‹ Les supercheries littéraires dévoiléesChapitre 317 sur 898 · Livre des lumières, ou la Conduite des · texte numérisé non relu

Livre des lumières, ou la Conduite des

rois, composé par le sage Pilpay, Indien, traduit en françois par — . Paris, Piqet, 1644, in-8.

Cette traduction a été reproduite, à quelques changements près, sous le titre suivant : « Fables de Pilpay », etc., 4698, in-12. Voyez le Dictionnaire de Prosper Marchand, article Montltakd, t. n, p. 69.

SAINCTE-FOY (le sieur Timothée de), pseudonyme [le P. Regoud, jésuite].

Les Desespoirs de Charnier, ministre de Montauban, etc. Cahors, JeanDalvy,\^\%^ in-8, 468 pages, sans les préliminaires.

SAINJORE,/)5etM2on^fft6 [Richard Simon].

Bibliothèque critique, ou Recueil de myerses pièces dont la plupart ne sont pas imprimées, ou ne se trouvent gue trè^-difficilement, publiées par — , qui y a ajouté quelques notes. Bàle, Wackermann, 1709 et 1710, 4 voL in-12.

Barat, élève de R. Simon, a publié nne suite i cet ouvrage, en 2 vol. in-12. sous le titre de c NonveUe Bibliothèque choisie ». A. A. B— r.

SAINT-ACHEUL (Julien de). Voy. Julien de SAHinr-AcBEUL.

SAINT-ACRE. Voy. LE JOYEUX DE SAINT-ACRE.

-f- SAINT-AGATANGE (le prieur de) [J.-P. Camus, évoque de RelleyJ.

Voy. PwEua, lU, 248 h.

SAINT-AGNAN (Eugène-Marc (ou Michel?), ps, [M™ Eugénie Niboyet], auteur d'articles dans les journaux, vraisemblablement dans ceux fondés par cette dame.

SAINT-AGRAN (le sieur de), ps, [Jacques DE Chevanes, capucin].

Entretiens curieux d*Hermodore et du voyageur inconnu. Lyon, Pillehotle, 1634, in-4.

Baillet, dans sa « Liste des auteurs déguisés » , désigne notre auteur sous le nom de Saint-Aignon : c'est probablement nne faute d'impression. A. A. B— r.

SAINT-AGUET (Maurice), aut, déguisé [Charles Maurice (l)].

L Poésies de—. Les Perceneiges. Paris, i4«mé-i4«rfre, 1833. in-8.

IL Avec MM. Cogniard frères : le Ra-

gin. Scènes d'atelier, mêlées de couplets, eprésontées sur le théâtre du Palais- Royal, le 26 septembre 1836. Paris, Barba, 1836, in-8.

(1) Cet écrinin a pris en littératare le nom de sa mère, pour n'être pas confondu avec le rédacteur do ff Courrier des Spectacles », qui signe de ce nom. qvi est un pseudonyme pour lai.

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m. SaintJean le matelot. Paris. Ambr, Dupont, 1838, 2 vol. in-8.

IV. Avec M. T. Sauvage : un Vaudevilliste, comédie en un acte, en prose. Représentée sur le théâtre de la Renaissance, le 6 juillet 1839. Paris, Marchand, 4839. in-8.

V. Avec M. Théod. Barrière : les Trois Femmes, comédie en un acte. (Théâtre royal de rOdéon, second Théâtre-Français, le 13 avril 1844). Paris, Beck. Tresse» laii, in-8.

SAINT-ALBIN (A. R. C. de), nom ahréviatif [Alexandre Charles Rocsselin Corbeau DE Saint-Albin].

Nous avions donné dans notre ouvrage o la France Littéraire », publié chez Didot frères, un article concernant M. Rousselin de Saint-Albin père. Cet article, nous ne craignons pas de l'avouer, manquait d'exactitude; nous avions reçu des renseignements faux et passionnés, et nous avions ainsi porté atteinte à. l'honneur, à la considération d'un homme dont la conduite, les actes et le caractère avaient été dénaturés par l'esprit de parti : nous regardâmes alors comme une obligation de conscience de réparer Terreur que nous avions commise. Nous nous empressâmes de faire un carton véridique, et de consigner Texpression de nos regrets dans la lettre suivante, aue nous fûmes heureux de remettre à M. Hortensius de Saint- Albin :

« Monsieur.

I Je Tons ai témoigné le chagrin réel que me donnait l'article erroné introduit dans mon livre relativement & monsieur votre père. En âiisant dans le volume VIT de mon Dictionnaire, « la France littéraire t , un carton, Je ne crois avoir que commencé de remplir mon devoir. Ce devoir et mon droit m'imposent de faire pénétrer la répaAtion dans tous les exemplaires ob la fonte a été commise. Ciest à ce titre, Monsieur , et dans l'Intérêt de la Justice que je vous dois, que vous m'obligerex de vouloir bien faire en mon nom la substitution nécessaire dans les Bibliothèques, et partout où bon vous semblera. « J.-M. Quéiuiu).

c Paris. 17 mai 1843. »

(A Monsieur Hortensius de Saint-Albin» député.)

Depuis cette époque, M. de Saint- Albin père a cessé d'exister; il n'est plus là pour se défendre ; mais c'est une raison de plus, à nos yeux, pour continuer la mission ré-

riratrice que nous nous sommes imposée l'égard de celui qui avait été l'objet d'attaques injustes et outrageantes; par respect pour sa mémoire, pour sa famille, et par respect pour nous-méme, nous allons

entrer dans c^uelques détails biographiques, qui rectifieront des assertions erronées ou calomnieuses.

Fort jeune, M. de Saint- Albin adopta avec chaleur les principes de la révolution. Danton et Camille Desmoulins furent les relations de son premier âge. Avant vingt et un ans, il rut, en Tan II, envoyé à Troyes par le comité du salut public de la Convention nationale, avec des pouvoirs illimités , en qualité de commissaire civil national. Les circonstances difGciles où se trouvait la France ne permettaient peutêtre pas d'apporter dans ces sortes de missions le calme qu'eussent réclamé les temps ordinaires; peut-être aussi cette fièvre d'exaltation cnez un homme d'une extrême jeunesse fit-elle éprouver quelque apprénension à la ville de Troyes, alors le foyer d'un grand nombre de partisans de l'ancien régime ; mais, hâtons-nous de le dire à la défense de M. de Saint-Albin, il gouverna le département de l'Aube plutôt par l'appareil et la terreur de Faction que par l'action elle même, et sans qu'une seule goutte de sang ait été répandue ; cela est si vrai que les auteurs oes deux Riographies publiées par les frères Michaud, la Biographie universelle et la Biographie des mmmes vivants, qui sont loin d'être favorables aux philosophes du xviii* siècle et aux acteurs de la révolution, ont Earlé de la conduite de M. de Saint-Alin en des termes très-honorables. La réaction de l'an IQ, qui succéda au 9 thermidor, ne l'avait pourtant pas ménagé, quoique, avant cette journée, il eût été poursuivi par Robespierre liy-même, et traduit au tribunal révolutionnaire le â thermidor de l'an II, comme rejeton de la faction Danton et Camille Desmoulins, dite des orléanistes et indulgents : il fut acquitté I chose extraordinaire ! Voici ce

