‹ Les systèmes socialistes et l'évolution économiqueChapitre 111 sur 143 · lu · texte numérisé non relu

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En 1904, il y a 948 associations d'employeurs et îJ7 fédérations.

Dr|:ense Ijtale.

moyenne annuelle en milliers délivres).

FR.VNCE

(Min''® du Commerce, Annuaire des syndicats professionnels 190U-190o. — OtUce du travail, Les associations professionnelles ouvrières, 4 vol. in-8°, Impr. Nat., 1899-1905. — De Seilhac, Syndicats ouvriers, Fédérations, Bourses du travail, Colin, 1902, in-12. — H. Lagardelle, L'évolution des syndicats ouvriers en France, Impr. l'Émancipatrice, 1901, in-8°. — Bull, de l'Office du travail, août 1905, p. 698 et s. — Levasseur, Histoire des classes ouvrières et de l'industrie en France de 1789 à 1870, 2"= éd., 2 vol., Rousseau, 1904.)

480 LES SYSTÈMES SOCIALISTES ET L'ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE Syndicats professionnels en 1905.

Syndicats. Syndiques.

Syndicats patronaux 3 102

— ouvriers 4 625

— mixtes Ii4

Unions de syndicats patronaux.. 97

— — ouvriers 1"J8

— — mixtes 10

Bourses du travail 114

En 1S90, on comptait : 1 004 syndicats patronaux, 93 411 membres; 1006 syndicats ouvriers, 139 G92 membres; 97 syndicats mixtes, 14 098 membres.

En 190d, les femmes affiliées à des syndicats ouvi'iers sont au nombre de 69 405 (avec celles qui font partie des syndicats mixtes, 72 521). La plupart appartiennent à des syndicats qui comprennent des ouvriers des deux sexes, principalement dans les industries textiles; cependant il y a quelques syndicats exclusivement composés de femmes, comme le Syndicat des ouvrières des industries textiles de Roubaix (l 599 membres) le syndicat mixte de l'habillement u L'Aiguille », à Paris (533 membres)

Les industries dans lesquelles la proportion des ouvriers syndiqués relativement à la population active est la plus forte sont les suivantes mines, 50,95 p. 100; produits chimiques, 25,54 p. 100: papiers et indus tries polygraphiques, 19,76 p. 100; travail des métaux, 15,53 p. 100 cuirs et peaux, 16,12 p. 100. — Sur l'ensemble de l'industrie, des transports et du commerce, il y a 781 000 membres dans les syndicats ouvriers pour 5 602 000 salariés (salariés des établissements et travailleurs isolés), soit une proportion de 14 p. 100 seulement. Mais si l'on déduit de ces chiffres les travailleurs isolés, ainsi que les femmes et les enfants employés dans les établissements, on obtient une proportion de 20 p. 100'.

Dans l'agriculture, il y a 45 000 syndiqués répartis dans 16G syndicats. Une partie de ces syndicats est formée de bûcherons du Centre; le plus, important est celui de Chantenay, dans la Nièvre (700 membres); ces syndicats ont formé une Fédération nationale. Il existe aussi quelques syndicats d'ouvriers jardiniers et maraîchers dans la Seine et ailleurs^ un grand nombre de petits syndicats d'ouvriers vignerons dans l'Hérault, l'Aude, les Pyrénées-Orientales, formés à l'occasion des grèves (ils ont constitué, en 1903, la Fédération des travailleurs agricoles du Midij, quelques syndicats mixtes de patrons et ouvriers de la viticulture, et quelques syndicats d'ouvriei's agricoles formés en 1906 dans la Brie.

l.Le nombre des salariés adultes du sexe masculin dans les établissements d'industrie, de transport et de commerce, y compris ceux de l'Élat, s'élève à 3 709 446; ou, en déduisant 514 483 salariés de moins de 18 ans, à 3 194 963. {liecens. gén. de la pop. 1901, t. IV, p. 602 et 618). Le nombre des hommes syndiqués dans les mêmes catégories professionnelles s'élève à 642 263 (781 344 membres des syndicats ouvriers, moins 09 405 femmes, 45 014 syndiqués dans l'agriculture, 41 042 dans les soins personnels et domestiques, et 13 420 dans les professions, libérales). La proportion est donc 20,1 p. 100.

