MICHELOT
Sur le premier numéro (de 13 feuilles 1/2) qui porle la date de Janvier 1835, le frontispice dit que ce journal est rédigé par une société d'ecclé' siastiques de la capitale et des déparlements , mais ce fut l'abbé Juin qui en fut le principal rédacteur. Ce journal paraissait mensuellement. Le prix de Tabonnement annuel était de 2r) fr., et le bureau d'abonnement, rue du Petit-Carreau, n. 18, à Paris. Ce journal n'àâfk panttreqaè peadt temps, mais assez pourtant pour que dans la même ^née le mode de' publication en fût changé, et II parut alors deux fois par mois : le fomàt fut également changé en celui de grand in-8. Le bureau d'abonnement fat transporté rue des Bemardin£, n. 18.
IV. Lettre aa clergé français, ou Conseils toucbant les refus ^ csApollare. Paris, r. du Pot-de-Fer-Saini-Su|pice j Adr. Ledère, 1832^ ifi-8 de 32 pages. [&796]
. V. Aunuaire ecclésiastique et universel pour Tannée iSSii^, coo^ tenant des plans de sermons pour Tannée 183^, etc. Paris, r. des IPrnardins, n» 18, 1834, in-l6, 2 fr. 25 c. [4797]
VI. Orientaliste (T). Cours de langue hébraïque. Paris, de TImp.
de Flerhan, 1835, in-Zi. £4798}
On promettait une leçon par semaine. Les première et deuxième
leçons, les seules peut-être qui aient été publiées, forment ensemble4 pag.
Vif. Travers (les) et les folies de noire époque, ou THîstoiredes
templiers modernes et de quelques autres charlatans. Paris, rue
Pierre-Sarrasin, n» 2, 183i), in-8 de 32 pages. [4799]
Les six premiers ouvragés ont été publiés sous le nom de Tabbé Juin;
mais sur le frontispice de ce septième Tauteur écrit son nom M. J.^-A. Juin
(l'AUas. ♦
M. J.-A. Juin, qui déjà comme prêtre était tant soit peu industriel, le devint davantage après avoir jeté le froc aux orties. 11 fut en 1835 le foadateur d'une revue intitulée: «l'Europe, ou Soirées européennes», gr. in-S, où il fournissait des comptes-rendus et extraits d'ouvrages nouveaux. Nous avons eu un numéro de cette revue dans lequel, à propos du « Cri de l'àme », poésies de M. A. Imberbis, il fait un pompeux éloge des « Paroles d'un croyant », de M. de Là Mennais, tandis que précédemoïeDt, dans ses « Études religieuses » (1832-53) il avait qualifié le môme livre d'Apocalypse de Satan.
VIII. Absurdités (les) sociales, ou les Aventures de Jean-Àugos* tin. T. I" (et unique). Paris, M"" Vincenot, 1845, in-8. [480O]
Ce roman porte pour nom d'auteur : M. J.-A. J. D. (J.-A. Juin d'Alias) Michelot. Il devait avoir quatre volumes.
IX. Souveraineté (la) du peuple. Spécimen, 1" avril 1848; n«IïàV, /iàl6 avril. Paris, rue Serpente, n** 10, 1848, 5 uum. chacun d'une demi-feuille in-fol. [4801]
Signé : le Directeur gérant Michelot (Jean Juin).
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En société avec l'abbé Gacbeux , le ci -devant abbé Juin , a été aussi réditeur d*ua « Répertoire des prédicateurs modernes, contenant plus de mille sermons Inédits ou peu connus », dont les deux premiers volames, format ln-8, ont paru en 1855 et 1836 (Paris, rue dés Mathurins^ Saint-Jacques, n. 18). Ce Répertoire paraissait par livraisons, les soixante premières forment les tomes I et II.
Nous venons dé faire connaître les productions littéraires de ce renégat; nous donnons sur sa vie quelques renseignements que nous empruntons à nù écrit, intitulé « Deux chefs de clubs » (Aug. Blanqui et Juin d'Alias), ili feuille in-fol., imprimée en 1848.
Peu de jours après la révolution de février, arriva à Paris, venant d'Angleterre, un sieur Micbelot qui, après être descendu d'abord rue llaute-^ ville, ne larda pas à aller s'installer rue Serpente, n. 10. De ce moment, le sieur Micbelot, qui avait ramené d'Angleterre sa femme et deux jeunet enfants, s'occupa activeineht d'organiser un club, annonçant qu'ayant été lui-même, durant plusieurs années, président du Club démocratique français k Londres, il avait une grande habitude du mécanisme et de la direction des assemblées populaires. Or, comme le sieur Micbelot, outre l'avantage d'une éducation distinguée, possède en effet celui d'une rare facilité d'éloculion, il ne larda pas à porter la conviction dans quelques esprits, et, en s'agrégeant à des jeunes gens qui, de leur côté, étaient disposés à fonder un club; il fut porté à la présidence du club de la Jeune- Montagne, désigné également sous le titre de Club de la Sorbonne, du nom de l'édifice où se tenaient ses séances.
