PASCAL (Biaise
Les Pensées.
Tout le monde sait que Pascal mourut avant d'avoir pu achever l'cmvre qu'il avait entreprise alln de démontrer U vérité du christianisme. U ne laissa qu'une multitude de peUts fragments de papier dans un désordre complet.
Ces matériaux révélaient un état moral qui Ait, pour ses amis de Port^Royal, un okilet de surprise et presque d'effroi. jLa vivacité des objections, l'étai^eté des preuves étaient un scandale pour une foi naïve. On voulut iirer des notes de Pascal une publication édifiante qui pftt tourner an profit de la communauté. Sous l'inspiration d'Arnaud et de Nicole, trop occupés pour s'en charger eux-mêmes, un homme médiocre, le duc de Roannei, Ait chargé de ce soin ; il nradifia, mutila à son gré ; le premier recueil était fort court ; il se composait de tontes les pensées conformes au but des éditeurs et de celles qne de Ciciles altéraUons pouvaient y ramener, n se grossit d'éditions en éditions de fragments empruntés à des copies du manuscrit primitif et de morceaux littéraires ou philosophiques entièrement inédits.
An milieu de ces additions, les arrangements et mutilations du premier volume forent maintenus. U n'y avait rien dans l'aspect du livre qui pût donner l'idée du manuscrit original.
V. Cousin fut le premier qui compara sérieusement les notes autographes de Pascal avec le recueil des « Pensées » et qui en fit ressortir la profonde dissemblance, n démontra que partout « on semblait avoir pris à Uche d'amortir la vivacité naturelle du style de Pascal à. On avait affaibli à dessein la pensée, modifié les arguments, supprimé les conclusions, et, ce qui est pire, on les avait changées. Le « Rapport à l'Académie », présenté par le célèbre écrivain et publié en i849, produisit une grande sensatioB.
M. Prosper Faugère donna le premier le texte vrai et complet; son édition parut en 1844. M. Havet vint plus tard ; il n'épargna dans son commentaire aucun genre d'édaircissemenU ; une seconde édition (Paris, i866, cxxxvm. 332 et 264 p.) est annoncée comme « revue et entièrement transformée». Les notes, au lieu d'être mises au bas des pages, sont placées à la fin de chacun des vingt-cinq chapitres dans lesquels est divisé le manuscrit de Pascal, division qui n'est ni commode, ni heureuse. (Voir la i Revue de l'instmction publique, l*r novembre iSdS.) M. Sainte-Beuve n