ANNEXES : VII, 1° 48l

Syndicats ouvriers et fédératioas comptant plus de 10 000 membres en 1905.

Syndicats. Ucmbres.

Fédération nationale des employés (Paris) (1893) 30 15 714

Chambre syndicale des ouvriers mineurs du Pas-de-Calais

(Lens) (1884) 3o 000

Fédération nationale des mineurs de France (Paris) 18S0.... 14 47 848

Union fédérale des ouvriers métallurg. de France (Paris) (ISOOj. 183 28 474 Syndicat national des travailleurs des chemins de fer de

France (Paris) (1890, 42 232

Assoc. amicale des employés de chemins de fer (Paris) (1884). 12ii00

Fédér. fran(.aise des travailleurs du Livre (Paris) (188!) 168 10 783

— nationale des ouvriers et ouvrières des manufactures

de tabacs (Paris) (1891) 23 10 GIO

Fédér. nat. des ouvrières de l'industrie textile (Lille) (1900).. 98 23 419

— — des travailleurs de l'alimentation (Paris) (1902).. 50 12 815

Union fédérative des travailleurs de l'État (Paris) (1902) 8 27 380

Fédér. nat. des moyens de transport (Paris) (1004) 31 11 287

— — des syndicats de bûcherons (la Guerche, Cher)

Fédér. nat. des travailleurs réunis des arsenaux de la marine de l'État (Toulon) (1900) 9 12 350

Parmi les Bourses du travail, il y en a 43 qui comprennent plus de 1 000 membres. Les plus importantes sont celles de : Paris, fondée en 1887 (260 syndicats, 150000 membres:; Marseille (100 syndicats, 20 800 membres); Saint-Étienne (45 syndicats, 8 900 membres); Lyon flOo syndicats, 12 500 membres); Bordeaux (97 syndicats, 15 200 membres;.

Il existe deux grandes organisations centrales des syndicats ouvriers : la Confédération générale du travail, fondée en 189I>, réunissant 1 664 syndicats et fédérations et 347 000 membres; la Fédération des Bourses du travail, fondée en 1892, comptant 106 Bourses adhérentes et 2 277 syndicats avec 307 696 membres. Ces deux organisations ont fusionné au Congrès de Montpellier de 1902, pour former la Confédération générale du travail, composée de deux sections, celle des fédérations d'industrie et de métier et des syndicats isolés, et celle de la fédération des Bourses du travail. Chacune des sections a un comité, qui se joint à l'autre pour composer le comité confédéral. Tous les deux ans doit se réunir le Congrès national du travail, où les syndicats seuls ont voix délibérative {Mouvement socialiste, janvier et février 1903. — Ch. Rist, Le XIII^ Congrès national corporatif de Montpellier^ Musée social. Mémoires et documents, janvier 1903).

Enfin, il convient de signaler 5 bourses du travail indépendantes, créées depuis 1902; elles ne comprennent au total que 2 000 adhérents environ.

L'Annuaire des syndicats professionnels ne fournit aucun renseignement sur les recettes, les dépenses et les fonds de réserve des syndicats ouvriers. Il donne seulement le nombre des institutions créées par eux; en 1904, ces institutions sont au nombre de 5185. Les plus nombreuses sont les offices de placement (1056), les bibliothèques professionnelles (1185), les caisses de chômage (706), les secours de route (679), les cours

professionnels (390), les caisses de secours mutuels (825). — Les Bourses du travail ont opéré, en 190i, 91 800 placements sur 122 300 demandes.

On connaît, par les documents fournis à l'Exposition universelle de 1900, la situation financière de quelques syndicats ouvriers à cette époque (Rapports du jury intern. de l'Exp. univ. 1900, Classe 103, par Arthur Fontaine).

Situation financière do quelques syndicats ouvriers et fédérations en 1899.

Recettes Dépenses Fonds de réserve

Membres actifs, (francs). (francsj. (francs).

