TRANS
La courbe des intervalles est très relevée.
Le temps de sommation est élevé (5 secondes environ). Voici le protocole de deux mesures :
a) Influence du nombre.
Mme T., Hémiplégie gauche.
Fréquence 10 par secondes.
Nombre en secondes ..... 2 3 A 5.6: 8 Temps desommation
Réflexe cutané plantaire
gauche en extension ... 300 240 210 190 180 175 5 à 6 secondes Réflexe cutané plantaire
droitenflexion ........ 280 250 250 250 250 2 à 3 secondes.
b) Influence de l'intervalle.
M. B., Hémiplégie droite.
Intervalle ee 1/10 1/6 1/4 1/3 1/2 seconde Voltageliminaire 200 220 290 3850 > 400 Volts.
4oo + y
LR Vo % Le) 7
Fig. 9. — Courbe des intervalles. Signe de Babinski.
En conclusion, l’hémiplégie, et en particulier l'hémiplégie par ramollissement cérébral, s'accompagne d'une augmentation du temps de sommation, c’est-àdire d'une augmentation de la constante de temps des
organes interposés. Ce fait plaide en faveur d’une su-
ER re
bordination chronaxique des centres sous-corticaux sur le neurone médullaire.
Il nous a été donné d'étudier des réflexes croisés : M. L. M. 62 ans, 28 mai et 2 juillet 1936.
Hémiplégie gauche avec contracture.
a) Signe de Babinski gauche.
R= 6000 w. Temps de sommation : 3 secondes.
RréqUEnce 2. 20 10 6 excitation isolée Voltage liminaire 110 145 160 185
b) Réflexe croisé d’abduction du gros orteil gauche par excitation du nerf tibial postérieur droit.
Cap. chronaxique Chronaxie
(en EF.) (en o.) Chronaxie de choc du nerf tibial pos- ÉHOURE nier: le ue tu den 0,16 0,6 Chronaxie sensitive calculée par le TODIPRO RES relaie ere one ee 0,32 1,4 Chronaxie de choc de l’abducteur du gros orteil :
point moteur supérieur ......... 0, 15 à 0, 20 point moteur inférieur, ::1.,..%... 0,38 1,9 Temps de sommation, 2 à 3 secondes Loi des intervalles :
ÉTÉMUERCS ENT ter 50 20 10 6 parseconde.
Voltage liminaire ....... 82 87 120 160 volts.
Dans quelques cas nous avons exploré la fatigabilité du réflexe de Babinski. Les résultats sont encore trop peu nombreux pour que nous puissions tenter d'exprimer une loi générale ; cependant, la fatigue se manifeste pour de grands intervalles (1 à 2 minutes), entre les séries d’excitations ; au contraire, pour les petits intervalles (1/2 minute) il semble qu'il y ait une baisse du voltage liminaire semblant témoigner
d’une facilitation centrale.
LRO ES Les réflexes dans le syndrome thalamique
Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion d'observer de syndrome thalamique bien net; cependant dans un cas de cordotomie (D2 D3) pour des douleurs à type thalamique, les faits suivants ont
été constatés :
Mme L. 52 ans, hémisyndrome talamique gauche. Réflexe cutané abdominal inférieur (Observation du Dr. J. Bernard).
Voltage liminaire Temps de sommation
Du côté gauche... 220 volts 0,5 à 1 seconde Ducoté droit 5.0... 170 volts 0,2 à 0,5 seconde.
Les réflexes de défense
Nous avons eu l’occasion de les explorer dans les compressions médullaires, les scléroses en plaques, la maladie de Friedreich. Leur existence implique un certain degré de sclérose transverse et de section physiologique de la moelle.
Une excitation du membre inférieur détermine un triple retrait ; le réflexe a une grande tendance à la diffusion ; à une petite variation du voltage stimulant correspond une modification importante de l’amplitude de la réponse ; le seuil sera donc facile à ire, ce sera une extension de l’orteil.
L'instabilité des réflexes de défense est extrême et il importe d'opérer rapidement si l’on désire établir une loi cohérente ; en outre, leur excitabilité varie
d’un jour à l’autre.
RRTABET
La sommation présente certaines caractéristiques qui sont maximum dans le cas d'interruption médullaire complète :
le réflexe répond à l’excitation isolée,
le temps de sommation est relativement petit, de l’ordre de la seconde,
l’économie de voltage est importante, elle est de moitié environ pour la fréquence 20 et devient considérable pour la fréquence 50, la courbe des intervalles tendant vers l’origine.
Voici les chiffres obtenus en étudiant l'influence
des intervallles dans un cas de compression médul-
laire D6-D7 :
Inrervalé ss, 7. À ES) nt 0 PAU al 1 FE 1 27e os Voltage liminaire .... 7,5 80 163 240 280 volts 4oo7 V #90 E — | è Em %o Lo % 2) * Fig. 10. — Courbe des intervalles d'un réflexe de défense.
