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journal, c'est-à-dire une valeur commerciale, à rindîfférence publique.
Président du tribunal : L'éternel Joffrin.
Avant rauditlbti de&=4gâioins, un avocat improvisé, le citoyen Crié, se lève :
•— Citoyens, dit-ii, j'ai le plaisir do vous annoncer que vous n'allez pas exécuter le citoyen Lissagaray...
— Mqnsieub Lissagaray, crie une voix.
— Monsieur, soit I Je ne tiens pas aux formules ; je voulais vous dire que vous n'exécuterez pas monsieur ou le citoyen Lissagaray en effigie. Il va venir. Il sera ici à dix heures. Il saura, espérons-le, faire triompher SOQ innocence I
— Oh I là là I Nous verrons ! Ce sera difâcile. Je demande la parole.
C'est le citoyen Brousse qui dit ce dernier mot. Il tient à manger, en guise de hors-d'œuvre, M. Crié, qui s'est permis d'écrire dans « le journal bourgeois de M. Clemenceau ». Puis il cède la parole au citoyen Labusquîère, l'accusateur public qui, pendant une heure et demie, — pas une minute de moins, — va flétrir Monsieur Lissagaray.
— Lk citoykn Lissagaray, crient les défenseurs de celui-ci.
270 LES SURVn'ANTS DB UL COMMUNE
— Il loi arrivait de m'appeler monsieur. Je peux ' biea le désigoer ainsi.
La salle est très houleuse. Elle se divise eu . deux camps bien distincts. Les uns voudraient sauver la victime contre laquelle les autres voudraient s*acharner. C'est toujours, on ne l'ignore pas. le parti cruel qui l'emporte.
Toutefois les défenseurs de monsieur ou du citoyen Lissagaray obtiennent qu'une demi-heure après son arrivée, on lui permette de parler.
Il gagne la tribune ; mouvement d'attention, suivi d'un tumulte inénarrable. L'accusé cat enrhumé. Il demande un jury d'honneur.
— Plus haut, crieut les uns. Nous ne sommes dooc pas des gens d'honneur ? beuglent les autres. — Prends du jujube, hurle-t-on au fond de la salle.
L'accusé se démène, s'efforce, crie, proteste. On l'interrompt à chaque phrase, ses amis le défendant moins haut que ne Tincriminent ses " ennemis.
Et ainsi jusqu'à une heure et demie du matin, heure h laquelle l'exécuteur Joffrîn parvenait seulement à faire tomber le couperet de la guîirotîné.
A qui le tour ?
Nous devons ajouter que, malgré cette exécu-
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tion, M. Lissagaray se porte admirablement bien. A l'heure de l'action, ses adversaires lui pardonneraient ses feuilletons, ses faits-divers, ses comptes-rendus judiciaires et nous le verrions alors à Fun des postes les plus avancés, — et les plus dangereux pour nous, — du parti ouvrier.