‹ Les Suppurations Prostatiques à StaphylocoquesChapitre 6 sur 28 · ROUE · texte numérisé non relu

ROUE

les abcès prostatiques apparaissent après un anthrax ou furonculose.

Le staphylocoque aime particulièrement les voies urinaires et élit domicile dans l’organe principal : le rein. Il forme d’abord un abcès de la corticalité rénale et se développe dans la capsule adipeuse entre le feuillet prérénal et le feuillet rétro-rénal, en créant un phlegmon périnéphrétique. La prostate est certainement moins souvent touchée’ que le rein, mais cependant reste un lieu de localisation du staphylocoque.

Dans ce travail, nous nous occuperons uniquement de

ce microbe et on ne s’étonnera pas que nous ayions fait.

de larges emprunts aux travaux mis au point depuis 1915 de Monsieur le Professeur LEGuEc.

Après avoir indiqué l’étiologie, la symptomatologie et le mode de propagation du staphylocoque, ses localisations, nous retraçerons quelques observations recueillies dans les livres et revues que nous avons compulsés; nous

en citerons deux qui nous sont personnelles et nous fe-

rons un résumé succint de leur évolution et de leur traitement.

fl vr 3 NA

ge CA NA de LE A EEE SE A OS

Le staphylocoque se propage par voie sanguine et c’est souvent à la suite de maladies générales ou d'infections à localisations très éloignées que le microbe est découvert. En particulier la grippe à allure grave, les angines, l’anthrax, les panaris, les oreillons, la variole, les entérites et toutes les septico-pyohémies se compliquent d’abcès métastiques de la prostate. Goldberg de Wildungen a publié en 1920 dans la Zeitschr F. Urologie, 4 cas typiques posti-grippaux.

Oraison de Borpaux dans son rapport à l’Association Française d’urologie de 1907 cite 27 cas sur 712 et, noie Hanau, dans la pyohémie, Reverdin dans la pneumonic, Tédenat dans la variole, rougeole, thyphoïde; Guyon, variole; Gosselin, oreillons; Gutterbock dans la parotidite, Desmos, mastoïdite; Nicolich, dans la pyohémie, appendicite; Von Frisch dans langine à streptocoques; Tuffier, anthrax; Désormeaux, Socin, Hanau, infection purulente.

D'après les travaux que nous avons compulsés, les métastases les plus fréquentes s’observeraient à la suite de furoneulose et particulièrement à la suite de l’anthrax de la nuque.

Dans un travail publié dans le Journal d'Urologie de 1913, M. le professeur Lecugu signale les localisations à staphylocoques à la suite de furoncles, d’anthrax. Il cite des vésiculites et des prostatites, et insiste sur la prédilection marquée du staphylocoque pour les voies urinai-

PE Re PATRE

res et le rein en déterminant les phlegmons périnéphrétiques. Il est certain que le rein est l’organe le plus souvent touché mais la prostate lui paie également un lourd tribut et l’économie tout entière a souvent son point de départ et son foyer principal dans l'appareil prostatique.

ETIOLOGIE

Pour que se produise l’inflammation et la suppuration de la prostate qu'elle soit à staphylocoque ou à un autre agent microbien, deux conditions sont nécessaires :

Ce sont les modifications cireulatoires et la pénétration d'agents pathogènes. |

Presque toujours les agents microbiens existent, et c’est au staphylocoque en premier qu’on doit imputer tous les crimes puisque c’est lui que l’on rencontre le plus fréquemment associé et qui est à certains moments d’une virulence telle, qu'on n’a même pas le temps d’enrayer son action. |

Cette suppuration ne frappe pas -indistinetement tous les individus; il semble qu'avant la puberté la prostate ne soit pas atteinte bien que l’enfant puisse posséder une urétrite. Il en est de même pour le vieillard; il est très rare en effet de trouver chez ce dernier une prostate en voie de suppuration. La prostatite s’observe surtout pendant la période d'activité sexuelle et c’est de 16 à 60 ans que les suppurations prostatiques microbiennes sont rercontrées le plus fréquemment et sont les plus typiques.

Avant la puberté ce fait tient peut-être à ce que la prostate n’a pas acquis son développement complet et qu’elle ne possède encore aucune fonction. Peut-être aussi parce que les enfants sont moins souvent sondés que les

ne ei

adultes; mais aussi parce qu’ils sont moins sujets aux contusions chroniques, telles que l’abus du cheval, de la bicyclette et aux modifications cireulatoires. Pour les vieillards, l’activité de la glande a beaucoup diminué c’est ce qui explique le peu de cas de suppuration retrouvés chez eux.

