NORWÈGE
Indépendants et salariés dans les diverses professions en 1890.
Proportion
des indépendants Indépendants. Salariés. p. 100.
Ag-riculture 164 728 219 698 42,9
Industrie 64 729 112 782 .36,5
Commerce et transports 24 067 67 190 26,4
1° Sociétés coopératives.
FRANCE
{Annuaire des syndicats professionnels 190i-05, Impr. Nat., 190S. — Bull, de l'Office du travail, août 1901, sept. 1902, sept. 1903 et déc. 1904. — Office du travail, Les associations ouvrières de production, Imp, Nat., 1897, in-8''. — Alnmnach de la coopération française 1905, Bureau du Comité central, rue Christine, 1905. — Ch. Gide, Les sociétés coopératives de consommation, Colin, 1904, pet. in-12. — Rapports du Jury international pour l'Exposition universelle de 1900, Introduction générale. Économie sociale, par Ch. Gide, Impr. Nat., 1902, g. in-S". — Sixième Congrès de l'Alliance coopérative internationale à Buda-Pesth, 1904, Compte-rendu officiel. Rapport de M. Gide, p. 182 et s., Londres, Alliance coopérative internationale, 1902. — De Rocquigny, La coopération de production dans Vagricullure, Guillaumin, 1896, in-S"; Les syndicats agricoles et leur œuvre, 2.'^ éd., Colin, 1906, in-12. — Musée social, Annales, janv. 190a, p. 17.!
Scciètés coopératives en 1904.
Sociétés. Nuinbre. Membres. Observations.
Sociétés de production industrielle. 326
— de consommation 1909 ô'TOOOO?
— de construction 56
Syndicats agricoles 3 116 659 953 On compte en outre 47 i:nions.
Sociétés acrricoles de production.. 2 200 Laiteries, fruitières, etc.
— d'assurances mutuelles
agricoles 5 000
Caisses rurales 1 521 Y compris 41 caisses régionales.
Banques populaires 20
Sociétés de production industrielle. — En 189S, d'après l'enquête de l'Office du travail portant sur 172 sociétés, le nombre des sociétaires était de 9 000, presque tous ouvriers; celui des auxiliaires salariés variait de 4 300 à 6 700 : le capital versé montait à 11 715 000 francs, le chiffre des
ANNEXES : VI, 1° 4o5
ventes à 29 900 000 francs, et le profit global à 2 400 000 francs; les pertes totales de l'année ne dépassaient pas 250 000 francs {Les associations ouvrières de production, p. 7 et 5o9). Les sociétés coopératives de production sont nombreuses principalement parmi les cochers de fiacre et les peintres en bâtiment; on en rencontre aussi plusieurs chez les typographes, diamantaires, cordonniers, fondeurs de fer, tisseurs, tapissiers et ébénistes, etc. En 1883, on ne comptait guère qu'une cinquantaine de sociétés. Celles du bâtiment sont groupées, depuis 1901, dans la Construction coopérative. En outre, 174 sociétés ont adhéré à la Chambre consultative des associations ouvrières de production, fondée en 1884. Il existe aussi une Banque coopérative des associations ouvrières de production, fondée en 1893 par la Chambre consultative.
Sociétés de consommation. — L'Almanach de la coopération française de 1905 donne les chilî'res suivants :
Aniiccs. Sociélcs. Amic'os. Suciélos.
1897 1351 1903 1 9iU
L'Almanach contient la liste des sociétés qui existent en 1004. Elles sont presque toutes de date récente; 185 seulement sont antérieures à 1880, 7 ou 8 à 1860. La plupart d'entre elles ont pour objet le pain et l'épicerie, quelques-unes le charbon, la boisson, des marchandises diverses. On en compte un grand nombre parmi les employés de chemin de fer. En 1903, le nombre déclaré des membres, pour 1 065 sociétés, était de 382165; M. Gide l'évalue au total, pour toute la coopération française, à 570 000. Rares sont les sociétés qui ont déclaré le chiffre de leurs ventes; il atteignait, en 1903, 85 135 0Û0 francs pour 402 sociétés; M. Gide l'évalue, pour l'ensemble des sociétés françaises, à 170 ou 180 millions. Le chiffre d'aiïaires indiqué par les sociétés est généralement faible, et ne dépasse le million que dans 24 sociétés. Parmi ces 24 sociétés, on en compte : 2 à Grenoble; 5 dans le département du Nord (la Coopérative des mineurs d'Anzin, 3 629 membres, 2 300 000 francs d'affaires; l'Union de Lille, 5 892 membres, 1400000 francs; l'Union de Roubaix, boulangerie coopérative, 13 000 membres, 2 400 000 francs; la Paix de Roubaix, autre boulangerie, 6 000 membres, 1 400 000 francs) ; 8 à Paris et dans le département de la Seine (notamment l'Association des armées de terre et de mer, 22 000 membres, 2 500 000 francs d'affaires; l'Association des employés civils de l'État, 18 000 membres, 6 000 000 d'affaires; l'Égalitaire du lO" arrondissement, la Bellevilloise, la Revendication de Puteaux, toutes accusant un chiffre d'affaires de 2 1/2 à 3 millions, avec un personnel de 4 000 à 6 000 sociétaires); l'Union de Limoges déclare 10 000 membres et 5 millions d'affaires.