Association amicale des employés de chemins de fer 9 300 209 938 195 069 14 869

Fédération française des travailleurs du Livre 9 132 72 492 37 108 146 468

Chambre syndicale des employés de comm'erce de Bordeaux 2 390 ' 09 071 40 718 340 588

Chambre syndicale typographique parisienne 3 197 37 338 27 382 60 900

En 1904, la Fédération des travailleurs du Livre, ayant élevé la cotisalion mensuelle à 2 francs, a pu distribuer 129 000 francs en indemnités de décès, de maladie et de chômage.

Les syndicats patronaux qui comptent le plus grand nombre d'adhérents se rencontrent dans le commerce de l'alimentation; le plus considérable par le nombre de ses membres est l'Union syndicale des débitants de vins et liquoristes de Paris et de la banlieue (4 200 membres). Mais l'importance des syndicats patronaux ne se mesure pas au chiffre de leurs adhérents; tel syndicat de maîtres de forges, de compagnies houil* 1ères ou de fabricants de sucre, qui compte une quinzaine de membres tout au plus, exerce une influence hors de proportion avec son importance numérique.

Parmi les fédérations de syndicats patronaux spéciales à certaines branches du commerce et de l'industrie, les plus importantes par le nombre de leurs membres sont le Comité de l'alimentation parisienne (17 syndicats, 17 970 membres) et la Fédération du commerce en détail des vins (45 syndicats, 14 645 membres). — D'autres fédérations, régionales ou nationales, comprennent des syndicats de professions diverses; il existe 3 grandes unions du commerce et de l'industrie à Paris, qui ont 8 000 à 10 000 adhérents. — Ces grands syndicats ou unions de syndicats patronaux, composés en majeure partie de petits commerçants et industriels, ont pour but principal la défense des intérêts généraux de la profession vis-à-vis des pouvoirs publics, des compagnies de chemins de fer, des grands magasins, etc.

Les syndicats mixtes sont en décroissance. Les plus importants sont ceux de l'industrie textile à Lille, Roubaix, Tourcoing et Armentières (4 syndicats de 1 400 à 2 500 membres), et l'Association Saint-Fiacre des horticulteurs à Paris (2 000 membres).

ALLEMAGNE

{Bull, de l'Office du travail, nov, 1904, juin et juil. 190b. — Kulemann, Die Geiverkschaftsbewegung, léna, Fischer, 1900, iri-8°. — Handwort. der Staatswiss., 2« éd., v°Gewerkvereine, Deulschland, par le même. Une traduction en abrégé de cette étude a paru dans les Mémoires et documents du Musée social, avril 1902, avec une simple addition concernant le programme des syndicats chrétiens (Tondeur-Scheffler, Les syndicats ouvriers allemands.) — Dupin, Du mouvement syndical ouvrier dans l'industrie allemande, Rousseau, 1902, in-S".)

Les syndicats patronaux se rencontrent principalement dans l'industrie métallurgique, le bâtiment, les houillères, la typographie, l'industrie textile, la fabrication du tabac, des chapeaux, des tapis; sans compter les corporations et associations libres dont il a été question au texte (p. 244). — Il existe de grandes ligues centrales contre les grèves, telles que V Haupslelle deutscher Arbeilsgeber Verbànde, et le Verein deutscher Arbeitsgeber Verbànde.

Les syndicats ouvriers comptent 864 000 membres en 1899, et 1 466 625 en 1904. C'est une proportion de 19 p. 100 des ouvriers et employés de l'industrie, des transports et du commerce, y compris les travailleurs isolés, si le chilTie du recensement de 1895 (7 616 000) est encore exact; c'est une proportion de 28 p. 100 environ, des ouvriers et employés adultes du sexe masculin dans les établissements d'industrie, de transport et de commerce (4 710 667 ouvriers, et 430 423 employés, adultes et du sexe masculin, Gew. u. Hand. im D. R. 1S95, p. 62 et 78).

Situation des syndicats ouvriers en 1904.

Recettes Fonds de réserve

Membres. (en marks). (en marks).

Syndicats socialistes (y compris les

syndicats locaux non fédérés) 1072 794 20 190 903 12S12I28

Syndicats libéraux Hirsch-Duncker.. . 111889 ? V

— chrétiens 207 484 1340.331 948 197

— indépendants 74 4.58 ? ?

