LA FIANCÉE
LA FIANCEE.
SOUVENIR
La^ciale ogni sperania
DiSIE.
^^ îi ! dis-moi, qu as-tu fait de ta gaîté bruyante
De tes regards joyeux?
Quel chagrin a passé sur ta tète charmante?
Sur ton front soucieux ?
Jadis rien ne troublait ton hcurcuso innocence
Ton paisible bonheur ; Tendre fleur échappée à peine de l'enfance
Qui donc brisa ton cœur ?
Rejoins , rejoins encor tes compagnes rieuses ,
Partage leurs plaisirs •; Oh reviens te mcler à leurs rondes joyeuses
Appaisc tes soupirs ; Que sous tes petits pieds la salle encor résonne ;
Sur tes cheveux flottants Essaie en souriant une fraîche couronne
Des roses de nos fhamps.
Mais quoi! tes yeux dazur roulent encor des larmes?
Toujours cette pâleur !
Et sein oppressé ? ce front charge d'alarmes
Où se peint la douleur !
Pauvre enfant , qu'entouraient de si douces caresses
Tant d'amour maternel :
Oui ! le bonheur, pour toi, tenait lieu de richesses
Tu te croyais au ciel î !
Pauvre enfant, que jamais un air dur et sévère
Ne fit encor pâlir — Oh comment résister aux ordres de ton père
S'aurait été mourir ! !
Alors, donnant ta main , abattue et tremblante.
Tu promis en pleurant , Tu promis de l'aimer et ton ame innocente
Reniait ce serment !
Que de vertus, hélas, bouillonnaient dans ton ame?
Un seul rayon d'amour, En aurait fait jaillir une céleste flamme
Pure comme le jour !
Mais non, ils avaient cru, que de l'or, la parure,
Une vaine grandeur, Auraient pu remplacer dans ton ame si pure
Tes rêves de bonheur !
Que des brillants bijoux , des rubans , de la gaze ,
Des tissus et des fleurs,
Etalés à les yeux te rempliraient d'extase
Et tariraient tes pleurs ; Que le bouquet d'épouse et la robe flottante,
Pourraient faire cbérir Lbonime dont le nom seul , te glace d'épouvante
Et te fait tressaillir !
Ils ont cru qu'à seize ans , le chagrin est extrême
Mais ne peut qu'effleurer , Le cœur insouciant , où le bonheur lui-même
Ne sait long tems durer.
Ils ont cru, que bientôt, dissipant ta tristesse,
Rappelant ta gaîté , Sur tes nouveaux trésors , tournant avec ivresse
Un regard enchanté ; Qu'essayant tes bijoux , comme on fait à ton âge,
Tu courrais pour te voir , Qu'heureuse, en souriant à la charmante image
Que reflète un miroir.
Tu n'oserais rêver d'autre bonheur au monde ,
Que ton long avenir Serait là tout entier ta tristesse profonde
Les a tous fait mentir!
Il fallait à ton ame une ame pure et tendre ;
Il te fallait un cœur , Qui n'aima que toi seule et qui sut bien comprendre
Son immense bonheur.
Ils ont conclu sans toi ce marché mercenaire
Et sans l'interroger Ils te feront passer des baisers de ta mère
Aux bras d'un étranger !
Quand vos trésors n'ont rien qui tente ce bel ange ,
Qui pour elle ait du prix , Que lui donnerez-vous , ici bas , en échange
De ses longs jours d'ennuis?