JAUNE
Chez les Egyptiens comme chez les Hébreux, le feu était le symbole de la vie divine, de la vie humaine, et de la vie qui anime tous les êtres créés.
La divinité dans son essence intime était considérée par les Égyptiens comme étant mâle et femelle (1 ). La chaleur du feu représentait le principe mâle universel.
La lumière du feu était le symbole du principe femelle.
(1) Des Couleurs symboliques, p. 105. Cfr. le Panth. égypt. de Champ. A mon et A mon femelle.
Le Pimandre, qui nous a conservé, du moins en partie, d’après M. Champollion, les doctrines de l’Égypte (1 ), nous révèle ce mystère.
La pensée, dit Hermès, est Dieu mâle et femelle, car il est vie et lumière (Pimandre, cap. I. § 9). Il est évident que la vie opposée à la lumière désigne l’ardeur du feu et le principe mâle, comme la lumière symbolise le principe femelle.
J’ai établi autre part que le rouge fut le symbole de l'ardeur du feu, et le jaune celui de la lumière : de même dans la langue hébraïque le nom de la couleur rouge est formé de celui du feu, et le nom de la couleur jaune ou couleur dorée 3!"î¥ tseb, désigne une émanation ou un rayonnement de la lumière, comme l’indique sa signification propre briller, resplendir.
La conséquence nécessaire de ce qui précède est que le principe mâle symbolisé par le feu ardent dut être représenté de couleur rouge , et le principe femelle s’identifiant à l’idée de lumière dut être peint de couleur jaune. Le Pimandre nous donne ainsi l’explication de ce fait singulier, que sur les monu-
(1) «* Les livres hermétiques, dit M. Champollion, malgré les « jugements hasardés qu’en ont portés certains critiques modernes, « n’en renferment pas moins une masse de traditions purement n égyptiennes, et constamment d’accord avec les monuments. »
(Panthéon égyptien, art. Thoth trismégisle).
DES COULEURS
raents égyptiens les hommes ont la chair rouge et les femmes la carnation jaune.
M . Champoilion -Figeac croit que cette différence vient de ce que le teint des femmes était moins foncé que celui des hommes (Égypte ancienne, p. 29); dans cette hypothèse, on concevrait une dégradation dans la teinte ; mais il serait impossible d’expliquer comment les hommes sont rouge cerise, et les femmes jaune citron, ainsi que M. Champoilion jeune les représente dans sa Grammaire égyptienne, p. 8, et dans son Panthéon égyptien , et comme les monuments en font foi.
La vignetteen tête decechapitre représente Athor, ou la Vénus égyptienne , dans le disque solaire (1). Athor, épouse de Phtha, ou du feu, est la divinité de la beauté et de la lumière; son nom signifie habitation d'Horus (Plut. De Iside), sa couleur est le jaune.
Sur les anaglyphes, le disque du soleil est peinten rouge ou en jaune, et quelquefois en rouge entouré d’un bandeau jaune. Sur un monument publié par M. Champoilion, le soleil levant est représenté par un disque jaune, et le soleil couchant par le disque rouge bordé de jaune (Panthéon égyptien, Ré).
(1) Description de l’Égypte ant. vol. IV, pl. xxjii, corniche du grand temple de Dcnderah.