LION
Horapollon dit que les Égyptiens représentaient Y âme ou Y incandescence , Svpàç , par le lion (Horap.
(1) La dernière lettre se change ici de n en u , parce que ces deux lettres éprouvent souvent ccttc mutation en hébreu (Gesenius, p. 385 ) ; quoiqu’il en soit, cette racine ne peut être douteuse, puisqu’elle vient du verbe 333 percer, ouvrir, qui forme les mots t<33 prophétiser, et 033 contempler.
(2) in lumière , et ^33 ou rD33 une ouverture, une porte , de 333 percer, ouvrir. (Gesenius, verbo 333.)
Le nom hébreu du lion, N'Qb lbia, se forme de la racine 3b lb , qui signifie l’âme , le cœur; rob lbe, la flamme , le cœur.
Horapollon ajoute que le lion se fait remarquer par la grandeur de sa tête, ses pupilles enflammées, sa face ronde entourée d’une crinière radiée à l’image du soleil ; et que c’est pour ce motif que l’on place des lions sous le trône d’Horus , pour montrer les rapports symboliques de cet animal avec la divinité.
Le nom d’Horus , le dieu Soleil , signifie également en hébreu le soleil , "VIN aür , prononcé hor ou "IN ar , le soleil.
"HN ari est un des noms hébreux du lion et du feu; le mot bN'HN arial est interprété par lion de Dieu ou feu de Dieu, et bN"IN aral, lion de Dieu, héros (Gesenius).
Ainsi les rapports symboliques qui existaient, d’après Horapollon, entre le dieu Soleil et le lion, se manifestent dans l’hébreu de la manière la plus évidente.
Les parties antérieures du lion avaient , d’après le même auteur, la signification de force (Horap. 1. 1 8.) Le mot Wb nscu désigne un lion et la force (Gesenius).
La tête dn lion était, d’après Horapollon, le symlx>le de la vigilance et de la garde , parce que cet
DE L’ÉGYPTE
animal ferme les yeux lorsqu’il veille et les ouvre en dormant ce qui désigne la vigilance ; c’était à cause de cette attribution symbolique que l’on plaçait des lions aux clôtures des temples comme gardiens (Horap. I. 19).
La tête du lion avait été spécialement choisie pour désigner la vigilance et la garde , à cause des rapports établis entre le lion et le soleil; le nom d’Horus ou de la lumière “IX ar forme le verbe HX1 rae , voir, prévoir, contempler; et le nom du lion ’HN ari forme celui de la vision , X“I rai.
D’après M. Champollion, le lion était l’emblème de Phtha et d’Aroeris (Notice du Musée Charles X, p. 43).
On trouve dans le copte mot* lion, et wOtte splendeur.
LIS ou LOTUS.
Une tige de lis ou un bouquet de la même plante exprimait l’idée de la région ou l’Égypte supé- * rieure ; une tige de papyrus avec sa houppe , ou un
bouquet de la même plante, était le symbole de la région d’en bas ou l’Égypte inférieure. (Champ. Gramm. égypt. p. 25 ; Inscription de Rosette, lig. 5.)
Le lis et le lotus symbolisaient l’initiation ou la naissance à la lumière céleste ; sur quelques monuments , le dieu Phré (le soleil) , est représenté naissant dans le calice d’un lotus. (Champ. Notice du Musée Charles X, p. 18; cfr. Jablonski , llorus ,
1 Ai nom hébreu de la haute Égypte DV"ir© pthrus se forme de la racine T© pthr, interpréter les songes.
L’Égypte supérieure était la terre natale des augures , le berceau de la religion , de l’initiation et de la science, comme le lotus est le berceau de Phré, le soleil.
Le papyrus, signe de l’Égypte inférieure d’après l’inscription de Rosette, indiquait, suivant Horapollon , la première nourriture des hommes et V antique origine des choses (Horap. I. 30).
Le nom hébreu de l’Égypte inlérieure est TW mtsur , mot formé des deux racines ÎTa'D mise , le pain azyme , le pain non fermenté , première nourriture des hommes (1) , et de tsur, rassembler, lier ensem-
. (1) Le papyrus fut la première nounilurr des Égyptiens (Héro-
dote , II , 92).
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ble, "Tfif tsrr, un faisceau ; le faisceau de papyrus était, d’après Horapollon, le symbole de Y antique origine des choses.
D’après ses significations hébraïques, l’Egypte inférieure était la terre de l’agriculture et de la réunion des hommes en société, c’est ce qu’indique son nom même "fi¥D , YËgypte et une frontière, une citadelle, une ville fortifiée, et ce qu’exprime également sur les hiéroglyphes le pain, HXD mtse, racine du nom de l’Egypte inférieure (voyez l’article du Pain sacré).
L’Égypte portait encore un troisième nom expliqué à l’article du Crocodile.