Viala écrivait à Rabaut le 14 mai
«Comme M. le député des e'glises du Haut-Agenais n'a point de connaissance dans votre province, et devant passer par Nîmes pour se rendre au prochain syn[ode] n[ational], je prends la liberté de vous l'adresser avec prière de lui faire indiquer le lieu où ledit synode doit se tenir. Vous le pouvez sans craindre. Il est de toute confiance, et, d'ailleurs, connu très-particulièrement de MM. Dugas et Gibert jeune, députés de notre province et qui vraisemblablement passeront par Nîmes, à peu près dans le même temps que le M[onsieur] que je vous recommande : il pourra vous dire, si vous le souhaitez, les troubles qui désolent ces contrées. — Viala. » — Mss. Rabaut, III, B, p. 209.
2. Court de Gébelin était arrivé de Lausanne pour assister à ce synode. C'était un moyen pour lui d'entrer en relations avec les pasteurs du Désert, et d'arrêter avec eux les termes du mandat, toujours mal défini, qu'il sollicitait de
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Lecture faite de la lettre que la province de Normandie a adreffée au prélent fynode national pour fe juftifier de n'y avoir envoyé aucun député, fes raifons ont été trouvées infuffifantes, & TafTemblée ne peut fe difpenfer de témoigner fon mécontentement à ladite province de ce qu'elle a manqué à l'ordre, en ne voulant fournir ni les fecours néceffaires aux frais du voyage, ni un feul ancien pour accompagner fon pafteur
Comme rien n'a plus contribué à l'édification, au bien-être & à la profpérité des églifes réformées de ce royaume que l'union dans laquelle Dieu leur a fait la grâce de vivre jufqu'à préfent, tous les membres du f^mode ont renouvelé avec un faint empreffement, tant en leur nom qu'au nom de leur province, la promefle folennelle de concourir de tout leur pouvoir à entretenir, cimenter & perpétuer cette union fi jufte& fi avantageufe, en perfévérant à profeffer la même foi, à célébrer le même culte, à pratiquer la même morale, à exercer la même difcipline & à fe prêter des fecours mutuels qui marquent que, comme les premiers chrétiens, ils ne font qu'un cœur & qu'une âme.
leur confiance pour aller les représenter à Paris. Il s'était beaucoup occupé de la convocation de cette assemblée, retardée de mois en mois; et dès le 5 nov. 1762 il écrivait à Rabaut : « Ne négligez pas, s. v. p., de me marquer à quand le syn[ode] nat[ional]. Comme une fois on oublia d'adresser des lettres convocatoires à quelques ég[lises], parce que l'on ne peut penser à tout, je prends la liberté à tout hasard de mettre ici une liste des lieux auxquels on peut s'adresser: i'^ En Norm[andie], pour les 2 syn[odes] haut et bas; 2° Le Poitou; 3° La Roch[elle] s. v. p. Il est important qu'elle en soit avertie, par plusieurs raisons, directement, et à part tout autre synode; 4» Le sy[node] pro[vincial] de Saint[onge]. Gomme il est fort étendu, je ne sais de quelle façon il aura réglé sa dép[utation], mais on peut lui adresser les lettres convoc[atoires] pour Saintes, Angoum[ois], Périg[ord], pays d'Au[nis], Bordel[ais] et Bazad[ois]; 5^ Le syn[ode] d'Agen[ais] ou Haute- Guy[enne], Quercy et Montalban[ais]; 6« Le Béarn; 7° Le Haut-Languedoc et Comté de Foix; 8-1 3^^ Six autres syno[des] qui vous environnent, compris le vôtre, et que vous connaissez au mieux. Il serait bien à souhaiter qu'il s'y trouvât quelqu'un de Lyon et de Mars[eille] pour émoustiller ces deux villes. »
— Mss. Rabaut, III, B, p. ni.
I. «Nous nous voyons, écrivait dès le i5 mars 1763, Campredon à Rabaut, dans la même impossibilité de faire une députation, par l'insurmontable difficulté de trouver un ancien qui puisse faire le voyage et de fournir aux frais. . . J'ajouterai que par le départ de MM. Godefroy et Ranc, je vais rester seul et j'aurai pendant tout l'été plus d'ouvrage que je n'ai eu encore, étant appelé à divers endroits où je puis aller avec moins de suspicion que durant la guerre, qui ne permet l'entrée de nos villes maritimes qu'à gens connus. L'on m'appelle au Havre que je n'ai pu encore défricher, à Caen, et à diverses maisons isolées....»
— Mss. Rabaut, III, B, p. 21 5.
L'affemblée, défirant de faire connaître fa confiante perfévérance dans les fentiments d'amour, de refpecl, d'obéiffance & de fidélité qu'elle doit au Roi, notre fouverain Seigneur, a cru ne pouvoir mieux l'exprimer qu'en fe fervant des mêmes termes qu'employa le fynode national de 1659 par la bouche du célèbre Daillé, fon modérateur: «Nos fynodes nationaux n'étant en aucune manière préjudiciables au «fervice de Sa Majefté, tout au contraire leur principal but étant de « nous confirmer dans notre religion, dont l'un des premiers & des plus «importants articles efl de croire que les Rois ont une autorité fouve- « raine fur toutes fortes de perfonnes, fans en excepter aucun de leurs «fujets, qui doivent l'honorer en toute chofe, le fervir & lui obéir nonce feulement par un principe de crainte, mais aufTi par un motif de (( confcience, & être tellement foumis à leurs ordres qu'ils portent (f aufTi refpecl à tous les officiers, tant fupérieurs que fubalternes, dans « lefquels ils voient reluire le moindre rayon de l'autorité royale, — doc- « trine que nous tenons des Apôtres, qui nous ordonnent d'être foumis «aux Rois & à ceux qu'ils auront revêtus de quelques pouvoirs, doc- « trine que nous tenons des chrétiens de la primitive églife dont nous « avons appris que les Rois dépendent immédiatement de Dieu & qu'il « n'y a pas d'autorité médiate entre la leur & celle de la Toute- « Puiffance. Nous déclarons & réitérons ce que notre do6lrine & nos «aélions ont prouvé mille fois, c'eft qu'après le fervice que nous «devons à Dieu, il n'y a point de fervice plus facré & que nous devions «rendre plus fidèlement & plus inviolablement qu'à notre Roi, & nous «ferons toujours prêts dans toutes les circonflances, à donner de nou- « velles preuves de cette vérité gravée dans nos cœurs. »
L'affemblée, prenant toute la part pofTible à la paix qui vient d'être donnée à notre patrie, ordonne à toutes les églifes de célébrer un jour folennel d'adions de grâces, pour remercier Dieu d'un événement aufïï avantageux à l'Etat & pour le prier de continuer à répandre fes plus précieufes bénédidions fur le royaume, fur le Roi & fur toute la famille royale; & chaque province aura foin de f acquitter de ce devoir, le plus tôt qu'il lui fera pofTible, immédiatement après la publication de la paix'.
I. Les traités de paix de Paris et de Hubertsbourg, qui mettaient fin à la guerre de Sept Ans, avaient été conclus le 10 et le i5 février 1763.
