‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 57 sur 143 · VOIX DES TOMBES · texte numérisé non relu

VOIX DES TOMBES

Tu cherches vainement, dans ces funèbres nuits, Ceux qui se partagaient le poids de tes ennuis

Et qui te donnaient leur courage.

Où sont-ils, ces grands cœurs, pour t'ouvrir leur trésor ? Où sont-ils, pour sourire et pour pleurer encor,

Tous ces amis du premier âge?

Ceux à qui tout penser peut se montrer à nu, A qui chaque recoin de notre âme est connu Comme un logis l'est à ses hôtes.

Il8 LES SYMPHONIES.

A qui nous demandons leur sévère coup d'oeil, Confessant devant eux, sans honte et sans orgueil, Les vertus ainsi que les fautes;

Ceux qui, dans les travaux, les périls du chemin, Combattaient à la fois du cœur et de la main,

Mieux que toi prenant ta défense; Ceux qu'on interrogeait, comme un passé vivant, Sur ces vieux souvenirs racontés si souvent,

Ceux qui te rendaient ton enfance?

Ceux-là n'ont pu lever le marbre du cercueil ; Pour donner le conseil avec le doux accueil,

Leurs chères ombres sont absentes; Rien, pour eux, n'interrompt la morsure des vers : Car on n'entend jamais, des tombeaux entr'ouverts,

Sortir que des voix menaçantes.

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