‹ Les SyphilisChapitre 9 sur 26 · I. — Sublime · texte numérisé non relu

I. — Sublime

Bichlorure de mercure.

Soluble dans 15 parties d’eau, 4 parties d’alcool à 90°, 4 parties d’éther, 14 parties de glycérine.

C’est le premier de tous les sels mercuriels qui ait été injecté ; on se sert le plus souvent de la formule suivante :

SUDMENT LÉ LTEER IE : 1 gr.

Chlorure de sodium. ... 6gr.

Abe} os JR Li GENE 100 gr.

Beaucoup d'auteurs (Liégeois,Fournier,Lewin, Larrieux),ajoutent de la morph.(acétate, chlorhy-

— drate) à cette solution, on sait qu'il y à incompatibilité entre les sels de morphineet de Hg, cependant les injections additionnées de morphine ont paru moins douloureuses aux observateurs.

Schœmacher diminue le taux de ses solutions en raison directe des douleurs qu'elles provoquent. Mais d’après Duncan ce procédé n’atténue nullement les douleurs.

Les injections sont faites à la dose de 0,01 centig. tous les jours ou tous les 2? jours selon lagravité des cas, la résistance des individus.

Le mercure passe rapidement dans la cireulation et deux heures après l'injection on l’a retrouvé dans les urines. C’est là un avantage, car il fait bien augurer de la rapidité d'action du procédé, mais l'élimination rapide fait concevoir combien l'action est passagère, aussi les injections doiventelles être très fréquemment répétées. De plus, les injections sont douleureuses. quoique l’adjonction de morphine paraisse diminuer la douleur. Les nodi et les abcès sont rares.

En résumé, action très rapide, peu durable, douleur modérée mais répétée, tel est le bilan actuel des injections de sublimé, que Kaposi, Hébra, emploient de préférence à toute autre méthode.

on —

IT. — Zodures mercuriels.

1° Buodure de Hg. Deutoiodure de Hg, iodure rouge de Hg, très peu soluble dans l’eau (4centig. par litre, et 0 gr. O8 centig. dans l’eau contenant 10 p. 100 d'alcool à 90°), soluble dans l'alcool et l'éther, et soluble à 2 p. 100 dans l'huile d'olives, 1,30 p. 100 dans l'huile de noix, 1,20 p. 100 dans l'huile d’œillette (Vibert), employé d’abord par A. Martin, puis par Bricheteau, L.Labbé, Ragazioni, Gaillard, Watroszewski, Panas, Barthélemy, De Lavarenne, Fournier, etc.

Les professeurs Panas et Fournier emploient la formule suivante :

Buodure de Hg. .. 0 gr. 4Ù Huile stérilisée. , . 100 gr.

Le docteur De Lavarenne quia publié récemment un mémoire sur les injections d'huile au biiodure de Hg, emploie la technique suivante pour la fa brication de l'huile bioduré :

On prend de l'huile d'olives fine, qu'on laisse au contact d'alcool à 90° pendant quatre jours, en agitant plusieurs fois par Jour pour la débarrasser de l’acide oléique libre qu’elle peutcontenir ; on dé-

Pro cante avec soin à l’aide d’un robinet de verre placé à la partie inférieure du flacon dans lequel l'épuration a été faite. L'huile ainsi recueillie estchauffée à 110°,lorsqu elle atteint cette température on laisse refroidir à 70°, à ce moment on ajoute du biodure de mercure en quantité suffisante pour que chaque centimètre cube d'huile contenne 4 millig. de biodure. La dissolution demande pour être complète environ une demi-heure pendant laquelle la température doit être maintenue scrupuleusement à 70° pour que la dissolution s'opère convenablement. L'opération terminée, on filtre et l'on met en flacon de verre teinté soigneusement aseptisé.

La solution qu'emploient MM. Panas, Fourmer, Vibert, de Lavarenne contient donc 0,004 milhg. par centimètre cube, les premiers de ces auteurs font une injection quotidienne ou biquotidienne de un centimètre cube, M. de Lavarenne va plus loin, il fait 18 injections de 2 cent. cubes en 25 Jours. |

Ces injections ont l'avantage de ne pas être douloureuses, dans l'immense majorité des cas, M. de Lavarenne sur 76 malades n’en a vu que trois qui se sont plaints d’une véritable douleur, laquelle survenait de suite après l'injection, durait une heure environ et laissait peridant quel-

=% — ques heures une sorte d’engourdissement. En tout cas Jamais cette douleur n'a entraîné, ne serait-ce qu'un instant, l'impotence du membreinjecté. Les autres auteurs ont obtenu des résultatsanalogues.