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Il a été repréfenté à l'affemblée qu'il ferait néceflaire au bien de nos églifes & conforme aux fentiments de tous membres qui la compofent, de préfenter une très-humble requête au Roi, notre fouverain Seigneur, dans laquelle on expoferait l'état a6tuel de fes fidèles fujets de la religion réformée, & on fupplierait Sa Majefté de jeter fur eux des regards favorables & de leur faire éprouver les heureux effets de cette vertu bienfaifante, l'un des plus beaux rayons de la Divinité dont elle eft l'image ; en conféquence, l'affemblée a arrêté que ladite requête ferait adreffée Se à cet effet a nommé trois membres de l'ordre des pafleurs, auxquels elle laiffe la liberté de fe choifîr trois affociés de l'ordre des anciens pour y travailler conjointement, & pour en faire l'expédition dans l'efpace de trois mois au plus tard^
La ledure fréquente de la parole de Dieu étant un des premiers & des principaux devoirs des chrétiens, l'affemblée, qui a vu avec une extrême fatiffadion le témoignage avantageux rendu à plufieurs fidèles qui f 'acquittent avec exaditude d'un devoir aufTi indifpenfable, a appris en même temps avec une extrême douleur que quantité de proteflants étaient coupables de négligence à cet égard ; en conféquence, &. pour empêcher les fuites d'un abus aufTi condamnable, elle a recommandé aux pafteurs de continuer à veiller particulièrement fur la conduite de leurs troupeaux, à les exhorter de f'acquitter avec afïîduité & avec exactitude de la pratique de ce devoir; & pour faciliter au peuple l'intelligence des divines Ecritures qui font profitables à toutes chofes, elle leur enjoint de faire, autant qu'il leur fera pofTible, des paraphrafes & autres inftru6lions familières.
I. Pierre Peirot écrivait le i5 octobre lyôS, quelques mois plus tard, à Paul Rabaut : «Vous sentez, Monsieur, ce que vous êtes obligés de faire promptement comme modérateur, et en conséquence de la commission dont vous fûtes chargé. Me reposant, là-dessus, sur votre exactitude et sur votre prudence, je me contente de vous prier de m'apprendre ce que vous aurez fait. Je vous prie aussi de me faire savoir si la requête générale, dont vous êtes également chargé, a été envoyée...» «...Nous sommes tranquilles comme à l'ordinaire. Cette tranquillité nous encourage à vouloir imiter les frères de Saintonge. Nous avons un bâtiment comme abandonné, qui est très-propre pour notre dessein. Si le Seigneur veut que le succès soit heureux, le printemps nous ferons de nouvelles tentatives. Il importe de faire toujours quelques pas vers le but où nous visons.»
— Mss. Rabaut, III, B, p. 260.
La compagnie, vivement affligée de la corruption qui règne dans le monde & de la privation des avantages fpirituels dont les églifes réformées de ce royaume jouiffaient fous la faveur de l'édit de Nantes, ordonne que, le premier dimanche du mois d'octobre prochain, il fera célébré dans toutes nos églifes un jour folennel de jeûne & d'humiliation ^
L'intérêt de nos églifes & le falut des âmes demandant que le miniftère foit établi dans les provinces où il ne l'eft point encore, fil fe trouvait quelque pafteur qui voulût aller en miffion, la province de laquelle il dépendra ne pourra point l'en empêcher, bien entendu que celui qui voudra fe confacrer à cette bonne œuvre en fera capable ; de quoi trois pafteurs d'une province voifme jugeront.
Les propofants, qui, du confentement du fynode de leur province, auront été examinés par les refpedabfes diredeurs du féminaire & déclarés par eux dignes d'être confacrés, ne feront point alTujettis à un nouvel examen.
Conformément à l'art. 21 du fynode national de 1748, les directeurs du féminaire pourront en exclure ceux de nos propofants en qui ils ne remarqueront pas les talents fuffifants ou les mœurs requifes pour parvenir au St-Miniflère, après les avoir éprouvés pendant le temps qu'ils jugeront à propos.
Colloque du Bas-Languedoc du 1 3 juin iy63.
I. Le colloque des églises du Pays-Bas, assemblé au Désert le treizième juin mil sept cent soixante-trois, au nombre de quatre pasteurs, un proposant et quatorze anciens, députés des églises, après l'invocation du St-Nom de Dieu, a élu, à la pluralité des suffrages, M. Simon Gibert, pasteur, pour modérateur, et M. Jean Guizot, aussi pasteur, pour secrétaire.
Messieurs les pasteurs et anciens étant requis si leurs églises étaient en ordre et ayant répondu qu'elles [l'Jétaient et qu'ils n'avaient rien à proposer, l'assemblée, très-édifiéc, en bénit le Seigneur et exhorte les consistoires et les églises à continuer dans ce bon ordre.
Gibert, pasteur et modérateur; Guizot, pasteur et secrétaire.
— Collection P. de W^itt.
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L'art. 45 du fynode national de 1756, qui porte qu'aucun étudiant ne pourra être reçu au féminaire fans l'approbation du fynode de la province dont il dépend, fera exactement obfervé; & on aura foin d'en informer les refpeètables directeurs dudit féminaire.
La compagnie, reconnaiffant la néceffité d'un formulaire relatif à l'état où nos églifes fe trouvent & qui contienne des prières pour le culte public & particulier, ainfi que pour diverfes circonftances où plufieurs fidèles peuvent fe rencontrer, notamment une prière qui foit propre à être lue avant le fermon, a arrêté que ce formulaire fera compofé par la province du Bas-Languedoc & communiqué enfuite au fynode national prochain pour qu'il y donne fon approbation, fil le trouve à propos.
Un des membres de l'affemblée a été chargé de compofer un nouveau catéchifme, adapté à l'état des églifes de ce royaume, dont il fera envoyé copie à chaque province pour l'examiner; & le réfultat de chaque examen fera apporté au prochain fynode national, qui jugera fi ledit catéchifme doit être imprimé.
Sur la propofition qui a été faite d'introduire dans le culte public un plus grand nombre de cantiques, il a été arrêté de f'en tenir- à ceux qui font déjà en ufage, à caufe de plufieurs inconvénients qui réfulteraient d'une telle augmentation.
Pour contribuer de plus en plus à l'édification des fidèles dans la célébration du culte divin, il a été jugé convenable de dreffer une table des chapitres de l'Ecriture fainte qui devront être lus & des pfaumes & cantiques qui devront être chantés pendant le cours de l'année; & la province des BalTes-Cévennes a été chargée de dreffer cette table, qui fera jointe au formulaire réfolu par l'art. 12.
La compagnie, confirmant l'art. 18 du fynode national de 1768 concernant la tenture, ne peut que louer les fidèles qui fe font abflenus d'un tel ade & bé,nir Dieu de ce que plufieurs pafleurs ont eu la
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confolation de voir à cet égard des heureux fruits de leur miniftère; & elle exhorte lefdits pafteurs, ainfi que tous les autres, à continuer leurs inftrudions fur cette importante matière.
Les lettres, mémoires & autres écrits, qu'on annoncera venir des comités qui dirigent le féminaire, ne feront reçus comme émanés de leur part qu'autant que ces pièces feront fignées par le préfident ou vice-préfident & par le fecrétaire defdits comités.
Une exade correfpondance entre toutes les églifes du royaume étant jugée néceffaire, on enjoint à chaque province de nommer un correfpondant pour écrire de trois en trois mois à toutes les autres provinces & les informer des chofes importantes qui fe pafferont dans leurs diftrids refpedifs; & fi, dans l'intervalle des trois mois, il furvenait dans une province quelque événement intéreffant, elle aura foin d'en faire part fans délai aux autres provinces ».
Les provinces fe communiqueront les unes aux autres toutes les affaires qu'elles voudront faire décider au fynode national.