La prostate est enveloppée de veines; elle baigne dans un lac sanguin suivant l'expression de Hogge. Le plexus périprostatique est en connexion avec le plexus de Sanitorini en avant, le plexus hémorroïdaire en arrière et avee la veine cave et la veine porte. La prostate subit l'influence de toutes les causes: congestionnantes qui favorisent Ia stagnation du sang dans les plexus veineux du petit bassin et tous ces systèmes veineux plus ou moins solidaires peuvent facilement retentir les uns sur les autres.

Or, la congestion entraîne l’hypersécrétion des glandules et l’augmentation de volume du tissu interstitiel; il en résulte que les canaux excréteurs se trouvent comprimés et les produits de secrétion stagnent dans les culsde-sac glandulaires créant ainsi des conditions favorables à la pullulation des germes pathogènes qui existent déjà ou à l’envahissement par d’autres microbes venant d’organes voisins.

PATHOGENIE

Le staphylocoque entre dans le sang, à point de départ

d’un furoncle, d’un anthrax, d'un panaris, plus rarement

d’une amygdalite et de là, dans les vaisseaux rénaux.

Les artérioles de l'écorce rénale sont bouchées par les staphylocoques, autour d’elles s’amassent des leucocytes; il se produit alors des embolies bactériennes, des abcès miliaires, des infections purulentes.

Fouquiau dans les Archives urologiques de Necker (T. IV, fase. 1) cite un cas de furonculose généralisée avec abcès prostatique, traité par le vacein et guéri, et ur autre consécutif à un anthrax qui a-été incisé.

Marsan dans une communication faite à l’Association française d’urologie de 1922 sur les infections urinaires à staphylocoques, secondaïres à la furonculose, cite 5 cas, dont 3 avec abcès de la prostate, consécutifs à la furonculose.

Nous avons dit précédemment que l'infection se faisait par voie sanguine. Pour certains auteurs, il n'en est pas toujours ainsi. Le Für, en particulier, soutient qu'elle passe d'abord par les reins, grâce à la bactériurie dont sont atteints les malades et se propage ensuite par l'urine à la prostate.

Cette urine chargée de staphylocoques en irritant le carrefour uro-génital, déterminerait ainsi la production de

la staphylococcie génitale. Il semble que cette opinion soit moins facilement admise que l'infection sanguine à cause de la situation anatomique de la prostate. Cette dernière est en effet entourée de toutes parts par de riches plexus veineux, qui contribuent ainsi à infecter la glande par voie sanguine.

Quelle que soit l'opinion, il est un fait évident, c’est que dans certaines conditions, les furcneles se compliquent d’abcès prostatiques qui souvent sont bénins, mais parfois se compliquent de septicémie grave et emportent rapidement les malades malgré toute intervention

Le staphylocoque a une affinité particulière pour les voies urinaires, et si son principal organe est le rein dans lequel il détermine un phlegmon périnéparétique, il ne faut pas oublier que la prostate lui paie une rançon importante.

SYMPTOMATOLOGIE

Nous ne nous étendrons pas longuement sur les symptômes des suppurations prostatiques à staphylocoques; ce sont les mêmes que les inflammations de la prostate dues aux autres agents microbiens, le plus souvent rencontrés tels que le colibacille, le streptocoque, le gonocoque, le pneumocoque, les anaérobies (B. Perfringiens,. Le premier symptôme est en général la douleur incertaine, siégeant au périnée, à l’anus et s’irradiant vers la verge et le gland. La miction est douloureuse, la défécation pénible et le malade la redoute. La position assise est évitée. Le malade se tient souvent couché sur le côté évitant les mouvements des cuisses, des fesses, de l’anus et parfois même du bassin. Bien que la miction soit douloureuse, les besoins se font plus souvent sentir, les urines sont émises avec difficulté. Le ténesme et la dysurie sont intenses. Le jet est petit et tortillé, parfois la rétention. est complète.

En même temps que commence la douleur, apparaissent les phénomènes généraux (frisson violent, accès de fièvre, atteignant 39°, langue sèche, saburrale, céphalée, insomnie).

Le toucher rectal qui doit être pratiqué avec douceur nous révèle une prostate très douloureuse, bombant dans le rectum, augmentée de volume; l'augmentation est to-

Page 1