‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 11 sur 143 · VENTS D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

VENTS D'AUTOMNE

Tenez la porte close et gardez votre cœur !

Je sens un souffle aigu, j'écoute un bruit moqueur;

Voici les vents d'automne.

Les feuilles devant moi volent en tourbillons; Un brouillard glacial étend sur les sillons

Sa blancheur monotone.

Adieu, tièdes zéphyrs aux murmures discrets! C'est la bise insolente; elle arrache aux forêts

Des cris de mille sortes.

Je l'entends qui nous raille en ses longs sifflements... Et j'ai fait, sous mes pieds, comme des ossements,

Craquer les branches mortes.

Iad ah .

e m'éveille au milieu du lointain univers Où tu m'as entraînée, e cherche autour de moi, dans nos jardins déserts... J'y suis abandonnée !

Que nie font ces fruits d'or dérobés sur ta foi

Pour les goûter ensemble?

Que me font ces beaux lieux où j'aspirais pour toi?

J'y suis seule et je tremble.

Pauvre cœur, à jamais exilé de l'amour,

Mon supplice commence.

Pourrai-je sans mourir traverser tout un jour

Ma solitude immense?

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