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abordé la pathologie : elle réside dans l’état vasculaire antérieur 1.
Si le doigt est chaud, si les battements synchrones au pouls sont amples, la lecture d’un seuil vaso-constricteur sera facile ; s’il est froid, sans battements, il deviendra très difficile d'apprécier une vaso-constriction. D'autre part, on sait, et nous le verrons plus loin, que l’on ne peut inférer de l’état de contraction où de relâchement d'un muscle lisse à l’état de ses nerfs.
En 1933, J. Hurynowicz (217) a étudié la chronaxie pathologique des nerfs vaso-moteurs. Elle trouve dans la paralysie radiale post-traumatique une chronaxie de 3,5 à 5,2 o, et un temps de sommation de 8 secondes. Au cours des « névroses vaso-motrices » la chronaxie nerveuse varie selon les cas :
— brèves syncopes locales ....... .. 0,16 à 0,48 o. D DIOON MN np e cies ces C0 A 9, D10 — maladie de Raynaud ........... 7,2 à 20 o?.
L'action de l’alcoo! paraît, d’autre part, assez particulière ; chez les non buveurs, la chronaxie atteint
1. Consulter à ce sujet le rapport de Wilner (Vienne) au ITIe Congrès International de Neurologie, Londres, 1935, « Physiologie du système nerveux végélatif humain » où l’auteur insiste sur Ja loi de la valeur initiale. ;
2. Une chronaxie de 20 © correspond à un condensateur de 5 px F. Nous avons vu qu'avec notre apparcillage (et celui de Mile Hurynowicz semble être le même) la capacité maxima que nous pouvons charger ou
décharger efficacement est de 2 F. Nous sommes donc conduit à n’accepter ce résultat qu'avec la plus extrême réserve.
0,16 à 0,4 o« une demi-heure à une heure après l’ingestion d'alcool, pour remonter à 3,6 et 4 5 6 heures après. De ses études, l’auteur conclut à la nécessité d’enre-
gistrer les modifications de niveau du manomètre.
Les résultats que nous avons obtenus dans quelques cas pathologiques ne nous permettent pas d'apporter des conclusions aussi fermes.
Dans quelques cas, nous avons constaté une inexcitabilité complète — poliomyélyte antérieure aiguë (3 cas).
— syndrome d'irritation du sympathique cervical, à la suite d’une plaie par balle,
— syndromes physiopathiques post-traumatiques du membre supérieur vus à la période de refroidissement avec décalcification importante, et réaction de dégénérescence localisée (2 cas).
L'interprétation de ces cas n’est sans doute pas univoque, il semble cependant que l’inexcitabilité apparente soit due à un « tonus » vaso-constricteur permanent.
Dans les névroses vaso-motrices, les résultats ne nous ont pas paru concordants. Jamais nous n’avons trouvé dans la maladie de Raynaud de chronaxies augmentées ; par contre, dans deux cas, nous les avons trouvées diminuées (0,08 5). Dans un cas d’acroasphyxie, nous avons étudié le temps de sommation et la loi des inter-
valles avant et après bain chaud.
1/13sec. 1/8sec. 1/4sec. Temps de
sommation volts volts volts secondes Avant bain chaud 340 400 » 4 Après bain chaud 310 320 330 2
Dans un cas de sympathectomie périartérielle humérale datant de six mois, nous n’avons trouvé aucune modification des chronaxies vaso-constrictives, qui restent de 0,16 à 0,30 5. Dans un cas d’anesthésie du ganglion étoilé, pour un syndrome douloureux à allure sympathique, nous avons trouvé, avant et après l’anesthésie, de grandes chronaxies.
Récemment, nous avons réalisé l’enregistrement des variations pléthysmographiques, dans le service du Docteur Delherm. Grâce aux conseils de notre maître le Docteur Tinel, nous avons pu augmenter l’amplitude des variations : le pouce est placé à l’intérieur d’un petit cylindre solidement amarré au poignet, l’étanchéité entre le pouce et le cylindre est réalisée par un petit doigtier de baudruche. L'enregistrement se fait sur un cylindre par l'intermédiaire d’une fine capsule de Marey. Nous nous sommes attaché essentiellement à la mesure d’une chronaxie vaso-constrictive. Voici comment nous procédons : quelques mesures précisent un «voltage rhéobasique », que nous prenons légèrement supérieur au voltage liminaire : la vaso-constriction est mesurée par l’am-
plitude de dénivellation; on utilise ensuite, sous un
voltage double du « voltage rhéobasique », des décharges de condensateurs d’une capacité successivement de 0,1, 0,2, 0,5, 1 uF.; la vaso-constriction s’inscrit avec des amplitudes différentes; enfin on pratique une nouvelle excitation en utilisant un « voltage rhéobasique ». Si l’on porte sur un graphique : en abscisses le temps entre les excitations, en ordonnées l'amplitude de vaso-constriction, on constate :
1° avec un même courant rhéobasique, l’amplitude change ; on peut admettre qu’elle varie régulièrement et tracer par une droite ces variations d'amplitude ;
2° sous un voltage double, les décharges de condensateurs déterminent de grosses variations d'amplitude selon la capacité utilisée ;
30 la courbe des capacités coupe la droite des amplitudes rhéobasiques en un point ; il suffit d’interpoler ce point entre les capacités voisines pour connaître la valeur de la capacité chronaxique et en déduire la chronaxie. Nous avons, par cette méthode, retrouvé les deux ordres de chronaxie de 0,2 et 1 sigma. Nous
n'avons pu encore l’appliquer à la pathologie.
