‹ Les suspects en 1858: étude historique sur l'application de la loi de surété généraleChapitre 23 sur 60 · Biographie de /. P. Chevalier j par Gustare Dorieux · texte numérisé non relu

Biographie de /. P. Chevalier j par Gustare Dorieux

Tut arrêta. Après avoir passé un mois aux ^midlf chapeauXy la maison d'arrêt d'Amiens^ il ftit enTojé i Ikyollens, où il resta trois mois. Exilé ensuite par laoomimssion mixte do département de la Sonmie^ fl alla se fixer à Londres, é, rentra à Amiens quelques années après.

U y vivait de sa profession de pharmacien, ne s*oociipant plus de politique , (on ne s'éù occupait pas en ce temps-là I ) faisant le bien, soulageant les infortunes, se rendant utile & ses concitoyens, lorsque, le i4 £6vrier 1858, il fut brusquement arraché à sa fomDle, à ses enfants, à ses amis, à son pays , jeté en prison et conduit à Marseille dans les voitures cellulaires, d'où on rembarqua pour rAlgèrie avec les autres déportés.

n débarqua à Alger et de là fut envoyé à Medeah, où il fut intehiê. A Médéab, raconte son biographe, il sut se rendre utile à tous comme pharmacien et comme praticien. D avait pour compagnon d'internement M. Lambert, avocat, il. Renardet, ancien notaire à D^on; 11. Macnârt, professeur de physique i D\jon; M. Arrivets, négociant, et M. Goudounèche, ancien instituteur à Paris. Il ne tarda pas, cependant, à être envoyé à Blidah où, jusqu'au jour de sa rentrée en France, il sut mériter les sympathies de tous.

Il revint à Amiens après l'anmistie. Grâce à la popularité dont il jouissait, il put remonter sa pharmacie. Il est tnort pendant Tépidémie cholérique de 1866. C'était un homme de bien. - ~ ^

IsnwRB Ttacium «t uamsrdonddebobfAariaa^ -.démné am docte «o parti r^nUiain, m^ doBl la cftraetère bufliBuif Atiit notoire- On doos rqiporte, la n^de Km anestatioa, nnliit dont nous ne puuTCBB garantir l'authenticité , mail (pn sertît CKictérie tt ^— de cette époque de tristeise et de denU. Cmnina on bétonnait devaDt le géuéiml Bojer de l'am^atioB da . Tbuillier, le général répondit : ■ Je le regretta nuis oft-

■ me l'avait dénoncé; que TOoleE-Tons, Uliit bieB

■ faire quelque chose. >

Tbuillier était parti d'Amiens avec sa voiture, par an mercredi de février 1858, pour se rendre au marché d'Abbevîlle , où il devait rentontrcr des marchands de bois. Dans la soirée, il qmUiaiX Abbeville; maïs, quelques heures après, la police pt U gendarmerie , qui avaient ordre de l'appréhender, arrêtaient tous les voyageurs qa! se trouvaient à Abbeville, espérant le tronrer dani le DOEobre. Sur l'indication qui fut donnée aux gendarmes, que Tbuillier était parti pour Grécy, ils y accoururent, mais fouillèrent en vain le village , et tous ceux qai se rencontrèrent sur la route.

Le lendemun, Thaillier se rendit à Harcheville pour les besoins de son commerce, et se dirigea ensuite sur Vron. A Harcheville, où les gendarmes élaient arrivés, un individu, qui fut pris pour Thuillier, fut arrêté. Toutes les brigades de l'arrondissement étaient sur pied pour mettre la main sur ce malheureux Tbuillier qui

ne s'en doutait guère. Tous les villages, toutes les campagnes furent battus. Enfin, le surlendemain, Tendredi, S6 féy|[ier, à trois heures du matin, Tbuillier fut arrêté à Yillers-sur-Authi, où il était descendu la veille au soir. Il fut conduit à Abbeville, ensuite à la prison d'Amiens, où on le dépouilla de son argent, de tous les objets qu'il avait sur lui, puis on le conduisit à sa cellule. « Mais «i vous dites un mot de politique, si vous élevez la voix contre la religion, lui fit observer le gardien, j'ai l'ordre formel de vous mettre au cachot. »

Tbuillier fut séquestré là pendant vingt-cinq jours, sans que personne pût parvenir jusqu'à lui.

Au bout de ce temps , il fut conduit devant le préfet Mouzard-Sencier, qui lui demanda s'il faisait partie d'une société secrète ? Sur sa réponse négative, M. le préfet lui dit:

« En connaissez- vous, des sociétés secrètes ?

— Aucune, répondit*il.

— n faut faire des révélations, lyouta le préfet, votre liberté est à ce prix.

— Je ne suis pas un mouchard, répliqua Tbuillier, et je n*ai rien du reste à révéler. >

Là-dessus, Thuillier futreconduit en prison, où il resta encore douze jours. Au bout de ce temps, un conmiissaire de police vint lui apprendre qu'O partait pour l'Afrique en voyage de plaisir. Il pût, à grande peine, faire

pÛéT MÛ àe hes aiidii dé ïrà apporter Aé Tèigent» et h ne lui iùt pas dônni iô potatoif éi^rassèir sa tàmille.

ÉiAûj on le mit àihk nne Voiidre tellolâirey ob Q tiroâvà CbèVsÂier.

ikk dëni ôotaraireiizîitoVénil touSâriftnt ik dedans tout

ce que souiSnreni leturi malheureux compagnons dlhfbrinne. Arrivés à IPàriis, oh les conduisit à la gare de Lyon, n Àtatt alors deux heures du soir. On leur oÉrit un mbïteàti de pâlta et ÛA bromage corrompu quHs refluèrent Le léïidemjlih, k midi, souflMuii àé la iùni et dé la soif; Thùlllier, àyiht dem&hdè d'obteiùr dé quoi boire avec sttn ari^t, où \m répondit qu^on hleiTiuii pais ié léîbi>é ; bé n*est qtf î Ùijjon qtie, moyenuanl son propre itfgent, li ptti se profetak^r une bouteille de Ha él jn mbl^tt dé pain.

Enfin, il arriva à Marseille, et, de là fut dirigé sur l'Afrique.

n est revenu à Amiens après l'amnistie^

Page 1