Leur action thérapeutique paraît également assezénergique. Témoin leur grande efficacité dans les affections oculaires qui appartiennent surtout aux syphilis internes, témoin aussi les faits rapportés par M. de Lavarenne. Mais elles sont passibles des mêmes reproches que les autres injections solubles, répétition exagérée, action peu prolongée. Il n'en est pas moins vrai que chez les sujets nerveux ou pusillanimes, chez tous ceux qui supportent mal les injections de calomel pour une raison quelconque, et qui sont porteurs de syphilis à marche rapide, telles que les syphilis oculaires graves ; les injections de biioduredevront être employées.Ce sont, au dire de M.Barthélemy, les injections solubles les plus activesetles mieux tolérées.

2° Sozotodolate de mercure

Poudre fine d’un rouge orange, imsoluble dans l’eau, mais soluble dans l’eau salée et l’eau iodurée. Il renferme 31 à 31,5 p. 100 de Hg et 38 p. 100 d’iode (Eudlitz).

= 96 — Il a été injecté pour la première fois par Seitfert,puis par Schwinner qui est en réalité le véritable promoteur de la méthode. (Wien. Klien.

Woch. 1891).

Il employa la solution suivante :

Sozoiodolate de Hg... O gr. 80 Ilodure de potassium. .. 1 gr. 60 Eau distillée. . ...... 10 gr. »

Il injectait, 0,08 par semaine. I] faisait 6, 8, 10, 11 injections selon les cas.

D’après lui, ces injections ne sont pas douloureuses, ne causent que peu d'infiltration et de nodosités, jamais d'abcès. Enfin elles sont très efficaces.

M. Oro qui a repris ces expériences en 1894, a obtenu les mêmes résultats.

Mais d'après Eudlitz, ces injections ont un gros inconvénient, elles sont trop douloureuses, Potoienko ajoute qu'elles provoquent des empâtements et des infiltrations étendues, de sorte qu'il est probable que ce mode de mercurialisation - nestpas appelé à un grand avenir, étant donné que le biiodure beaucoup mieux toléré est au moins aussi actif.

3° Protoiodure de mercure, inusité, en raison des accidents qu'il provoque.

OR. ques

IT. —— AZbuwminates de mercure.

1° Chloro-albuminates de mercure. Nous ne ferons que le signaler, car il a été rapidement abandonné par tous les expérimentateurs, à cause de la douleur, des eschares, des abcès qui ont suivi son emploi. Mais Lorenzo (XI° congrès international de médecine de Rome 1894) a repris ce mode de traitement, 1l prétend qu’additionnés d’une petite quantité de glycérine ou de chloral les injections n’en sont pas douloureuses ? C’est donc un sel encore à étudier.

2° Sérum mercuriel. Les auteurs ne sont pas d'accord sur sa valeur thérapeutique, et encore moins sur son action locale.

Pour Bockart et Joseph, ces injections seraient un peu douloureuses, mais Lesser, Kobner, Hallopeau, ont été obligés d'y renoncer à cause des douleurs éprouvées par les malades soumis à cette méthode.

3° Peptonate de mercure. Employé pour la première fois par Bamberger, puis par Terrillon, Magnanon, Gaillard, cette préparation eut son heure de célébrité en 1881 et 82, lorsque Martineau l’employa couramment à Lorient pour le traitement de la syphilis. La formule qu'il em-

DIRE ployait était la suivante : elle lui avait été fournie

par Delpech.

On fait une solution de sublimé ainsi composé :

Peptone en poudre dé Catllon 2 mo9r2r

Chlorure d’ammonium pur. . ... MERS SUDINIÉ. COPTOSIP ATEN ONE 6 gr.

R4 gr.

On dissout cette peptone mercurique ammoniaque dans :

Cixcérmepure ere Ve ET:

Hau distiléé rue R4 gr.

grammes de cette solution normale filtrée, contiennent exactement 0,25 centig. de sublimé qui,étendus de 25 grammes d’eau distillée,donnent unesolution renfermant par seringue de 1 gramme 20, 10 milligrammes de sublimé.

Cette solution doit autant que possible être préparée au moment du besoin.

Martineau, nous l'avons dit, considérait ces injections comme supérieures à tout autre mode de traitement. |

Mais depuis, une réaction inverse paraît s'être faite, la plupart des auteurs qui ont employé le peptonate de Hg considèrent que c'est une préparation douloureuse, peu stable et peu pratique.

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Il est cependant encore employé par quelques syphiligraphes, dans les cas graves où il faut agir rapidement.

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