CHAPITRE PREMIER
Cependant qu'Esquirol et ses élèves, Georget (1820), Delaye (1824), Calmeil (1826), appliquaient leurs efforts à l'étude d'une forme spéciale de paralysie qu'ils considéraient comme la complication d’une maladie mentale déjà existante (la paralysie générale survenant chez les aliénés), Bayle (1822), dans sa thèse inaugurale, émettait une idée nouvelle et considérait cette paralysie comme une véritable entité morbide.
Cette opinion régna, sans conteste, jusque vers la fin du Siecietdernier.
De cette époque datent les travaux remarquables de Klippel (1889-1898), qui modifièrent profondément l'ancienne conception.
Les recherches anatomo-pathologiques de celui-ci démontrèrent que des lésions’ de nature différente, mais de siège
“ALT VAS anatomique semblable, donnaient les symptômes de la paralysie générale.
Aussi écrivait-il : « Les paralysies générales, en un mot, commencent et finissent là où commence et finit le syndrome paralytique. »
Mais il ne déduisait pas fortement de ses prémisses toutes les conséquences qu'il en pouvait tirer et semblait reculer devant des mots trop décisifs.
Ces mots, c'est à Ingenieros, professeur à l'Université de Buenos-Aires, que revient l'honneur de les avoir prononcés : « Le syndrome paralytique général, dit-il, ne dépend que d'une localisation spéciale des lésions, avec indépendance de leur nature et de leur évolution. »
Ainsi, et très nettement, il remplaçait l'affection « paralysie générale » par les syndromes paralytiques généraux.
Ces syndromes ont été étudiés quant à leur constitution, quant à leurs causes, quant à l'anatomie pathologique, quant à leur marche et quant à leur évolution.
Après le travail analytique est venue l'œuvre de synthèse et le problème de la classification de ces syndromes s'est posé.
Klippel, le premier, a donné la sienne basée sur l’histologie. Suivant lui, trois groupes principaux peuvent correspondre à l’ensemble des cas :
1° La paralysie générale inflammatoire primihve, celle que Bayle a voulu isoler ;
2° Les paralysies générales secondaires ou associées à d'autres lésions, sur lesquelles viennent se greffer secondairement les processus inflammatoires de la forme précédente ;
3" Les paralysies secondaires dégénéralives et par fois à lésions spécifiques que l'on a appelées pseudo-paralysies générales.
Mairet et Vires, quelques années après, dans un livre
= très clair et puissamment augmenté, ont créé la classification __ étiologique.
. Nous aurons alors plusieurs paralysies générales : alcoolique, syphilitique, arthritique, saturnine, etc. 3 Enfin, la dernière née (décembre 1905) est celle d’Ingé- __ niéros, qui fait appel à la clinique.
*QNE Dans cette classification, les syndromes paralÿtiques généraux seront :
‘4 ‘1° Accidentels (fugaces) ; Be | ; D 2” Curables (non progressifs); . 3° Progressifs {irréparables).
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