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Toutes les investigations possibles doivent être mises à contribution et le laboratoire doït être consulté à chaque hésitation; car ce sera souvent sa réponse qui, affirmant la présence d un germe ANREOE connu, tranchera le diagnostic.
Dans certaines circonstances, où une affirmation sûre ne peut être établie, la responsabilité médicale devient alors considérable et c’est avec angoisse que le médecin suit, heure par heure, l'évolution de la maladie qui veut rester inconnue. Il doit conserver son sang-froid LÉ malgré son anxiété, mesurer les conséquences qui découleront desson attitude.
Une alerte, lancée mal à propos, va immédiatement effrayer les pays environnants et entraîner une application très sévère des mesures envisagées contre la fièvre jaune. Les nations en rapport avec ces contrées seront averties télégraphiquement par l'Office International d'Hygiène Publique qui diffusera cette alarme. Les navires ayant touché les ‘ports de ces circonscriptions seront, à leur arrivée, considérés comme suspects et leurs passagers deviendront susceptibles d’un contrôle médical. FRS Lee
Quant aux voisins du foyer supposé, ils cesseront, durant une certaine période, les relations avec des. sujets pouvant leur apporter la mort, rompant ainsi l'équilibre économique d’un pays considéré comme pestiféré. ;
D'autre part, une abstention craintive risque de favoriser une propagation rapide de la fièvre jaune dont la constatation, devenue évidente peu de temps après, prouvera que des malades en période latente d’incubation sont disséminés dans la population et vont étendre la
maladie on ne sait où: une épidémie meurtrière va décimer tout à coup des centaines et peut-être même des milliers d'individus, alors qu'il eût été possible d’en limiter l'étendue.
Nous voyons par cet exemple toute l'utilité que présente l’analyse minutieuse des affections constituant les syndrômes ictéro-hémorragiques dont le groupe n’est pas immuable et auquel s’ajouteront certainement d'autres maladies à mesure des découvertes nouvelles.
En résumé, l'examen des résultats obtenus de nos jours quant à la prophylaxie générale nous prouve tout le bien qui dérive de la conception de son organisation. Alors qu'autrefois. le seul moyen de défense, individuel d'ailleurs, était la fuite devant les épidémies, abandonnant ainsi les malheureux indigènes à leur triste sort, nous pouvons être fiers aujourd'hui de constater les immenses progrès réalisés à notre époque.
La plus belle preuve, sur laquelle nous revenons, à dessein, est la transformation radicale de Cuba qui fut origine des recherches et des découvertes de la lutte entreprise contre le typhus amaril.
La conclusion pratique de cette étude peut-être empruntée au Docteur M. Clerc lorsqu'il écrit, au sujet de lextension éventuelle de la fièvre jaune :
« Cela ne peut qu'inciter les gouvernements à intensifier partout la lutte contre les moustiques quelle qu’en soit l’espèce. Nous serons garantis de cette façon non-seulement contre la fièvre jaune, le paludisme, la dengue, etc. mais aussi, la présence des moustiques gâtant tout confort, nous y gagnerons la chance de pouvoir excursionner, séjourner, et travailler dans des pays merveilleux de prospérité et de beauté ».
Vu : Le Président, L. TANON.
Vu : Le Doyen, BALTHAZARD.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, CHARLET Y.