3ue nous lisons à ce sujet dans l'histoire e Prud'homme : « Ici on s'attend à voir succomber Rousselin sous l'accusation intentée par Robespierre et Couthon : il est acquitté par le tribunal révolutionnaire, qui acquittait si peu. Le jugement qui acquitta'Alexandre Rousselin fut alors regardé comme un miracle et en quelque sorte comme un premier soupir du 9 ther* midor ; en signalant sur un point l'affai* bJissement du pouvoir de Robespierre, il fournit un de ces traits qui donnent l'explication des événements les plus remarquables. Le soir du jugement prononcé par le tribunal révolutionnaire en faveur de Rousselin, Robespierre déclama avec fureur contre cet acquittement. Plein de rage, il demandait ou était donc sa puis-

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sance, à lui, qui n'avait pu faire lomber sous le glaive la tête d'un jeune compUce, rejeton de Danton. »

Deux jours après, M. Roussclin fut arrêté de nouveau par Amar, et le 9 thermidor le trouva dans les cachots de la Conciergerie. II fut délivré par le député Legendre, ami de Danton.

Une fâcheuse coïncidence du nom de M. Rousselin avec celui d'un membre du

tribunal révolutionnaire fut cause qu'un biographe maladroit confondit, en une seule, deux personnes si différentes, et M. Rousselin fut obligé, en 1796, époque originelle de cette déplorable méprise, de réfuter une erreur si préjudiciable à sa réputation : o Vous voulez bien vous occuper de ma réputation, citoyen journaliste, écrivit M. Rousselin à 1 auteur du factum en question ; ayez d'abord la bonté d*ôtre exact. Au lieu de juge^ c'est jugé que j'ai été au tribunal révolutionnaire. Vous êtes trop attachée l'orthographe et à la vérité pour persister à me priver d'un accent si important pour mon histoire. » Ajoutons que M. Rousselin n'avait pas encore vingt ans en 1794, au moment des condamnations révolutionnaires, et ne pouvait par conséquent être l'un des juges du tribunal qui les prononçait.

En 1796, M. Rousselin devint secrétaire général au département de la Seine, avec le commissaire du Directoire, Paré, dont il avait partagé l'infortune ; et quand celuici guitta le commissariat général, M. Rousr selin, son ami intime, abandonna également son poste.

Envoyé à l'armée comme réquisitionnaire, M. Rousselin fut successivement attaché aux états-majors de Hoche, de Chérin et de Bernadette, etplusparticulièrementà ce dernier.

En 1798, M. Rousselin devint secrétaire générai de la guerre en même temps que Bernadette entrait à ce ministère, et il quitta l'administration avec son chef.

Nommé consul en Egypte en 180i, M. Rousselin tenta vainement de se rendre à sa destination ; il en fut empêché par les croisières anglaises, et il revint à Paris en 1806.

L'intimité de M. Rousselin avec le général Bernadette, et son opposition à la fameuçe journée au 18 brumaire, avaient déjà attiré sur lui l'attention du premier consul Bonaparte. M. Rousselin, qui avait entretenu anciennement des relations d'amitié avec l'impératrice Joséphine, ne crut pas devoir les interrompre au moment du divorce» et l'Empereur, auquel cette conduite rappelait UQ désagréable souvenir,

donna l'ordre d'arrêter M. Rousselin pour le faire embarquer et déporter. Il parvint heureusement à s'échapper et se réfugia on Provence près de sa femme, qui appartenait à la famille de Montpézat, une des principales et des plus anciennes du |)ays (1).

C'est alors que M. Rousselin, pour dérouter la police du chef de l'Etat, reprit le nom de son père, qu'il avait été forcé d'abandonner au commencement de la Révolution. Il s'était empressé de faire parvenir sa démission du titre de consul, qui avait été acceptée, «et il pensa éluder ainsi la persécution qui s'acnamait à son nom de Rousselin.

M. de Saint-Albin vécut dans la plus grande retraite jusqu'à la Restauration, qui vint le tirer de son état d'exil. Il no cacha pas la grande joie qu'il éprouvait du changement de gouvernement. « Je dois au retour du Roi, disait-il, la liberté de me promener, et je ne suis pas ingrat. »

Au ^ mars, M. de Saint-Albin, libre de tout engagement antérieur, et d^irant trouver sa sûreté dans une existence rapprochée do la personne du monarque^ accepta des fonctions à l'Intérieur aue lui offrit le ministre Camot. Spécialement chargé de l'instruction publique, il eut beaucoup de part à l'établissement de l'enseignement mutuel, dont il jeta les bases, pendant les Cent-Jours, dans des rapports insérés au « Moniteur » et qui furent trèsremarques.

En 1816, M. Rousselin de Saint-Albin eut la douleur de perdre sa femme, et cette mort, non moins que les fatigues causées par tant d'émotions, lui firent chercher depuis, dans la culture des lettres et des arts, le repos et les consolations dont il avait tant besoin.

Dès 1797, M. de Saint-Albin avait publié une a Vie de Lazare Hoche », en â volumes in>8, qui a eu quatre éditions en divers formats ; il était auteur également d'une « Notice sur Cherin», chef de l'état-major de l'armée d'Helvétie, qu'il accompagnait à cette armée lorsque ce général y fut tué en avant de Zurich ; d'une autre § Notice sur le général Marbot », et de plusieurs autres écrits imprimés à divers intervalles.

(1) La marqaise de Montpéat, beUoHnèredeM.RoQtselin de Saint-Albin, lors de raffaire de Georges Ca- (ioadal et de Moreau, fut arri'U^c avec éclat sur l'ordre da premier consul Bonaparte, poor avoir reçn de Varsovie nne correspondance de Louis XVIU. M">* de Montpézat déploya dans les fers la pins héroTipe fer* meté.

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M. de Saint-Albin avait été un des (a principaux fondateurs du « Journal du Goramerce », qui prit ensuite le titre de « Constitutionnel », et les colonnes de cette feuille quotidienne avaient été sou- Tent remplies de ses articles.

Il s'occupa dès lors de coordonner une foule de matériaux précieux qu'il avait rassemblés sur les diverses époques si importantes de la Révolution, du Consulat, de FEmpire et de la Restauration. Mieux que personne il pouvait décrire ce qu'il avait si bien vu, si bien observé.

