‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 9 sur 143 · CHŒUR DES SIRÈNES · texte numérisé non relu

CHŒUR DES SIRÈNES

La douce voix de la Sirène Est plus douce à qui vient plus près.

Le vent dort, la mer est sereine; Suis l'instinct charmant qui t'entraîne A jouir de nos dons secrets.

Cherche avec le Triton folâtre A dénouer nos cheveux d'or, A plonger sous l'onde bleuâtre Qui s'enlace à nos flancs d'albâtre :

Des beautés s'y voilent encor.

C'est nous, au pays de ses rêves, Qui portons le cœur ingénu; Au poète errant sur nos grèves, Nous faisons respirer, sans trêves, L'air enivrant de l'inconnu.

Quiconque à nos flots s'abandonne Verra des palais enchantés Où tout désir a sa couronne, Où, par nous, jour et nuit résonne Le plein accord des voluptés.

Si d'un regret ton cœur soupire, Nous guérissons du souvenir.

Là, dans l'air, l'oubli se respire, Et quiconque a vu notre empire A refusé d'en revenir.

Suis l'instinct charmant qui t'entraîne A jouir de nos dons secrets :

Le vent dort, la mer est sereine; Venez écouter de plus près La douce voix de la Sirène.

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