‹ Les suppurations de l'apophyse mastoïde et leur traitementChapitre 2 sur 83 · INT1U)1)U«;TI()N · texte numérisé non relu

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donné des résultais scientifiquement forl importants, dans la pratique, La question ne peu! pas encore être envisagée à ce point de vue l .

Certes, nous ne nous désintéressons |>as des données microbiologiques, et dans bon nombre des abcès que nous avons opérés avant la période fistuleuse, nous avons fait cultiver le pus. Nous sommes arrivés ainsi à quelques constatations intéressantes, et, par exemple, nous citerons un abcès mastoïdien où nous avons trouvé le colibacille en culture pure.

Mais les faits ne sont pas encore assez nombreux — tant les nôtres que ceux des autres ailleurs — pour qu'il soit permis d'esquisser même une classification édifiée sur ces bases ; crantant mieux que, vu la communication normale de la caisse avec l'extérieur par la trompe, l'infection est quelquefois mixte, même lorsque le tympan n'est pas perforé et qu'elle le devient le plus souvent lorsque cette perforation est effectuée.

De même, nous ne croyons j>as que Ton puisse suivre une classification étiologique d'après la maladie générale infectieuse — on sait avec quelle fréquence sont secondaires les otites moyennes et les mastoïdites — au cours de laquelle sYsl déclarée la

(1) Les documents relatifs à celle question sont réunis dans un tout récent mémoire de M. Lermoyez ri 1'. Belmk, Les staphylocoques et l'otorrhée, Afin, des //<"/. de /*"/•. et du far., janvier 1895, p. 35.

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complication auriculaire. On constate, il est vrai, quelques caractères un peu particuliers clans les allures des otites et des mastoïdites consécutives à la rougeole, à la scarlatine, à la grippe : mais jusqu'à nouvel ordre, cela ne suffit pas pour qu'on puisse donner des descriptions séparées. Nous ajouterons même qu'à nos yeux il serait étonnant que clans l'avenir ces distinctions pussent être utilement établies. Les otites moyennes, en effet, ne sont pas des complications spécifiques des maladies que nous venons crénumérer, mais bien des infections secondaires par les microbes pyogènes qui habitent le pharynx, où ils pullulent aisément à la faveur du tissu lymphoïde qui leur donne abri: partis de là, ils infectent souvent l'oreille moyenne à la faveur des (Hais morbides précités.

Force nous est donc de nous en tenir à la classification ancienne, fondée sur l'état extérieur des lésions, sur l'évolution clinique plus ou moins aiguë, avec otile moyenne plus ou moins importante et plus ou moins ancienne.

Non- iir visons dans ce travail que les mastoïdites consécutives aux suppurations de la caisse et nous laissons dans l'ombre, ne nous en occupant qu'en passant, à l'occasion du diagnostic, les lésions qui

De SOnl pas d'origine auriculaire. A cause de celte

limitation de notre sujet, on nous reprochera peutêtre de ne pas nous étendre sur le cholestéatome :

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ce à quoi nous répondons par avance que nous ne savons pus, quoique classique qu'elle soi! devenue, si la théorie de Bezold sur l'origine auriculaire de celle lésion est exacte.

Nous nous en tiendrons donc aux inflammations proprement dites.

Pour étudier les mastoïdites consécutives aux otites moyennes, des subdivisions s'imposent, où il l'aul tenir compte d<i la nature et du degré tant de la lésion auriculaire que de la lésion apophysaire.

Si Ton examine a\anl tout la région mastoïdienne, le fait qui saule aux yeux d'abord rsl le suivant : la peau qui recouvre l'apophyse est intacte ou tisluleuse.

Lorsqu'il n'existe pas de fistule, deux cas sont à distinguer, suivant que l'otite causale est aiguë on qu'il s'agit d'une véritable otorrhée chronique ; et de leur côté les accidents mastoïdiens seront tantôt aigus avec ou sans abcès, tantôt subaigus, tantôt chroniques ou même latents.

La fistule — qui est l'aboutissant à peu près constant des abcès mastoïdiens abandonnés à eux-mêmes ou traités par l'incision simple — ne possède pas ici l'importance qu'elle acquiert dans les autres suppurations occupant une cavité bien close : alors le chirurgien agit avec plus d'efficacité et de sécurité, s'il se trouve en présence d'un abcès sous-cutané, où il

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poul éviter les infections mixtes, infections réalisées lorsque le sujet vient consulter pour un abcès déjà listuleux. Ici, au contraire, nous répéterons que lorsque la lésion est sous-cutanée, elle communique — ou au moins a communiqué — avec l'extérieur par l'intermédiaire de la caisse. Un abcès mastoïdien est, à vrai dire, une fistule borgne interne, et son ouverture au dehors se borne à le tranformer en une fistule complète.

On ne s'étonnera donc pas que la conduite à tenir dépende beaucoup moins de la présence ou de l'absence d'une fistule mastoïdienne que de l'ancienneté et de l'acuité des accidents ; que des constatations anatomo-pathologiques sur l'état de la mastoïde, de l'antre, de la caisse et de ses osselets, constatations faites soit à l'avance par l'examen clinique, soit au cours même de l'opération.

Mais, pour la facilité de la description surtout, nous conserverons la division en abcès el fistules mastoïdiens, montrant à propos des premiers la thérapeutique qui convient aux cas aigus, à propos des secondes celle dont relèvent les cas chroniques.

Un court chapitre sera ensuite consacré aux lésions mastoïdiennes latentes compliquant les olile> moyennes chroniques.

Après ces études d'ordre exclusivement pratique, nous analyserons notre statistique et nous donnerons le résumé de nos observations.

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Plus de cent de ces observations proviennenl de l'hôpital Trousseau, où M. le professeur Lannelongue a bien voulu confier depuis plus do deux ans son service à l'un de nous.

CTesl là que, opérant souvent ensemble, nous avons pu associer nos connaissances spéciales. Grâce à notre maître, nous avons pu acquérir une expérience clinique réelle, et nous le remercions de sa libéralité.

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