Assurément, les faits que nous venons do rapporter touchant M. de Saint-Albin composent une vie des plus honorables; mais laissons cette digression que nous avions à cœur de faire dans Tintérôt de la vérité, pour revenir plus spécialement aux rectification» que nous impose notre conscience.

Il avait paru en Tan III (1795) un libelle, œuvre de fougueux contre-révolutionnaires, où l'on prêtait à M. de Saint- Albin des rigueurs qui n'ont existé que dans le cerveau des auteurs du pamphlet. « Ce libelle anonyme^ et sans responsabilité d'auteur, n'était autre chose que l'œuvre de sectionnai res effrénés voués à la réaction de l'an III, à la tête desquels se trouvait un homme plus violent que tous, parce qu'il avait été, dans le jugement même qui acauitta M. Rousselin de Saint- Albin et ses aix-sept coaccusés, le 2 thermidor de ]'an II, arrêté séance tenante et conduit à la Conciergerie, comme prévenu de fausses dépositions dans l'affaire. (Voir le « Moniteur », 7 thermidor an II.) Cette œuvre de vengeance eut encore pour coopérateur le nommé Lamotte, dit Collier, condamné aux galères perpétuelles par arrêt du parlement du 14 juillet 178G. Ce personnage n'avait été arrêté par le comité de salut public, en l'an II, que comme un scélérat ae tous les temps et de toiM les régimes. Le forçat non libéré ne pardonna pas au fonctionnaire chargé de Tordre du gouvernement d'avoir fait son devoir (ce fonctionnaire était M. Rousselin de Saint- Albin], et c'est ainsi que Lamotte combina et réaigea, de concert avec les plus furieux réacteurs, le libelle oti plus tard Nougaret. pour une de ses compilations, est allé chercher de prétendus faits ou actes, produits de l'imagination satanique du fabricateur éhonté de la trop célèbre affaire du collier. Depuis, et trente et un ans après son arrestation, le même Lamotte, dont la peine était prescrite par le laps de sa contumace, mais qui n'avait jamais été réintégré daQS aucuns droits civils, crut pou-

voir recommencer ses machinations contre d'estimables citoyens et contre M. Rousselin de Saint-Albin, et ressusciter les vieilles calomnies contenues dans le pamphlet de l'an III (1). » Il fît imprimer, en 18â4, sous son nom, un nouveau libelle dont on trouve le titre dans la « Bibliographie de la France », de M. Bouchot.

Sitôt qu'il eut connaissance de cette nouvelle attaque, M. de Saint- Albin mit instantanément sous presse une « Note sur une diffamation nouvelle » (Paris, de l'impr. de Tastu, 1827) ainsi conçue :

« Un soi-disant comte de Lamotte Valois a imaginé récemment d'extor(}uerde l'argent à deux anciens militaires jouissant de la considération publique, MM. Codant et Fleury-Spierenaèl. Il les a menacés de diffamations, sous . prétexte d'un ordre qu'ils ont exécuté contre lui t7 y a trente et un ans (ordre dont le seul motif était de remettre entre les mains de la justice un criminel évadé à la faveur des mouvements de la révolution) ; car il importe de prévenir la société que le Lamotte dont il s'agit ici n'est autre que le FORÇAT si connu sous le nom de Lamotte-Collier, condamné AUX GALÈRES PERPÉTUELLES PAR

ARRÊT DU Parlement du 4 juillet 1786, c'est-à-dire un coupable de tous les temps et de tous les régimes. MM. Codant et Fleury ont pensé que leur réputation n'était point au pouvoir des inventions calomnieuses d'un Lamotte. Ces deux honorables propriétaires ont repoussé l'odieuse agression du misérable avec tout le mépris qu'ils lui devaient. Suscité par des haines en même temps que par sa cupidité, le sieur Lamotte a cru pouvoir diriger les mêmes attaques sur M. de Saint-Albin, sous prétexte que celui-ci aurait alors, comme fonctionnaire, signé l'ordre donné par le gouvernement de cette époque. Lamotte^ rencontré le même mépris de la part de M. de Saint-Albin. On se demande à l'instant comment un personnage aussi dégradé que Lamotte et tellement signalé, ose se reproduire aujourd'hui sur la scène. Par qui le FORÇAT peut être mis en mouvement d'une manière aussi insensée. On se demande enfin comment ce Lamotte ose recommencer contre des pères de famille généralement estimés une machination aussi hideuse, où l'on retrouve tout entier le fabricateur éhonté (flétri par l'histoire comme par les tribunaux) des calomnies épouvantables

(i) Explication donnée par la Note additionnelle dont nous parlerons pins tas.

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dont une Reine infortunée a été la victime.... La justice ne tardera point à démôler ce tissu d'intrigues etd'horreurs. » La tentative de haine et de cupidité de Lamotte échoua devant la justice : le coupable auteur du libelle en question, mort depuis (en 1828), et justement alors caractérisé, comme pendant sa vie, de nouveau Mèphistophel^s, Lamotte-Collier fut poursuivi sur les faits mêmes supposés dans son^libelle, par MM. Codant et Spierenaël, défendus tous deux par les honorables avocats M" Lavaux et M' Gauthier Mesnard, en 1825, et condamné itérativeroent sur tous les chefs (1). Comme la

(1) Noos venons de parler avec détails des deux pamphlets soscités eontre M. de Saint- Albin ; en voici la raison : On a bien voula nous rendre la justice de reconnaître qne c la France littéraire » était, généralement, faite avec conscience. Un article précédent, qui concerne M. de Saint-Albin, n'est cependant point, à notre grand regret, nne notice impartiale, mais la reproduction de faits contronvés de ces denx pamphlets pnUiés à des époques éloignées. Nons, homme des derniers joors de 1797, nons avons pu ne rien savoir de la vie publique de M. de Saint-Albin dans ces temps orageux, et surtout ne connaître une circonstance isolée du grand drame de notre révolution que par la tradition formulée par les passions. Malhenreusement pour notre impartialité, nons avons été mal renseigné. Denx brochures wnu ont été frétentéa, et ne nous doutant pas qne de mauvaises passions les avaient dictées, nous nous en sommes, à tort, servi pour rédiger notre notice. La « Biographie des hommes vivants » pouvait nous prémunir contre une si déplorable citation de faits erronés, puisque ses auteurs ont consacré une notice à l'honorable M. de SaintrAlbin: mais nous n'étions pas dans le cas de connaître l'existence de cette notice, et cela parce qne la c Biographie des hommes vivants », ayant été publiée dans le moment d'nne autru réaction, a été trop partiale envers les philosophes du xviii* siècle et les hommes de la révolution, pour ne pas hésiter à la consulter dans nos recherches biographiques. Ces deux pamphlets de l'an m et de i824 ont dû exciter la juste indignation de celui qui était si odieusement calomnié, d'antant pins que, Nongaret ayant reproduit dans une compilation soi-disant historique une partie du premier, les auteurs de 1' « Histoire parlementaire de la Révolution française » ont tiré de Nongaret des circonstences erronées relatives à M. de Saint-Albin, et les imprimaient en même temps que nons. Presque aussitôt If. de Saint-Albin et son fils aîné, M. Horlensius de Saint- Albin, député, adressèrent denx lettres en réclamation contre celte nouvelle attaque : elles furent insérées avec empressement, dans l'intérêt de la vérité, par MM. Bûchez et Roux, ainsi que s'en expriment euxmêmes ces denx honorables historiens an commencement de lenr 35* volume, sous la forme et le litre de « Note additionnelle ». Les brochures de réaction contre-révo- Inlionnaire qui avaient été la cause des énonciations controuvées qui donnèrent lieu à la réclamation de MM. Saint -Albin furent, pour MM. les auteurs de d'Histoire parlementaire », l'ot^et de quelques sages réflexions; ils les accompagnèrent de pièces qui établissent

