LÉO MEILLET
Encore un qui doit le bonheur à Texîl I Condamné par contumace comme ancien membre de la Commune (XIIP arrondissement), il s'iQstalla à Glascow, où il fonda un pensionnat. L'établissement de l'exilé devint vite à la mode et fit florès* Léo Meillet donne le pain du corps et de Vesprit, ^rr peut-être celui de Tàme aussi... Prohpudorl — aux enfants des plus grandes familles d'Ecosse. On peut être tranquille, ce n'est jamais lui qui ressuscitera la Commune à Paris.
ilriSf) Meiltet ftit sous l'empire un des premiers organisateurs des enterreiiieflft4s^câvîfe/ ' '
En 70, le jour même de rAscension, il suivait ie cercueil d'un cordonnier qui avait demandé, paraît-il, à être enterré civilement. La veuve était d'avis que l'on devait se conformer aux dernières volontés du défunt, mais les autres membres de la famille voulurent faire passer le corps par l'église.
On se rendit k la chapelle Bréa.
Au moment où le prêtre venait à la porte pour recevoir le corps, les libres-penseurs qui avaient suivi le convoi en compagnie de Léo Meillet entourèrent le cercueil et refusèrent froidement, mais énergiquement, de lui livrer passage.
Le prêtre, qui était resté sur le pas de la porte, eut la douleur de voir le cercueil conduit directement au cimetière.
Là, un cri retentit... un cri alors séditieux, celui de Vive la République I Les agents accoururent. L'un d'eux assura qu'il avait été proféré par Léo Meillet qui, par hasard, en était innocent.
Voilà notre futur membre de la Commune arrêté, puis traduit en police correctionnelle.
Parmi les libres-penseurs s'était trouvé Lucipia, que Meillet appela en témoignage.
M. Aulois occupait les fonctions du ministère public.
Lucipia témoigne du silence de son ami.
Le président prend la parole :
— Je vous prierai, messieurs, dit-il aux juges, de remarquer que le témoin fait profession d'athéisme, ce qui donne peu de valeur à son témoignage.
A ces mots, Léo Meiilet se lève et se tournant vers Lucipia :
— Ami, s'ccrie-t-il emphatiquement, je te demande pardon de f avoir amené devant de telles gens qui doutent de ta parole !
Et il lui tend les bras.
Moralité :
Un quart d'heure après, MeilIet était condamné à six mois de prison.
MELINE
Cet ancien membre de la Commune, qui y représentait en mars 71 le P'^ arrondissemeBkii«utle bon goût de démissionner dès le commencement d'avïil.
Les électeurs ont récompensé sa prudence en le nommant député des Vosges. Il fut môme soussecrétaire d'État au ministère de la Justice, sous le ministère Martel. Il est aujourd'hui ministre de l'Agriculture. C'est lui qui représente le gouvernement dans les cérémonies peu importantes.
Encore un qui n'est pas à craindre, — exceplo comme orateur.
PORILLE
Il s'était si bien signalé dans les réunions publiques qui suivirent l'armistice, qu'il se crut en droit de se présenter aux élections communales.
Apeine siégea-t-il àTHôtel-de-Ville. On apprit bientôt qu'il ne s'appelait pas Porille, mais Blanchet et qu'il avait été, sous ce nom, capucin, puis secrétaire d'un commissaire de police.
Il n'en fallait pas davantage pour qu'on le qualifiât de mouchard et qu'on le traitât comme tel. Il fut arrêté par la Commune même et délivré par Tarmée Versaillaise.
Nul ne sait aujourd'hui ce qu'il est devenu. Nous rapprendrons peut-être... le Jour du ^aûd coup/i'
LES MEMBRES DE LA COmiUNE i9
EUGÈNE PROTOT
Fils de paysans pauvres, Prolol était un enfant prodige. Il apprit le latin tout seul en gardant les vaches dans le pré communal de Garisey Yonne). Émerveillé, son père l'envoya à Paris cliez une parente qui faisait des ménages et qui le logea pendant qu'il suivait les cours de l'École de Droit, Le plus brillant avenir lui était réservé. Par malheur, il se jeta dans la politique... qui le contraignit, .après la Commune, à fuir à Londres, où il se mit bravement garçon de cave. Il fallait bien vivre.
Cet ancien membre de la Commune eut des déboires- guand, après ramnistîe, il voulut reprendre son métier d'avocat. On le lit rayer du tableau de Tordre. Depuis, il a été tout à coup exhumé de Tombre où il s'était retiré pour être porté aux élections municipales par la gauche du parti intransigeant.
Believille lui a préféré un ouvrier quelconque. Cet échec humiliant l'a fait rentrer dans le silence*
Il donne aujourd'hui des conseils aux plaideurs dans rembarras.