‹ Les Syphilides Varioliformes: Étude CliniqueChapitre 10 sur 16 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

1° Le traitement spécifique

Les svphilides varioliformes se sont montrées, dans certains cas, rebelles au mercure.

En général, cependant, l’action de cet agent se fait sentir au bout d'un temps plus ou moins long et les lésions finissent par rétrocéder.

Quatre de nos malades ont été traités par le mereure, trois (I, IT, IT) ont guéri en trois semaines; le quatrième (IV) a dû continuer pendant quinze semaines son traitement (Huile grise et biodure) avant de quitter l'hôpital. |

L'Iodure de Potassium se serait montré efficace dans des cas où le mercure aurait échoué.

L'association des deux médicaments constituait la meilleure thérapeutique, il y a quelques années.

A l’heure actuelle, le traitement par les arsénobenzols est sans égal.

Sous son influence, les ulcérations s'arrêtent dans leur évolution et ne tardent pas à rétrocéder — la fièvre, particulièrement sensible à ce médicament, disparaît rapidement ainsi que les douleurs lorsqu'elles existent.

LE tie

Rapidement, l'état général s'améliore, le sujet reprend du poids.

Ce médicament merveilleux doit-il son action à la grande toxicité dont il jouit à l'égard du tréponème ? ou agit-il par une voie détournée? en élevant la lension artérielle, par exemple, comme Lacapère l'a soutenu. Nous ne saurions le dire. En tous les cas, son indication nous paraît formelle sous forme d'injections intraveineuses de novarsénobenzol. Si les lésions sont très accentuées, et que l’on craigne une réaction trop violente de l'organisme, résultant de la destruction massive des tréponèmes, on pourra faire précéder les injections de 914 d'un traitement mercuriel de courte durée (quelques injections de eyanure par exemple).

2° Traitement général

On soignera l'état général des malades atteints de syphilides varioliformes toutes les fois qu'il y aura lieu de combattre Pétat de dénutrition qui accompagne fréquemment ces éruptions.

On prescrira divers reconstituants, tels que l’iodure de fer, l'huile de foie de morue, l'arsenie (cacodylate. arrhépal).

Besnier faisait toujours précéder le {raitement mercurie} d'un traitement général, chez les malades qui présentaient des éruptions syphilitiques graves, accompagnées dulcérations précoces.

3° Traitements divers

Nous ne ferons que signaler divers traitements dont

l'emploi répond à des vues théoriques concernant la pathogénie des ulecérations.

Leur usage ne s'est pas généralisé, étant donné que l'on possède un agent spécifique (914) de premier ordre facile à employer et répondant à {ous les besoins. Parmi ces médicaments, nous citerons

L'adrénaline, employée dans le but de relever la tension artérielle (dont l’abaissement est un facteur d'ulcérations, d'après Lacapère).

Le sérum de cheval, utilisé en injections dans le but de fournir à l'organisme du complément qui y ferait défaut (1\.

4° Traitement local

Dans la majorité des cas, les lésions dues aux syphilides varioliformes ne demandent qu'un pansement 180lant et aseptique.

On pourra, cependant, utiliser divers antiseptiques en applications locales au niveau des ulcérations.

On choisira de préférence ceux qui jouissent d'une action élective sur le tréponème (calorñel, 914, ete...), en ayant soin de diluer suffisamment ceux dont l’action pourrait être caustique ou irritante. Dans un cas, Thibierge (2) s’est bien trouvé des applications locales de

coaltar au niveau des ulcérations.

(1) ABADre. Bulletin de la Société de Dermatologie, 22 janv. 1920. (2) THiBreRGE. Bulletin de la Société de Dermatologie, ?2 janv. 1920.

OBSERVATIONS

OBSERVATION I

Uhancre en juin 1907. — Eruption pustuleuse varioliforme ayant évolué en éléments croûteux et ulcéro-croûteur, papules, et quelques éléments d'aspect papillomateur.

O0... François, 43 ans, sujet italien, tailleur. Entre le 20 août 1907 à l'hôpital, avec sa femme, tous deux pour une éruption pustuleuse varioliforme (voir obs. IT).

Antécédents héréditaires. — Parents morts d'affections inconnues. Ni frère ni sœur.

Antécédents personnels. — Pas d’autres antécédents que

deux blennorragies, la dernière il y a un an et demi.

Marié à 22 ans, femme bien portante jusqu'ici, entrant à l'hôpital avec lui pour syphilis secondaire.

8 enfants en bonne santé, un énfant mort de la variole il v a 15 ans.

Le malade est pâle, maigre; il travaille souvent la nuit: il aurait de temps en temps des accès de paludisme.

Chancre du méat au commencement de juin 1907.

Cinq semaines après, apparition de l'éruption actuelle, sur la face, le tronc, les membres.

Eruption. — L'éruption est constituée par des éléments pustuleux, la plupart de petites dimensions.

Quelques éléments du tronc ont l'aspect de pustules ombiliquées varioliformes, atteignant près d'un centimètre de large. | Dans le creux poplité droit, un élément un peu plus volumineux, assez profondément infiltré, et recouvert d’une croûte épaisse. A la face et au cou, quelques pustules recouvertes de eroûtes, dont quelques-unes épaisses, jaunâtres.

IAB EU

Au menton, on remarque un élément sec, large de un centimètre environ, constitué par des végétations papillaires extrêmement développées. Cet élément aurait débuté comme ies autres par une papule. Il ne siège pas dans un sillon.

Les lésions sont remarquables par leur tendance à se recouvrir de croûtes épaisses. C'est ainsi que.sur la fempe gauche existe une véritahle corne, faisant une saillie de huit millimètres environ.

Comme autres manifestations syphilitiques, on note :

a) Une induration profonde de la grosseur d'un pois, au niveau du méat dont les lèvres sont rouges, collées le matin par un peu de pus.

b) Papules hypertrophiques du scrotum.

c) Svphilides papuleuses à la plante des pieds.

d) Adénopathie inguinale bilatérale, surtout marquée à droite.

Rien aux muqueuses.

Etat général médiocre. Pas de fièvre, ni de céphalée.

L'examen des organes thoraciques et abdominaux est négatif. On note cependant une diminution de la respiration au sommet droit.

Le 23 août. — Le malade reçoit une piqûre d'huile grise et trois grammes d'iodure de potassium.

Le 27 août. — Le traitement par l'iodure est continué à la dose de 3 grammes par jour depuis le 23 août.

Amélioration nette, la lésion du menton. toujours papillomateuse, à diminué de volume.

Le 30 août. —— Deuxième piqûre d'huile grise: continuation de l’iodure. À

Le 6 septembre. — Guérison presque complète, le malade quitte le service.

Le 31 décembre 1910, — Le malade a été revu, il va très hien.

Juin 1920. — Un hasard (consultation des femmes enceintes

de la Charité) nous à fait rencontrer ja fille de notre malade. Cette dernière, interrogée discrètement, nous a appris que . son père était mort le 30 juin 1918.

Depuis quelque temps, il éprouvait des douleurs dans les Jambes avec crampes qui l’empêchaient de travailler. Il était soulagé par l'aspirine. Il ne semble pas avoir suivi de {raitement spécifique au cours de ses dernières années. Il avait

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