‹ Les systèmes socialistes et l'évolution économiqueChapitre 109 sur 143 · ESPAGNE · texte numérisé non relu

ESPAGNE

(Sixième Congrès de l'Ail, coop. intern. 1904, Rapport de M. Anton.) Les diverses sociétés coopératives se trouvent presque toutes dans la Catalogne et les îles Baléares : ce sont des sociétés de consommation, généralement peu importantes, et quelques sociétés de production industrielle.

ÉTATS-UNIS

(Sixième Congrès de l'Ail, coop. intern. 190i-, Rapports de MM. Nelson et Hampson, p. 637 et 6il.)

Il est regrettable de n'avoir pas une statistique des sociétés coopératives aux États-Unis, car le mouvement y est beaucoup plus développé qu'oa ne le pense généralement.

ANNEXES : V, 2" 47 j

Au point de vue agricole, il existerait, d'après les rapports faits au congrès de 1904 : 3 400 laiteries coopératives, principalement dans le Minnesota, qui est peuplé de Suédois et de Norvégiens; 5 000 sociétés d'assurances agricoles mutuelles, comptant plus de 2 millions de membres; 3 000 sociétés coopératives de téléphone, permettant aux farmers sociétaires de se tenir en communication avec tous les points de leur comté, et par intermédiaire avec toutes les régions des États-Unis; des milliers de sociétés coopératives pour l'irrigation; de nombreux elevalors coopératifs pour les céréales, principalement dans le Minnesota; et plusieurs milliers de sociétés coopératives pour le transport par eau des céréales et autres produits agricoles, telles que la Farmers' Sliipping Ass. of Kansas & Oklalioma, qui possède des elevators dans une trentaine de stations de chemin de fer, et les Coopérative Fruit Shipping Associations, qui sont maîtresses du marché des fruits en Californie. La coopération est donc très avancée dans le monde agricole, où elle concerne plus de 3 millions de farmers participants.

La coopération de consommation, au contraire, est peu importante. La plus grande société, The Arlington.- à Lawrence, Mass., compte 4 400 membres, possède un capital de 1 million et demi de francs, et fait des ventes pour 2 millions et demi.

En revanche, les sociétés coopératives de construction et de prêts {Building and Loan Societies) sont considérables. En 1893, le Département du travail des États-Unis avait compté : 5 838 sociétés; 1 743 723 membres actionnaires, parmi lesquels 433 411 étaient en même temps emprunteurs; une valeur de 432 millions de dollars en constructions; un chiffre de 314 733 maisons acquises par les sociétaires fNinth annual Report of the Commissioner of Labor, 1893, Baildinfj and Loan Associations, p. 13, Washington, Govern. Print. Office, 1894, in-8. — Levasseur, L'ouirier américain, vol. II, chap. iv). La période de grande extension de ces sociétés a été la décade 1880-90; depuis 1896, il y a plutôt décroissance, que l'on attribue à la concurrence des caisses d'épargne et des trusts, età certains échecs retentissants. On compte, en 1903, 3 330 sociétés, 1 366 700 membres (non compris ceux des associations nationales, comptés au contraire en 1893} et un capital de 376 millions de dollars. (Bulletin of the Bureau of Labor, nov. 1904, p. 1493 et s.)

2' Mutualités

Les sociétés de secours mutuels dans divers pays. (Rapports du jury int. de l'Exp. univ. de 1000, Économie sociale, par Ch. Gide, p. 2U1.)

Soci(!tds.

An-Ieterre (1899) 28 718

France (1899 1 13 030

Allemag-ne (1899) 22 304

Autriche ilSOS) 2 928

Belgique (1900) 1 848

Italie (.1893) 6 275

Proportion

ù la poptilatiou

Mutualistes.

France. — {Annuaire statistique de la France pour i90U, p. 263.) Le nombre des sociétés de secours mutuels, en 1902, s'est élevé à 13 G95, celui des membres à 2 530 970 et le chiiïre des capitaux à 378 millions; les re\enus étaient de 53,3 millions. Parmi les 2 531 000 mutualistes, 2 141 000 sont membres participants; mais un grand nombre d'entre eux, 800 000 environ, appartiennent à des sociétés de retraites et autres qui ne donnent pas de secours pour la maladie. Ces divers chiffres ne comprennent pas 522 000 enfants groupés dans les mutualités scolaires. La plus importante mutualité française est la Fraternelle des employés et ouvriers des chemins de fer français, qui réunit 104 000 membres en 1902. C'est seulement en 1902 qu'on a réussi à fonder une Fédération nationale des sociétés de secours mutuels.