Les députés de la province du Haut-Languedoc ayant expofé les raifons qui engagèrent un de leurs précédents fynodes à partager leur province en deux, l'une fous le nom de Haut-Languedoc & Comté de Foix, l'autre fous le nom du Montalbanais, lefdites raifons mûrement pefées, le fynode a approuvé & confirmé cet arrangement.
I. En Béarn, Labourdette-Ségalas fils et Vidal, avocat, furent chargés d'entretenir cette correspondance, « pour ne pas distraire les pasteurs d'ouvrages plus importants.» (Mss. Rabaut, III, B, p. 271.) — Pomaret, pasteur de Ganges, {ihid., p. 279) avait été nommé correspondant pour les Basses-Gévennes. — On verra plus loin, dans les actes du synode du Dauphiné de 1764, les noms des correspondants de cette dernière province. Chaque circonscription synodale désigna ceux qui devaient être chargés de ce service des affaires extérieures; et ce service prit une extension croissante, à mesure que les idées de tolérance semblaient faire plus de progrès. Toutes les fois 'que Gourt de Gébelin fit à Paris des démarches et combina quelque nouveau projet, il les fit connaître à ces correspondants qui échangeaient ensuite, entre eux leurs impressions.
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M. Jacques Sol, pafteur du Montalbanais, Tétant plaint que ce qui le concerne dans l'art. 9 du fynode national de 1758 imprime une forte de fîétriffure fur fon miniftère, en l'excluant du fervice de l'églife de Bordeaux, les termes dudit article pefés, ledure faite de la lettre que ceux qui compofaient la table audit fynode national adreffèrent audit fîeur Sol, quantité de pafteurs ici préfents qui aiïîftèrent au même fynode confultés, — l'afTemblée déclare qu'il eft évident que le fieur Sol ne fut exclu de l'églife de Bordeaux pour aucune faute qu'il eût commife, mais uniquement pour ne donner aucun prétexte aux auteurs & fauteurs du fchifme & parvenir ainfi plus aifément & plus fûrement à l'éteindre, en forte que rien n'empêche que ledit fieur Sol ne puiffe être pafteur de l'églife de Bordeaux, fi cette églife lui en adrefle la vocation.
A la réquifition des colloques de Saintonge, Angoumois & Bordeaux, l'afTemblée les autorife à faire à l'avenir une province eccléfiaftique, & ceux du Périgord & Haut-Agenais une autre, — bien entendu que les colloques de Saintonge, Angoumois & Bordeaux ne pourront prétendre que fur deux des propofants qui appartiennent à la province en général, telle qu'elle a été jufqu'à préfent, & que tous les autres propofants, fur lefquels elle a droit, appartiendront déformais auxdits colloques du Périgord & Haut-Agenais, & qu'en attendant que lefdits propofants foient miniftres, les pafteurs de Saintonge, Angoumois & Bordeaux defferviront alternativement trois mois chacun lefdits quartiers du Périgord & Haut-Agenais, à titre de prêt pendant deux années.
Vu rappel interjeté par le fieur Figuières % ci-devant pafteur dans le Comté de Foix, des articles le concernant dans les ades des fynodes
I. Les lettres que l'on publie ici, à l'occasion de ce dernier synode national, donnent assez exactement l'impression des mouvements divers qu'excitait dans ce petit monde de proscrits, où s'agitaient bien des passions, la convocation de ces solennelles assemble'es. Paul Rabaut avait invité Figuières à venir présenter ses moyens de défense; celui-ci répondit:
« Monsieur et très-honoré frère en J[ésus]-Ch[rist]. « Pour être surpris, il ne me fallut que recevoir si tard votre lettre du 18 avril, et qu'être appelé au synode national avant que de voir des personnes pour connaître les faits qui nous divisent. Rien aussi de plus propre pour me faire préparer
provinciaux du Haut-Languedoc du S*" juin 1 76 1 , du 18^ février 1 762 & du 24^ mars 1 763, ouï le rapport des commiffaires nommés par l'affemblée pour l'examen des pièces concernant ledit appel, & ledit fieur Figuières ayant été entendu fur tous les chefs d'accufation portés contre lui par plufieurs particuliers & confiftoires du pa3^s de Foix, tant devant le fynode provincial du Haut-Languedoc que fur ceux qui réfultent des nouvelles plaintes touchant l'exécution des arrêtés defdits fynodes; — ledit fieur Figuières ayant été en outre dûment récolé dans fon interrogatoire en préfence de l'afTemblée, le tout mûrement pefé & examiné, la compagnie a reconnu: i"" que ledit fieur Figuières f'eft rendu coupable de dureté envers un de fes anciens élèves pour l'avoir manuellement maltraité ; 2" qu'il eft auffi très-répréhenfible pour le manque d'attachement qu'il a manifeflé envers fon époufe Se fa famille, ayant négligé de pourvoir à leur fubfiftance & vécu féparé de fon époufe depuis le mois de juillet dernier, quoiqu'il ait habité dans fon voifinage ; 3"" qu'il efl encore coupable d'imprudence & d'inconfidération en ce qu'il a refufé de déférer aux fages avis que quelques perfonnes lui ont donnés en divers temps fur le fcandale que caufait aux églifes une fréquentation trop marquée qu'il affedait avec une certaine perfonne, qui, quoiqu' exempte de reproche, fervait de prétexte à des difcours fcandaleux; 4'' qu'il eft de plus coupable d'inconfidération envers plufieurs anciens des églifes du Comté de Foix, foit en accufant les uns, foit en dépofant ou créant les autres, fans le concours ou l'aveu des confiftoires déjà établis ou des colloques du quartier, & d'avoir en cela violé l'ordre de la difcipline; 5" enfin, la compagnie n'a pu f 'empêcher de le déclarer rebelle à l'autorité eccléfiaftique, en ce qu'il a exercé les fonctions du St-Miniftère dans le Comté de Foix, contre la défenfe exprelfe qui lui en fut faite par le fynode provincial du Haut- Languedoc tenu du 18® février 1762.
les moyens de défense, que votre lettre du 2 de ce mois, que je reçus samedi dernier, pendant que j'étais en chaire pour officier au Mas-d'Azil. Hé! quels motifs plus pressants pour m'engager à me rendre au synode, que ceux que Monsieur de Goutrespac me présente dans ses lettres du 4, que je reçus hier. J'ai travaillé depuis 8 jours à dresser mes mémoires; j'en ai encore pour autant de temps, quoique j'aie de bonnes plumes, pour les mettre au net. Dès qu'ils seront finis, je me mettrai en chemin pour les remettre à la vénérable assemblée, pour laquelle je dresse des vœux les plus ardents. Je suis, etc.
« Figuières. »
Ce 20 mai 1763.
— Mss. Rabaut, III, B, p. 221.
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Pour tous ces cas, l'afTemblée, jugeant d'ailleurs qu'il efl: de la dernière conféquence de remédier à de femblables abus qui font nonfeulement contraires à l'édification publique, mais encore capables de mettre en mauvaife odeur le corps des pafteurs en général, a arrêté que ledit fieur Figuières demeurera fufpendu de toute fondion du St- Miniftère pendant l'efpace d'une année, à compter de ce jour, & que ladite année révolue, il fera rétabli dans les fondions paftorales par MM. les pafteurs des Bafles-Cévennes, qui lui affigneront un quartier dans les églifes qu'ils jugeront à propos & où il fera légitimement appelé, autres néanmoins que les églifes [du] Comté de Foix, — laquelle réhabilitation ne pourra toutefois avoir lieu qu'autant que ledit fieur Figuières fe fera conftamment conformé au préfent arrêté & qu'il fera en forte de vivre dorénavant en bonne intelligence avec fon époufe, habitera avec elle, l'entretiendra fuivant fon pouvoir & évitera foigneufement toute fréquentation qui pourrait donner lieu à des difcours fcandaleux, l'exhortant à fentir toute l'irrégularité de fa conduite pafTée & à la réparer par une ûncère repentance & par une vie plus conforme à la dignité du St-Miniftère. La compagnie lui déclarant expreffément qu'en cas de défobéiffance de fa part il demeurera ipfo faâo entièrement dépofé.