meilleure réplique aux diatribes publiées contre M. de Saint- Albin, nous donnerons ici la Lettre à MM. Bûchez et Roux, dans laquelle il rend compte des principales circonstances de sa vie depuis le 9 thermidor. Nous la ferons précéder de celle adressée aux mêmes, par M. H. de Saint- Albin, alors député.

A Messieurs les anteurs de « l'Histoire parlementaire de la Révolution française».

Messieurs.

Dans l'un des derniers volumes de votre « Histoire parlementaire » , après avoir rendu compte des séances de la Convention et de celles des Jacobins, du mois de prairial an 0, vous croyes devoir devancer les faits thermidoriens, et même post-thermidoriens, pour rattacher à cette première époque nne citation relative à mon père. Vous êtes des observateurs trop [fidèles et trop rigoureux de la chronologie, ponr que je veuille contrarier cette anticipation.

Mais ce que vous me permeUrez de vous rappeler, c'est que l'auteur auquel vous empruntez quelques passages sur mon père fut l'un de ces hommes qui, mus par leur passion contre-révolutionnaire, n'enrent jamais la focnltô d'écrire quelques lignes véHdiqtktM^ quoique Nongaret lui-même, puisque vous l'avez nommé, en ait beaucoup écrit qu'il a appelées hittoriquet. A quelles sources d'ailleurs ce Nougaret a-t-il puisé ses autorités ? Vous le savez, il écrivait sons la réaction et pour la réaction de l'an V, et il a pris ses textes dans les écrits de la réaction de l'an IIL Nons verrons sans doute dans la snite de votre intéressant travail l'hisloin de ces deux époques si déplorables, où les partis politiques, dans leurs déchaînements, se sont tour A tour renvoyé les plus horribles calomnies ; les caractères les plus purs, les Ames les plus généreuses, pouvaientrils en être préservés? Mais l'homme de bien qui a terrassé, il y a quarante-quatre ans, les plus puissantes inimitiés, n'a pas besoin aqjourd'hni d'entreprendre de nouvelles réfutations

Et quelle est la brochure spéciale A laquelle s'était adressé Nougaret lui-même pour autoriser les assertions qne vous avez répétées dans votre ouvrage? Celte brochure arumyme, et sans responsabilité d'auteur, n'était autre chose que l'œuvre de sectionnaires effrénés vonés A la réaction de l'an m, A la tète desquels se troovait nn homme plus violent que tous, parce qu'il avait été, dans le jugement même qui acquitta mon père et ses dix-sept coaccusés , le 2 thermidor de l'an 0 , arrêté iéanceienante et conduit à la Cmwiergerie^ comme yrévenu de fauuee dépositUmt dafu l'affaire. (Voir le Moniteur, 7 thermidor an II.) Cette œnvre de vengeance eut encore pour coopérateur le nommé Lamotte

qne, contrairement aux brochures post-thermidorieues» les mêmes pamphlétaires avaient hautement, avant le 0 thermidor, approuvé pleinement la conduite da commissaire national ; qu'ils l'avaient même, A cette première époque, accusé d'indulgence politique. Les éditeurs de « l'Histoire parlementaire > terminent en cet mots : « Nous ajouterons une dernière réflexion : nos lecteurs ne doivent pas oublier qu'il s'agit d'écrits politiques oh les injnres les plus grossières étaient soavent des affaires de style... » — Nons devions ces développements A la défense de M. de Saint-Albia, en réparation de notre premier article.

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dit Collier, oondamiié aux galères perpétuelles par arrèl da Parlement da 44 Juillet 4786. Ga personnage n'aTait été arrêté par le Comité de salut publie, en l'an n. que comme nn icéUrai de tous les temps et de tous les régimes. Le forçat tum~libéré ne pardonna pas an fonctionnaire cbai^^é de l'ordre dn gouvernement d'avoir fait son devoir (il est vrai qne ce fonctionnaire était mon père) , et c'est ainsi que Lamotle combina et rédigea, de concert avec les pins farieux réacteurs, le lilieUe ob Noagaret est allé diercher de prétendus faits on actes, produits de l'imagination sataniqne du fabricateor ébooté de la trop célèbre affaire du collier. Depuis, et trente et un ans après son arrestation, le même Laraotte, dont la peine était prescrite par le laps de sa contumace, mais qui n'avait jamais été réintégré dans aucuns droits civils, crut pouvoir recommencer ses machinations contre d'estimables citoyens et contre mon père, et ressusciter les vieilles calomnies contenues dans le pamphlet de Tan III. Mais cette tentative de haine et de cupidité échoua devant la justice. Elle fut flétrie comme elle méritait de l'être. Lamotte fut itérativement condamné par tous les tribunaux.

Voilà, Messieurs, la vérité, la vérité tout entière sur la citation empruntée par vous à Nougaret. Vérité, impartialité, justice, vous le savez mieux que personne, tels sont les premiers devoirs de l'historien. Au milieu de malentendus suscités dans la presse périodique, en 4833, quelques journaux des départements, notamment le « Patriote de Saéne-el-Loire >. le c Patriote de la Meurthe > , le « Précurseur de Lyon c , s'élant trouvés les organes des erreurs et des odieuses méprises qui motivent aujourd'hui ma réclamation près de vous, mon père leur flt la réponse suivante. Tous s'empressèrent de l'insérer, et elle mérita les hauts suffrages des amis comme des ennemis. Cette lettre est celle que j'ai l'honneur de vous adresser. C'est aussi une pièce historique, et qu'à part même le sentiment de la tendresse filiale, j'ose croire n'être pas indigne d'être enregistrée dans vos annales parlementaires ; elle y remplira une lacune que vous auriex été peines d'y laisser.