20 Les pilo-moteurs
J. Hurynowicz (218-220) a étudié les phénomènes pilaires. Nous n’avions pas connaissance de ses travaux,
lorsque nous avons abordé la question.
Nous avons étudié :
a) la réaction locale.
b) les réflexes à distance.
a) La réaction locale par excitation du nerf.
On se trouve en présence d’un système constitué par un nerf sympathique aboutissant à un muscle lisse (arrectores piloris).
Chez l’animal, la chronaxie du nerf est de 1 à 4 0, la chronaxie du muscle, beaucoup plus grande, est de l’ordre de Ia seconde.
Nous avons, chez l’homme, cherché à exciter le système pilo-moteur par voie percutanée.
Une électrode bipolaire impolarisable (G. Bourguignon) est appliquée sur la peau ; l’itérateur envoie un train d’ondes rectangulaires durant quelques secondes ; si l’on soulève l’électrode, dès le courant passé, on constate que, pour un certain voltage, une ébauche de « chair de poule » apparaît ; une à deux saillies mamillaires sont visibles sous l’électrode négative ; pourun voltage plus élevé, le phénomène est plus net et déborde plus ou moins largement la surface couverte par l’électrode.
I! faut une très forte intensité pour produire l’horripilation, et le plus souvent le voltage liminaire était si élevé qu’il nous a été impossible de mesurer une chro-
naxie nerveuse. D'autre part, ce voltage liminaire est
beaucoup plus fort au membre supérieur qu’au membre inférieur ; en pratique, c’est à la jambe qu’a porté l'excitation.
La réaction produite ainsi par les courants itératifs est bien due à l’excitation des nerfs et non à celle des muscles ; en effet, si l’horripilation était due à l’excitation directe des muscles, organes à grande chronaxie, par un phénomène d’ «addition latente », on pourrait provoquer la contraction par un passage unique de courant galvanique prolongé ; or, celui-ci s’est montré inefficace ; l'excitation agit donc bien sur le nerf.
Voici les résultats que nous a donné la détermination d’un seuil d’érection pilaire à l’électrode négative :
La chronaxie nerveuse est de l’ordre de 1,56 (J.Bernard).
Le temps de sommation est de l’ordre de 6 secondes.
Goo + :
3oa
"40 Vo % Vu
Fig. 12. — Courbe des intervalles des pilomoteurs.
Les courbes d'intervalle sont très redressées ; sur ces courbes s'inscrit manifestement la période réfractaire (période réfractaire relative de 40 à 10 millièmes de seconde, période réfractaire absolue au-dessous de
10 millièmes de seconde).
Intervalle ::::7..... LIS0O LONG UNS 110 1/8 1/6
Voltage liminaire Ca 20220 2 CURE MCE co OO OS ESS COS 20550 co 00 SUOS S20m860
Nous avons constaté, d'autre part, l’existence de phénomènes de facilitation, d’une excitabilité rémanente. Par exemple, lorsqu'on établit une courbe d’excitabilité sur une même surface cutanée, on constate une diminution progressive du voltage liminaire (seulement si deux trains d’excitation consécutifs sont séparés par un intervalle de plus de 2 minutes ; si l'intervalle entre deux excitations est plus petit, on note au contraire des phénomènes de fatigue). Lorsqu’après avoir excité fortement le système pilo-moteur d’une région, par une succession d’excitations sous un voltage élevé, on recherche le réflexe pilo-moteur, on constate que seule réagit la région préalablement excitée, ou que la réaction y est beaucoup plus forte si le réflexe généralisé se produit. Ainsi une région prélablement excitée
est, de ce fait, devenue plus excitable.
b) Les réflexes à distance.
Ils sont constitués par la production d’une réaction pilo-motrice à distance à la suite de l'excitation d’une
surface cutanée.
Certaines zones sont particulièrement réflexogènes (nuque, région trapézienne), diverses excitations, plus efficaces les unes que les autres, peuvent déterminer le réflexe (frôlement, malaxation, froid, courants électriques). On distingue :
— Je réflexe pilo-moteur cérébral et
— le réflexe pilo-moteur spinal qui se produit dans les mêmes conditions que le réflexe de défense.
