ACTE PREMIER
HENRI
Oh ! du toutjChep monsieur ; et même, c'est assez curieux, je parlais de vous ici même,il n'y a qu'un
instant !
De moi ?... A quel propos?
HENRI
A propos de... (Regardant Gabrielle.) Hum ! mais asseyez-vous, mademoiselle, je vous prie!...
GABRIELLE
Merci, monsieur!... (A part.} Ilparaîtquejesuisde trop !...
Elle s'asseoit à table, regarde les gravures, qu'Henri lui met sous les yeux.
BOURGANEUF, bas.
Est-ce qu'il s'agit de ma fille ?
HENRI
Oui... mais je voudrais d'abord vous faire une question.
BOURGANEUF
Laquelle?
HENRI
3i elle est indiscrète, n'y répondez pas.
BOURGANEUF
Comptez-y !
HENRI
5îademaj%elle votre fille serait-elle disposée à se marier!
BOURG A NEUF, vivement
Ah I cher monsieur, c'est-à-dire que j'en serais ravi.-, enchanté...
HENRI
Ah!
BOURGANEUF
D'abord, parce que ça assurerait son bonheur; et puis, parce que ça me permettrait de m'occuper un peu du mien... On m'a marié très jeune, moi, je ne me suis jamais amusé, et, ma foi... puisque je suis veuf, s'il me reste encore une dizaine d'années de bonnes...
Oui... ou huit!
HENRI
BOURGANEUF
Ou quatorze!.. Je voudrais bien ne pas les perdre!...
HENRI, riant.
C'est tout naturel...
BOURGANEUF
Vous voyez, cher monsieur, que je vous parle à' cœur ouvert et, permettez-moi de le dire, comme h un vieil ami !...
HENRI
Je vous en remercie...
GabHelle, du reste, fera la plus charmante petite femme!... Douce, gaie... travailleuse... excellente musicienne...