Bientôt Micbelot, qui s'était fait dans le quartier des écoles d'assez nombreux partisans, se présenta comme candidat aux élections de l'Assemblée nationale, il se consacrait en même temps à l'organisation du clab dont il était président, et dont un des premiers actes fut, sur sa motion, de décider qu'une manifestation serait faite près du Gouvernement, prpvisoire, pour exprimer la résolution de la population parisienne de ne pas recevoir de garnison armée dans son sein. Il cherchait en même temps k user de l'influence qu'il avait prise comme chef de club pour solliciter d'une manière impérative sa nomination à quelque place importante et lucrative.
Ce fut cette démarche qui le perdit : avant de prendre une décision, on se trouva naturellement amené à prendre des informations sur sa moralité, sur ses antécédents; et ce fut alors qu'avec une extrême surprise où reconnut qu'il paraissait y avoir identité entre le postulant, qui prenait le nom de Juin-Michelot, et un sieur Juin-d'Allas, natif de Gbampagned'Allas (Cbarente-lnférieure), contre lequel la police avait exercé, mais en vain, d'activés recherches en 1836, 1857 et 1858. Ge Juin-d'Allas, auquel les plaintes portées contre lui et les mandats de la justice décernés sous prévention d'escroqueries et de banqueroute frauduleuse, donnaient la qualité de prêtre et d'homme de lettres, n'avait échappé que par une rare habileté aux agents mis à sa poiirsuite, il était passé en Angleterre.
Juin-Micbelot était-il le même que le contumace Juin-d'Allas? 11 était
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fttQS doute difficile de s'en assurer, mais bienlôt les présomptions que ToD avait à cet égard, se cbangërent en preuves.
Il ne resta plus aucun doute sur lldentité de Michelot, et alors seido^ ment le préfet ordonna son arrestation, à laquelle procéda ùd oommiasaiie de police.
Micbelot, dont. le nom réel est Augnstin Juin, natif de GhanipagMd* Alias, se trouvait placé, non seulement sous la menace de poàrsaltesel de mandats à l'exécution desquels il s'était soustrait en fuyant en Angleterre, mais encore sous le coup d*un arrêt de la Cour d'assises du département de la Seine, en date du 20 juin 1840, qui le condamne en vingt tonéer de ravaux forcés pour banqueroute.
G*est pour purger cette condamnation, prononcée contre lui par cônto^ mace, qu'il était amené, en 1848, sur les bancs dé la Cour d'assises, alors présidée par M. le conseiller Foucber.
Les débats ont été féconds en incidents curieux : le président a d*abonl examiné la conduite de Juin-d'AUas comme prêtre^ et a montré son immoralité dans les cures de Meîlo et de Verberie qu'il a successivement occupées. Passant à sa conduite comme bomrae poliiique, comme chef cfe club, il lui a rappelé qu'il avait jadis travaillé à U Quotidienne^ quMl s'était montré d'un royalisme effréné. A l'appui de cette assertion, le présidenl a donné lecture des fragments d'ouvrages Imprimés sur son manuscril, lecture qui a causé dans l'auditoire une vive surprise.
Voici ce qu'écrivait en 1826 ce prêtre qui, après février 1848, fondait k club de la Montagne et en devenait le président :
< Fidèle aux traditions du jacobinisme* cette poignée de révolutionnaires audacieux, déguisés sous le nom de libéraux, coniinae, aveciiii6 persévérance infernale, l'institution subversive que lui ont léguée des hommes qui avaient été les amis et les complices de Robespierre. Av sein du comité directeur existe un bureau de propagande jacobine ; les plus enragés démagogues le composent : le besoin de détruire est le liée de cette réunion monstrueuse ! Voyez-les se précipiter avec rage dans hi carrière des démolitions' politiques, sans être arrêtés par les crimes k commettre, ni par l'argent à répandre ! A ces fanatiques est commis le soin de choisir et d'endoclriner les émissaires qui vont porter aux provinces les bienfaits du libéralisme, L(S qualités essentielles aux candidats soot d'avoir mérité d'être pendus, ou d'avoir au moins subi quelques flétrissures, d'être aveugléuKïnt dévoués à la faction, d'avoir fait preuVe, dans des écrits incendiaires, ou par quelque action énergique, d'une baine forcenée contre les rois et les prêtres ; de n'avoir de goût que pour le vice, dé répugnance que pour la vcrlu ; en un mot, d'être prêts à tout, soitqall faille accréditer des mensonges, ou rendre de faux témoignages. Plus on est abject, plus on offre de garanties aux desseins du libéralisme ».
La surprise augmente à la lecture du passage suivant :
« Lorsque ces ouvriers d'anarchie sont parvenus, chacun dans le district qui lui est assigné, à inoculer à un certain nombre le virus révolutionnaire^ ils fondent dans le lieu même un club, avec un président et des orateurs. Le club est, en naissant, affilié k tous les clubs du royaavef.