Les fédérations sont régionales ou professionnelles. On en trouve 2 dans les Ardennes, 2 pour le Midi à Marseille et à Nîmes, 1 à Tours, à Roanne, à Lille (Fédération des coopératives de la région du Nord), à Lyon (Fédération des coopératives de chauffage, 10 000 membres), à Grenoble (Fédération de 50 coopératives des employés du P. L. M.), à Sotteville (Fédération des coopératives du N. 0.); enfin, à Paris, 5 fédérations, dont les plus importantes sont l'Union coopérative avec 324 sociétés, et la Bourse des coopératives socialistes avec 70. Les fédérations françaises ne sont encore que des syndicats d'acheteurs, sans être des magasins de gros. Cependant le syndicat des cafés, thés et poivres de Pantin est un magasin coopératif avec brûlerie de café pour 12 sociétés.
Aux sociétés de consommation, il convient d'assimiler les nombreuses boulangeries coopératives agricoles, qui se distinguent des boulangeries coopératives urbaines en ce que les cultivateurs et ouvriers agricoles qui les composent fournissent le blé, et retirent en échange une certaine quantité de pain pour leur consommation; ils y participent donc bien en qualité de consommateurs, et non de producteurs. Ces boulangeries rurales sont au nombre de 700. Elles ne figurent pas dans les chiffres des sociétés de consommation donnés par le Bulletin de l'Office du travail {Musée social. Annales, janv. 1903, p. 10 et s.).
Sociétés de construction. — Cette forme de coopération est encore très peu développée en France, où elle ne date guère que d'une douzaine d'années. Les sociétés de construction ont emprunté 2 millions 1/2 de francs aux caisses d'épargne en 1903.
Syndicats agricoles, — Leur croissance s'est effectuée très rapidement :
Années. Syndicats. Membres.
Les syndicats agricoles sont d'importance très inégale; beaucoup d'entre eux cmt une base territoriale restreinte à une commune, tandis que d'autres s'étendent sur un canton, un département ou même une région plus vaste. Ainsi le Syndicat des agriculteurs de la Sarthe et celui de la "Vienne comptent respectivement 13 000 et 14 000 membres. Cinq grands syndicats ont un chiffre d'affaires de 1 million à 1 500 000 francs; celui de la Charente-Inférieure, par l'organe de sa filiale la société coopérative, atteint le chiffre de 2 millions et demi.
La plupart des syndicats (1 720, comprenant 539 566 membres en 1901), sont groupés en 10 grandes fédérations régionales. La plus importante est celle du Sud-Est, qui réunit 360 syndicats et 100000 cultivateurs; celle de Bourgogne et Franche-Comté compte près de 50 000 adhérents. Par l'entremise de leurs sociétés coopératives agricoles, elles font des achats en gros qui, pour certaines d'entre elles (Charente, Sud-Est, Alpes et Provence) se chiffrent par plusieurs millions. Enfin, l'organisation se trouve centralisée dans l'Union centrale des agriculteurs de France, qui gi-oupe, en
1899, 936 syndicats, 10 unions régionales et environ 500 000 adhérents; le Syndicat central des agriculteurs, organe de cette fédération, fait pour 5 millions d'achats par an. M. de Rocquigny eslime le chiffre total des achats effectués annuellement par les syndicats français à 200 millions environ.
Sociétés agricoles de production. — Les plus nombreuses (environ 1 500) sont les fruitières, petites sociétés coopératives pour la production du fromage, dont le centre se trouve dans le Jura. Les laiteries coopératives, pour la production du beurre, sont peut-être au nombre de loO. Leur groupe principal est situé dans les Charentes et la Vendée; l'Association centrale des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou compte, en 4902, 49 51G membres, possesseurs de 116061 vaches; la fabrication des laiteries syndiquées atteint environ 8 millions de kilos de beurre, et leurs recettes montent à 23 552 000 francs. Il existe aussi un certain nombre de sociétés d'élevage. Enfin, M. de Rocquigny cite encore quelques coopératives agricoles pour la distillerie, la féculerie, la production de l'huile d'olive, la préparation des conserves, etc.
