‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 82 sur 143 · LA CLOCHE DE L HOSPICE · texte numérisé non relu

LA CLOCHE DE L HOSPICE

Voyageur errant, La nuit te surprend, L'avalanche est proche.

Entends-tu, dans l'air, Vibrer un son clair?

Entends-tu la cloche?

Pour si haut voler Et pour t'appeler

l66 LES SYMPHONIES

Par des sons fidèles, Notre lourd métal Dans le feu natal A trouvé des ailes.

Le fondeur pieux, Qui fit pour les deux La cloche aumônière, Au bronze écumant Mêla saintement L'or de sa prière.

Et l'oiseau d'airain

Cher au pèlerin

Qui sur lui se règle,

S'est venu percher

Au bout du clocher,

Plus haut qu'un nid d'aigle.

Or, toutes les fois Qu'on entend sa voix Tinter à l'oreille, La nuit ou le jour, C'est l'ardent amour Qui frappe et l'éveille.

Il dit : qu'au désert Un cœur reste ouvert, Un toit qui protège; Qu'en des lampes d'or Un feu brûle encor A travers la neisje!

Qui m'a parlé plus haut que le glacier géant ?

Est-ce une voix des hommes ?

Vertu, qui fois ici subsister leur néant,

Il faut que tu te nommes 1

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