers français, par A. Saint-Michel Paris, Rosa, 1819, io-18de 6 feuilles.
— Ossian, chants galliques, traduits en Ters français par E.-P. de Saint'Ferréol, Paris, Caussette, 1825, in-18, 3 fir.
— Ôssian, barde du iir siècle ; poèmes galliques, recudilis par James Mac-Pberson, traduction revue sur la dernière éditimi anglaise, et précédée de Recherches critiques sar Ossian et les Calédoniens; par P. Christian [Christian Pitois]. Paris, LaTÎgne, 18&3, in-i2, format anglais, 3 fr. 50c
— Ossian. Œuvres complètes, traduction nonvelle, précédée
d'une Notice sur Tauthenticité des poèmes d'Ossian; par Aisg. Lth
caussade fde Tîle Bourbon). Paris, Delloye ; Gamier frères, 1842,
in-i2 format anglais.
M. de Saint- Génies avait aussi annoncé, en 1835, une Traduction nouvelle et complète d'Ossian (en prose), qui eût formé un toI. in-fol. de 400 pages avec deux estampes, mais cette traduction est encore inédile jusqu'à ce jour.
La question de rautbenticité des poésies d'Ossian a été soule?éj et résolue affirmativement par M. Patrin-Graham (voy. le Mag. encycl.,xiii*ann.. 1808, t. II, pag. 156); par Ginguené^ en tête de la traduction des poëmes d'Ossian, par Le Tourneur, édition de 1810, et par M. Lacaussade^ à la tête de sa traduction des mêmes poëmes ; mais sur quoi est appuyée cette assertion ? sur une conjecture. Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en reproduisant ici ropinion d'un savant qui nous paraît avoir plus approfondi cette question que les écrivains que nous venons de citer, opinion à laquelle nous nous rangeons.
Avant-propos du morceau d'histoire littéraire du baron d*£cksteiu, intitulé : De la Poésie des Gaeis irlandais et écossais^ imprias, dans le t. XVI du «Catholique» (1829).
GetOssiande Macpherson, dont le vrai nom est Oisian, n*est qu'une amplification de rhéteur, pâle et dernier reflet d'un cycle de mythes héroïques appartenant aux Fins ou Scots : ce sont les guerriers de l'Irlande et de l'Ecosse ; ils font aussi partie de la nation des Gaëls de race celtique. Ce que Macpherson a pu recueillir de fragments originairement ossianiques' il l'a noyé dans un déluge de mots emphatiques, orné d'une pompe ridicule ; et des portions entières des poëmes qu'il a publiés peuvent bien être sorties de son cerveau. Mais si, pour mettre cette poésie barbare en harmonie avec le goût sentimental de son temps, il s'est permis de beaucoup altérer, de beaucoup amplifier, il n'a rien inventé, quant aux faits. Quoique sa naissance et son origine fussent gaéliques, il comprenait sans doute très imparfaitement ce langage qu'il avait désappris dès sa jeunesse : c'est ce que prouvent les nombreuses erreurs dont fourmille la prétendue traduction de i'Ossian primitif, hérissée de difficultés, et dont le sens a fréquemment échappé à son imitateur.
Si jamais poète se nomma Ossian, nous ne pouvons rien posséder de lui. L'Ossian de la fable irlandaise est un personnage mythologique étrangement défiguré. Barde et héros de race fénienne ou scotique, cet Ossian semble nous cacher une antique divinité des Tuatha Danan ou pontifes d'Irlande, dont l'histoire est bien loin d'être éclaircie, et que Ton entrevoit d'une manière vague sous ce voile héroïque et poétique. On ne possède pas encore sur le continent une connaissance assez approfondie des antiquités irlandaises pour se liver à l'examen que demanderait cette question.
La poésie héroïque des peuples de l'antiquité est empreinte d'un caractère double. D'une part, elle représente des mœurs réelles, celles par exemple des divers clans militaires de la tribu des Fins ou Scots^ des guerriers irlandais originels : c'est tantôt le Clanna Miliadh, tantôt le Clanna Baosgaine.
D^autre part, changeant le caractère des divinités de l'ancienne religion naturelle, cette poésie leur donne une couleur historique.
Depuis l'époque où les tribus guerrières eurent soumis cette contrée à leurs armes, une foule de Maiihcs irlanJais, appartenant à la tribu des Tuatha Danan ^ beaucoup de divinités secondaires qui
390 OSSfAN
ne ratlâctiaicnt à une époqae de civilisalioo poatiûcaie oa patriarcale, reTélJrent la forme de guerriers, de rois, de héros. C'est use transmutation éfidente, à laquelle sont babitoés tous ceux qui ont approfondi les traditions mythologique:» des peuples dÎTersL De même, en étudiant les poèmes héroïques, persans, indiens* lidiéniqnes, germaniques, si l'on compare les héros qui y prirent no rôle avec les fables qui se rapportent aux dieux de la nature, on ne tarde pas à reconnaître qu'un grand nombre de ces êtres qui prennent part «I l'action ne sont que des puissances naturelles, métarnorphoséesea hommes.