Angleterre. — Tenlh annual Abstract of Labour Stalistics of the United Kingdom, 1902-190^, p. 179 et s., Londres, Eyre and Spottiswood). Les Friendly Societies, en 1902, sont au nombre de 27 452, comptent 5 608 802 membres et possèdent un avoir de ^ 36 446 554. Mais si l'on comprend avec elles d'autres catégories de sociétés fraternelles, notamment les Collecting Societies qui font l'assurance en cas de décès, on obtient, pour la même année, un total de 29141 sociétés, 13 344 494 membres et â| 44 848 375 de fortune. Les Friendly Societies sont affiliées à des ordres ou fédérations, dont les plus importants sont la Manchester Unity Oddfellows et l'Ordre des Forestiers ; le premier compte 755 000 hommes adultes, possède un fonds de =§, 10 277 000, un revenu annuel de ^ 1 492 000 et distribue !§, 923 000 de secours; le second présente des chiffres équivalents.

Allemagne. — (Handwôrt. d. Staatswiss. 2« éd., v° Hilfskassen, et v° Krankenversicherang). Les caisses libres qui peuvent fonctionner comme organes de l'assurance obligatoire contre la maladie, c'est-à-dire les caisses inscrites ( Eingeschriebene Hilfskassen) et les caisses libres d'État particulières (Landesrechtliche Hilfskassen), en 1897, étaient au nombre de 1683, sur un total de 22 477 caisses tant obligatoires que libres; elles comprenaient 705 000 personnes sur 8 122 600 assurés, et possédaient un revenu de 17 429 000 marks sur 167 810 000. Leur importance en personnel et en ressources est restée stationnaire depuis la loi de 1883 sur l'assurance obligatoire contre la maladie, mais leur importance proportionnelle vis-à-vis des caisses obligatoires a beaucoup diminué. Si l'on tient compte en outre des caisses inscrites qui ne satisfont pas aux conditions de la loi sur l'assurance obligatoire, on a un total de 1 901 caisses libres, comptant 924 173 membres, et disposant d'un revenu de 20 300 000 marks. En dehors de ces catégories, il existe encore d'autres caisses libres qui ne sont pas constituées conformément à la loi sur les caisses de secours, et dont il n'existe aucune statistique; le nombre de leurs membres est évalué à 10 000.

Autriche-Hongrie. — En Autriche, les caisses libres {Vercinskrankenkassen) sont également, dans certaines conditions, les organes de l'assurance obligatoire contre la maladie, à côté des caisses de cercles, d'entreprises et de corporations. En 1896, elles sont au nombre de 122

sur 2 921, comprennent 362 000 personnes sur 2 188 000 assurés, et jouissent d'un revenu de 3 693 SOO florins sur 19 142 200; leur progression est très accentuée depuis la mise en vigueur de la loi de 1888 sur l'assurance obligatoire. En Hongrie, il y a, pour 1897, 57 caisses libres sur 424 caisses de toute nature, avec 82 700 personnes sur 594 800 assurés, et un revenu de 682 000 florins sur 5 046 300 (llandwôrt. d. Staatswiss., v. Kraiikenversicherung).

Belgkjue. — On comptait, en 1905, 7079 sociétés de secours mutuels, dont 4 562 sociétés de retraites et 84 fédérations {Revue du travail, 15 mars 1906.

États-Unis. — En 1901, on évaluait le nombre des Fraternal Beneficiary Orders à 600 environ, comprenant 5 à 6 millions de membres. Pour 52 sociétés ayant fourni un rapport au congrès de 1902, le nombre des membres était de 3 236 000, les sommes assurées montaient à 5 milliards de dollars, et les primes encaissées dans l'année à 53 millions. Les sociétés les plus importantes étaient celle des Modem Woodmen of America (621 700 membres, 1 097 000 dollars de capitaux assurés), et l'Ancient Order of United Workmen (417 620 membres, 772 000 dollars assurés). L'accroissement a été rapide dans la décade 1880-99; mais l'insuffisance des primes perçues dans les premières années met en péril un grand nombre de ces sociétés, même des plus importantes (Félix Raison, Les sociétés de secours mutuels aux États-Unis, Musée social. Mémoires, juil. 1104).

Sur les autres pays, voir le Handworterbuch der Staatswissenschaften, V" Arbeilerversicherung.

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