‹ Les suspects en 1858: étude historique sur l'application de la loi de surété généraleChapitre 25 sur 60 · COTE-D'OR · texte numérisé non relu

COTE-D'OR

Cèliliqui présidait à radmiïiistration du diéjl^'aftéittent dô la Côte-tf Or en 1858, était If. Jean de Bry.

Ce département fournit à la tranaportation le nombre demandé de citoyens. Voici leurs noms :

Louis Golot, modeleur, à D^jon.

Rbnardvt, ancien notaire.

MoRKAUi notaire à Saulieu, ancien conseiller g6-

néral.

IIachart, professeur de physique, à Dyon.

Le S4 février 1858, à cinq heures du matin, huit agents de police et le conmiissaire central pénttrërenV dans le domicile du citoyen Colot. Le commissaire central lui dit qu'il avait un mandat de perquisition ; il protesta en vain contre cette étrange &con d'agir. Son appartement fat fouillé dans tous f^^ coins et recoins^ et les agents de l'autorité ne trouvèrent qu^un rouleau de papier qui était v/a essai sur le drainage et un prt^et de crédit agricohf deux pistolets espagnols, gravés et damassés de fleurs de lis en argent dont les batteries étaient brisées et que Colot conservait comme objet d'antiquité, et un petit couteau de chasse.

Ces objets saisis, on procéda à Tarrestation de Colot, qui fut conduit à la maison d*arrét de Dijon. Son ëcrou fut dressé, et, avant d'entrer dans un cachot, il dut supporter l'humiliante formalité qui consiste en la visite des poches et de la personne. Arrivé dans une cellule où il fut mis au secret, il demanda successivement de la paille, car celle qui s'y trouvait était pourrie, de l'eau,

car celle qui était dans la cruche sentait mauvais, du feu, car il faisait un froid terrible; il n'obtint rien. Sealement un gardien, qu'on aurait pu croire muet, lui a;^ porta un morceau de pain et un peu de bouillon.

Le lendemain, il trouva sur Je préau les citoyens .Vlacharl et Renardet. Ce dernier, qui revenait de Paris, avaitété arrêté à la gare, à sa descente du train.

Tous trois ignorant la cause de leur arreslation, écrivirent au procureur impérial et au préfet pour savoir de quel crime ils étaient accusés, mais ne reçurent pas de réponse.

Ils restèrent U onze Jours sans communication avec le dehors. Enfin, le douzième jour, plus heureux que la plupart de leurs coreligionnaires, qui subissaient en ce moment le môme sort qu'eux, ils purent recevoir leurs femmes, leurs sœurs, leurs familles. Pendant ce temps, comme nous l'écrit l'un d'euK, •< on fabriquait à Paris la loi des suspects. -

Le 18 mars, un commissaire de pohce et deux agents les firent descendre à la gedle, et on leur lut • une paperasse » qui les condamnait à la transportation en Algérie. Les malheureux protestèrent de noareau en demandant des juges. Des juges!...

Étaient-ils seuls frappés dansleurdépartementî Us l'ignoraient, quand, le lendemain, ils virent arriver le citoyen Moreau de Saulieu qui, arrêté dans son domicile, avait été amené à la prison les menottes aux mains.

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la li^tion ^ Kçm fiioroof «Q^TflSt (WÇfi#lt 4$ ^^ et ils par^^ poi^B I^V^Uf^fi àk ij/^ ^^^\ i^H ^

htBM fit dfi Ififl noiter dans las rjiiftina to i du fiirt Sftintv Nicolas.

Bl tP«R*wat fe ÇK>»iffewe Paçajêfflllti «^Ttl*

MMÊÊiafi du Satnt-t^aqM) a( betncmip d'-antru.

IM GMenuttea étauapt plaiBM} 3» fouMmt oUlgito diM cd^M où ils étaient de se tenir debout à tour de nUob pendant que les autres reposaient par terre. Le tmiîàne jour, ils furent séparés» les citoyens Macharb et Renardei faisaient partie du premier convoi et partirent pour Tiff ique* Le lendemain Moreau et Colot faisaient partie du second convoi; ils étaient kh; ils furent bii^ à bord de Gfi/fim* Ils débanQuàrent & MerstelrJlébir» après avoir écouté toutefois une tou(d^ante allocntion du ccuonmandant du bord qui leur manifes^ta sei regrets, et kur souhaita un prompt retour dans la métropole.

Us furent conduits au camp Saint-André, où, sous la direction d'un officier du génie, et ^rmés de pelles et de

pioches, ils durent déblayer et nettoyer leur DoorèOe prison.

Us restèrent là» quelque temps sous la surmUanœ d'un peloton du deuxième zouare qui ayait la consigiie de ne laisser pénétrer personne. Un jour» œpendant, des dames d'Oran vinrent au nom de la démocratie de cette ville leur apporter des oranges, des fleurs et des cigares. Certes c'était là une démarche bien innocente, TofOcier qui co9Hiuind4|t Tescouade, s'en ipontit pourtant fort courroucé.

Quelques jours après ils firent divisés ap quatre colonnes : l'une fut dûig^ siif Mascara, Taptre sur Tlemcen, la troisième sur Sidi-bel-Abès etla dernière sur Mostaganem. Uoreaq fSrâtit partie da celle de Masctfa, Qotlot de celle de Mostaganem; on leur fit une tfstribs- \fon de biscuit, et ils partirent i pied pour leurs daitma* tions respectives.

Ces quatre citoyens sont tous rentrés depuis dans Ifur

pty«-

Colot est aujourd'hui employé à ïëjoil Machart frt mort il y a quelques mois; Renardet babite la ftufie.

Moreau, qui est le frère de l'ancÎM ropiéwitiBt do peuple de ce nom, habite Saulieu.

Quel avait été I^ir crime, leur seul erÙMÎ il* ifaiept aimé la République.

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