‹ Les Syndromes de la Linite PlastiqueChapitre 9 sur 17 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Femme 44 ans. Troubles gastriques irréguliers depuis l’âge de 12 ans. Depuis un an, apparition de vomissements fréquents, inappétence. Depuis einq semaines, dysphagie de plus en plus marquée.

À son entrée à l'hôpital, on constate la régurgitation des solides par petites parcelles mêlées de substances /glaireuses abondantes. 4 \ k

Le cathétérisme est facile, mais le gavage provoque le reflux. Cachexie progressive. Mort un mois après l’entrée à l’hôpital.

Aulopsie. — Estomac petit, fétracté, réduit à un moignon épais, inextensible. Infiltration cancéreuse. OEsophage sain, cardia perméable, ascite abondante.

Les deux observations qui suivent sont analogues, mais la quatrième est un cas de rétraction stomacale dû à l'ingestion d’un liquide caustique.

Des cinq observations suivantes, celle de Deguy est intéressante, parce que le diagnostic de Jinite plastique avait été posé comme probable d- virent ‘ malade.

EHESS

OBSERVATION DE DEGUY (Avril 1896)

Cocher âgé de 57 ans. Depuis 8 mois, il présente des douleurs très vives à la déglutition, douleurs siégeant au creux épigastrique, parfois douleurs spontanées, vomissements glaireux faciles et fréquents. !

Dysphagie très marquée rapportée plus exactement à’ une intolérance gastro-æsophagienne. Le cathétérisme de l’œsophage ne montre pas de rétrécissement. L'examen du chimis-

me gastrique n’a pas été pratiqué. Il n'existe pas d’adénopa- ,

thie sus-claviculaire, pas de teint jaune paille, mais une maigreur extrême. Diagnostic : linite plastique probable. Mort dans le coma, le 28 février 1896. :

Aulopsie. — Faite incomplètement pour des raisons spéciales (on n’a pu se procurer que l'estomac), montre que l’estomac est très petit, rétracté, presqu'entièrement dissimulé sous les fausses-côtes; il existe de grandes adhérences péristo- - macales, en arrière surtout, où l’on trouve un tissu lardacé blanchâtre au-dessus de la queue du pancréas entourant les artères et veines splénique béantes au milieu de cette masse. Ce tissu fibreux adhère sur une partie de son étendue à la face postérieure de l'estomac enserrant en haut le cardia et paraissant remonter le long de l’œsophage, mais le fait n’a pu être vérifié.

L’estomac lui-même était très rétracté avec rétrécissement considéral,'e de sa cavité. Les parois mesurent par place 10m d'épaisseur. À l’examen histologique, on constate l'hypertrophie de la couche musculaire enserrée dans une couche de tissu fibreux épaissi. On note une inflammation. chronique diffuse et par places des cellules embryonnaires agglomérées.

Souppault rapporte encore une observation de Caussade et

Rénon relative à une linite localisée au pylore et trois autres

cas absolument analogut:. Tels sont les faits que Souppault apporte à l’appui de sa thèse. Nous en rapprocherons encore l

OBSERVATION DE DERVEAU qui peut se résumer ainsi :

Début, en 1905, par des troubles dyspeptiques. En 1908, grand amaigrissement, dysphagie même aux liquides, vomissements achlonhydriques, tumeur dure et volumineuse dans l’hypochondre gauche, mate et non douloureuse, immobile, sans clapotement. Au cours d’une intervention suivie de jeju- nostomie, on fait le diagnostic de linite plastique : La ca-

vité est réduite à r1oCM,

OBSERVATION DE JONNESCO

Dysphagie intense, la sonde molle est arrêtée à 520m des arcades dentaires, ce qui fait éliminer le diagnostic de rétrécissement œsophagien. On ne peut introduire plus de 20 grammes de liquide sans obtenir de reflux; on porte le diagnostic de sténose. médiogastrique. L'intervention puis l’autopsie montrent qu'il s’agit d’un estomac rétracté par une linite

plastique.

Enfin voici une observation de Cade, la plus typique parmi celles qu'il'consacre à l'étude des symptômes œsophagiens et pseudo-œsophagiens, dans la linite plastique. ,

OBSERVATION DE CADE ‘: : (Clinique du Professeur Teissier 1907) - Cliniquement : troubles digestifs datant de quinze mois,

perte de l'appétit, dysphagie, vomissements à type de régur-

gitation œsophagienne, ascite, cachexie avet anasarque. Exploration de l’œsophage : arrêt de l’olive à 33cm des arcades

dentaires.

