FLOTTE
Il est très aimé dans le parti, le « père Flotte. »
Dans sa jeunesse, il était cuisinier. A lacha- . leur de ses fourneaux, il s'éprit de Blanqui, dont , il devint le partisan fidèle.
Il fut condamné avec lui le 15 mai 184^ par la Haute-Cour de Bourges.
Après sa détention, il passa en Amérique où il fonda, à San Francisco, un grand Hôtel-Restaurant qui réussit admirablement.
En 70, il éprouva le besoin de « saluer la République française. » Il céda sa maison de San Francisco à son neveu et revînt à Paris. II y est resté depuis.
Il a raconté lui-même dans une brochure récente le rôle qu'il a joué pendant la Commune. Il s'est alors exclusivement consacré à négocier réchange de l'archevêque et de ses compagnons de captivité contre Blanqui...
GAUSSERON
« Il fallait un calculateur. Ce fut un danseur qui l'obtint... »
Beaumarchais aura toujours raison.
Gausscron, officier de mobiles pendant le siège, entra, dès les premiers jours de la Commune, dans la magistrature! 11 fut nommé commissaire aux délégations judiciaires!!
Pendez-vous, M. Clément.
Vint la tourmente finale. II gagna l'Angleterre où il s'établit professeur. Que de métiers divers!
A riicure qu'il est, M^ Gausseron occupe, à Paris, une importante situation dans une dos îi:randcs écoles de la Ville.
Il n'est plus terrible que pour les « jeunes élèves ».
GIFFAUT
Un alorable garçon qui est aujourd'hui l'un des principaux rédacteurs du journal Y Intransigeant.
On ne saurait vraiment trouver un jeune homme plus tranquille, plus doux, de meilleure compagnie.
Pendant la Commune, il était employé à la Préfecture de Police, au bureau des Archives, sous les ordres de Jeunesse, [qui depuis est mort diabétique.
Giffaut avait la mission de rechercher dans les archives les noms de ceux qui avaient trahi le parti.
A ce titre, il fut un jour l'instrument d'un procès inlime éminemment dramatique.
En parcourant des dossiers, il acquit la preuve certaine qu'un des républicains les plus estimés, Joseph lluault, ami intime de Ranc, n'était qu'un espiou politique.
Giiïaut était contraint de faire connaître sa découverte.
Quand on lui dit que Ruault avait trahi, Ranc, qui est pourtant Ihomnie le plus froid du monde, pleura...
Aux derniers jours de mai, l'espion fut conduit rue Ilaxo avec les otages et fusillé à côté d'eux.
Après la Commune, Giiïaut, acxusé d'avoir participé à riricondie de la PrùfecLure de Police, fut transporté à l'Ile-Nou où sa jeunesse et son air doux lui valurent un bien-être relatif. Au lieu d'être condamné comme les autres à labourer la terre et à nettoyer des écuries, l'ancien employé de la Préfecture fut attaché aux bureaux de Tadministration. Il faisait des plans et portait des habits propres.
Ancien élève d'Elisée Reclus, il avait des ap-
titudes géographiques que léebfflclers poiivaieht i utiliser. Ils lui firent flaire des traTaajuiiopo- ' graphiques, cartographiques, etc. Ainsi la carte ^ de la colonie a été dressée par Tancien employé des Archives de la Commune.