‹ Les Symboles des Egyptiens comparés à ceux des HebreuxChapitre 56 sur 66 · VERT · texte numérisé non relu

VERT

Le nom hébreu de la couleur verte est pT irq, viridis, qui signifie également la verdure, Y herbe verte.

Ce mot dérive des racines iTV 1 ire, fonder, coordonner, et de p”l rq , le vide, Hpl rqe, le temps, l’ea;pansion du vide, JPp"l le firmament.

Ainsi le nom de la couleur verte désigne la fondation du temps, la création du monde, la naissance de tout ce qui est ; c’est le sens donné au vert dans l’ouvrage sur les couleurs symboliques, et c’est aussi la valeur constante qu’il reçoit sur les monuments égyptiens.

Le dieu fondateur du monde, Phtha, le créateur et le stabiliteur, a toujours la carnation verte.

Phtha, àil M. Champollion, est l’esprit créateur actif, l’intelligence divine qui, dès l’origine des choses, entra en aclionpour accomplir l'univers, en toute vérité et avec un art suprême. (Panth. égypt. Cfr. Jamblich. De Mysteriis, sect. VIII, cap. vm.)

Ses chairs, ajoute le savant français, sont toujours peintes en vert.

Celle divinité tient à la main un sceptre surmonté de quatre corniches qui dans l’écriture hiéroglyphi-

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que est le symbole de la coordination (Champ. Panth. égypt.); et la racine ÏTP signifie coordonner, instituere, conformare(Gesenius); ce sceptre est peint des quatre couleurs attribuées aux quatre éléments, le rouge marquant le feu ; le bleu, l’air ; le vert, l’eau ; et le jaune fauve ou tanné , le sable ou la terre. (Cfr. Emeric-David, Vuïcain, p. 65.)

Le vert fut attribué à l’eau parce que dans la cosmogonie égyptienne l’eau était l’agent primordial de la création. (Champ. Panth. Cnouphis-Nilus.) Le mot m 1 ire, racine du nom de la couleur verte, signifie jeter les fondements et arroser.

Phtha est non seulement le créateur du monde, mais le régénérateur ou le créateur spirituel de l’homme ; sous la forme de Phtha-Socari, il règle les destinées des âmes qui abandonnent des corps terrestres afin d’être réparties dans les trente-deux régions supérieures. Sa carnation est également verte. (Champ. Panth. planch. xi.)

La signification de la couleur verte étant donnée par son nom et par son attribution au dieu créateur du monde, il est facile d’en faire les applications aux autres divinités.

Le dieu Toré ou Thra, le monde personnifié, est représenté assis dans une arche flottante sur les eaux cosmogoniques vertes. (Champ. Panth. égypt.)

Le dieu Lunus (la lune), dont la carnation est verte, est également assis dans une barque ou bari qui vogue sur les eaux vertes ; le dieu Lunus était sans doute une divinité cosmogonique , puisqu’il paraît avec les emblèmes de Phtha, le sceptre de la coordination à la main. Le nom hébreu de la lune ITT’ irhe est formé de l’une des racines de la couleur verte HT ire, qui signifie fonder et coordonner, instituere, conformare (Gesenius).

La même racine ÎTP ire signifie de plus instruire et arroser. Nous avons vu à l’article de la Rosée que ce symbole désignait la sainte doctrine. Le dieu instituteur des hommes, l’organisateur de letat social; le dieu des sciences, de la sainte doctrine et des liiérograinmates, Thoth, a les chairs peintes en vert sur deux monuments reproduits dans le Panthéon égyptien de M. Champollion. Thoth verse sur la tête du néophyte les eaux purificatrices, symbole de la rosée céleste. (Voyez la scène du baptême égyptien, en tête de ce volume.)

Netphé, génératrice des dieux, dame du ciel, ainsi que le porte la légende de cette divinité, est. souvent représentée au milieu de l’arbre Persea versant sur les âmes la boisson divine ; sa carnation est verte.

Enfin Neith à tête de lion, nommée Pascht, représente le principe régénérateur sous l’emblème

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de la vigilance et de la force morale, le lion ; elle saisit de ses deux mains le grand serpent ennemi des dieux et symbole des méchants et des impies, nommé Apop. L’inscription qui accompagne cette image de la divinité est : Pascht puissante, œil du soleil, souveraine de la force, reclrice de tous les dieux châtiant les impurs.

Les trois formes sous lesquelles elle est représentée dans le Panthéon de M. Champollion , la montrent toujours avec la carnation verte.

Pascht, protectrice des guerriers, représentait, d’après le hiérogrammate français, la sagesse qui donne la victoire. (Panth.)

Le vert était le symbole de la victoire (Couleurs symboliques, p. 21 5). Le serpent percé par les glaives des dieux paraît, sur le Rituel funéraire, enfermédans une demeure verte.

Neith se manifeste encore sous la forme de la déesse Seben, la Lucine égyptienne, qui présidait aux travauxde l’enfantement; elle est représentée sous trois formes diverses dans le Panthéon de M . Champollion , et constamment avec les chairs vertes.

La couleur verte symbolisait la naissance matérielle et la renaissance spirituelle; d’après une tradition symbolique long-temps conservée, Y émeraude hâtait l’enfantement (Couleurs symboliques, p. 214), et la

Lucine égyptienne est de la couleur de l'émeraude.

La symbolique de la couleur verte , dont nous ne donnons ici qu’un court aperçu, domine les monuments religieux de l’Égypte; le motif est qu’elle enseignait le fondement même des mystères de l’initiation, c’est-à-dire la naissance du monde et la création morale des néophytes.

ROUX ou TANNÉ.

Le nom de la couleur rousse pDPl remets, signifie l'oppresseur, le violent, ruber , oppressor, violentus (Roseninüller, Vocabul.). Nous avons vu que ce mot était formé de DÛ hem, la chaleur dévorante ; DTI heüm, la couleur noire (Voyez l’article du Crocodile). Ainsi, ce motcorrespond parfaitement à la couleur rougenoir, attribuée, d’après Plutarque et Diodore de Sicile , à l’esprit oppresseur et violent, à Seth ou Typhon (Couleurs symboliques, p. 257). La concubine deTyphon, Thoueri est représentée avec la carnation couleur tannée, sur une peinture du Panthéon égyptien de M. Champollion.

“llp qdr , tanné, roux, pullus subniger, signifie de plus sale, être dans l'affliction, et les Ismaélites. (Gesenius.)

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