Nous avons utilisé pour l’étude du réflexe pilomoteur cérébral les courants itératifs ; le lieu de choix où doit porter l’excitation électrique nous a paru être, ainsi que l’indique André Thomas à la suite de Sobodka au-dessus de l’angle que forment le sterno et le trapèze dans le territoire de la nuque.
L'horripilation survient dès que l’excitation devient douloureuse ; 11] n’Y a pas exactement concomitance et le seuil douloureux précède le seuil horripilateur (à ce propos, 1l nous faut signaler le parallélisme entre la «sommation douloureuse » et la « sommation horripilatrice » : nous verrons ultérieurement l'intérêt de ce rapprochement).
L’horripilation apparaît 2 à 3 secondes après l’excitation ; elle débute au dos, s'étend à la poitrine, aux membres supérieurs et inférieurs. Elle est unilatérale lorsque l'excitation a été unilatérale. Elle peut se
généraliser.
L'endroit où il faut lire le seuil de la réaction se situe le plus souvent à la face externe du bras.
Avec la répétition de l'excitation, l'effet s’épuise, mais après un repos de quelques minutes la réaction apparaît de nouveau. Elle réapparaîtra aussi si l’on change la place des électrodes.
Nous obtenons ainsi des courbes du même type que celles observées par Delherm, Fischgold et nousmême pour les autres réflexes cutanés avec un temps de sommation de 5/10 à 7/10 de seconde, et une
réponse à l’excitation isolée.
Fréquence Intervalle Voltage liminaire 20 0, 05 320 volts 13 0, 076 340 — excitation isolée infini 360 —
39 Les vaso-dilatateurs
Delherm et Fischgold ont observé que la production d'un érythème seuil sur la peau, par stimulation électrique, suit la loi du fonctionnement itératif. Voici le protocole d’une de leurs mesures :
Fréquence 10 par seconde.
NOMME. museum 4 Se LO20 EDS ST Voltage liminaire .... 200 150 140 110 105 100 95'volts. Temps 8 secondes.
Intervalle ,...,..... 1/50 1/20 1/10 1/3 Voltage liminaire .... 130 140 170 320
Le temps de sommation de la vaso-dilatation est d'environ 4 secondes, c’est-à-dire de l’ordre de celui de
la vaso-constriction.
Lefebvre
La chronaxie nerveuse est difficile à mesurer : elle nous paraît de l’ordre de la chronaxie sensitive
de la région.
4oo rV o € Vo Go Vo % Fig. 13. — Courbe des intervalles des vasodilatateurs cutanés.
Nous avons, avec Jacques Bernard, exploré l’excitabilité des fibres vaso-dilatatrices et pilo-motrices de toute la surface cutanée de l’homme normal. Voici
quelques résultats d’une valeur générale :
Fréquence 10 par seconde — Temps 6 secondes Territoire cutané Seuil vaso-dilatateur Seuil pilo-moteur en volts en volts SIÈ5 300 200 2 250 300 D12 110 400 D9 70 400 C8-D1 120 400
Le seuil rhéobasique de Ia vaso-dilatation diminue de bas en haut tandis que le seuil pilo-moteur augmente de bas en haut. L’excitabilité vaso-constrictive et l’excitabilité vaso-dilatatrice varient de même en
sens inverse.
L’expérimentation n’a encore porté que sur la périphérie du système autonome. Dans le domaine viscéral nous nous sommes jusqu'à présent heurté à la difficulté de manifester un seuil.
Nous n'avons pas pu exciter électriquement un sinus carotidien très excitable par la simple compression, non plus que les muscles lisses de la paroi intestinale. Cependant on sait que Duchenne de Boulogne, avec le courant faradique, a réalisé l’excitation du vague au Cou par voie endo-pharyngée et celle de l’estomac en introduisant une sonde olivaire excitatrice au cardia.
De nombreuses et patientes recherches sont donc encore nécessaires avant que l’on puisse dresser la carte électro-physiologique du système végétatif auto-
nome humain.
L'EXCITABILITÉ ITÉRATIVE ET LA TRANS- MISSION CHIMIQUE DES EXCITATIONS NERVEUSES. -- INFLUENCE DES AGENTS PHARMACODYNAMIQUES SUR L'EXCITA- BILITÉ ITÉRATIVE.
Transmission chimique et excitabilité itérative
Nous étudierons successivement :
19 les transmetteurs chimiques des influx dans le domaine du système nerveux autonome,
20 l'identité d'action des transmetteurs chimiques et de l’excitation électrique,
30 les quelques faits en faveur d’une transmission chimique des influx dans le domaine du système ner-
veux central.