‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 42 sur 143 · L HIVER · texte numérisé non relu

L HIVER

Il en a pris au tronc où fut gravé Un chiffre encor souriant sur le hêtre, Où, dans le nid, fut, pour elle, enlevé Le gai pinson qui chante à sa fenêtre ;

La branche aussi d'où l'amant fit pleuvoir Sur un cou blanc les vermeilles cerises, Et celle encor du saule à feuilles grises Qu'il écarta sur son bain pour l'y voir ;

Et les rameaux du bois plus solitaire Où tant de mousse invite à se poser, Sous le rocher qui garde avec mystère L'écho furtif de leur premier baiser!

A pas rêveurs le vieillard nous apporte Son lourd faisceau dont il aime le poids; Du chaume antique il a franchi la porte, Sur les chenets il a rangé le bois.

Là, chaque brin du fagot qu'il ménage Flambe à son tour et fait durer le feu... Débris ardents des trésors d'un autre âge, Vous pouvez seuls le rajeunir un peu !

Assis dans l'âtre, en sa robe de laine, Il tend ses doigts vers les rouges tisons ; Sur le chenet tiédit sa tasse pleine D'un vin gardé des fertiles saisons.

Du doux brasier son cœur ressent le charme La sève encor monte à ses yeux taris;

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