L'afTemblée enjoint aux églifes & aux perfonnes qui font redevables au fieur Figuières de le payer au plus tôt & exadement, vu l'extrême befoin où il fe trouve ; & elle charge les pafteurs des lieux où il lui eft dû d'y tenir la main.
La compagnie, fentant la juftice qu'il y a de pourvoir à l'entretien du fieur Figuières pendant le cours de l'année de fa fufpenfion, enjoint aux églifes [du] Comté de Foix, où il a exercé fon miniftère pendant plufieurs années, à continuer de lui payer la fomme de 25o liv., ainfi qu'elles étaient chargées de le faire par le fynode provincial du Haut- Languedoc ^
Colloque général tenu dans le Haut-Languedoc, dans le Désert, le 20 août ij63.
Au nom de Dieu soit fait. Amen.
I. Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés en colloque général le vingtième août mil sept cent soixante-trois, après avoir imploré l'assistance de Dieu et les lumières du St-Esprit, avons arrêté ce qui suit :
Comme le grand but de l'affemble'e eft de remédier aux divifions qui félèvent fouvent dans les églifes, il a été décidé que M. Paul- Augufte Lafon, pafteur, n'exercerait plus fon miniftère dans [le]
1. — L'assemblée a nommé, à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, pour modérateur; M. Gardes, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Sicard le jeune, pasteur, pour secrétaire, et un ancien pour secrétaire-adjoint.
2. — Le colloque du Comté de Foix ayant demandé à l'assemblée son consentement à la vocation d'un pasteur pour desservir ce Comté, et n'ayant point les moyens de le satisfaire, considéré surtout les tristes événements qui sont arrivés par l'introduction de deux pasteurs rejetés qui le desservaient, et d'autre côté le besoin qu'il a de pasteurs, l'impossibilité absolue où nous sommes de lui en procurer, en manquant nous-mêmes, et que ledit Comté pourrait s'en procurer plus aisément et plus tôt, s'il était séparé de cette province, que d'ailleurs il résulterait encore de l'avantage pour tous de cette séparation, soit du côté des frais considérables qu'il faut exposer pour se joindre, soit du côté du péril dans les voyages, y ayant une journée à faire dans des pays habités par des catholiques r[omains], soit enfin parce que le Comté, qui fait une province dans le civil, peut également en faire une dans l'ecclésiastique, la matière mise en délibération, il a été unanimement reconnu qu'il est de l'intérêt commun que nous soyons séparés, et qu'ainsi le Comté de Foix ne dépende plus de la province du Haut-Languedoc et fasse province en seul; à quoi ledit Comté est invité d'accéder et d'agir en conséquence.
3. — Sur la demande faite par deux anciens de l'église de Mazamet que M. Lafon, ministre, aidât à desservir les églises de ce pays, dont MM. Sicard, Gardes et Sicard le jeune sont pasteurs, la matière discutée, et vu l'art. 26 du dernier synode national qui l'exclut du Comté de Foix à cause que son ministère n'y serait pas efficace, il a été unanimement convenu et délibéré que le ministère de M. Lafon ne le serait pas non plus dans ces églises, et que nul consistoire du Haut- Languedoc ne pourra le recevoir pour faire aucune fonction dans lesdites églises.
4. — L'assemblée a nommé pour assister au prochain synode provincial, en qualité de députés, M. S., an[cien] de l'église de Lacaune, et pour son substitut M. C, ancien de la même église; M. C, ancien de l'église de la Rivière haute, et pour son substitut M. C, an[cien] de l'église de Lacaze; M. B., an[cien] de l'église de Vabre, et pour son substitut M. J., an[cien] de la même église; M. P., an[cien] de l'église d'E., et pour son substitut M. C, anc[ien] de l'église de Castel[nau]; M. D., anc[ien] de l'église de Roquecourbe, et pour son substitut M. B., anc[ien] de l'église de Castres; M. Ber., anc[ien] de l'église de Revel, et pour son substitut M. Bar., anc[icn] de la même église, — auxquels il est donné pouvoir de proposer, consentir et délibérer sur les matières dont ils seront chargés et autres qui y seront proposées.
5. — Comme MM. Faure, surnommé Gerson, et Bonifas, surnommé Laroque, étudiants de cette province, sont sur le point de leur départ pour aller continuer leurs études, il a été délibéré qu'il leur sera fourni i 5o liv. à chacun, dont les églises payeront incessamment leur quotité.
Ainsi conclu et arrêté au Défert le susdit jour 20 août lyôS.
Sicard, pasteur et modérateur; Gardes, ministre et modérateur-adjoint ; Sicard le jeune, pasteur et secrétaire; Marc, secrétaire-adjoint.
— Mss. de Vabre.
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Comté de Foix à caufe des difpofitions peu favorables où un grand nombre de perfonnes de ce pays-là paraiffent être à fon égard, difpofitions qui font préfumer avec beaucoup d'apparence que fon miniftère n'y ferait pas efficace
Sur la plainte portée contre M. Paul-Augufte Lafon, pafteur, au fujet de la féparation qui fubfifte entre lui & fa femme depuis plufieurs années, l'afl'emblée ne jugeant pas à propos, pour de bonnes raifons, d'entrer dans la difcuffion de cette affaire, elle en a commis l'examen & la décifton à MM. Peirot, pafteur du Vivarais, Paul Rabaut & Jean Pradel, pafteurs du Bas-Languedoc, en les autorifant à faflbcier, pour les aider dans cette décifion, telles autres perfonnes qu'ils trouveront convenable.
XX vm.
A la réquifttion de la province du Montalbanais, portant qu'on prît en confidération la plainte qu'elle fait à l'occafion de certains bruits injurieux répandus contre M. Bagel, de Montauban, par M. Paul- Augufte Lafon, pafteur, lefdits fleurs ayant été entendus fur ce fujet, la compagnie a jugé que ledit fleur Bagel n'eft digne d'aucun blâme, & que c'eft imprudemment que ledit Lafon a tenu certains propos, foit de vive voix foit par écrit, qui inflnuent ou difent même le contraire; de quoi ledit fleur Lafon a témoigné être fâché & a déclaré qu'il reconnaiffait ledit fleur Bagel pour un très-honnête homme dont la probité ne doit pas être foupçonnée.
Sur la propofltion qui a été faite par les députés de la province du Bas-Languedoc, favoir fl l'on doit prendre en confldération l'appel
I. Cette mesure, cependant, déplut. Quelques anciens écrivaient du Ma?"* d'Azil, le 10 novembre, à Rabaut, en réclamant un pasteur:
«.... Permettez-nous de vous dire que, si la vénérable assemblée du synode national avait été bien informée de la liberté qui règne dans le Comté de Foix, (nous voyons tous les jours notre pasteur se familiariser avec des curés, des religieux et des gentilshommes catholiques romains, apporter les enfants en plein midi, avec tout l'ordre, à notre maison d'oraison pour les faire baptiser, notre église au milieu de la ville, vis-à-vis la cathédrale, où il n'y a que la halle entre, de là avant, on entend d'uçi côté chanter les psaumes en français et de l'autre en latin, et pour tout dire en un mot, comme si nous avions liberté entière,) nous disons donc que, si le synode en avait été bien instruit en nous privant du ministère de M. Lafon, [il] aurait fait attention qu'il ne fallait pas laisser sans pasteur un pays où la liberté règne. » — Mss. Rabaut, III, B, p. 262.
que le nommé X. ... a interjeté à la préfente affemblée de la fentence du dernier fynode de ladite province au fujet de M. Mathieu, pafteur, la compagnie a décidé que ledit appel n'était pas recevable.