HORTENSniS DE SAINT-ALBIN.

A messieurs les rédacteurs du c Précurseur de Lyon >, du f Patriote de Saéne-et-Loire i , du c Patriote de la Meurthe « .

Sans vous connaître, Monsieur, et sans être connu de vous, j'ai été gratuitement attaqué dans votre journal. Je commence par déclarer que vos citations, rapportées dn c Moniteur > de l'an II, présentées isolément et hors de rencadrement des faits, sont altérées, torturées dans leur application, fausses par leurs réticences ; je déclara ensuite, avec preuves authentiques, que ces citations évoquées de 93, c'est-à-dire après quarante ans, et que les conséquences qu'on en voulait tirer, ont été, dès cette époque, fùrmellement détruites par la justice. D'abord vengé par les autorités administratives contemporaines, j'ai été encore, très-précîsément, sur les faits mêmes allégués dans votre évocation surannée, j'ai été, dis-je, acquitté par le trilmnal révolutionnaire, le 8 thermidor de l'an II ; et je n'ai pas été seulement acquitté par ce terrible tribunal, avec les malheureux patriotes auxquels on m'avait associé, mais encore le dénonciateur, qui, sous l'action de Robespierre, avait cm nous immoler, a été dans la même audience, et aux termes du même jugement, arrêté séance tenante comme prévenu défausses dépositions dansl'affaire^ et a été de suite conduit à la Conciergerie. (Voir le « Moniteur » dudit jour, dernier paragraphe du jugement). Ainsi, Monsieur, c'est la chose jugée elle-même

^^ 1 Que vous ave% attaquée en attaquant mon honneur. Si j'avais l'ambition de me produire comme l'une des victimes de la Terreur, je pourrais n'être pas sans* quelque titre dans ce genre, car mon incarcération est antérieure au 9 thermidor, et elle eut lieu sur la motion spéciale de Robespierre, qui me qualifiait de jeune rejeton de la faction Danton et d'Orléans. Il m'accusait particulièrement d'avoir voulu détourner le glaive de la tête de ceux qu'il appelait des scélérats. Il était très-vrai que j'étais très-accusable sous ce rapport. Oui, sans doute, j'aurais voulu au péril de ma vie, je le proclame encore aujourd'hui, j'aurais voulu sauver celle de Danton, de Camille Desmoulinret de tant d'antres mémorables et regrettables patriotes, sacrifiés dans cet horrible pêle-mêle, dont les spectateurs, à la vue du fatal tombereau, s'écrièrent avec désespoir que c'était le tombeau de l'esprit et du patriotisme I Quel est le citoyen d'ailleurs qui, portant un cœur d'homme, pouvait rester insensible en présence d'une pareille tragédie ? Gomment ne pas frémir des désastres qui devaient suivre ? Comment ne pas voir dès ce moment la ruine incessante, inévitable de la République, lorsque ses premiers défenseurs passaient leur temps à se dévorer les uns les autres ?

Ce qui m'est personnel dans celte époque a même été considéré d<^jà par l'hisloire comme n'étant pas indigne de mention ; car plusieurs écrivains ont considéré mon acquittement par le tribunal révolutionnaire comme une circonstance frappante qui avait indiqué l'affaiblissement du pouvoir de Robespierre. Ils ont cm y entrevoir comme un premier soupir du 9 thermidor. Robespierre dit aux Jacobins, le soir de mon acquittement : « On parle de ma puissance, et je n'ai pas eu celle de faire tomber sous le glaive des lois la tête d'un jeune rejeton de la faction Danton 1 » Je fus effectivement arrêté, remis à la Conciergerie, d'où je ne suis sorti qu'après le 9 thermidor, par l'office dn représentant du peuple Legendre, le fidèle ami de Danton, et qui avait été envoyé par la Convention nationale à la Conciergerie pour opérer l'élargissement des prisonniers politiques. Legendre fit cette opération généreuse avec une grandeur et, si l'on peut ainsi dire, avec une largeur qui seule put finir les troubles civils. J'en raconterai les procédés simples et politiques. Ils pourraient être un modèle de conduite pour les vainqueurs qui, dans tes révolutions, se trouvent nn moment les plus forts, et à qui la destinée remet des prisonniers sous leurs verrous...

Voilà, Monsieur, des foits pour ce qui précède le 9 thermidor. Quanta ceux qui suivent cette journée, qui aurait pu fixer le sort de la France, ils appartiennent à la réaction de Van lïî. Vous n'attendes pas qne j'entre en explication sur les tourments qne j'ai pu éprouver de cette réaction; ilj^ont été graves sans doute, car je ne suis pas de ceux qui aient en la prétention d'être tranquilles quand les patriotes ont été persécutés. Mais tout ce que la malfaisance contre-révolutionnaire a voulu recommencer contre moi a toujours f été dissipé devant l'exhibition de la chose jugée. Vous l'aves méconnue. Monsieur, cette chose jugée; elle ne peut manquer d'être l'objet de votre respect, dn moment qu'il n'y a plus prétexte d'ignorance.

Après les événements anté- et post-thermidoriens, rendu aux années, asile et consolation des agitations de la cité, c'est atax plus grands hommes de la guerre comme de la politique, c'est-à-dire aux premiers patriotes de la République, que j*ai été attaché. Les place qui m'ont été conférées dans les administrations civile^

et militaires ont été quittées par moi sans qu'elles m quittassent. Arrivé avec mes amis, je me suis retir?

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avec eax quand la liberté se retirait, et les vicissitades de ma vie attellent plus des opinions que des intérêts.

J'ai été successivement honoré de l'estime et de l'artion de Hoche (dont je publiai la Vie en l'an VI). des Chérin, des Uarbot, des Lefebvre, des Saint-Cyr, des Jourdan, des Bemadotte. Je ftis secrétaire-général au département de la guerre pendant le ministère de celui-ci. S'il faut toujours parler de soi biographiqnement, je vous rappellerai qu'à l'époque du 18 brumaire, signalé à l'audacieux auteur de cette journée comme un des opposants, et reconnu par le futur Empereur dans ma qualité de républicain persévéraut, ami des Bemadotte et des Jourdan, j'ai été l'objet d'une persécution qui ne s'est point ralentie sous le Consulat, l'Empire, et n'a été arrêtée qu'A la fin du régime impérial. Je pourrais ajouter que jamais je n'ai été excepté d'aucune persécution dirigée contre les patriotes, et j'ai le droit de dire avec un ancien que ma maieon n'ett pat demeurée debout dan* les guerres civilet.

Dans les Cent- Jours, rappelé par l'illustre Camot an ministère de Tintérieur, ou j'avais été vingt ans auparavant avec- le ministre Garât, j'ai eu rhonoeur, à cette époque où la patrie avait tant de préoccupations, d'être l'un des premiers coopérateurs de l'enseignement mutuel avec MM. de Lasteyrie et de Laborde. J*ai posé i Paris les premiers bancs de l'institution.