Total 1 4Uti 625

Syndicats socialistes (Gewerkschaften). — Fondés en 1868, ils comprennent aujourd'hui environ 7 000 branches locales, et 63 unions centrales de métier. On compte aussi 443 Gewerkschaftskar telle, ou unions locales de syndicats appartenant à des métiers différents. Sur ce nombre, 405 unions locales groupent 5 559 organisations et 924 000 membres. — Les Gewerkschaften socialistes forment une Fédération générale, représentée par la Generalkommission et tenant des congrès périodiques depuis 1892.

Parmi les 1 052 108 membres des Gewerkschaften affiliés à la Fédération en 1904, figurent 48 604 femmes, soit 5,2 p. 100 de la population ouvrière féminine.

Les unions centrales de métier les plus considérables sont celles : des ouvriers en métaux (176 000); des maçons (128 000); des travailleurs de rindustrie du bois (97 000); des mineurs (75 000); des ouvriers en textiles (53 000); des ouvriers de fabrique (49 000); des typographes (39 000); etc. La proportion des syndiqués des Cewerkschaflen relativement aux ouvriers de la profession est de 70 p. 100 chez les typographes, 54 p. 100 chez les maçons, 43 p. 100 chez les brasseurs, 30 à 37 p. 100 chez les relieurs, peintres, charpentiers, ouvriers des métaux et du bois, etc.

En 1904, pour l'ensemble des Cewerkschaflen, les recettes ont été de 20 190 724 marks, et les dépenses de 10109 903 marks. Les fonds de réserve s'élèvent à 16 millions de marks. Les unions les plus riches sont celles des ouvriers en métaux, des maçons, des ouvriers du bois, et celle des typographes [Buchdruckerverband) ; les recettes annuelles dans chacune de ces corporations s'élèvent à 2 et 3 millions de marks. La cotisation, depuis une dizaine d'années, a été relevée dans les trois quarts des syndicats, de sorte que le taux inférieur à 30 centimes par semaine ne se rencontre pins que dans 16 p. 100 des syndicats, au lieu de 80 p. 100 en 1891. Aussi les caisses de chômage deviennent-elles plus nombreuses, et les secours qu'elles distribuent s'élèvent d'année en année, jusqu'à 2 246 000 marks en 1904. Dans la période 1891-1904, les dépenses d'assistance se sont élevées à 27 727 000 marks, et les dépenses de grèves à 23 446 000.

Syndicats libéraux (Geiverkvereine). — Fondés en 1808 par MM. Hirsch et Duncker, ils ont une organisation analogue à celle des précédents. On y trouve donc des syndicats locaux (1 673 en 1902), des unions locales de syndicats de métiers différents [Orlsverbânde, 133, groupant 596 syndicats en 1904), et des unions 'nationales de métier, tous affiliés à la fédération centrale, le Verband der deutschen Geiverkvereine. — Ces syndicats se recrutent principalement parmi les ouvriers mécaniciens et métallurgistes (43 000).

Syndiccds chrétiens. — Catholiques et évangéliques; fondés depuis 1894, ils tiennent des congrès depuis 1899, et se groupent en partie dans l'Union des corporations chrétiennes (1660 syndicats locaux sur 2 600). Les syndicats les plus nombreux, sont ceux des mineurs (43 000), des ouvriers en textiles (17 600), des ouvriers et employés des chemins de fer allemands (49 000), et bavarois (17 000). Les syndicats chrétiens ont institué 58 unions locales groupant 211 syndicats.

Syndicats indépendants. — Les plus importants sont ceux des musiciens civils (12 000), des employés d'hôtel (12 000), des ouvriers du commerce (10 000), etc.

En dehors de ces syndicats professionnels proprement dits, qui ont pour objet principal la défense des intérêts de leurs membres vis-cà-vis des employeurs, M. Kulemann signale encore des groupements divers, quelques-uns considérables, qui ont un caractère plus ou moins mélangé. Il y a environ 300 000 employés des chemins de fer et des administralions publiques organisés dans des unions de ce genre, et 322 000 employés de commerce groupés dans des associations commerciales. La principale

d'entre elles, l'Union allemande des associations commerciales à Francfort, compte 127 000 membres.

