STERN
STEV...
Stern. est à pea près lo senl oavnge de ce genre qai n'ait pu été écrit pour la glorification personnelle de son antenr. C'est nne originalité à laquelle, pour ma part, je suis fort sensible ; car j*ai In, bon gré, malgré, tons ces litres. « L'Histoire de la Révolution de Férrier. par M. de Lamartine, n'est qu'une autobiographie dithyrambique. Les c Pages d'histoire * de M. Louis Blanc, c'est le piédestal préparé pour sa statue. Les < Confessions révolutionnaires * de M. Proudhon, c'est Diogëne dans son tonneau, l'orgueil sous le manteau troué du sectaire. Les « Mémoires > de M. Gaussidière ne sont qu'un Mémoire sur procès. Il y aurait k citer aussi « l'Hist/Sire de Février *, par M. Delvan, et celle de M. Elias Regnault, l'un secrétaire intime, l'antre chef du cabinet de M. Ledru-RoUin. Daniel Stem est le premier historien de la Révolution de 1848 qui ne s'en proclame pas le héros. Il a peut-être dormi, comme M. de Lamartine, pendant la nuit du 23 au 94 février ; mais il ne s'en vante pas.
c Une autre différence de cette Histoire avec les œuvres de même nature qui l'ont précédée, c'est que l'auteur, loin de produire sa personne, la dissimule ; loin d'étaler son pom, le dérobe à la curi(»ilé du public. Est-ce modestie? Nous verrons bien. Quoi qu'il en soit, Daniel Stem est un pseudonyme qui cache, nous dit-on, un nom patricien fourvoyé dans les erreurs du socialisme, un brillant écusson volontairement brisé, une existence de femme orageuse et déchue, l'orgueilleux divorce de la passion avec les lois et les exigences de la société. Voilà ce qu'on nous dit ; mais que nous importe ? Ce n'est pas à la personne de Daniel Stem, ni à son blason, ni à sa vie privée que nous avons affaire, c'est à son livre, et c'est bien assez.
« Le livre de Daniel Stem est une diatribe dirigée contre la société française, celle que ses ennemis appellent la vieille société. C'est un pamphlet sous le uom d'Histoire. Le livre a de la tenue, de la suite, une certaine vigueur résolue et tranchante. L'auteur y a employé beaucoup de recherches, beaucoup d'art. On pourrait croire, avec quelque bonne volonté, qu'il y a mis beaocoup de passion. C'est par là que ce livre est curieux et qu'il se fait distinguer >
Pins loin, le critique semble vouloir expliquer comment et pourquoi la noble demoiselle de Flavigny est entrée dans cette ligue de démolisseurs sociaux qui compte aux premiers rangs, parmi les esprits supérieurs, M>n« Dudevant et M"* la comtesse d' Agonit, et aux derniers, d'autres créatures qui n'ont de féminin que la forme, les Jeanne Deroin, les Eugénie Niboyet, les Pauline Roland et tant d'antres, la honte de leur sexe.
<r Les réformateurs (J'excepte nn petit nombre
de croyants) n'ont pas pour but de guérir la société, mais de l'eiploiter ou de la punir. On a des mépris à venger on des intérêts à servir ; on poursuit une réprélaille ou une convoitise. Le prétexte de la réformation sociale couvre tout. Vous étiez un grand poète, plein d'invention, de vigueur, d'audace et d'éclat ; vous avez voulu changer votre lyre harmonieuse pour un bâton de commandant. La main vous a tremblé dans cette tentative. La société qui vous admirait poète, vous répudie homme d'État. Elle vous avait donné considération, renommée, fortune, tous les honneurs, tous les biens; nuis elle reftise de vous donner aussi le gouvernement de ses affaires, et vous la punissez I — Vous aviez un nom, nne parenté opulente, un esprit élégant et cnllivé, une plume brillante et hardie, tous les agréments de l'âge et tous les loisirs de la richesse. Tout vous était facile dans la visi non seulement la vertu, la passion.
La société ne vous demandait que le respect apparent de ses usages, la pratique banale de ses convenances ; mais cela même, vous l'avez refusé. Alors la société, si indulgente qu'elle soit, s'est retirée de vous ; mais vous, vous êtes revenu sur elle l'injure à la bouche, le fiel au cœur, un poignard dans votre main délicate, et vous avez dit, comme le héros d'Alexandre Dumas, ce mot fatal d'une nuit de débauche, qui semble être devenu le mot d'ordre d'une faction ; c Elle noos résiste, nous la tuerons I * — Oui, vous la tuerez, vous tons qui jouez, par ambition ou par dépit, le Jeu terrible du socialisme ; vous tuerez là société, mais elle ne vous rendra pas son estime.
c Je reviens à Daniel Stem. Son livre (J< n'^ cherche pas la cause) est visiblement inspiré par l'esprit que je viens de signaler, l'esprit de dénigrement passionné et vindicatif, l'esprit anti-social et démagogique. Al-Je besoin d's^ouler que Daniel Stera est socialiste, et qu'il accuse la eorraption du vieux monde T Il en a bien le droit, f Qu'on m'épargne, s'éaie-t-il, la triste énuméraiion de ces hontes aristocratiques! » Et en disant cela, il fait le compte exact de ces hontes isolées, et il les jette à la face de la société tout entière, f La société qui se décompose, dit-il ailleurs, fertilise à son insu la société qui germe ». C'est ainsi que la Révolution de 4848 est l'avènement logique et providentiel de& idées sociales. Elle est la métamorphoie atceniarUe de la vie morale et matérielle du peuple, etc. (p. S73 et patHm.). >
U^* la comtesse d' Agonit, en outre, a donné des articles à « la Presse ».
Les opinions très-avancées de M™* d'Agoult en socialisme ont valu à cette dame plus d'une verte censure, plus d'une amère ironie. Sans compter Tarticle de M. Guvillier-Fleury, qui présente une craelle appréciation du prétendu Daniel Stera. M. Dnfd amis en scène l'auteur de < l'Essai sur la Liberté », des t Lettres républicaines > et de f l'Histoire de la Révolution de Février 4848 M, dans ff les Leilas, ou les Femmes socialistes I , aussi bien que dans ses « Femmes socialistes » (imprimées dans le Journal « l'Ordre »).
-h VIII. Trois Journées de laVie de Marie* Stuart. Paris, 1856, in-12.
IX. Florence et Turin. Etude d'art et de politique. Paris, 1862^ in-i2.