Pour répondre favorablement à la demande de M. Ranc, pafteur, il fera enjoint à la province de Normandie de rembourfer inceffamment audit fieur Ranc la fomme de 177 liv., à quoi montent les frais qu'il a faits pour fe rendre dans les églifes de ladite province, qui avait fait la demande d'un pafteur à la province du Dauphiné^
Le député des églifes de l'Agenais ayant fait rapport des troubles caufés dans cette province par le fieur Lanne, dit Dubois, & demandé qu'on prît des mefures pour y mettre fin, l'affemblée, ayant fait lecture de deux fentences rendues contre ledit fieur, l'une par le fynode provincial des églifes de Béarn du 5^ novembre 1762, & l'autre par le fynode provincial de Saintonge, Périgord etc., & tenu au mois de mars dernier, a trouvé ledit Lanne, dit Dubois, rebelle à l'autorité eccléfiaftique ; en conféquence, le déclare tel Se lui interdit toute fondion dans le royaume ; & dans le cas où ledit Lanne, dit Dubois, qui n'eft aduellement revêtu d'aucun caractère, recevrait dans le pays étranger l'impofition des mains, l'affemblée lui défend toute fondion du St-Miniftère, publique & particulière, jufqu'à ce qu'il fe foit pleinement juftifié des accufations graves portées contre lui au préfent fynode. Quant aux anciens & fidèles qui l'ont fuivi,il leur fera adreffé une lettre de cenfure & d'exhortation au nom du fynode.
Le député de l'Agenais ayant demandé avec inftance le miniftère de M. Gabriac l'aîné, pafteur dans les Hautes-Cévennes, comme propre à faire ceffer le fchifme qui règne dans les églifes de l'Agenais, le fynode, défirant de remplir un objet fi important, donne commiftion audit fieur Gabriac d'y aller faire une tournée de trois mois 2.
1. Sur ce sujet et sur la Normandie il existe plusieurs lettres intéressantes de Ranc, dit Lacombe, et de Campredon. — Mss. Rabaut, III, B, p. 265 et passim.
2. Gabriac partit en effet. Le 14 septembre de cette année. Court de Gébelin qui, après la clôture du synode, avait entrepris un voyage dans le midi de la France, avant de se rendre à Paris, traversa l'Agenais, et trouva Gabriac qui y
SYNODE NATIONAL
xxxm.
Ledure faite de la lettre de huit particuliers de Ste-Foy Si d'Eyneffe en date du 2"" avril 1763, par laquelle ils fupplient la compagnie de prendre en conlîdération le jugement rendu contre eux & contre d'autres par le fynode provincial de Saintonge des 2" & 3*^ juin 1762, l'afTemblée, après avoir mûrement réfléchi fur cette affaire, a arrêté qu'elle ne pouvait prononcer fur le fond parce que les parties refpectives n'ont pas apporté les pièces néceffaires & que MM. de Ste-Foy & d'Eyneffe n'ont envoyé aucun député pour les défendre ; mais, pour fatiffaire à la demande des plaignants, elle a nommé pour commiffaires MM. Cavalier & Gabriac l'aîné, pafleurs, qui fe choifiront tels anciens de la ville de Bordeaux qu'ils jugeront à propos, auxquels commiffaires elle donne pouvoir de fe tranfporter fur les lieux & de juger proportionnellement cette affaire.
Le député de La Rochelle ayant demandé à l'affemblée que le pays d'Aunis, conjointement avec l'île de Ré, formât à l'avenir une province eccléfiaftique , les raifons qui ont été alléguées pour appuyer cette demande examinées avec attention, l'affemblée y a confenti, & exhorté cette province à fe pourvoir d'un nombre de paffeurs convenable pour former un fynode provincial.
M. Picard, pafleur de l'églife de La Rochelle & du pays d'Aunis, ayant fait demander la confirmation du congé abfolu qu'il a obtenu du colloque des églifes du Périgord en date du 3o^ juin 1761, l'affemblée, ayant pris lecture dudit congé & ouï les députés de la
était arrivé depuis trois semaines. «Sans lui, dit Gébelin, — le pasteur Germain était malade — ce pays serait abandonné; ainsi a-t-il beaucoup d'ouvrage; il fait jusqu'à deux assemblées de communion dans un dimanche, et quoique dans des maisons, il s'y rend jusqu'à 600 personnes. Il ne travaillait qu'en deçà du Lot vers Tonneins; je l'ai invité à visiter les églises d'en delà, vers Agen, où il sera très-bien reçu, et qui sont au nombre de 9 à 10 très-nombreuses, et remplies de personnes d'un grand mérite.» (Mss. Rabaut, III, B, p. 245.) Mais il n'y resta pas {Ibid., p. 260), et les 3 mois achevés, à la fin de sa mission, il quitta l'Agenais. «Je ne puis vous ajouter rien de plus desagréable que le mal que le sieur Dubois continue à y faire; et malheureusement pour nous, n'avons-nous pu déterminer M. Gabriac à prolonger sa mission au milieu de nous, »
province de Saintonge etc., à ce fujet, a accordé audit fieur Picard la confirmation dudit congé en tant que befoin ferait ^
Les députés de la province des Baffes-Cévennes ayant fait les plus fortes inftances pour que M. Journet, pafteur, qui leur appartient, leur fût rendu, & le député de la province de Béarn ayant été entendu à ce fujet, la compagnie, touchée du preffant befoin de la province du Béarn, & en conféquence de fa demande & de celle de M. Journet, lui affede pour toujours fon miniftère.
Colloque de Saintonge et Angoumois du 24 août iy63.
Au nom de Dieu. Amen.
I . Les églises de Saintonge et Angoumois assemblées en colloque le 24® d'août 1763, après avoir imploré le secours du St-Esprit, ont délibéré ce qui suit:
1. — A la pluralité des suffrages, on a élu M. Dugas, pasteur, pour modérateur; M. Jarousseau, pasteur, pour modérateur-adjoint; M. Martin, pasteur, pour secrétaire; M. Dupuy-la Lande pour secrétaire-adjoint.
2. — Vu le pressant besoin des églises du Périgord, celles de Saintonge ne croient pas devoir adresser actuellement une vocation à M. Dupuy l'aîné; on l'exhorte à accepter celle que lesdites églises lui ont adressée ; cependant si, au bout de deux ans, il arrive que ledit sieur Dupuy veuille absolument les quitter, celles du ressort du présent colloque s'engagent à l'appeler parmi elles, et plus tôt même, si des circonstances qu'on ne peut prévenir l'y engagent.
3. — Le colloque adresse par le présent article une vocation au sieur Jacques Dumas, actuellement étudiant au séminaire, sauf le consentement du synode prochain à ce sujet, laquelle vocation lui sera communiquée au plus tôt par M. le modérateur, qui écrira en même temps à MM. les vénérables directeurs du séminaire pour leur en donner avis, et pour les prier (supposé qu'il accepte ladite vocation) de l'examiner et de le consacrer, sitôt qu'ils l'en jugeront capable, et au cas qu'on ne puisse le recevoir ministre, bien qu'on l'en juge digne, de nous l'envoyer pour être examiné et reçu dans la province.