ETATS-UNIS

(Vigoureux, La concenlration des forces ouvrières dans l'Amérique du Nord, Colin, 1899, in-12. — Levasseur, L'ouvrier américain, t. II, ch. v et vi, Larose, 1898, 2 vol. in-S". — Mouvement socialiste, avril 190o, p. 553 et suiv.)

Il est assez difficile de faire le recensement des forces syndicales ouvrières aux États-Unis, à cause de l'instabilité des organisations et affiliations, et des variations continuelles dans la consistance des associations. — Les unions locales (syndicats particuliers) sont réunies en unions nationales de métier, ou en unions internationales quand la fédération s'étend à des associations canadiennes; elles se groupent aussi en unions locales de métiers différents, par ville ou par État. La plupart de ces groupements sont affiliés à V American Fédération of Labour, fondée en 1881.

En 1903, la Fédération comprend 113 unions nationales ou internationales groupant 22 500 syndicats locaux ; elle comprend en outre 1 747 syndicats locaux non affiliés à des unions nationales, 549 unions de syndicats d'une même ville, et 29 unions d'État. En 1904, le nombre des adhérents s'élève au chiffre de 1G76 000, parmi lesquels 257 000 mineurs et 155 000 charpentiers. Les recettes ont été de 1302 000 francs, les dépenses de 1019 000. Parmi les unions internationales, en 1902-1903, 49 ont dépensé 6 millions et demi de francs en secours mutuels [Bulletin de l'Office du travail, mars 10O4, p. 34 et suiv.).

En dehors de la Fédération, on trouve encore des unions puissantes d'employés de chemins de fer et de tramways, d'ouvriers du bâtiment, de mineurs. Le fameux Ordre des Chevaliers du travail, qui n'est pas, à vrai dire, une fédération de véritables syndicats professionnels, ne compte plus que 150 000 à 200000 membres en 1902. Le total des ouvriers syndiqués aux États-Unis doit donc approcher de 2 millions.

Quant aux Unions chrétiennes d'employés de chemins de fer, dont les congrès rassemblent les représentants de 170 associations, comptant 43 000 membres et disposant d'un revenu de plus de 2 millions de francs, ce sont moins des syndicats professionnels que des œuvres de patronage, dirigées et largement subventionnées par les compagnies. Elles tendent à améliorer la condition matérielle des "agents par divers services (dortoirs, restaurants, bains, etc.), et à développer leur instruction professionnelle (Sautter, Les Unions d'employés de chemins de fer aux États-Unis, Musée social. Mémoires et documents, juin 1902;.

Du côté patronal, nombreuses sont les associations qui se sont foi'mées pour résister aux prétentions des unions ouvrières ou pour conclure avec elles des contrats collectifs. Telle est la National Founders Association, fondée ei\ 1898 qui se compose de 400 à 500 maîtres de forges et usiniers; la National Métal Trades Association, qui comprend 800 industriels occupant près de lOuOOO ouvriers. On trouve des associations semblables

dans la typographie, la fabrication des appareils de chauffage, la construction maritime, la confection des vêtements, etc. C'est dans ces industries que s'établit le régime du contrat collectif; toutefois, il a été écarté, au moins pour un temps, par les deux grandes associations patronales citées précédemment (Willoughby, f.es associations patronales pour les relations avec le travail aux États-Unis, Musée social, Mémoires, sept. 1905).

BELGIQUE

(Variez, Quelques pages d'histoire syndicale belge, Musée social, Mémoires et documents, mars 1902, et Annales, déc. 1906.

D'après M. Variez, il y aurait environ 148 000 ouvriers syndiqués en 1905, soit 20 p. 100 des ouvriers d'industrie travaillant en dehors de leur domicile. Dans ce chiffre, les membres des syndicats socialistes figurent pour 94 000; ceux des syndicats catholiques pour 18 000; ceux des syndicats libéraux et neutres pour 36 000.