A cette époque des Cent-Jours, voyant que le parti de l'opposition était jusqu'alors non représenté dans notre pays , qui commençait i peine l'apprentissage du gouvernement constitutionnel sous l'invasion de l'étranger, quelques patriotes et moi nous crûmes, au milieu du désespoir générait ne devoir pas désespérer de la liberté : nous conçûmes l'idée de créer un journal qui répondit au besoin de la nation, et nous plantâmes, le i*' mai 18i5, le drapeau du v Constitutionnel » , qui commença sous le nom de « l'Indépendant ». Je suis sûr. Monsieur, de n'avoir, dans la participation que j'ai eue à notre feuille, de n'avoir jamais émis une ligne, une pensée, qui fût contraire à notre programme. Les services (pie le « Constitutionnel » a rendus à la patrie sont historiques. Je n'ai ni à me réfugier sous la protection collective, ni à me laire une part individuelle pour répéter que jamais je n'ai dévié de mes principes. Je défie que, dans l'époqoe la plus ancienne comme la plus récente, on me soupçonne d'avoir écrit une ligne dans le « Constitutionnel », ou d'avoir au « Constitutionnel * dit un mot faible ou équivoque, et qui ne serait pas au contraire la franche expression de mon culte pour la liberté la plus étendue et la plus ferme.

Maintenant, Monsieur, lorsqu'une révolution qui a fait tant de promesses à la liberté et à l'humanité a pu rencontrer de cruels mécomptes, je conçois des irritations souvent injustes et qui ne savent où se prendre ; mais si le droit de la presse est de suivre et dç poursuivre les ennemis de la liberté, son devoir n'est-il pas, lorsqu'elle s'est trompée, de se hâler de réparer 6et méprises? Qui vous a nié, Monsieur, que j'aie été Jeune quand la révolution fut jeune elle-même? Mais Je ne connais que moi seul qui aie le droit, sous «e rapport, de dire du mal de moi. Et que puis-je en dire, lorsque je n'ai reçu de commandement que de ma tonscience? Qu'on exhume quelques-unes de mes paroles ardentes et mêmes colériques, alors que tout le monde fat en colère ; je ne les rétracte pas plus que je ne crois devoir les répéter à une époque tranquillisée.

Voilà ma réponse sur ce qu'on appelle nos geste» . Quand tout le monde reconnaît que mes mains sont pores d'or et de sang, j'ose dire : N'a pas des ennemis

Q qui veut; j'accepte tous les miens. Non, je ne veux pas décliner la responsabilité d'avoir été ce que l'aristocratie nomme un révolutionnaire j je m'honore d'être encore ce que j'ai été. Ainsi ce n'est point au passé, c'est toujours au présent qu'il faut mettre mes torts ou mes mérites ; si la nécessité des temps explique la dureté des formes, l'histoire peut leur donner cette excuse : il ne m'appartient point de l'implorer ; et si la maturité a pu modifier l'expression de nos sentiments, elle n'a pu en affaiblir la vérité. La résignation à l'expérience n'est point abjuration de nos principes. On peut avoir toujours son Âme républicaine, et cependant une raison monarchique constitutionnelle : c'est ce qu'il me Serait facile de prouver dans la discussion, si elle sortait de la barbarie et rentrait dans la civilisation.., Soldat vétéran de la révolution, j'ai vu ses premières batailles, elles ont été ses premières victoires. Je pose en fait que le triomphe de la liberté a été décidé le jour même du 14 juillet 1789. BienlAt les patriotes triomphants se sont divi.sés. En vain ai-je entendu Danton (dont je publierai bientôt l'histoire) leur crier de sa voix tonnante v qu'il ne faut pas tirer sur ses troupes, qu'il faut s'aimer et se tenir serrés comme le faisceau pour être forts, que Tunion dans le patriotisme serait égale à l'attraction dans le monde physique. » Inutiles remontrances I II a fallu que les vainqueurs se divisassent encore, perdant tonjours leur supériorité par les scissions, la prenant de nouveau par leur réunion ; puis le rocher de Sytiphe, chaque fois relevé par tant d'efforts jusqu'au haut de la montagne, est retombé dans l'abîme. Voilà toute notre histoire.

En présence de si hautes considérations, qui pourrait encore s'occuper de sa personnalité? Lorsque tant de braves qui valaient mieux que nous ont péri à toutes les avant-gardes, cùm fortissimi per actes aut proscriplione cecidissent..., quotusquisque reliquus qui rempublicam vidistet. Pensées admirables de Tacite, qu'on croirait avoir été traduites par Danton lorsqu'il a dit cette sentence remarquable, dernièrement rappelée par moi dans une cérémonie funèbre : c Les révolutions comme les religions commencent par des apôtres, elles finissent par les prêtres ». Et lorsque l'humanité, le front tourné vers l'avenir, marche en avant d'un pas si déterminé, à qui siérait-il de vouloir la distraire pour lui parler de soi? Quant à moi, dans la question présente, mon patriotisme m'eût paru d'accord avec le plus juste dédain pour me prescrire le silence; mais ici il ne s'agit pas moins que de l'honneur, et tel est le chapitre sur lequel le patriotisme le mieux retranché dans sa conscience ne peut entendre capitulation. Une demi publicité ne peut être réparée que par la plus complète publicité légale, vengeresse de l'injure, de la diffametion et de la calomnie.

Sans avoir à vous faire production de mon existence nominale, non plus qu'à me justifier de ma conduite politique, lorsque vous voudrez prendre connaissance de mes actes civils, il aous sera libre de les voir ; vous f reconnaîtrez une calomnie de plus dans la qualification ' de pseudonyme qui termine les injures de votre article, et je vous apprendrai comment, fidèle à la mémoire de mon père, un fils porte le nom de celui qui a été le mari légitime de sa mère. Vous dcrais-je autant d'éclaircissements, Monsieur? Je les devais d'abord à l'estime de mes concitoyens, à l'honneur de ma famille : je les devais à moi-même. A.-R.-C. Sai>t-Albin.

I. Vie de Lazare Hoche, général des armées de la République française, suivie de sa correspondanco publique et privée avec

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le Gouvernement, les ministres, les généraux, etc., dans ses divers commandements des armées de la Moselle et du Rhin, des côtes de Cherbourg, de Brest, de l'Ouest et de rOcéan, d'Irlande et de Sambre-et- Meuse. V édition. Paris, Desenne. 1798.