4. — MM. les pasteurs remettront exactement à M. Guibert, de Nieulle, tout l'excédant de leurs honoraires qu'ils percevront dans leurs quartiers respectifs, lequel boursier paiera, sitôt qu'il aura les fonds suffisants, à M. Dugas, pasteur, la somme de 462 liv. 14 sols pour le remboursement des avances qu'il a faites au synode national, laquelle somme fait la portion des églises de Saintonge et Angoumois, conformément à la décision du synode provincial dernier, art. 8 ; et ledit M. Guibert demeurera dépositaire du restant de l'argent qui lui sera remis, jusqu'à ce que les colloques suivants en disposent.
5. — Les églises du quartier de Marennes se trouvant sans pasteur par le départ de M. Solier, et ayant adressé par le canal de ses députés une vocation à M. Dupuy-la Lande, ministre du St-Evangile, le colloque le lui affecte, et fait les vœux les plus sincères pour le succès de son ministère.
6. — L'art. 8 du précédent colloque, qui porte que chaque quartier n'enverra au colloque que deux députés anciens, étant sujet à divers inconvénients qu'on ne peut prévenir, la présente assemblée annule ledit article et ordonne qu'à l'avenir les colloques seront composés d'un député seulement de chaque église, conformément à l'ancien usage.
SYNODE NATIONAL
En reconnaiffance des fervices que M. Court fils a rendus aux églifes de ce royaume & de ceux qu'il eft difpofé de leur rendre à l'avenir, l'affemblée lui affigne une penfîon annuelle de 460 liv., à compter du premier de ce mois, qui lui fera payée, favoir :
Par le Bas-Languedoc 90 y/-
Par les Baffes-Cévennes 5o »
Par les Hautes-Cévennes 20 »
Par la Rochelle 36 »
Par le Béarn 18 »
Par le Dauphiné 12 »
Par le Haut-Languedoc 3o »
Par le Montalbanais 5o »
Par le Vivarais 19 )>
Par le Périgord & l'Agenais 21 »
Par le Poitou 3o )>
Par la Saintonge & Bordeaux 50»
Par la Provence ^ 24 »
7. — Quelques jeunes gens de l'e'glise de Jarnac, qui ont été suspendus de la communion par le consistoire de ladite église, ayant fait informer l'assemblée du cas où ils se trouvent à cet égard, on n'a pas jugé à propos de rien statuer les concernant; mais on les exhorte, ainsi que ledit consistoire, de faire en sorte que cette affaire finisse au plus tôt de la manière la plus propre à procurer l'édification et la paix de l'église.
8. — Désormais, l'église de la Pimpelière fera partie du quartier de Marennes et celle de Mornac partie de celle d'Arvert.
9. — Pour remplir l'obligation que le synode national nous impose par rapport au quartier du Périgord, il a été décidé que M. Jarousseau ira faire sa tournée pendant les mois de septembre, octobre et novembre prochain; que, pendant ce temps-là, les églises de son quartier seront desservies, savoir: celles de Pons et de Gemozac par M. Martin, celles de Cozes, Mortagne et St-Fort par M. Dupuyla Lande, et celles de Royan, Didonne et Meschers par M. Dugas; et après que ledit M. Jarousseau aura fait ses trois mois, M. Dupuy-la Lande s'y rendra tout de suite pour y passer les trois mois suivants, pendant lequel temps ses églises seront desservies, savoir : celles de Marennes et la Pimpelière par M. Martin, celles de St-Savinien, le Port-des-Barques par M. Dugas, celles de Souhe, Luzac par M. Jarousseau.
Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.
Dugas, pasteur et modérateur; Jarousseau, pasteur et modérateur-adjoint; Martin, pasteur et secrétaire; Dupuy jeune, pasteur et secrétaire-adjoint. — Mss. de Jarnac.
I. La Normandie n'est pas comprise dans cette répartition. Mais son pasteur Campredon avait déjà fait connaître à Rabaut qu'on pouvait compter sur son
XXXVUI.
La province de Provence ayant repréfenté qu'il lui était impoffible de payer en entier la portion de la penfion de 3i6 liv. qui fut affignée à la veuve de M. Bétrine, pafleur, par le fynode national de 1758, & la continuation de cette penfion ayant été jugée néceffaire, on en a fait la répartition de la manière fuivante, favoir :
Le Montalbanais 24 y/-
La Rochelle 24 »
La Saintonge 36 »
Le Périgord & Agenais 24 »
Le Bas-Languedoc 60 »
Les Hautes-Gévennes 24 »
Le Vivarais 16 »
Le Daupbiné 12 w
Le Béarn 12»
Les Ballés-Cévennes 20 »
Le Haut-Languedoc 16 »
Et la Provence 48 »
Lefquelles taxes prendront leur commencement au mois de feptembre prochain, & feront payées d'année en année jufqu'à nouvel ordre.
Sur la demande de l'un des députés de la province du Bas- Languedoc, ancien de l'églife des Vans, l'affemblée recommande à ladite province de ne rien négliger pour fixer un pafleur au quartier de Vallon, des Vans & leurs annexes.
Sur la propofition faite par les députés de la province de Saintonge etc., en exécution de l'art 24 du dernier fynode de leur province, la compagnie n'a pas jugé à propos de prendre en confidération ladite propofition.
concours. « Quant au projet de député qu'on goûte fort ici, comme je viens de l'apprendre encore depuis peu, je me réfère à ce que j'ai eu l'honneur de vous dire dans ma précédente, et je n'ai nul doute qu'à l'appui d'une lettre de votre part, je ne réussisse à obtenir une subvention honnête au moyen de quelques personnes respectables.» — Mss. Rabaut, III, B, p. 216.
Synode National de 1726
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STDode National de 1730
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HélioS &lmp J 8: A Lemercier
MANUSCRrr DE LAVOULTE
SYNODE NATIONAL. 32 i
A l'unanimité des fuffrages, la province des Hautes-Cévennes a été nommée pour convoquer le prochain fynode national.
Ainfi conclu & arrêté le dixième jour du mois de juin de Tannée mil fept cent foixante-trois.
Paul Rabaut, modérateur ; Peirot, modérateur-adjoint; Pradel, fecrétaire ; DuGAs, fecrétaire-ad joint.
Rôle des ministres, proposants et étudiants des églises du Royaume de France en Tannée 1763.
Vivarais.
Minijîres. — MM. Pierre Peirot, Alexandre Vernet. Propofant. — M. Jean Maurin.
Bas-Languedoc.
Minijîres. — MM. Paul Rabaut, Simon Gibert, Jean Pradel, Louis Fayet, Pierre Encontre, André Baftide, Pierre Sauffine, François Sauffine, Jean Guizot, Pierre Allègre, J. Pierre Lafon, Paul Vincent, Jacques Mathieu, Thérond, Pierre Puget, Teiffier.
Propofants. — MM. Jacques Rivière Simon Lombard, Gachon, Louis Valentin, Noé Benvignai, Périer, Genolhac, Bouët.
Etudiants. — MM. Jacques Roffelotis, Bruguier, Jean-Paul Bétrine, Fromental.
1. Ce nom se trouve également dans la minute originale du rôle des ministres de l'année lySô; mais, outre qu'il a été ajouté à cette liste primitive par une main étrangère, il paraît peu probable que Jacques Rivière, proposant en 1756, le fût encore en lyôS; peut-être était-il étudiant en lySô.
Haut-Languedoc.