En 1900, le groupe le plus considérable est la Fédération nationale des mineurs, qui comprend plusieurs syndicats et fédérations régionales, et qui compte 45 000 membres, soit environ 33 p. 100 des ouvriers de la mine. Il est assez remarquable que, parmi les mineurs et verriers du pays de Charleroi, l'Ordre américain des Chevaliers du travail compte encore des adhérents. La Fédération des métallurgistes groupe 49 syndicats, et 8 000 à 9 000 membres. — Parmi les syndicats chrétiens, le groupe le plus important est la Fédération du textile (4 000 à 5 000 membres).

Rappelons ici qu'il existe en Belgique des fédérations locales, régionales et nationales fondées par les divers partis, qui comprennent, avec les syndicats professionnels, des coopératives, des mutualités, caisses d'épargne et de retraites, cercles d'agrément et d'éducation, etc.

Bien qu'on constate, en Belgique comme ailleurs, une certaine tendance à la centralisation des organisations syndicales, cette centralisation y est encore peu avancée. La Commission syndicale du parti ouvrier n'avait l'adhésion, en 1900, que de 64 groupes avec 31797 membres. La Ligue démocratique belge, du côté catholique, comprenait bien, en 1900, 706 associations et 115 000 membres ; mais ces associations sont en grande partie des coopératives, mutualités et sociétés diverses.

AUTRICHE

(Kulemann, Die Geiverkschaftsbeivegung. — Handwôrt. d. Staatswiss., 2' éd., v° Geiverkvereine, par le même. — Les renseignements sur le mouvement syndical dans les autres pays sont puisés aux mêmes sources. — Bull, de l'Office du travail, sept. 1904, p. 813.)

Il existe en Autriche des syndicats patronaux de formes diverses. Les uns sont des associations locales entre desi entrepreneurs de professions

ANNEXES : VII, i" 487

différentes; d'autres sont des unions de métier s'étendant à toute une région, comme le Verband der Metall-und Maschinenindiislriellen Niederôsterreichs, destiné à lutter contre les grèves injustes. En 1903, les syndicats ouvriers (Berufsgewerkschaften) comprenaient

1 023 branches locales et 154 665 membres. Leurs recettes étaient de

2 942 000 couronnes, leurs fonds de réserve de 3 838 000. L'organisation syndicale la plus forte est celle des typographes (11000 membres); elle embrasse 85 p. 100 des ouvriers de la profession; son avoir s'élève à 2 224 000 couronnes. Les métiers les mieux organisés, en dehors des typographes, sont ceux des mineurs, métallurgistes (16 600 membres), menuisiers, tailleurs, boulangers, relieurs, employés de chemins de fer (2S000 membres). Les sommes dépensées en secours représentent 45,7 p. 100 des dépenses totales

La Fédération centrale des syndicats, à Vienne, est représentée, dans l'intervalle des congrès, par la Gewerkschajîskommission. Il existe aussi une fédération de syndicats à Prague.

En dehoi's des Gewerkschaflen, il convient de citer encore les Gewerkschaftsvereine (5 600 membres;. Les Bildimgsvereine remplissent aussi dans une certaine mesure l'office de syndicats professionnels. En 1903, on en comptait 443 avec 17 274 membres, et un revenu de 36 000 couronnes.

IIONGHIE

Il y avait, en 1890, 126 syndicats ouvriers fournissant un rapport, avec 23 60J membres. En outre, les syndicats d'ouvriers agricoles comptaient 64 OCO membres.

SUISSE

Le mouvement syndical y est encore peu développé, à cause de l'importance des industries à domicile; il est surtout peu unilié, à cause des différences de nationalité et de religion. On y rencontre de nombreux syndicats locaux qui ne sont reliés à aucune organisation centrale; puis des unions de métier, dont les plus importantes sont l'union des employés de chemins de fer (171 sections, 13 542 membres en 1899) et celle des employés d'administrations publiques (59 sections, 4 309 membres). La Fédération centrale {Allgemeine Gewerkschaftsbiind) comptait, en 1899, 350 sections et 22 000 membres, recrutés principalement parmi les travailleurs du métal, du bois et de la pierre. — D'après VAbstract offoreign Labour Statistics de 1900, il y avait au total, en 1899, 49 034 syndiqués, répartis dans 758 syndicats locaux et groupés dans 39 unions de syndicats.

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