Dans les réflexes de défense, au cours des myélites,
où l'interruption n’est pas complète, l’excitabilité,
tout en présentant les mêmes caractéristiques, est moins marquée; parfois même, nous avons vu la courbe des voltages en fonction des intervalles se redresser pour les grandes fréquences en marquant l'existence d’une période réfractaire.
Ces réflexes, ainsi que certains signes de Babinski que l’on peut leur assimiler, répondent d’une manière particulière à l’excitation isolée prolongée, non réitérée (nous y reviendrons).
En résumé, le temps de sommation du réflexe médullaire est modifié par les lésions pathologiques : de 1 seconde chez le sujet normal, il passe à 4 secondes au cours des hémiplégies cérébrales, pour s’abaisser à 1 seconde au cours des syndromes d'interruption médullaire co mplète.
Il semble donc que la libération médullaire s’accompagne d’une réapparition de la subordination sur le neurone intramédullaire, caractérisée par une diminution de sa constante de temps. Ces faits sont à rapprocher des constatations de A. Kreindler et E. Façon (231); ces auteurs ont étudié, dans deux cas de paraplégie spasmodique, les modifications des chronaxies périphériques sous l’influence d’une rachianesthésie et ont constaté 10 minutes après l’anes-
thésie (les muscles étant flasques et les réflexes abolis),
Ro
une égalisation des chronaxies des antagonistes avec augmentation de la chronaxie des muscles postérieurs de la jambe. Les auteurs concluent à l’existence d’une subordination d’origine médullaire.
Subordination périphérique et subordination centrale plaident en faveur d’une régulation chronaxique médullaire réelle. Ainsi nous sommes amené à envisager un mécanisme complexe de la subordina-
tion, mécanisme qui est au moins à deux degrés.
Les systèmes végétatifs chez l’homme
Les systèmes végétatifs chez l’homme sont surtout abordables à la peau. Depuis longtemps, on a remarqué
l’action du courant électrique sur la peau. Voici les faits principaux, que nous empruntons à un résumé de Erb (1884) (158).
« Quand on faradise la peau avec des électrodes humides, et que les forces du courant sont médiocres, on ne constate que des modifications insignifiantes ; mais quand les forces des courants sont relativement grandes, on distingue accidentellement une pâleur passagère de la peau avec apparition de la chair de poule à laquelle peut ensuite succéder une rougeur qui dure plus longtemps. Par contre, lors de l'application du pinceau faradique, ces phénomènes sont bien plus vifs ;
la pâleur et la contraction de la peau passent ordinai-
Lefebvre 7
PO Es
rement très vite, tandis qu’il survient une rougeur intense qui dure plus longtemps et disparaît ensuite sans laisser de trace. Mais l'intensité et la durée de ces phénomènes varient toujours et beaucoup d’après les parties de la peau et d’après les individus ».
Il y a donc là des phénomènes variables avec l'intensité de l’excitant; nous avons tenté d’étudier quantitativement les variations des constantes d’excitabilité.
Nous étudierons successivement l’électrophysiologie de la vaso-constriction, de l’érection pilaire et de
la vaso-dilatation.
19 Les vaso-constricteurs
Lorsqu'on applique un courant faradique tétanisant au moyen d’une électrode humide, avec une intensité assez considérable, on voit, sous l’électrode, au centre de la zone rouge de vaso-dilatation, une zone pâlie de vaso-constriction.
La péleur peut également s’observer à distance lorsqu'on agit sur les troncs nerveux : par exemple l'excitation du médian au-dessus du pli du poignet détermine une pâleur des doigts (Tinel a utilisé dans ce but l’itérateur de Trouvé et des condensateurs en dérivation, c’est-à-dire des courants itératifs progressifs). Mais la réaction de pâleur, qui nécessite une très
forte intensité, est déjà beaucoup au-dessus du seuil
Ole
de vaso-constriction, elle est fugace et difficile à observer, son intensité est d'appréciation délicate.
D'autre part, l’excitation déterminée par le courant faradique ou les courants itératifs produit, avec une intensité faible, une diminution de volume, en rapport avec la vaso-constriction, facile à observer et à mesurer par la pléthysmographie. On peut ainsi déterminer un seuil.
La méthode de lecture d’un seuil, la plus sensible, est celle que nous avons utilisée à la suite de A. et B. Chauchard et J. Hurynowicz : la pléthysmographie digitale à l’aide de l’appareil de Hallion en rapport
avec un manomètre à alcool coloré.
Sujet sain.
En 1928, À. et B. Chauchard et J. Hurynowicz (122) ont étudié les lois de sommation des nerfs vasoconstricteurs de l’« artère radiale ». Ils prenaient comme seuil une dénivellation de 4 à 5 mm. dans le manomètre. Ils ont étudié 15 sujets normaux et ont trouvé une chronaxie nerveuse de 1 © et un temps de sommation de 3 secondes. L’excitation était portée à l’aide d’une électrode d’Arsonval-Lapicque sur l’artère radiale dans la tabatière anatomique.
Nous avons repris ces expériences en 1935 et avant d'exposer les résultats obtenus il nous paraît nécessaire de donner quelques précisions sur l'élément excité et les
conditions générales de la réponse.