Minijîres. — MM. Paul-Augufte Lafon, Jean Sicard, Jean Gardes, Pierre Sicard, Crebeffac [dit Vernet]. Propojant. — M. [François] Lacombe.
Etudiants. — MM. Etienne Faure, Louis Bonifas.
Provence.
Minijîres. — M. Jacques Pic.
Propojant. — M. Pierre Martin.
Dauphiné.
Minijîres. — MM. Pierre Rozan, François Defcours, Alexandre Ranc, Jean Béranger, Gafpard Marcel.
Propojants. — MM. Reboul, dit Blachon, Pierre Lombard, dit Lachaud.
Etudiants. — MM. Armand, Vouland.
Basses-Cévennes et Rouergue.
Minijîres. — MM. Henry Grail, Paul Marazel, Jean Gai, Paul Dalgue, Jean Ducros, David Veffon, Marc Portai, Antoine Gai, François Noguier.
Propojants. — MM. Pierre Rampon, Julien, François Valette, Solier, [Jacques] Olivier, Malignas.
Etudiants. — MM. Barre, Noguier, Louis Bernard.
Hautes-Cévennes.
Minijîres. — MM. Jean Roux, Jean-Pierre Gabriac, Jacques Gabriac, Jean Méjanelle [du Cambon], Pierre Vallat, Charles Bourbon ^ Pierre Pierredon.
Propojants. — MM. [Antoine] Sabaticr, [Jean-Pierre] Roche, André Molines, Pierre François Samuel.
Etudiant. — M. Pierre Combet.
I. Dans une autre version, Charles Bourbon est porté comme pasteur dans les Basses-Ce'vennes.
SYNODE NATIONAL
Béarn.
Minijîres. — MM. Etienne Defferre, Jean Journet. Propofant. — M. Paul Marfoo.
Normandie.
Minijîres. — MM. Jean Louis Campredon, dit Duthil. Propofants. — MM. Mordant, Michel.
Minijîres, — MM. Pierre Gamain, Pierre Pougnard. Propofants. — MM. Jean Tranchée, Jacques Gibaud. Etudiants. — MM. Pierre Métayer, Jacques Métayer.
Saintonge, Angoumois et Bordeaux.
Minijîres. — MM. Henri Cavalier, Jean Martin, Pierre Dugas, Pierre Solier, Etienne Gibert, Jean Jaroufleau.
Propofants. — MM. Dupuy-la Lande, Dumas.
Minijîres. — MM. Jacques Sol, J. J. Marc-Antoine Foffe, dit
Minijîres. — MM. François Viala, Renouleau, dit de l'Etain, Boutiton.
Propofants. — MM. Dupuy l'aîné, Renateau, Liard, [de] Bécay. Etudiant. — M. Dumont.
La Rochelle, Pays d'Aunis, Ré.
Minijîre. — M. Jofeph Picard.
Poitou.
Montalbanais.
Richard.
Pî^opofant. — M. Fageau.
Périgord et Agenais.
Temples existants en Saintonge ou Angoumois depuis Tannée lySS.
La Tremblade, bourg; Arvert, bourg; Paterre, village; St- Palais, paroiffe ; Royan, bourg; Mornac, bourg; Breuillet, paroiffe; Médis, paroiffe; Cozes, bourg; Mortagne, paroiffe; St-Fort, bourg; Jonzac, ville; Pons, ville; Gémozac, bourg; Lignières, village; Jarnac-fur- Charente, ville; Cognac, ville; Segonzac, bourg; Mainxe, bourg; St-Savinien, bourg; le port des Barques, bourg; Marennes, ville; St-Juft, paroiffe; la Pimpelière, paroiffe; leGûa, paroiffe; l'île de Ré; St-Martin, ville; La Flotte; Didonne, village; Mefchers, paroiffe.
Périgord.
Eymet, ville ; Flaugeac.
Maisons d'oraison dans le pays de Foix.
Territoire de Camarade 2; Gabre i, bourg; Le Mas-d'Azil i, ville; Sabarat i, bourg; les Bordes i, bourg; le Caria i, ville; Saverdun i, ville; Mazères i, ville; Calmont i, bourg; La Baftide & Léran i, bourg; Lepigailh i, hameau.
Synodes provinciaux de 1764
Synode du Dauphiné.
Au nom de Dieu. Amen.
ous, pafteurs & anciens des églifes réformées de la province du Dauphiné, affemblés en fynode provincial le ^ fixième & le feptième avril, année mil fept cent foixantequatre, après l'invocation du St-Nom de Dieu, avons délibéré ce qui fuit :
L'affemblée a prié M. Rozan, pafteur de cette province, d'écrire à M. Gébelin pour l'autorifer dans le foin qu'il veut bien fe donner pour nous procurer un état plus tranquille que celui que nous avons eu jufqu'à aujourd'hui'.
I. A peine arrivé à Paris, Court de Gébelin, qui n'avait reçu du synode national de 1763 qu'un mandat assez mal défini, se mit en mesure de rechercher pour ses coréligionnaires des appuis et des protections. Reprenant un projet déjà vieux et qui n'avait pas abouti, il eut un moment le dessein d'acheter la tolérance à prix d'argent et composa dans ce but un mémoire d'après lequel, au moyen d'une contribution légale sur le mariage et les baptêmes, et d'une autre contribution volontaire et gratuite, semblable à celle du clergé, les protestants achèteraient la liberté de conscience. A l'entendre, il s'agissait d'organiser une banque protestante, une espèce de compagnie financière uniquement recrutée parmi les réformés du royaume. Mais, pour mener à bonne fin une telle entreprise, il lui fallait un titre et un mandat qui lui permissent de parler, d'engager des négociations et de traiter au nom de ses coréligionnaires. De là, sa double demande aux synodes provinciaux, la première pour faire connaître son dessein, la seconde pour solliciter un titre qui lui manquait. (Mss. Rabaut, III, C. p. i et 38.) — Le synode du Dauphiné répondit favorablement ; celui des Basses-Cévennes donna son consentement. « Le consentement de notre province au séjour de M. de
Il fera adreffé un compliment à M. le premier préfident, au nom de tous les proteftants de la province, pour féliciter la Cour fur fon heureux retour, & la prier de nous être favorable.
Comme il eft très-néceffaire que les regiftres des baptêmes & mariages foient coniervés, l'affemblée a ordonné qu'outre le regiftre de chaque pafteur on chargera uneperfonne pour en faire un général, pour y avoir recours au befoin ; bien entendu que cet article ne dérogera à celui du fynode de mil fept cent foixante&un qui ordonne que chaque églife en tiendra un pour elle-même.
Selon l'art. i8 du fynode national de 1763, qui ordonne qu'on entretiendra une exade correfpondance entre les églifes réformées du royaume, on a fait l'arrangement qui fuit : M. Rozan aura la SuifTe, Paris & La Rochelle; M. Defcours : Haute-Guyenne, Montauban, Périgord ; M. Déranger: Haut-Languedoc, BafTes-Cévennes, Saintonge. Comté de Foix; M. Marcel : Poitou & Béarn; M. Ranc : Bas-Languedoc, Provence \ Vivarais & Normandie.
Les églifes défrayeront les pafteurs des ports de lettres qu'ils recevront pour entretenir la correfpondance fufmentionnée.
