LE DONJON
Il s'est écroulé sur sa base antique, Le toit des aïeux, le toit rude et fier Où l'honneur venait, d'une main rustique, Pendre et la faucille et l'épieu de fer.
Il s'est écroulé sous des bras servîtes ! Et, du vieux granit pris à ta maison, D'obscurs étrangers pour des œuvres viles Ont bâti des murs sans forme et sans nom.
Et toi, tu t'en vas sur la route adverse, Vivant sous la tente, éphémère abri, Que chaque saison déplace ou renverse, Mais toujours plus loin du manoir chéri.
Perdant, chaque jour, avec le courage, Un trésor du cœur, un legs des tombeaux, Tu vois, sur tes pas, fuir, à chaque orage, Quelque souvenir qu'on met en lambeaux.
Si la ronce, au moins, les fleurs des ruines, La nature, ornant ce que l'homme abat, Venaient s'emparer des chères collines Où germa ton sang, un jour de combat 1