— ff édit., Paris. Buisson, 1798, 2 vol. iii-8, avec le portrait de Hoche et 3 pL — m* édit., augmentée de cruelques Considérations nouvelles sur rétat actuel de l'Angleterre et sur le projet d'union ; suivie d'une Notice sur le général Chérin, et du a Vieillard d'Ancenis », poëme de M.-J. Chénier sur la mort du général Hoche. Paris, Henry.

Bdin, etc.,an Vm (1799), in-12, avec un portrait, une carte et 2 plans militaires.

n. Notice historique sur Marbot, général divisionnaire, mort à Gênes, le 29 germinal an VUI, 1800, in-8.

ni. La France délivrée, ou la Lyonnaise, chant national avec accompagnement de piano ou de harpe, dédié aux armées et aux gardes nationales, paroles do A. R C. de St-A., musique de J. Chavès. Paris, Leduc, éd. de musique, 1815, in-fol.

grav,

IV. Charles Martel, ou « la Parisienne, » chant national, musiaue de Méhul. Janet etCotelle, 1815, in-foi., grav.

Ces deux pièces farent chantées à ane fSte que donna Ganiot. minisire pendant les Cent-Joars, et à une fête aox Tuileries, devant l'Emperear Napoléon I«r.

V. Le Charme de s'entendre, romance, paroles de A. R. C. de StrA., musique de A.-E. Grétry, chantée par Fabry Garât.

Paris, chez Pleyel, grav., boulevard Bonne-Nouvelle, 8.

VI. Mademoiselle de La Fayette, musique de Garât. Paris, ehe% Momigny, boule-' vard Poissonnière, 20.

VII. Nous (de Corinne), musique de Blan^ni, et un grand nombre olautres poésies lyriques mises en musique par les premiers compositeurs modernes ; la plupart portent ; paroles de l'auteur du « Charme de s'entendre ».

SAINT-ALBIN (H. de), nom abréviatif, [HoRTENSius Corbeau de Saint-Aldinj, fils du précédent, conseiller à la Cour im-

Sériale de Paris,. ancien député et membre e la Constituante en 1848; membre du conseil général de la Sarthe depuis 1833. I. La Fayette, ou le Voyageur aux États- Unis en 1824. Paris, de l'impr. de Tastu, 1829, in-8, 16 pages.

IL J. Sulkowski. Mémoires historiques, politiques et militaires sur les révolutions de Pologne, 1792, 1794 ; la campagne dltalie, 1796, 1797; Texpédilion duTyrol et

(r ! les campagnes d'Egypte, 1798, 1799. Parw, Alex, Ménier, 1832, in-8, avec un port.

Ce livre n'a rien de commun avec les Mémoires de Barras. Il a été fait sar les notes Toumies par M. de Saint-Albin père, qui avait été l'intime ami du jeune héros polonais.

Cet ouvrage est écrit avec la verve de la jeunesse et l'enthousiasme qu'excite une noble cause.

L'auteur s'exprime ainsi dans son introduction :

c Examinant la question dans le développement des foits. et suivant ces faits sur les divers théâtres de leur géographie particulière, je considère la France comme le principal corps de bataille d'une grande armée de la liberté formée depuis quarante ans. Je considère les autres nations comme des ailes dépendantes, ou comme des corps quelquefois malheureusement isolés de cette grande armée.

c Cherchant de tous mes regards les bataillons qui, dans l'aile du nord, se sont singulièrement distingués, je vois d'abord celui qui présente sur sa bannière : Pologne ! et je crois reconnaître dans le peuple qui porte ce nom antique, indestructible, une connexité de sentiments, de pensées, de vœux, et pour ainsi dire la parenté la plus étroite avec la France. Dans ce mémorable bataillon, j'aperçois un jeune homme, qui n'a cessé, tantôt aux ailes de la grande année, tantôt A la grande armée elle-même, de faire éclater le plus sublime dévouement. Ce jeune homme s'appelait Sulkowski ; il était chef de brigade, aide de camp du général Bonaparte et membre de l'Institut d'Egypte I »

L'auteur raconte ensuite les belles actions de Sulkowski et fait en quelque sorte pivoter autour de lui. personnifie en lui, l'histoire de la Pologne ancienne et moderne.

III. Logique judiciaire, ou Traité des argumen ts légaux. Paris, Decourchamps, 1 832, in-18, 144 pages. — Seconde édition, revue, etc., suivie de la Logique de la conscience. Paris, Joubert, 1841, in-18 de 342

Le but de ce travail se trouve clairement résumé dans les lignes suivantes : N'est-ce pas la logique la plus sûre, la plus élevée, qui conduit les magistrats, les administrateurs, les guerriers, dans leurs carrières si différentes? N'est-ce pas la logique qui, dans tout les siècles, a été la règle des philosophes, des publicistes, des poëtes, chacun dans leur langue et dans leur art, depuis Homère, Phydias, Aristole, Tacite, jusqu'à nos jours? La logique est la reine du monde...

La c Logique judiciaire » a en, comme nous venons de le dire, plusieurs éditions. Elle a obtenu les plus honorables suffrages, et notamment ceux de l'illustre Laroroiguière, qui, en rendant hommage à ce travail, disait que ce petit volume renfermait plus d'idées que beaucoup d'énormes in-folio. M. Barthélémy Saint- Hilaire a fait sur la c Logique judiciaire > un rapport spécial à l'Académie des sciences morales et politiques. Ce qui n'a pas, dans le temps, empêché le « Globe », dont personne n'a oublié le brutal ministérialisroe, d'accuser, dans une combinaison électorale qui échoua devant le bon sens de ses concitoyens, M. H. dé Saint-Albin de plagiat, et de soutenir faussement que cet ouvrage était la reproduction textuelle du traité d'un auteur belge, du nom de Spmyt. M. H. de Saint-Albin, publiant un traité élémentaire, devait nécessairement emprunter à ses devanciers, c'est-à-dire au domaine commun, les noms des argaments ; mjjf

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les déTeloppemenls loi appartiennent, ainsi que œax de la Logique de la conscience, qni est une œuvre originale et heureuse parla forme comme par la pensée. An reste, M. H. de Saint-Albin, qui s'entend en fait d'honneur, a traduit les diffamateurs devant les tribunaux, et la justice les a condamnés à six mois de prison.