Gébelin à Paris, et en qualité de notre agent, écrit Pomaret (mars 1764), partit vendredi dernier, et j'espère qu'il en sera content.» Les Hautes-Cévennes, le Quercy et le Be'arn donnèrent aussi leur consentement. « Plus on nous témoigne de la confiance, écrivait Journet, plus nous devons tâcher de nous en rendre dignes.» [Ibid. p. i5, 3o et 44.) Mais le synode du Bas-Languedoc fit momentanément tout échouer. On verra plus loin (art. 3, p. 329) qu'il déclara n'avoir pas l'autorité suffisante pour lui donner le titre et la commission qu'il sollicitait et qu'au surplus le projet ne paraissait pas acceptable. A en croire Gébelin, qui fut très-sensible à cet échec {Ibid. p. 36), ce furent les anciens, les députés laïques, qui se laissèrent effrayer par des considérations mal fondées.
I. Pic, qui était pasteur en Provence, écrivait de Lourmarin, le i5 juillet de cette année: «Les affaires de M. Court vont assez bien, à ce qu'il me marquait dernièrement, ce qui m'a fort réjoui. J'espère tous les jours de ses nouvelles. Ici nous sommes de plus en plus libres, ou pour mieux dire nous vivons dans une parfaite sécurité, comme vous, La nouvelle intéressante de la pauvre Calas réjouit tout le monde.» — Mss. Rabaut, III, C. p. 43.
SYNODES PROVINCIAUX
Ledure ayant été faite des lettres du Périgord & Comté de Foix, & ayant entendu les raifons de nos chers frères, les pafteurs des églifes du Vivarais, l'alTemblée eft très-pénétrée de douleur de n'avoir pu fatiffaire à leur demande, les ouvrages étant fort multipliés dans cette province & fe multipliant chaque jour.
Il a été arrêté qu'on écrira aux vénérables diredteurs du féminaire une lettre pour les prier d'accorder une place à M. Daniel Arnaud, qu'on a réfolu d'envoyer à Laufanne pour faire fes études.
Le fynode a chargé M. Déranger d'écrire à M. Lombard, dit Lachaud, pour le faire venir dans le fein des églifes, dans le courant du mois prochain, promettant de donner loo liv. pour lui aider à payer les dettes qu'il a contractées; bien entendu que lefdites loo liv. ne feront livrées qu'après fon arrivée; & M. Rozan eft auffi chargé d'écrire à MM. les directeurs.
Les églifes de Trièves' ayant demandé un pafteur pour leur defferte, l'affemblée eft pénétrée de ne pouvoir leur accorder leur demande, vu le petit nombre de pafteurs ; on fera toutefois ce qu'on pourra pour les vifiter jufqu'à ce qu'on puilTe leur en accorder un à leur propre.
M. Reboul, pafteur, fe trouvant malade & hors d'état de fervir, l'affemblée lui a accordé la moitié de la penfion jufqu'à ce qu'il foit en état de fervir les églifes.
I. Ces églises étaient probablement celles qui composaient le quatrième quartier d'au-dessus de Dié, le Val de Trièves et le Champsaur jusqu'à la vallée de Freissinières.
Au nom de Dieu soit fait. Amen.
Le fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert le neuvième mai mil fept cent foixante-quatre ^ & jours fuivants, au nombre de quatorze pafteurs de la province, un des BafTes-Cévennes, quatre propofants, & trente-neuf anciens, députés par les églifes, après avoir imploré la diredion de l'Efprit de Dieu, & élu, à la pluralité des fuffrages, M. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur; M. J. Pradel, paft[eurl, pour modérateur-adjoint; M. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. Guizot, aufli paft[eur], pour fecrétaire-adjoint, a délibéré ce qui fuit :
L'afTemblée, gémiffant de l'extrême corruption qui règne & du trifle état où fe trouvent encore nos églifes^, a indit un jour de jeûne folennel, & l'a fixé au 21^ odobre prochain, & en cas de dérangement ce jour-là, au dimanche fuivant.
Ledure faite de la demande du confîftoire de Nîmes au fujet du comité, MM. les députés entendus, ouï encore M. Encontre, pafteur, qui, à caufe de fon éloignement & pour épargner des frais à la province, a requis qu'on voulût bien jeter les yeux fur quelque autre pour remplir la place qu'il occupait dans ledit comité; tout mûrement
1. Au sujet de la convocation de ce synode, le pasteur Lafon écrivait à Rabaut: «Je ne sais quand vous avez dessein de fixer le temps de notre syn[ode]; mais, si vous vous proposez de l'assembler ou de le convoquer, faites en sorte que ce soit, s'il vous plaît, avant que les grandes occupations de la campagne soient venues. Passé ce mois-ci ou quelques jours du commencement de mai, cette partie sera ensuite impossible. Les gens seront accablés de soins et de travaux. » — Mss. Rabaut, III, C. p. 29. (Avril 1764.)
2. «Si vous consultiez tous nos amis d'ici, écrivait de Paris, le 8 janvier, Gébelin à Rabaut, vous vous trouveriez encore très-heureux d'être soufferts à 5 quarts de lieue [de Nîmes] ; c'est ici surtout que l'on e'prouve que maux d'autrui ne sont que songe; il me fallait ce voyage pour apprendre à connaître l'air du bureau.» — Mss. Rabaut, III, C. p. i.
SYNODES PROVINCIAUX. 32g
pefé, la compagnie, reconnaiflant l'utilité de cet établifTement, a jugé à propos de le continuer ; & d'ailleurs fatiffaite de MM. les pafteurs qui, dès l'année précédente, furent nommés à cet effet, & des laïques qu'ils f 'affocièrent, elle les a confirmés les uns & les autres pour remplir les mêmes fondions durant celle-ci, à l'exception de M. Encontre qu'elle a difpenfé, conformément à fes vœux, & auquel elle a fubftitué M. Guizot, pafteur. Enfin, elle a ftatué que toutes les années il fortira du fufdit comité un membre de l'ordre des pafteurs, qui fera remplacé par un autre.
La lettre que M. Court a adreffée au préfent fynode ayant été lue & pefée, MM. les pafteurs & anciens, qui compofent le comité, ont été chargés de lui répondre que l'affemblée eft très-fenfible au zèle dont il eft animé pour le bien de la caufe commune, mais qu'elle n'a pas une autorité fuffifante pour lui donner le titre & la commiffion qu'il demande, & qu'au furplus le projet contenu dans un mémoire adreffé à MM. les pafteurs n'eft du tout point acceptable.
Pour répondre au défir de plufieurs confiftoires & aux demandes refpe6lives de MM. les députés du quartier de Vallon, d'un côté, & de M. Mathieu, pafteur, de l'autre, l'affemblée, expliquant l'arrêté 9% du fynode dernier, déclare que la loi qui eft ftatuée touchant l'entretien des pafteurs ne doit avoir force qu'à compter depuis que ceuxci ont commencé à f'entretenir eux-mêmes, & qu'ainfî ledit fieur Mathieu doit fe tenir pour fatiffait au moyen de 460 liv. qu'il a reçues du quartier dudit Vallon, lequel, à raifon de la modicité de fa taxe précédente, ne pourra pas répéter le furplus de 3oo liv. qu'il payait auparavant, non plus que les 100 liv. qu'il a comptées au fieur Lombard, propofant ; & pour l'année échue le i^^ du courant mois, il fera payé audit fieur Mathieu par le même quartier de Vallon ySo liv. & par celui de Bédarieux 5o liv., ce qui complétera la fomme de 800 liv. qui lui fut promife & qui aurait dû lui être comptée d'avance ou par quartier, comme doivent l'être toutes les penfions alimentaires.
Enfin, vu les dépenfes que ledit fieur Mathieu fut obligé de faire pour delfervir le fufdit quartier de Bédarieux ^ l'année qu'il