‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 85 sur 143 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

C'est moi qui décoche à ta vitre Ce rayon d'or leste et joyeux Dont le feu, sur ton noir pupitre, Tombe, et rejaillit dans tes yeux.

Ferme, en chassant ton rêve sombre, Ce livre jaune où tu t'endors; Fuis gaîment la ville et son ombre Pour me suivre aux prés, d'où je sors.

Je suis le printemps ! Dieu m'envoie, Plein de musique et de couleurs, Pour semer la vie et la joie Dans les âmes et dans les fleurs.

Je fuirai sans regrets ce toit sombre et mon livre, O printemps! mais je veux du moins,

Sous ton jeune soleil qui m'invite à le suivre, Marcher sans guide et sans témoins.

Je hais tous les sentiers que le passant me nomme,

Tout lieu d'où je suis revenu ; Je veux, dans le désert, loin des traces de l'homme,

Je veux voir de près l'inconnu.

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