U « Revue de Paris > (1832, t. XLV. p. 279) avait rendu compte de la première édition de cet ouvrage. M. Odilon Bar rot, de son côté, a rendu compte de la seconde dans le journal « le Siècle », n» du 15 avril 1841, dans les termes suivants :

c Ce que nous avons le plus apprécié dans ce livre, c^est ce qui est en dehors du sujet que son titre indique. La logique ne nous paraît pas pouvoir être réduite à l'état de science pas plus que la philosophie. Nous ne connaissons personne de moins véritablemenl logicien qiie les hommes qui affectent le plus de respect pour les formes et les conditions de la logique, de celle au moins qui est enseignée dans l'école, comme à nos yeux ce sont en général d'assez pauvres philosophes que ceux qui enseignent la philosophie. Si la logique est l'art de convaincre, il faut convenir qu'elle embrasse l'humanité entière, et qu'il y a quelque puérilité & la renfermer dans quelques formes de raisonnements et d'argumentation. Si la logique n'est, au contraire, qu'une forme d'argumentation, dont les conditions sont d'avance réglées comme le sont relies de l'étiquette, cela ne vaut pas que des esprits s<:rieux et éclairés s'y appliquent.

c Nous n'en dirons pas autant de tous les points de moralité, d'honneur, de courage civil qui sont traités dans cet ouvrage à l'occasion de la logique. Là, nous avons reconnu le cœur, le caractère de l'auteur, et les mérités morales qu'ils lui ont inspirées ont bien plus de prix à nos yeux que toute l'érudition possible qu'il a répandue sur le syllogisme, le sophisme ou le paradoxe. Nous n'en concluons cependant pas que ce travail, d^ailleurs remarquable par son style autant que par la science qu'on y trouve, soit sans utilité pour ceux 4 qui il est particulièrement adressé, et qui sont appelés à réfléchir sur les différents moyens habituellement employés pour déterminer les convictions humaines. Il leur fournira des enseignements utiles. Et après tout, peut-être n'estimons-nous pas assez ces règles de l'argumentation, qui, comme celles de l'escrime, ne suppléent pas le courage, mais cependant lui donnent de nouvelles forces.

Odilon Barrot. >

II. de Golbéry, procureur-général à Colmar et député, a idressé an « Globe » la lettre suivante, et semble trancher la question :

« Monsieur le Rédacteur,

c Quoique étrangère la polémique des journaux, je crois pouvoir prendre la plume pour rendre à la vérité un témoignage impartial que la spécialité de mes études me donne peut-être le droit d'exprimer.

« Des journaux belges ont réclamé pour M. Spruyt, le «r Traité dé la Logique judiciaire « de M. Hoi^nsius de Saint-Albin, et vous avez reproduit, d'après ces journaux, l'indication de quelques passages communs aux deux ouvrages. Sans vouloir autrement discuter votre opinion, je déclare que j*ai pris connaissance de la brochure de l'auteur belge ; je l'ai consciencieusement examinée ; je l'ai confrontée chapitre par chapitre avec le livre de M. de Saintr-Albin, et j'ai reconnu que s'il est arrivé i M. de Saint-Albin de transcrire éU passages, des exemples et des lois, les em-

prunts ne se trouvent que dans la série des arguments légaux qu'il était impossible de ne pas reproduire, ainsi qu'a pu le faire M. Spruyt lui-même à l'égard des jurisconsultes ses devanciers, et encore dois- je remarquer que dans tout le cours de la « Logique judiciaire » de M. de Saint-Albin, c'est-à-dire dans pins de 3§0 pages, il n'y a que 67 lignes éparses qui présentent quelque similitude avec la brochure de M. Spruyt. Quant aux développements, ils appartiennent exclusivement à M. de Saint-Albin.

« L'introduction, la conclusion et tout le traité de la c Logique de la conscience » . sont également son œuvre. J'ajoute que l'idée d'une logique judiciaire et d'une logique de la conscience est une idée nouvelle dans l'ordre philosoi:hique. Je pense donc que le reproche articulé par les journaux belges tombe devant le résultat de cette comparaison, et qu'il n'y a pas lieu, dès lors, de contester à M. de SaintrAlbin U propriété et l'originalité de son livre.

K Agréez, etc.

Un Magistrat. »

M. H. de Saint-Albin est encore l'auteur d'un petit volume que nous avons lu avec intérêt ; nous l'avons trouvé chez un de nos amis, grand amateur de tous les documents qui touchent à la vie politique des hommes que nos soixante années de révolutions, pour ainsi dire périodiques, ont produits dans la presse ou dans nos assemblées délibérantes. Chacun a là son dossier, son auto-biographie, inaccessible à la passion comme à la flatterie. C'est une des collections les plus originales et les plus curieuses que nous connaissions sur les personnalités politiques de notre époque. Nous avons trouvé réunis en un petit volume de 200 pages, qu'on a bien voulu nous confier, les comptes rendus adressés par M. H. de Saint- Albin à ses électeurs, pendant sa longue carrière parlementaire.

ff Le droit des électeurs, dit M. de Saint- Albin en 1839, lorsque la Chambre venait d'être dissoute par l'ordonnance du 2 février, est de demander compte an député de sa conduite parlementaire. Le devoir du mandataire fidèle est de faire connaître à ses commettants ce qu'ont été ses actes, ses votes, et les motifs qui l'ont dirigé. C'est une sorte à' examen de cofude/nce qu'il doit se trouver heureux de faire à voix haute et sans crainte. Telle est la conséquence du contnt passé entre l'électenr et l'élu ; tel est le bienfait du gouvernement représentatif, gouvernement de publicité par son essence. C'est aux faits à démontrer si j'ai rempli mon devoir. Permettez- moi de mettre sous vos yeux quelques-nns de ceux qui ont occupé ma carrière législative, depuis que vous m'aves bit l'honneor de m'appeler à vous représenter, etc., etc. >

La probité politique, la loyauté du caractère et l'honnêteté de la conscience du véritable magistrat se trouvent tout entières dans ces épanchements qni se renouvelaient à la suite de chaque session législative. Depuis 1839 jusqu'au 24 février 1848, M. de Saint- Albin adressa le compte rendu de sa conduite parlementaire à ses électeurs, et de telles communications ne contribuèrent pas peu à resserrer entre le député et ses commettants ces liens qui ont survécu à toutes les crises politiques qu'il a traversées. Parmi ses collègues de l'ancienne Chambre des députés, il fut do petit nombre de ceux qui pouvaient leur dire le lendemain du 24 février : c Je n'ai pas à vous entretenir de mon passé. J'ai fait partie onze ans de l'ancienne Chambre, et j'ai rendu chaque année à mes commettants le compte exact de ma conduite parlementaire. Vous savez qu'elle n'a jamais varié \ j'ai constamment volé en faveur de

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toas les droits, de tons les progrès si étrangement méconnus par la majorité. J'ai toujours protesté contre la cormption et les dilapidations d'nn pouvoir déplorable ; J'ai toi^oors appartenu à cette opposition avancée qui «▼ait foi en l'avenir et ne comprenait la liberté que dans le sens le plus large et le plus étendn. >

IV. H. de Saint-Albin à ses concitoyens. Alençon, imp, Poulet-Malassis , 1838, 4 |>ages in-8.

y. A. MM. les électeurs du 7* collé^o de la Sarthe. Paris, imp, veuve Dondey-Dupré

1839, 18 pages in-8.

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