Caisses rurales. — Un certain nombre de syndicats agricoles ont créé pour leurs membres des sociétés de crédit, qui servent d'intermédiaires vis-à-vis de la Banque de France pour l'escompte des billets souscrits par les cultivateurs associés. D'autre part, le Centre fédératif du crédit populaire, créé en 1899 par MM. Rostand et Rayneri, groupe 429 caisses rurales (avec ou sans solidarité des associés), banques populaires et caisses régionales. Enfin l'Union des caisses rurales, créée à Lyon en 1893 par M. Durand, comprend 724 petites sociétés de crédit du type Raiffeisen, avec 12 000 membres. Au total, les caisses rurales, d'origine très récente en France, y sont aujourd'hui, d'après M. Dufourmantelie, au nombre de 1 452 ; sur ce nombre, 735 sociétés comptent 33 000 membres {Alm. de la coop. fr. 1905, p. 67).
Les caisses régionales, au nombre de 41, sont principalement destinées à distribuer des avances aux caisses rurales sur le fonds de 40 millions de la Banque de France, grossi de la part annuelle de l'État dans les bénéfices de la Banque (29 millions jusqu'ici) ; il en a été employé 14 millions jusqu'en 1905. Le capital des caisses régionales s'élève à 3 millions et demi. Les caisses affiliées sont au nombre de 616, groupant 28 204 associés, parmi lesquels figurent des syndicats et laiteries coopératives. Les prêts consentis en 1903 par les caisses régionales ont atteint 17 millions; ceux effectués par les 616 caisses affiliées se sont élevés à 22 millions et demi {Rapport du Ministre de l'agriculture, Journ. Off., 22 octobre 1904).
Caisses d'assurances mutuelles agricoles. — Contre la mortalité du bétail, la grêle, l'incendie, les accidents du travail. M. de Rocquigny en estime le nombre à 5 000. Il existe des caisses de réassurance pour les syndicats de certains départements et de certaines unions régionales (de Rocquigny, Le progrès des assurances mutuelles agricoles en France, Musée social, Mémoires et documents, août 1903).
Banques populaires. — Elles sont très rares en France, et de médiocre
458 LKS SYSTÈMES SOCIALISTES ET L'EVûlUTIÛN ÉCONOMIQUE
importance. Les principales sont celles de Lorient et de Menton, qui ont fait 15 et 18 millions de prêts et d'escomptes en 1900; celle de Menton compte 551 sociétaires. Au total, les sociétés urbaines de crédit ont fait des avances pour 38 millions et demi en 1902.
ANGLETERRE
{Tenth annual Abslrad of Labour Slatistics of ihe United Kingdom 1902-190^, p. 155 et s., Eyre & Spottiswood, 1905. — The coopérative Wholesale Socielies Annual Jor 1905, Coop. Whol. Soc. Printing Works, Manchester, in-8°. — Sixième Congrès AU. coop. intern. 1904, Rapport de M. Gray, p. 533 et s., et de M. M-^ Innés, p. 238 et s. — Ch. Gide, Les sociétés coopératives de consommation.)
Sociétés coopératives en 1903.
Nombre nomdue des JiEMnnES Capilal, parts Réserves cl Chiffres
des -«ii.^'-^^* ^ cl cir.|irunts assurances d'affaires Nombre
sociolcs. Individus. Suciùlés. (en livres). (en livres). (en livres), d'eniiiloycs.
Soriétés de détail (distribution) 1455 1 CS" .123 27 080 538 1170706 57512887 49048
Wholesale Societies ansl.etécos.rdistr.). 2 1411 2799 160 1158959 25728630 5315
Sociétcs S'^ricolcs et diverses Tdistr.).... 194 21(50 38117 4 047 214 928 292
Wholesale Soc. agricoles irlaiid. (distr.). 2 76 20 0;8 3 284 251633 37
Sociétés de production industrielle.. . . 151 32 617 141G913 108 478 3130 765 9 203
Sociétés de détail (production) 825 5 508 509 18 036
Wholesale Soc. angl.
et écos. (product.).. 2 2 001031 5 520 685 15 008
Sociétés de production a^'ricoles 223 37 307 239 429 33 900 1136 803 1172
Sociétés coopératives de crédit 154 10 509 85 128' 33 753'
Sociétés de prêts (Anglct. et Galles, 190i). 254 32 684 212 405' 202 859*
Sociétés de construction 2 002 547 000 51250 058'
Il va donc dans le Royaume-Uni, en 1903, un total de 4 497 sociétés coopératives de toute nature.
Les sociétés agricoles sont presque toutes irlandaises. Ce sont des sociétés pour les œufs et la volaille, pour l'apiculture, et surtout des laiteries; les laiteries irlandaises, comptées dans ce tableau parmi les sociétés agricoles de production, sont au nombre de 209, comprennent 36 301 membres, et font un chiffre d'affaires de '£, 1 099 770, avec un léger profit de ^ 7 000. Il existe en Irlande deux Wholesale Societies pour les sociétés agricoles : l'Irish Agency Society (1893) et l'Irish Agricultural Wholesale Society (1897). (V. des chiffres plus élevés dans Kozielsk- Kossilowski, La coopération agricole en Irlande, Larose, 1900).