Aulopsie. — Estomac très réduit, gros comme le poing, allongé en boudin. Paroi très indurée et épaissie, particulièrement la couche sous-muqueuse.

Surface interne de l'estomac mamelonnée, irrégulière, mais sans ulcération. Rétropéritonite calleuse et noyau de généra lisation péritonéale. L'épaississement et l'induration renion tent légèrement le long de la partie inférieure de l'œsophage créant à ce niveau un véritable rétrécissement.

Il existe encore beaucoup d’autres observations où des signes fonctionnels de sténose cardio-æsophagienne avec ou sans signes physiques de rétrécissement on été notés. Mais il est à remarquer que presque toujours-on a trouvé à l’autopsie une infiltration du cardia et de la partie inférieure de l’œsophage.

Le fait est signalé dans certaines des observations

que nous avons résumées plus haut. Il est encore très net dans le cas de Ménard (1909) où, bien que les signesfonctionnels de sténose œsophagienne n'aient : pas été Corroborés par le cathétlérisme, on a trouvé à l’autopsie une infiltration de la partie terminale de l'œsopliage et de la portion initiale du duodénum. Durand, dans sa thèse, rapporte un cas analogue ca: ractérisé cliniquement par de la dysphagie ; on a trouvé à .l’autopsie un œsophage et un cardia sains mais comprimés par de gros ganglions ; on n’avail fait aucun diagnostic. :

De ces faits, Cade conclut que dans les cas où le

syndrome de Soupault est très marqué, il semble qu'il s'agisse, en réalité, d’un” véritable syndrome œsophagien et non pseudo-æsophagien ce qui lui enlèverait évidemement de sa valeur:

2° Syndrome pylorique:

Cade insiste, en outre, sur un autre point d'un gros intérêt, c'est qu'il peut exister dans la linite plastique, un syndrome caractérisé par des vomissements tardifs contenant des aliments ingérés la veille, analogues donc, en tous points, à ceux de la sténose pylorique. Il apporte à l'appui de cette remarque une première observation où le syndrome pylorique à précédé l'apparition du syndrome œsophagien et une deuxième où les signes de sténose pylorique ont dominé tout le tableau clinique. Il est vrai que, dans ce cas, l'estomac était surtout infiltré au niveau du pylore et que la partie supérieure de l'organe était presque intacte. À rapprocher encore le cas de Broca, en 1858, où une linite généralisée avait été prise pour une sténose du pylore.

3° Linites sans symptômes précis.

Enfin nombreux sont les cas où la symptomatologie n'a présenté aucun Caractère net, tel l

OBSERVATION DE FAROY (Rapportée en 1909)

et qui peut se résumer ainsi : histoire clinique peu nette. mort.

Aulopsie. — Estomac rétracté, d'apparence biloculaire. Induration marquée surtout au cardia et au pylore; rétrécissement pylorique, rétropéritonite caleuse.

Roussy présente, en novembre 1910, deux cas de linite généralisée qui n’ont pas eu d'histoire clinique, deux autres ont trait à une linite localisée au pylore,

Nous citons encore deux observations de Cade,' où le tabeau clinique a été celui d’un cancer des faces.

ORSERVATION R. A. (Clinique du Professeur Teissier, \ 9 septembre au 19 novembre 1909)

Cliniquement, depuis 3 ans et demi, anorexie progressive, vomissements deux heures après les repas, inconstants et peu abondants, amaigrissement considérable, anémie avec grosse diminution de la valeur globulaire, hémorragies fécales oc-

cultes.

Aulopsie. — Cancer en nappe du cardia au pylore avec envabissement du pylore.

OBSERVATION C. M. (Clinique du Professeur Teissier, 16 novembre au 7 décembre 1908)

Cliniquement, amaigrissement progressif depuis 10 mois, difficulté des digestions, jamais de vomissement, hémorragies fécales occultes, tumeur perceptible à l’épigastre, signes de généralisation péritonéale, cachexie.

Autopsie. — Infiltration totale de l'estomac depuis le cardia jusqu’à 2m du pylore, la capacité de l'organe est très réduite, ses parois sont cartonnées et rigides, généralisation péritonéale et hépatique. Dans tous ces cas, on pouvait penser

à un cancer de l'estomac sans en préciser la forme.

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