Il s'est établi toutefois une sorte de compromis entre ces deux espèces de personnages qui se sont fréquemment confondus. Quelquefois, mais non généralement, ks races héroïques, pour ajouter à riilustratiou de leurs chefs, ont fait de ces héros des iocamatioos de divinités appartenant à d*anciens mythes. Plus souvent cependant le héros d'une tribu militaire u'cst qu'une divinité ancienne adoptée par cette tribu, revêtue par elle d'un caractère nouveau, et changée en guerrier, en personnage héroïque. Sous cette forme nouvelle, le dieu devenu homme préside à toutes les entreprises de la tribu, qui croit rehausser par là sa gloire et ajouter à sa splendeur.
Macfarlan a publié l'Ossian écossais dans la langue originale (1), accompagnée d'une traduction latine. Il est impossible d'y voir antre chose qu'un reflet pâle et affaibli, une contre-épreuve altérée de rOssian irlandais, type primitif de ce nouvel Osslan.
Nous ne connaissons l'Ossian irlandais que par des fragments très incomplets. Mais le grand ouvrage de Keating renferme des docoments précieux qui nous permettent provisoirement d'entrevoir, dans cet Ossian déGguré, l'empreinte d'un autre Ossian moins eflacé que l'Ossian écossais. Plus tard, la publication des originaux nous permettra peut-être d'asseoir un jugement plus solide.
La fable héroïque irlandaise n'existe plus sous sa forme primitive. Mais telle que nous la possédons, il est certain qu'elle se rattache à une tradition antérieure à la fable héroïque des Écossais. D'abord l'Ecosse n'a pas été le théâtre véritable des événements que célèbre l'Ossian écossais. Les Scots ou guerriers irlandais, lorsqu'ils con- ([uircnt (peut-être avec les secours des anciens Calédoniens, gaëli-
(i) LoiidrcSf i807, 3 vol.
(pies d'ongiue^ c'estrà-dire de la Btême souche qu*eux) cettt partie deFÉcosse qoe les Pietés possédaieat, transportèreot daas leur nouveau domaine leurs divinités et leurs héros sous forme de souvenirs poétiques ou d'autres traditions. On sent que les souvenirs originaux et vivaeei de la mère-patrie T)nt dû se trouver un peu efiiacés, que la poésie de cèsflmytbes anciens a dû prendre une teinte plus pâle dans cette patrie nouvelle.
Cette poésiescotiqueou (énienne, c'est-à-dire héroïque, que nous appelons assez mal à propos poésie ossianîque, est certainement tout aussi ancienne dans son type original que le sont les Fins eux-mêmes, c'est-à-dire le gouvernement du clan miliUiire, qui usurpa l'empire en Irlande et déposséda les pontifes et les agriculteurs d'une date plus ancienne. Quand s'acôompiit Tusuipation du Clan militaire 1 nous i'ignoroos. Mais il est probable qu'elle n'est pas de beavcoup antérieure à l'ère chrétienne, du moins si l'on en juge par l'amlngie de ce qui se passa dans les Gaules, et par la fréquente mention des pirates belges, assujettis par les Tuatha-Danan (ancieos pontifes), qui perdJreot leur pouvoir, le cédèrent aux Belges, et ne le reconquirent sur ces deniers que pour succomber aux armesdes Scots ou Féniens). L'ère héroïque des Irlandais commence à cette époque, (et ^ termiae à l'invasion des Normands, pendant le neuvjème siècle. Dans cette ère héroïque se confondent et s'enlacent les flouvenirs d'un droïdisme primitil, de ce druîdisme réformé, et ceux des conquêtes religieuses accomplies par les moines et missionnaires chrétiens. La vivacité de ces traditions ne s'est point effacée diins la poésie irlandaise. La poésie écossaise en conserve à peine quelques traces, et offre par conséquent beaucoup moins d'intérêt.
Dans la poésie écossaise, plus moderne, les combats des Fins ne se renferment plus dans les bornes de l'Irlande, et s'étendent bien plus loin que les rivages d'Ecosse. Le théâtre s'agrandit; nous voyons les guerriers de Lochlin et les Scandinaves y jouer un rôle. Dans les firagments recueillis par Keating, ces anciens Pins n'ont aucune connexion avec les guerriers de Lochlin, qui ne font leur apparition que beaucoup plus tard et se montrent absoiuoient indépendants de b peésîe des Fins. Si les bardes du «loyen-âge ont, daos la suite, Gonfendu l'ère des anciens Fins avec l'ère de Tinvasion Scandinave, le fond de la vieille tradition poétique n'a poiot été altéré par cette confiasioB; nous retrouvons encore ces souvenirs d'uAe époque